octobre 2006


Déjà une semaine depuis le dernier post, non pas que je n’ai rien à raconter mais plutôt la flemme de coucher quelques lignes sur ce blog. En ce moment c’est un peu les montagnes russes : soirée sympa samedi, formation naze lundi et mardi, concerts à la Flêche d’Or mardi mi figue-mi raisin (annulation de Cocoon pour qui j’avais spécialement fait le déplacement malgré la grosse flemme post-formation).

Pas mal de chroniques dans les tuyaux : I Like Trains (album et concert), Duels, Compil Fargo, Forward Russia, The Killers, Compil Sub Pop. Est ce l’effet Fargo ou pas mais toujours est il que en ce moment j’écoute beaucoup de folk. Josh Tillman, Rocky Votolato, Ben Kweller, Elliot Smith et bien d’autres. Demain soir je couvre le concert de Shearwater, pas eu de place pour ILYBICD par contre, pas grave je les ai déjà vu. Je risque d’assister à beaucoup moins de concerts que prévu début novembre, certaines dates sont complètes et les invit’s sont loin d’être évidentes à avoir.

Je viens de terminer la lecture du « Monde selon Garp » de John Irving et ce fut un vrai plaisir. Je me méfie de l’appelation « classique » qui caractérise cet ouvrage et certaines oeuvres artistiques en général, trop de déceptions par le passé liées surement à une attente trop importante. Cette fois-ci ce ne fut pas la cas, j’ai vraiment pris un plaisir énorme avec la plume d’Irving et je compte bien réitérer l’expérience.

La 11ème édition de l’Inrocks Indie Club jeudi soir à la Maroquinerie voyait se succéder les français d’In The Club (remarqués sur la compil CQFD) et les anglais de New Young Pony Club et ¡Forward, Russia!.

Une journée de boulot chargée et une petite réticence envers les groupes CQFD me font manquer le début du set d’In The Club. J’arrive pour les 4 derniers morceaux, les gars ont apparement quelques soucis techniques. La ressemblance vocale entre leur chanteur et celui d’Apartment (dont j’adore le timbre de voix) est étonnante. Les mélodies sont sympas, les gars se la pètent moins que au hasard….. Rock’n Roll (autre groupe CQFD), bref pas mal du tout.

La soirée continuait avec un groupe au nom trés tendance, les New Young Pony Club. Je ne sais pas s’il ya un revival « Mon petit poney » en ce moment mais entre Pony pony run run, International Pony, New young Pony Club, j’ai l’impression que le Poney est devenu l’animal totem à la mode. Bizarre. Vivement que ce soit au tour de l’opossum, de l’ornithorynque ou du gypaète barbu !!! Bon mis à part leur nom ridicule, les NYPC sont des gens trés biens. Le groupe est composé de 5 membres où les filles sont majoritaires (3 contre 2) et pratiquent un mélange d’électro-rock-danse-punk-new wave pas trés original mais bigrement addictif. La grosse rythmique et les nappes de synthés 80’s ont rapidement transformé la Maroquinerie en piste de danse. De plus, la chanteuse est une vraie pile électrique qui n’hésite pas à se vanner avec le public et la claviériste est un ravissement pour les yeux.

J’ai horreur de ça mais je m’étais pourtant dit qu’il serait souhaitable de prendre des bouchons d’oreille pour le concert des cinglés de ¡Forward, Russia! et bien entendu je les ai oublié. Dire qu’ils jouent fort serait faire injure à la vérité !! Affublés de leurs célèbres t-shirts blanc avec les points d’exclamation, les FR sont rentré immédiatement dans le vif du sujet en sautant et hurlant comme des damnés. Tom, le chanteur, a comme manie de se ligoter avec le fil du micro tout en sautant partout. On serait pas surpris un jour d’entendre dire qu’il s’est étranglé pendant un concert. Dans les 1ers rangs ça pogotait sévère, les photographes avaient du boulot pour shooter Tom qui ne restait pas en place un dixième de seconde. Grosse performance sonore (mes tympans s’en souviennent) et scénique donc des ¡Forward, Russia! pour une édition réussie des Inrocks Indie Club avec 3 bons groupes dans 3 styles différents.

 

Imaginez que l’hilarant « The Office » rencontre le terrifiant « Delivrance« . Cela ne donnerait ni The Offrance, ni Delivrice mais Severance. Le cinéma d’horreur Britannique fait encore des siennes et prouve aprés Shaun of the Dead, The Descent, Creep…que les américains n’ont plus le monopole du cinéma de genre. Quand s’y ajoute en plus une touche d’humour dont ils ont le secret, on ne peut qu’en redemander.

On a pu le constater de nouveau ce week-end, dans le métro ou au Truskel, les Mods sont à la mode….

Aprés ce jeux de mots foireux il ne doit plus rester grand monde. Je disais donc que les Mods sont à la mode, ils sont partout, ça en devient pathétique. Dans les magazines par contre on ne jure plus que par les Nerds. On parle même du pouvoir Nerd qui contrôlerait soit-disant tout (ciné, télé…) et de citer les plus célèbres d’entre eux en exemple (Peter Jackson, Kevin Smith…). Et que dire des Geeks, dont nous sommes de plus en plus à nous revendiquer comme tel. Bref, si vous ne vous reconnaissez dans aucune de ces catégories, ne vous inquiétez pas, vous êtes on ne peut plus normal. Ringard mais normal (oh je rigole ça va !!).

Bon voilà je viens de faire partir les derniers lecteurs de ce blog, qui pourtant avaient survécu à mon superbe « Les Mods sont à la mode » (sic). Je peux donc parler tout seul ou avec mon ami imaginaire, ce qui fait de moi le membre éminent d’une autre catégorie. Je disais donc que je vois des Nerds partout et même dans mon écran de télé ou d’ordi. Si toi aussi ami imaginaire tu veux voir des Nerds dans ta lucarne, je ne saurais trop te conseiller les films suivants :

Les 2 derniers, primés à Sundance, sont un vrai régal, ami.

Quel meilleur endroit que l’ancienne friche industrielle de la Villette pour accuellir le passage à Paris des I Like Trains, le quintet post-rock atmosphérique de Leeds. Les anglais étaient accompagnés par les français de Kim Novak, adeptes de sonorités cold-wave. La soirée était donc placée sous l’égide de l’excellent label bordelais Talitres et promettait une ambiance sombre et des voix caverneuses.

On peut pas dire que ça se bousculait au portillon pour voir Kim Novak et c’est bien dommage. Malgré l’heure tardive pour une 1ère partie (21h passé), le Glaz’Art sonne un peu le creux.  A la manière de l’actrice à qui ils ont emprunté le nom (choisie par Columbia pour détrôner une certaine Marilyn M.),  les caennais ont peu de chance de détrôner Interpol ou Joy Division. Cependant leur cold-wave fait mieux que se défendre et n’a pas à rougir de la concurrence de quelques corbeaux anglo-saxons.

Affublés de leurs classiques tenues de cheminots britanniques (trés classe soit dit en passant), les I Like Trains prennent ensuite possession de la petite scène du Glaz’Art sur quelques mots dans la langue de Molière « Nous sommes J’aime les trains ». Un vidéoprojecteur, géré par Ashley Dean l’homme au cornet (sorte de trompette), est installé afin de diffuser des images en super 8 et diapos derrière le batteur. Le set débute par un inédit, Spencer Perceval, qui démontre un peu plus le goût prononcé du quintet pour les mélodies obscures mais également leur attachement aux destins tragiques. Ce titre fait la part belle à l’unique Premier Ministre Britannique à avoir été assassiné. Les photos du personnage et les mots « Murdered » s’affichent sur le mur, le ton est donné.  Avec « The Accident« , sur lequel le cornet fait des merveilles, on s’attend presque à entendre un chien hurler à la mort dans les toilettes du Glaz’ Art. Le groupe enchaîne ensuite avec « A rook House for Bobby« , un des meilleurs titres de leur 1er album, qui narre l’histoire du champion d’échecs Bobby Fischer, aux idées politiques déviantes, qui fut poursuivi jusqu’en Islande.

« Before the Curtains Close part II » est l’occasion pour David Martin, le chanteur au nom bien de chez nous, de rendre un bel hommage à Serge Gainsbourg, dont de superbes photos ornent les murs du Glaz’Art. Le second inédit de la soirée met de nouveau en valeur un personnage de l’histoire Britannique, le « Dr William Brydon« , célèbre pour avoir réchappé à un massacre pendant la la 1ère guerre Anglo-Afghane. C’est l’occasion pour le groupe de nous proposer un chant à 3 voix particulièrement réussi. Les I Like Trains ou l’art de se cultiver tout en écoutant de la bonne musique. Des images de neige annoncent « Terra Nova » (expédition de Scott en Antarctique), l’un des titres les plus attendus par le public. La voix caverneuse de David fait des merveilles, on sent presque le froid polaire nous glacer le sang. Le set se termine avec « Stainless Steel« , lente montée en puissance de plus de 8 minutes qui s’achève dans un mur du son apocalyptique.

L’unique rappel a pour nom « The Beeching Report« , le morceau qui clôture de belle manière l’album « Progress/Reform« . Ce titre prend la forme d’une condamnation ou un jugement envers Mr Beeching, l’instigateur de la réforme (« Mr Beeching I’m talking to you… ») et le progrés en général, qui envoya des milliers de Britanniques au chômage à la suite d’une réforme des chemins de fer. « Reform Reform », les mots résonnent encore longtemps dans mes oreilles en rejoignant le métro, parmi la froideur du paysage industriel de la Villette.

J’avais pourtant vu des bons films depuis mon retour de vacances. Un petit chaperon rouge sadique (Hard Candy), parfois à la limite du supportable, surtout pour nous les hommes…des films d’animation réussis (Wallace et Gromit et le mystère du Lapin-Garou et le trés beau Renaissance) mais c’était avant ce soir et donc avant de voir peut être le film de l’année :

Gorge du Diable (Iguazu)

Quebrada de Cafayate

Quebrada de Humahuaca

Montagne aux 7 couleurs

Péninsule Llao-Llao

Volcan Lanin

14h de sommeil sans interruption, je crois que j’ai battu mon record d’au moins…7h. La fatigue était telle hier soir que je ne réalisais pas bien la mauvaise nouvelle. Ce n’était « que » mon grand-père mais c’était aussi bien plus que ça et il va me manquer. Fin de l’histoire.

Aujourd’hui j’ai récupéré Mina la garce qui avait l’air moins contente que moi des retrouvailles. Ca prouve que Fred a fait du bon boulot. Merci encore.

Je me remets au « boulot », pas mal de chroniques à écrire (Duels, Forward Russia, The Killers…). J’en profite pour remercier Gino qui a écrit la moitié de celle sur le concert auquel on avait assisté tous les 2 avant mon départ (OK Go et Motion City Soundtrack). J’ai torché ma partie (Ok Go)  en Argentine car le label s’impatientait de ne pas la voir en ligne. Ils avaient payé la place et voulaient un retour rapide, ils vont pas être déçus du voyage, même si j’ai été soft je pense, pour compenser le retard.

Pas mal de retard à rattraper niveau zique, films, séries (Lost a repris), repassage (j’en vois qui rigole au fond)…

Dimanche : La matinée est donc consacrée à rejoindre San Martin de Los Andes, une station de ski renomée et huppée, via la superbe route des 7 lacs. En fait c’est surtout le paysage qui est superbe car la route, elle, est pas terrible. L’hiver vient de s’achever et elle est pleine de trous, cailloux…Pas grave cela nous permet d’apprécier les lacs et les montagnes qui s’y reflètent. Nous arrivons le midi à San Martin et aprés avoir dégusté la spécialité locale (la truite), nous nous mettons en route pour le parc national Lanin et plus particulièrement le volcan qui lui donne son nom. Il culmine a plus de 3700m d’altitude et est pour une grande partie enneigé. La visibilité est bonne jusqu’à ce qu’on entre dans la forêt. Lorsque l’on ressort, on est tout prés du volcan mais de gros nuages se sont amoncelés en cette fin d’après-midi. On n’aperçoit plus le sommet qui domine la chaine de montagnes alentour de plusieurs têtes. Tant pis pour les photos de près.

On rejoint Junin de los Andes, qui a beaucoup moins de charme que San Martin. L’auberge de jeunesse est pas chère du tout mais le confort est spartiate. On dort dans le grenier sur des matelas pourris. On évite les draps au profit de notre sac de couchage.

Lundi : La voiture est complètement gelée au petit matin. On fait une halte dans une boulangerie afin de laisser le temps à la voiture de dégeler. Les patisseries sont délicieuses, on a enfin trouvé quelque chose d’intéressant à Junin. Pas le temps de flaner, une route difficile nous attend afin de rejoindre la frontière chilienne.

On passe encore plus près du volcan Lanin et le temps étant au beau fixe, on prend les photos tant désirées la veille. Laroute est asphaltée et nous arrivons donc rapidement au poste frontière. Les Argentins ne nous cherchent pas trop de noises hormis l’accueil glacial de la nana de la douane. Côté chilien c’est Ok Corral. On remplit 50 papiers, on passe de bureau en bureau où on reremplit des papiers. Le gars de la douane fouille nos sacs à dos et nous demande de sortir nos gros sacs du coffre afin de les faire passer aux rayons X. Heureusement le poste est équipée d’une machine à rayons sinon on était bon pour un bon vieux vidage de sac à la mano. L’auto doit également passer dans un pédiluve afin de ne pas transporttToutes ces joyeusetés (entre Argentine et Chili) nous bloquent quasiment 1h et nous rapportent 2 nouveaux tampons sur le passeport.

Aprés plusieurs dizaines de km sur une route en mauvais état, on rejoint l’asphalte et les villages de montagne chiliens. On arrive peu avant midi à Pucon où l’on peut admirer depuis le centre-ville le volcan Villaraca juste derrière. Ce volcan est contrairement au Lanin encore en activité. On voit d’ailleurs quelqies fumées s’échappaient de son sommet. Il y a un système de feux tricolores en ville afin de prévenir la population en cas de danger. Sympa !!!! Aujourd’hui c’est vert donc pas de risque. Cela me rappelle le système de drapeaux chez nous à l’océan mais sans le même impact.

Le volcan Villarica est lui aussi sublime, quasi totalement enneigé. Le temps étant extrêmement changeant à cette altitude,l’on n’est pas surpris de voir les nuages arriver durant l’aprés-midi. On rebrousse chemin vers l’Argentine afin d’éviter de se prendre une pluie torrentielle sur la tronche sur ces routes cabossées.

Le contrôle aux frontières se fait plus rapidement, les Chiliens sont moins regardant quand on quitte leur pays apparement. La nana de la douane argentine est toujours aussi avenante (sic). Ce soir on dort à San Martin de los Andes dans une auberge trés sympa et animée, avec une literie confortable et une salle de bains digne de ce nom.

Mardi : On dort un peu plus tard que le reste du séjour car c’est notre dernière matinée avant le départ en bus pour Buenos Aires. La voiture est rendue à l’agence sans qu’un problême soit relevé malgré les 780 km effectués, sur des routes parfois défoncées. Bravo au chauffeur (Erwan).

Nous avons choisi de changer de compagnie de bus car nous avons peu confiance en la ponctualité d’Andesmar et nous avons un avion à prendre le lendemain. Nous partons à 13h de San Martin, nous somme censés arriver le lendemain à 9h30. Le trajet est agréable malgré que nous réalisions que les vacances sont finies. Les dvds proposés sont pour une fois récents et pas trop mals (King Kong notamment), on a même droit à du champagne !!!

Comme toutes les nuits pendant 2 semaines et 1/2, je me réveille à 4h30 heure locale (9h30 en france) sans arriver vraiment à me rendormir. Je n’ai pas encore trouvé l’explication à ça. Malgré le fait que nous soyons en bus couchette on dort donc assez peu. Les arrêts se comptent sur les doigtrs d’une main, nous gagnons donc un temps fou, d’autant plus que le chauffeur roule à tombeau ouvert.  Il est quasi impossible de boire son café sans s’ébouillanter ou s’en mettre partout (n’est ce pas Seb ?).

Résultat : on arrive à Buenos Aires entiers et avec 1h30 d’avance sur l’horaire prévu. Chapeau.

Cette fois-ci on se fait pas rouler par le taxi et on paye le prix imposé pour l’aéroport par l’état, soit 100 pesos (25 euros) de moins qu’à l’aller.

Le vol pour Milan (13h) parait interminable, d’autant plus que l’on n’arrive presque pas à dormir. Aprés un peu plus d’1h d’attente à Milan, direction Paris (1h30) pour une arrivée à 11h sur le sol français soit quasiment 48h aprés notre départ en bus de San Martin mardi.

On est tous claqué, on a dû dormir 8h ces dernières 48h et il nous tarde de rejoindre nos pénates. Le retour à la réalité est rude, j’apprends qu’un membre de ma famille qui m’est cher nous a quitté la nuit de mon départ pour l’Argentine. J’aurais tant aimé lui dire au revoir une dernière fois.