août 2006


Brick aurait pu être le nouveau Donnie Darko, Rian Johnson le nouveau Richard Kelly…mais finalement ça casse pas des briques !!! Ok c’était juste pour le jeu de mots foireux, c’est pas si mauvais que ça, ça a un petit côté Lynchien (Twin Peaks) mais ça n’arrive ni à la cheville de Lynch, ni à celle de Kelly. Cela dit je surveillerais son prochain film avec intérêt, au cas où…

Sous ce titre belliqueux se cache en fait la mini-tournée parisienne de Massive Attack qui a choisit de se produire 3 soirs de suite dans 3 salles différentes. Les hostilités démarraient ce soir à l’Olympia avant de se poursuivre à la Cigale demain puis au Bataclan mercredi.

Par rapport à la tournée précédente, le gros point positif est la réconcilition des 2 membres emblématiques du groupes, 3D Del Naja et Daddy G. Le set débute avec l’inédit « False Flags » présent sur leur 1er best-of « Collected » sorti cette année. Le final en apocalypse déclenche un tonnerre d’applaudissements que l’arrivée sur scène de Daddy G ne fait qu’accentuer. Les 2 nouveaux meilleurs amis du monde interprètent « Risingson« , leur complicité vocale faisant merveille. Ce sera également le cas plus tard sur les excellents « Karmacoma » et « Mezzanine » . Entre temps le géant Daddy G a laissé la place à la liliputienne à la voix d’or, l’ex chanteuse des Cocteau Twins Liz Fraser pour « Black Milk« . Quel bonheur d’entendre la sublime voix d’Elisabeth Fraser sur les compositions de l’album « Mezzanine »  et notamment « Teardrop » car sans faire injure à sa remplaçante sur la précédente tournée, la voix de Liz est inimitable. Le vénérable Horace Andy, toujours fidèle au poste sur « Angel » ne laisse pas retomber le soufflet d’un concert qui prend de plus en plus d’ampleur. « Butterfly Caught » et sa rythmique puissante fait trembler le sol et les murs de l’Olympia et me rappelle le mauvais souvenir de la précédente tournée ou j’avais dû m’exiler au fond du Zenith à cause des basses trop puissantes. Cette fois ci le son est supportable et Del Naja nous gratifie de sa danse trés personnelle qui s’apparente à un boxeur sur un ring (Thom Yorke-style). Debra Miller est également présente pour interpréter les morceaux de « Blue Lines » et notamment « Safe from Harm » qui clôt la 1ère partie du set.

Les rappels seront de la même veine avec successivement un « Inertia Creeps » surpuissant, « Unfinished sympathy » qui donne des frissons lorsque Debbie Miller pousse le son de sa voix. « Group Four » interprété par 3D Del Naja et Liz Fraser cloture le concert de manière ahurissante dans un final apocalyptique de longue durée.

La semaine s’était terminée par le concert de Radiohead à Rock en Seine et débute par Massive Atack à l’Olympia, loin d’être blasé j’en veux encore des semaines comme ça.

Suite et fin du compte-rendu de Rock en Seine 2006 avec la journée de Samedi. Arrivée tôt sur le site pour ne pas manquer le 1er concert de la journée, le collectif canadien Broken Social Scene. Malgré la pluie qui fit son apparition pendant le set, le plaisir fut au rendez-vous, que ce soit dans le public ou sur scène. Leur compatriote Feist, présente l’an dernier au même endroit, nous fit l’honneur de chanter sur quelques morceaux, prouvant que ce collectif d’artistes était également une bande de potes. Ensuite petit tour par l’expo photo Mondino, sympa. Il y a déjà foule devant la grande scène pour accueillir les Versaillais de Phoenix et leurs tubes balançant entre le rock et l’électro. Pas de quoi se lever la nuit mais c’est efficace, en tout cas ça donne envie de danser.

On apprécia d’autant plus la performance de Phoenix qu’aprés eux ce fut un peu le désert pendant 2h. Skin, l’ex leader de Skunk Anansie, a pris place sur la scène de la cascade mais ses hurlements nous saoulent assez vite. Dommage elle sait faire des ballades sympas (« Hedonism (just because you feel good » de son ancien groupe) mais quand elle hurle et saute partout c’est vite lassant. Les Dead 60’s eux avaient les honneurs de la grande scène et c’était beaucoup d’honneur je trouve pour un groupe qui n’a qu’une seule bonne chanson dans son répertoire (« Riot Radio« ). Le reste est du ska/reggae naze et un morceau qui pompe honteusement le riff de « There she goes » des La’s. J’avais vu les Rakes en 1ère partie de Bloc Party et j’avais trouvé ça assez navrant, j’ai constaté que rien n’avait changé hormis leur single (« Open Book« ).

Place ensuite à ce qui restera comme un des grands moments du festival. Beck et sa clique était particulièrement attendu, le bouche à oreille de ses concerts estivaux étant particulièrement positif. Le théatre de marionettes singeant tous les faits et gestes des membres du groupe était installé sur scène, les 1ères notes de « Looser » résonnèrent. Le groupe arriva sur scène à la moitié du morceau, les marionettes s’étant chargées « d’interpréter » le début. Je suis pas super fan de Beck sur CD mais j’avoue avoir pris une grosse claque, notamment visuelle. Si Beck fut trés statique et stoïque, le reste du groupe a de l’énergie à revendre et le playback des marionettes était vraiment excellent, tout comme les morceaux interprétés tout seul par Beck à la guitare pendant que le reste du groupe mangeait sur scène, toujours singés par les marionettistes. Le summum fut atteint avec un intermède qui vit le groupe repartir en coulisse, les écrans géants diffusant alors un clip de quelques minutes (« le Puppettron« )qui voyait les marionettes interagir devant quelques uns des grands monuments parisiens ou converser avec des autochtones : tout bonnement hilarant. Le groupe revint ensuite avec 2 membres ayant enfilé un costume d’ours pour un ultime morceau folk/hip hop qui mit le public en transe. On était venu pour Radiohead et on en avait déjà pris plein les yeux et les oreilles, les Oxfordiens allaient devoir assurer s’ils ne voulaient pas se faire voler la vedette.

Autant ne pas tourner autour du pot 107 ans, ils ont assuré !!! Le set commença malheureusement avec un peu de retard, il dura donc un peu moins longtemps que les 2h annoncées mais 21 morceaux dont quelques nouveautés c’est déjà pas mal. Le groupe semble revenir a quelque chose de plus rock, les bidouillages électro furent un peu moins présent que sur la précédente tournée. Thom Yorke s’étant trouvé un bac à sable perso (son album solo « The Eraser« ), le groupe semble revenir à ses 1ères amours électriques. En tout cas pas mal de morceaux de « The Bends » et « Ok Computer » dans la set-list et les nouveaux morceaux sonnent assez rock. Même si pour moi ce n’était pas une première, j’ai réellement pris beaucoup de plaisir à les voir sur scène. Le retour au bercail fut plus compliqué, la foule était vraiment trés importante et les métros pas extensibles…

Rock en seine 2006 c’est parti.  Pour cette 4ème édition pas d’innovation majeure si ce n’est un écran géant sur la scène de la cascade. La pluie n’a pour le moment pas été au rendez-vous, au contraire c’est un soleil généreux qui nous réchauffa pendant la traditionnelle attente pour entrer dans l’enceinte du parc de St Cloud. Le bracelet rose au poignet, le festival 2006 pouvait commencer.

Il y a déjà beaucoup de monde lorsqu’on arrive sur la grande scène vers 17h pour assister au concert de Nada Surf. On a manqué les sets de Wolfmother et Calexico, bof pas une grosse perte en ce qui me concerne. Le trio américain francophone est visiblement toujours aussi heureux de se produire en France. Leur concert est assez classique (« Popular« , « Inside of love« ..) et un peu mou du genou, une constante chez eux depuis 2 albums. La scène de la cascade était ensuite l’occasion de voir pour la 1ère fois l’un des buzz de 2005, les New-Yorkais Clap Your hands Say Heah. J’avais entendu beaucoup de choses négatives sur leurs performances en live, il est vrai que le chanteur a une voix trés particulière sur cd donc le pire était à craindre sur scène. Pourtant j’avoue avoir été agréablement surpris, leurs morceaux passent plutôt pas mal, c’est beaucoup moins statique que ce qu’on m’avait dit bref j’ai tapé des mains en disant Yeah !!

La perfide Albion était également présente en cette 1ère journée, à commencer par Carl Barat et ses Dirty Pretty Things sur la grande scène. Je suis assez peu réceptif à toute la mouvance Libertines/Babyshambles/DPT donc on a écouté ça de loin dans l’herbe. Pour Kasabian ce fut un peu la même chose même si ces clones d’Oasis ont quelques morceaux que j’aime bien (« Club Foot« , « LSF« , « Empire« ). TV on the Radio avait ensuite « les honneurs » de la petite scène de l’industrie, drôle de choix quand on connait l’attente suscitée par ce groupe. Je suis pas fan de leurs albums qui m’ennuient assez rapidement hormis quelques morceaux (l’excellent « Playhouses » ou « Staring at the sun« ). Sur scène ce fut la même chose avec un « Playhouses » de folie. Jack White et ses Raconteurs se produisaient ensuite sur la scène de la cascade, j’avoue avoir écouté ça de loin, occupé que j’étais à rejoindre des gens que je n’ai finalement pas trouvé. Ca avait l’air pas mal.

Le bouquet final de la soirée sur la grande scène avait pour nom Morrissey.  C’était une 1ère pour moi que de voir le Moz’ en live et même si ses derniers albums m’ont un peu déçu je reste attaché à la période des Smiths et à ses 1ers albums solos. Moins gros et mieux sapé que les Pixies l’an dernier, c’est le 1er constat que l’on peut faire lorsqu’il entre en scène accompagné de ses musiciens bizarrement tous sapé pareil. Tout ça a un petit côté « Ricky Norton et les Frégates » vite oublié avec « Panic » le 1er titre servie par le Moz’. Quel bonheur d’entendre des morceaux des Smiths en live : « Girlfriend in a coma« , « Stop me if you think that you’ve heard this one before« , « How soon is now« . Pour le reste beaucoup de morceaux de ses derniers albums malheureusement et quelques blagues. C’est d’ailleurs un vrai plaisir de voir un Morrissey faire des grimaces, de l’auto-dérision et tenter quelques mots en français : « Je m’appelle Jean Gabin » ou « Je m’appelle Sacha Distel ». Bon par contre le choix des personnages est plus discutable…

La suite aujourd’hui avc Broken Social Scene, Phoenix, Beck, Editors, Radiohead et surement la pluie.

Petit compte rendu du week-end Outre-Quiévrain :

Départ trés tôt samedi matin de chez Richard où Jerrymil, Soso, notre hôte et moi-même avons passé la nuit. Arrivée 4h plus tard sur le site de Hasselt-Kiewit où se déroule la festival Pukkelpop pour la 21ème année. Ce festival assez peu connu en France est pourtant un des rendez-vous majeur de l’été si l’on en juge par l’affiche proposée cette année et par celles des précédentes éditions. Le cru 2006 proposait  notamment Radiohead, Massive Attack, Daft Punk, Placebo, Arctic Monkeys, TV on the Radio, Beck… Alléchés par les images de Coachella et Belfort, nous avions donc décidé de faire le déplacement jusqu’en Belgique pour assister au concert de Daft Punk, que dis-je au spectacle son et lumière du duo à tête de robot.

Avant la récompense suprême prévue pour 23h50, beaucoup de bonnes choses nous attendaient. La 1ère surprise fut d’être accueilli par un soleil généreux, nous qui avions prévu le nécessaire en cas de pluie, on devait se rendre à l’évidence et mettre de côté nos préjugés climatiques. Oh pas pour trés longtemps, juste le temps de faire le tour du site (7 scènes tout de même) et d’assister au mix de la nouvelle coqueluche électro Para One ainsi malheureusement qu’à la fin du concert de Midlake. Une averse généreuse se déversa alors sur la tête des festivaliers, je choisis donc de rester sous le chapiteau qui avait accueilli Midlake pour attendre le set des anglais de 65 Days of Static. Ce groupe de Sheffield propose un post-rock instrumental qui fait penser à Mogwaï ou Godspeed you Black Emperor. J’attendais avec impatience ce concert car le groupe se fait plutôt rare dans nos vertes contrées et car je prends beaucoup de plaisir à écouter leurs 2 albums. Il en fut de même pour la version live, grosse énergie déployée par le quatuor, rien que pour eux ça valait le déplacement.

Un passage sur la grande scène pour constater que le public belge est particulièrement endormi, à moins que ce ne soit le look et la piètre prestation des Lost Prophets qui en soient la cause… Retour dans la partie électro du festival pour assister à une partie du mix du duo Justice, malheureusement pas assez pour entendre leur tube « We are your friends« . Les têtes d’affiche de cette dernière journée du festival s’apprêtaient à défiler sur la grande scène et l’on décidait de ne plus quitter cet endroit afin d’être bien placé pour le grand raout final. On assista donc au (plutôt pas mauvais) concert des boutonneux Arctic Monkeys, d’abord au sec puis sous le déluge. Les éléments se déchaînèrent une bonne heure sur notre tête, l’idée de rebrousser chemin pour se mettre à l’abri fut un moment évoquée mais on resta finalement campé sur nos positions. Le déluge prit finalement fin un peu avant le set de Placebo. Brian Molko nous gratifia de sa nouvelle coupe de cheveux (rasés) et d’un concert assez classique mais néanmoins plaisant.

Il restait donc une heure à attendre avant LE concert, celui qui nous avait fait parcourir les 4h de route, qui nous avait vu rester 1h sans broncher sous la pluie battante, 6h debout à piétiner sur place, à empêcher des gros lourds de s’engouffer dans les 10 cm² que l’on avait laissé devant nous, en nous faisant le coup de « je vais rejoindre ma copine » (imaginaire bien entendu). Bref inutile de préciser que l’attente était forte et donc les chances d’être déçus trés élevées. Pourtant, aprés s’être fait attendre 1/4h, on assista à un « concert » d’1h10 vraiment exceptionnel de la part de Daft Punk. Pas de surprises par rapport à ce qu’on avait pu voir de leurs précédents sets à Coachella ou Belfort mais les 50 000 personnes présentes en prirent plein les yeux et les oreilles, dans une ambiance indescriptible. Je ne pensais pas un jour m’enthousiamer à ce point pour 2 gugusses à tête de robot mixant des disques mais je dois reconnaitre que ce spectacle son et lumière de Daft Punk restera comme un de mes meilleurs souvenirs live.

Le festival se terminait par un spectacle aérien digne de Découflé et par un feu d’artifice que l’on suivait de loin, les jambes lourdes et surtout pas tout à fait remis de nos émotions.

2 nouvelles chronique en ligne sur Indiepoprock, Amusement Parks on Fire et She Wants Revenge, 2 formes de revival 80’s : du shoegazing pour Amusement Parks, de la Cold wave pour She Wants Revenge. D’autres sont dans les tuyaux et devraient suivre bientôt (Cocoon, Islands, Shearwater), maintenant que le site est sorti de sa torpeur estivale.

Je vais bientôt changer le contenu de la radio-blog, dévoiler les morceaux qui parasitent mon baladeur mp3. Il y aura notamment le morceau du groupe Brésilien CSS (Cansei de Ser Sexy) signé chez l’excellent label Sub Pop que j’écoute en boucle et dont voici la vidéo Let’s Make love and listen Death from above. Alléchant programme.

Je scrute la météo sur la Belgique pour samedi…

Hier soir Paris Plage portait trés mal son nom, comme d’habitude me diront ses détracteurs. Etant originaire du Sud je conçois que ça puisse paraitre risible aux yeux de certains de mettre du sable et des palmiers sur du bitume mais je suis plutôt du style à encourager les initiatives. Quand en plus un soupçon de culture vient saupoudrer le tout j’applaudis des 2 mains et de bas en haut.Le festival Fnac Indétendances est donc partenaire de Paris-Beach et organise des concerts 2 fois par semaine tout l’été prés du pont de Sully. Hier soir Daddy Longlegs, les Hushpuppies et les Infadels étaient de la part(y)ie dans la grisaille parisienne.

Je rejoins Soso pour le début du set des Hushpuppies, les Perpignanais se sont fait un nom et une renommée, il y a du monde malgré le temps et le week-end prolongé qui s’annonce pour certains. Je suis un peu moins emballé par leur concert que je l’ai été à Solidays, ça reste malgré tout recommandable.

Aprés une longue attente qui laisse au froid le soin de prendre place, les Infadels arrivent sur scène pour respecter le planning qui veut qu’à 22h les concerts soient terminés (jurisprudence dEUS). 1h de sauts, de sons disco-punk-electro-rock, les Infidèles ont l’art de transformer une fosse en dance-floor. J’ai un peu de mal à écouter leur album mais depuis Solidays je suis un fidèle partisan de leurs live. La reprise de « Steady as she goes » des Raconteurs fait toujours son effet, tout comme l’homme de Néandertal aux synthés et percus qui tape comme un fou sur un couvercle de poubelle. Au bout d’une heure tout le monde danse, les Infadels se sont encore mis le public dans la poche. L’entreprise d’Infidelisation est en marche et continuera au Nouveau Casino le 19 Septembre.

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