février 2007


J’ai déjà dit ici maintes fois tout le bien que je pensais du festival de Sundance (cinéma indépendant US). Je suis toujours avec attention les nommés et nominés du festival de Robert Redford, espérant y dénicher quelques perles rares. Ce fut le cas en 2004 avec Primer, le film de Shane Carruth réalisé pour la modique somme de 7000$. Malgré le fait que j’ai visionné le film en Vo non sous-titré (bonjour les dialogues de matheux !!) et que je suis depuis tout petit allergique aux sciences et mathématiques (les robinets qui fuient, tout ça), Primer a été une expérience cinématographique réjouissante. On sent que le film a été fait avec 3 bouts de ficelle mais qu’importe. On peut même douter du fait que le film aurait été meilleur avec des moyens importants. Si Primer est un film de science-fiction (plus science que fiction), sa grande force est de nous donner l’impression qu’il n’en est pas un.  Jamais à ma connaissance un film sur le voyage dans le temps n’avait atteint un tel degré de réalisme. Il faut plusieurs visionnages pour appréhender totalement les mystères de ce film et encore…

Primer est depuis mercredi projeté dans 6 salles en France, c’est mieux que rien me direz-vous. Cela me rappelle dans un autre registre « Le cauchemar de Darwin », projeté au début dans trés peu de salles puis dans tout le pays au fur et à mesure que le buzz grandissait. J’ai du mal à croire au même dénouement pour Primer, à moins que je ne modifie le continuum espace-temps…

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En ce lundi 19 Février 2007 la Maroquinerie accueillait Fyfe Dangerfield et ses Guillemots pour une soirée placée sous le signe de la pop psyché. J’arrive trop tard pour assister à la 1ère partie (Marie Modiano), me faufile au milieu de l’assistance particulièrement nombreuse et constate que la scène est envahie d’instruments et d’objets hétéroclites. Une vieille chaise en bois face à une nuée de synthés servira de siège à Fyfe, un couvercle de poubelle et une grosse cloche feront vraisemblablement office de percus et je laisse votre imagination faire le reste pour la machine à écrire et les perceuses.  On allait enfin savoir si leur nomination aux Brit Awards dans la catégorie « Meilleur groupe live » était oui ou non justifiée.

Les 6 membres du groupe font leur entrée sur scène, certains ont fait un effort vestimentaire : Fyfe arbore un costume rayé tendance Beetlejuice et Aristazabal Hawkes (la contrebassiste) une superbe robe noire. Derrière ses imposants synthés, Dangerfield ressemble au Phantom of the Paradise de De Palma. Le début du set laisse la place aux grandes envolées symphoniques avec l’envoûtant Come away with me enchainé comme sur leur premier album avec Through the Window Pane. Aprés l’entraînant Go Away c’est à l’une des plus belles chansons pop de l’an passé que nous avons droit avec Made Up Love song #43. Entre le rythme sud-américain et les envolées lyriques de Dangerfield, on y retrouve tout ce qui fait le charme et l’originalité de ce groupe.

Le groupe fait honneur à sa réputation d’anti-conformistes et prend plaisir pas à jouer les titres dans des versions inédites. Fyfe Dangerfield joue les Mr Loyal entre les morceaux dans un français respectable. Il n’hésite pas à plaisanter avec le public comme lors de l’annonce de l’inédit Big Dog qu’il gratifie de quelques samples « sexy ». Annie Let’s not Wait, autre titre phare du groupe, nous replonge dans la pop psyché et les rythmes chauds que l’on ne quitte qu’avec We’re Here sur lequel Fyfe reste seul sur scène à la guitare. Le reste du groupe refait son apparition pour le lyrique Redwings sur lequel les cuivres font merveille et le trés attendu Trains To Brazil. Mc Lord Magrao le guitariste brésilien se démène comme un beau diable, le saxophoniste italien remplaçant l’habituel titulaire fait mieux que de la figuration et la canadienne Aristazabal Hawkes dompte avec vigueur et sensualité sa contrebasse. Le melting pot des Guillemots envoie la Maroquinerie en orbite, atterrissage prévue à Sao Paulo pour un dernier titre foutraque sur lesquels la présence d’objets hétéroclites sur scène prend tout son sens.

Le groupe quitte la scène aprés quasiment 2h d’un set intense avant que Fyfe Dangerfield ne décide de revenir seul une nouvelle fois pour gratifier le public d’un ultime titre au mini-clavier (Blue Would Still Be Blue). S’ils n’ont pas remporté le fameux Brit Award, leur réputation n’est défitivement pas usurpée.

Guillemots – Made Up Love Song #43 (concert à emporter)

GuillemotsTrains To Brazil (Mercury Prize Awards)

Retour de week-end de 4 jours à Montpellier où le temps ne fut pas au beau fixe. Vendredi ballade sous le soleil dans la ville, Samedi ballade venteuse sur la plage. La Méditerranée démontée ressemble à s’y méprendre à l’Atlantique. Les Montpellierains n’ont pas (ou plus) d’accent, tout fout le camp. Autre truc trés drôle, la « propagande » du maire Georges Frêche (mais si vous savez celui qui a dit qu’il y avait trop de noirs en équipe de France de foot) pour sa ville. On voit partout fleurir des phrases du maire vantant les monuments de sa ville. Cela donne par exemple sur le musée « Un des plus beaux musée d’Europe » dixit Georges Frêche. Si c’est lui qui le dit…

 Semaine chargée dans les salles de concert de la capitale. Hier les Guillemots étaient à la Maroquinerie et c’était bien (le compte-rendu bientôt). Ce soir le Point Ephémère accueille le post rock ambiant de Jimmy Lavalle et son groupe The Album Leaf. Mercredi et jeudi Trent Reznor et Nine Inch Nails industrialisent l’Olympia pendant que les Decemberists seront à la Maroquinerie. Vendredi la Scène Bastille sera prise d’assaut par le post-rock de Kwoon (j’en reparlerais bientôt) et samedi les new-yorkaises d’Au Revoir Simone enchanteront la Maroquinerie.

The Album LeafAlways for you 

J’allais avoir 20 ans, eux pas tout à fait, je me gavais de Pixies, Smiths, Joy Division, New Order, Cure…C’était l’année 1994 et les Catchers faisaient leur apparition.

Quatuor Irlandais composé notamment de Dale Grundle et Alice Lemon, les Catchers sont apparus dans ma vie grâce à Bernard Lenoir et à Gino. Le premier les a diffusé dans sa célèbre émission et le second a acheté leur 1er EP (« Shifting »). Je suis tout de suite tombé amoureux des mélodies et de l’enchevêtrement des voix de Dale et Alice. Leur premier album « Mute » reprend une grande partie des titres de l’EP (hormis Christina et Summer is nearly over) et délivre de nouvelles pépites pop (Song for autumn, Sleepyhead…).

Nous sommes en janvier 1995 devant le Dorémi à Bordeaux, Momo et Magalie ont oublié leurs places dans leur chambre U et doivent retourner les chercher…Nous sommes presque au 1er rang pour voir les Catchers se produire ce soir là en 1ère partie d’Edwyn  » A girl like you » Collins. Avant les postillons d’Edwyn, ce sont les pop songs tantôt acoustiques, tantôt électriques que l’on prend dans les mirettes. On est en 1995 et les Catchers font de la pop avec un grand P.

Il faut attendre 4 ans pour voir Dale et Alice donner une suite à leur 1er opus. « Stooping to fit » voit donc le jour au Cocteau Twins studio en 1998. Un nouveau guitariste a rejoint le groupe, les arrangements (cuivres,cordes) sont plus nombreux, les morceaux plus pêchus mais l’émotion transpire toujours autant. Les pépites se nomment cette fois-ci Call her name, Ribbons ou Aqualapping. On est en 1998, la France n’a pas encore succombé à « I will survive » que les Catchers rejoignent les groupes susnommés dans mon panthéon de la musique.

On est en 2007 et les Catchers ne sont plus.  La lassitude et la rupture entre Dale et Alice a eu raison du groupe peu aprés la sortie de « Stooping to fit ».  Leurs cds tournant fréquemment sur ma platine je suis allé par curiosité sur leur page Myspace il y a quelques mois et j’ai par hasard retrouvé la trace de Dale Grundle. Il écrit toujours de superbes chansons pop au sein de son nouveau groupe, le bien nommé The Sleeping Years (les 1ers mots de Beauty#3, 1er titre de « Mute »). Les années de sommeil et de silence qui ont ponctué la fin des Catchers semblent arriver à leur fin puisque Dale propose quelques titres sur sa page Myspace, un EP est en cours d’écriture et enfin il sera présent les 17 et 18 Mars à Paris (Divan du monde et Pop In) pour 2 concerts gratuits.

On sera le 17 mars 2007 et je vais avoir 20 ans de nouveau…

[Mp3] The Catchers – Sleepyhead (demo)

[Mp3] The Catchers – Half Awake (BBC1 Session)

[Mp3] The Catchers – Apathy (Acoustique)

Au Revoir SimoneFallen Snow

The Good,The Bad and The QueenKingdom of Doom

IdlewildIf it takes you home

Le Festival des Inaperçus en est à sa 11ème édition et a toujours pour but de mettre en lumière la nouvelle scène pop-rock française. Le Glaz’art, qui abrite ce festival depuis 2000, a vu défiler quelques jeunes pousses en quête de reconnaissance (Syd Matters, Calc, Eiffel, Girls in Hawaï, Dead Pop Club, Rhesus…). La soirée du mercredi 07 Février promettait de regrouper le duo folk Cocoon ainsi que le trio pop-folk Diving with Andy et les excités Stuck in the Sound.

C’est à Cocoon que revenait l’honneur d’ouvrir la soirée en tant que lauréat du concours CQFD. Une interview vidéo de Mark et Morgan était projetée sur les écrans du Glaz’art afin que le public fasse un peu mieux connaissance avec le duo Clermontois vainqueur surprise (pour certains) du concours organisé par les Inrocks. Aprés cette mise en bouche, le duo fit son apparition sur scène et Mark nous expliqua qu’ils avaient oublié leur boîte à rythmes en Auvergne. Au début du set le groupe est visiblement un peu impressionné par l’évènement et ce soudain intérêt du public indé parisien. Les arpèges délicats de Mark et les nappes de synthé de Morgan ont un peu de mal à convaincre la frange du public venu écouter Stuck in the Sound, les gens parlent fort, on se croirait dans un bar. J’ai du mal à me mettre dans l’ambiance, quelques dindes gloussent derrière moi et m’empêche d’apprécier le pop-folk ouaté made in Panda Mountains. De plus les nouvelles compos sont un peu trop linéaires à mon goût. Le set se termine avec Chupee (la vidéo ici) mais sans le fameux lancer de Chuppa Chups. Mark au ukulélé incite le public à taper dans ses main pour « être un vrai public » et à reprendre les « Hello Hello » qui ponctue le morceau. Prestation mitigée selon moi pour Cocoon, en partie à cause d’un public venu taper la causette plutôt qu’écouter un concert et en partie par un manque de variété dans les mélodies du duo Auvergnat.

Je ne m’attarderai pas sur Diving with Andy, je n’ai pas accroché à la pop du trio parisien même si certains morceaux, portés à bout de bras par la voix de leur chanteuse, m’ont fait penser aux débuts de Catpower. Un titre en vidéo ici.

Le quatuor francilien Stuck in the Sound était donc la tête d’affiche de cette soirée et c’est logique tant ils ont fait du chemin depuis leur victoire au concours CQFD en 2005. On peut seulement s’interroger sur l’étiquette « inaperçu » qui sied mal à ces stakhanovistes de la scène. Passé la petite interview vidéo, José et sa bande entrent en scène, bien décidés à électriser une soirée jusque là assez calme. Les tubes de leur 1er opus (« Nevermind the living dead ») s’enchainent, le fantôme des Pixies n’est pas loin. Extrêmement bien rodé aux joutes scéniques, les Stuck disposent en la personne de José Reis Fontao d’un leader charismatique. « Cramp push and take it easy« , « Delicious dog » ou l’imparable single « Toyboy » enflamment le Glaz’art et démontrent que ces 4 là ont le potentiel pour venir chatouiller les Hushpuppies sur le podium du rock français.

ClinicHarvest

Klaxons –  Golden Skans

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