Je n’avais pas mis les pieds dans une salle obscure depuis un bail. Alléché par les nombreux films à l’affiche actuellement, je jetais mon dévolu sur « Les Fils de l’homme (Children of Men) » du réalisateur mexicain Alfonso Cuaron (Y tu mama Tambien, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban). Les scénaristes Hollywoodiens piochent de plus en plus dans la littérature si l’on en juge par l’actualité cinématogreaphique : Le Dalhia Noir (Ellroy), Le Prestige (Priest)… et Children of Men (P.D. James).

Nous sommes en 2027 et il n’y a eu aucune naissance humaine depuis 18 ans, sans que la science sache pourquoi. Pire, le plus jeune citoyen humain meurt assassiné. Le monde a sombré dans le chaos et seule la Grande-Bretagne survit, profitant de son éloignement géographique et d’un régime totalitaire et protectionniste. Les réfugiés affluent donc vers cet unique bastion de civilisation mais sont refoulés et parqués dans des camps. Et si l’espoir de l’humanité provenait justement d’un de ces parias ?

Scénario d’anticipation mais également totalement ancré dans notre époque, les thèmes abordés dans le film semblent à la fois lointains et contemporains. Si le scénario est une des vrais réussites de ce film, les acteurs (Clive Owen, Juliane Moore, Michael Caine) sont également à féliciter tout comme la réalisation de Cuaron. On n’avait pas vu de guerre civile aussi bien filmé depuis longtemps voire plus. Enfin Cuaron utilise à merveille quelques effets de manche (sang sur la caméra, sifflements pour simuler un accouphène) qui rendent son film extrêmement réaliste pour les spectateurs que nous sommes. Viva Mexico, viva el cine.