En ce début d’année 2006, Hollywood nous propose de réfléchir à des sujets de fond sur ce qui a fait ou fera l’Histoire avec un grand H de l’humanité.

Lord of War d’Andrew Niccol (Bienvenue a Gattaca, The Tuman show) est l’histoire de l’ascension d’un trafiquant d’armes ukrainien (Nicholas Cage) aux 4 coins du monde. Il fournit rapidement « toutes les armées sauf l’Armée du Salut » et devient le plus grand marchand de mort de la planète, ce qui lui vaut d’être pourchassé sans relâche par un agent d’Interpol (Ethan Hawke). Malgré le sujet grave, Niccol pratique à plusieurs reprises l’humour noir ce qu rend le film vraiment trés agréable en plus d’être trés intéressant. Même si le personnage de Nicholas Cage est fictif (inspiré par 5 grands trafiquants), de nombreux éléments du film ne le sont pas (rachat des armes en masse aux Russes aprés la chute du bloc soviétique…) ce qui a valu de gros problêmes de financement aux USA (en pleine guerre du golfe). Heureusement, Lord of war a pu vu le jour grâce aux investissements étrangers (français).

Good night and Good luck de George Clooney (Confessions d’un homme dangereux) retrace une des périodes les plus sombres de l’histoire des Etats-Unis, la « chasse aux sorcières » du sénateur McCarthy. C’était les années 50, les balbutiements de la télévision, les présentateurs vedettes fumaient clope sur clope à l’antenne (imaginez ça maintenant aux States !!). Le film,en noir et blanc, mélange assez bien images d’archives (McCarthy notamment) et scènes jouées. Il y est donc question de maccarthysme mais surtout de comment Edward R. Murrow (David Strathairn), le présentateur du journal télévisé de CBS de l’époque, et le producteur Fred Friendly (George Clooney) contribuèrent à la chute du fameux sénateur qui aimait pas le(s) rouge(s). Si, sur le fond je défends le film à 200% (indépendance des médias vis à vis des politiques et investisseurs, rôle éducatif de la télé et non pas seulement divertissant..), sur la forme je suis plutôt déçu. Le film est parfois assez soporifique, toujours sur le même rythme, manquant de passion. Le suicide de l’un d’entre-eux est le seul instant où l’on touche du doigt l’atmosphère de suspicion qui régnait à l’époque mais même ce moment ne réussit pas à nous émouvoir tant les personnages du film sont sans relief hormis dans leur travail de journaliste. Alors oui Clooney a fait un bon film sur le journalisme (hommage à papa) mais un peu plus d’humanité (voir Les Hommes du président) n’aurait pas été de trop à mon gôut.

Jarhead de Sam Mendes (American Beauty) sort la semaine prochaine sur les écrans et traitera de la Guerre du Golfe mais plus que la guerre en elle-même, c’est les relations entre les soldats qu’à choisi de montrer le réalisateur Britannique pour dénoncer ce conflit. Y est-il parvenu ? Réponse bientôt.