juin 2007


 

Ces macchabées là ne sont pas du genre viande avariée mais se trouvent bel et bien au rayon produit frais puisque leur 1er album « Colour It In » est disponible depuis le mois de mai chez Fiction. Issus de l’active scène britannique de Brighton, le quintet s’est fait remarquer comme souvent en Angleterre grâce à quelques singles efficaces que l’on retrouve sur leur 1ere galette. A l’écoute de quelques titres, on pense irrémédiablement aux Futureheads pour le chant saccadé d’Orlando Weeks et la rythmique changeante. La preuve en images avec la vidéo de Precious Time.

The MaccabeesPrecious Time 

2007 sera l’année hommage à Ian Curtis ou ne sera pas. Le biopic consacré au chanteur de Joy Division intitulé « Control » et réalisé par le célèbre photographe hollandais Anton Corbijn verra en effet le jour sur nos écrans en septembre. D’ici là on pourra se mettre sous la dent quelques uns des albums de l’armée des clones de Joy Division qui sévissent sur la planète indé.

Editors (sans The) est l’un des derniers à avoir fait son apparition il y a de celà 2 ans avec un 1er album remarqué « The Back Room« . Le groupe de Birmingham doit beaucoup au timbre si particulier de son chanteur Tom Smith qui n’est pas sans rappeler qui vous savez. Dans un créneau de plus en plus saturé et usé jusqu’à la moelle Editors avait su tirer son épingle du jeu grâce à quelques singles aux titres aussi courts qu’accrocheurs (Blood, Munich, Bullets). 

 

Deux années se sont écoulées et revoilà Editors dans les bacs avec un nouvel opus intitulé « An End Has a Start« . Le single Smokers Outside The Hospital Doors reflète l’évolution voulue par Tom Smith à son groupe pour se débarasser un tant soit peu de l’ombre du grand Ian. Si la voix de son leader est toujours aussi caverneuse, les riffs de guitares aisément reconnaissables et les mélodies mélancoliques (Tom Smith semble porter tout le poids du monde c’est le cas de le dire sur le bien nommé The Weight of The World), le piano est de plus en plus présent sur les compositions du quatuor.

S’il semble vain de chercher une explication philosophique au titre de cet album, on peut penser que « An End Has a Start » est en quelque sorte un message envoyé à tous ceux qui rangeaient Editors dans les ersatz d’ersatz de Joy Division. Malgré une évolution plus ou moins affirmée sur ce nouvel album, la bande à Tom Smith prouve qu’elle joue bien en 1ère division de la ligue des clones. Let the war begins.

Les titres The Racing Rats et An End Has a Start sont en écoute dans la radio-blog.

TravisSelfish Jean

JusticeD.A.N.C.E

En octobre 2005 j’avais plein d’espoir, de rêves de gloire pour les canadiens de Wolf Parade, je leur prédisais une carrière à la The Arcade Fire et plein de cadeaux sous le sapin en fin d’année. Finalement il n’en a rien été ou si peu. Dommage tant pour moi « Apologies To The Queen Mary » restera comme un des meilleurs albums de ce début de siècle. 

Wolf ParadeShine A Light  

2 ans plus tard les têtes pensantes (et chantantes) que sont Spencer Krug et Dan Boeckner se sont dédoublées comme dans le clip de Shine A Light. On doit notamment à Krug les projets Sunset Rubdown et Swan Lake qui ont vu le jour l’an passé.  Pendant ce temps Dan Boeckner enregistre quelques titres chez lui avec Alexei Perry, sa fiancée.

 

Le résultat ne se fait pas attendre et sort tout droit chez Sub Pop, excusez du peu. Le premier album du duo prénommé Handsome Furs s’intitule « Plague Park » et est une nouvelle preuve si nécessaire du talent de Boeckner. Les 9 titres qui composent cet opus pourraient passer pour des inédits de Wolf Parade, Boeckner lui même décrit le projet comme « du Wolf Parade sans le gars que tout le monde aime (Krug) et sans vrais instruments ».  Le bonhomme est modeste tant sa côte de popularité n’a rien à envier à celle de son acolyte. Pour ce qui est des instruments, on retrouve les arpèges de guitares et la voix éraillée qui guidaient la meute sur « Apologies To The Queen Mary » tandis que sa douce s’occupe des synthés et de la boîte à rythmes.  Le résultat est une fois de plus un modèle de pop/folk psyché dont se détachent les titres Sing! Captain (en écoute dans la radio-blog), Snakes On The Ladder, What We Had et Dumb Animals. J’espère seulement que ces belles fourrures n’auront pas la peau de Wolf Parade et que les 2 têtes pensantes ne feront plus qu’un afin de pourquoi pas donner vie à ma prédiction. C’est tout le mal que je leur souhaite.

Handsome FursDumb animals

 

Il sera en ligne dés que j’aurais récupéré les photos mais en attendant je vous donne la primeur du live report de Maxïmo Park que l’on trouvera sur Indiepoprock.net bientôt.

Repéré il y a 2 ans avec leur 1er album « A Certain Trigger », Maxïmo Park avait, au cours de la tournée correspondante, démontré un talent certain pour les performances live, en particulier grâce aux sauts de cabri de Paul Smith son chanteur. Avec la sortie de « Our Earthly Pleasures » l’occasion était donnée au quintet de Newcastle de confirmer (ou pas) leurs bonnes dispositions scéniques.

Le duo de Brighton Blood Red Shoes composé de la ravissante Laura-Mary Carter à la guitare et du bondissant Steven Ansell à la batterie était chargé d’ouvrir les hostilités et de mettre en appétit le public du Bataclan. Cette formation atypique fait bien entendu penser aux White Stripes mais la ressemblance s’arrête là tant le pop-punk hargneux des anglais va à contre-courant du blues-rock des américains. Sans temps mort ni bla-bla inutile, le duo confirme sur scène l’énergie entraperçue à l’écoute de leurs premiers singles (A.D.H.D. et It’s Getting Boring By The Sea notamment). Le duo fonctionne à plein avec d’un côté la fougue de Steven Ansell martelant ses fûts comme un demeuré tout en assurant au chant et de l’autre le charme de Laura-Mary Carter avec sa voix aigue et ses riffs acérés. Malgré une légère impression de répétitivité vers la fin du set qui démontre une fois de plus les limites d’un tel attelage (guitare/batterie), les Blood Red Shoes ont semble t’il réussit à convaincre le public et à s’extraire de la masse de nouveaux groupes anglais qui viennent chaque semaine inonder nos oreilles. 

A les voir débarquer sur scène les uns après les autres avec le toujours bondissant Paul Smith pour fermer la marche on se dit que ce concert de Maxïmo Park va faire monter un peu plus la température d’une salle ressemblant pourtant déjà à un sauna. C’est chose faite avec l’énergique Girls Who Plays Guitar, titre qui ouvre également le dernier opus du groupe. L’enchaînement des titres Parisian Skies et Graffiti n’est pas anodin et ne passe pas inaperçu puisque ces 2 titres font références à la France (« I’ll do graffiti if you sing to me in French »). Paul Smith s’essaie à quelques mots en français mais on s’aperçoit vite que le bonhomme est plus doué pour sauter dans tous les sens que pour pratiquer la langue de Molière. 
Peu importe puisque arrive le single Our Velocity qui finit d’embraser la salle. Lorsque Lukas Wooler n’est pas derrière son clavier à faire la danse du robot, il se joint à Paul Smith au milieu de la scène pour bondir dans tous les sens. Un vrai duo de marsupilamis. Certes on pourrait reprocher à Smith d’en faire parfois un peu trop dans son jeu de scène mais pour une fois que l’on voit un groupe pas blasé de jouer on ne va pas s’en plaindre. 
Le frontman paie sa débauche d’énergie et on le voit souvent avoir du mal à reprendre son souffle entre les titres. Les nouveaux morceaux passent plutôt bien en live (Books From Boxes, Russian Litterature, Karaoke Plays) et n’ont rien à envier à l’applaudimètre aux désormais classiques I Want You To Stay ou Kiss You Better. Pourtant 2 titres de « A Certain Trigger » vont déchaîner plus que de raison l’assistance et le pourtant très sage bassiste Archis Tiku, à savoir Apply Some Pressure et Limassol qui clôt un set intense. Le rappel ne se fait pas trop attendre et est à l’image du concert un mélange d’ancien et nouveau titre avec tout d’abord le très pop Sandblasted And Set Free et pour finir l’exalté Going Missing

Si l’on peut regretter l’absence de titres tel que Your Urge ou The Coast Is Always Changing qui n’auraient pas dépareillé dans la setlist du soir, on reste une fois de plus admiratifs devant l’énergie et l’enthousiasme d’un des groupes anglais les plus excités et excitants du moment.

Good ShoesNever Meant To Hurt You

Blood Red ShoesIt’s Getting Boring By The Sea

Soirée éclectique en ce 07 juin au Nouveau Casino puisque s’y cotoyait les jeunes pousses britonnes The Pigeon Detectives et les québécois de Malajube. Je retrouve la petite délégation Indiepoprock avant que le quintet de Leeds n’entre en scène, plein de fierté et d’arrogance toute britannique.

Les Pigeon Detectives, au même titre que les Kaiser Chiefs, Forward Russia! et autres The Sunshine Underground,  font partie de l’active scène de Leeds qui sévit actuellement dans les charts anglais. Autant vous le dire tout de suite, j’adore ce genre de groupes de ptits branleurs un peu suffisants mais sachant vous faire remuer la tête et les jambes. J’ai reçu leur 1er album « Wait For Me » il y a peu et s’il ne révolutionnera pas l’histoire du rock, loin s’en faut, il regorge de singles tous plus entrainants les uns que les autres. Les I Found Out,  Romantic Type,  I’m Not Sorry ou Take Her Back sont autant de bombes sonores dont vous ne pouvez plus vous passer aprés la 1ère écoute. Les anglais ont toujours eu l’art de faire des chansons pour brailler dans les pubs, une bière à la main et les Pigeon Detectives viennent encore de le prouver. Sur scène le quintet par l’intermédiaire de son chanteur en fait des tonnes, gesticule, s’arrose, lance son micro à tout va, harangue le public, fait monter celui-ci sur scène…bref c’est parfois du grand n’importe quoi au point de déclencher nos sourires un peu moqueurs mais il faut avouer que c’est efficace. On ne s’ennuie pas, l’énergie déployée est communicative et réveille l’ado qui sommeille en moi.

The Pigeon DetectivesI Found Out

Avec les barbus de Malajube on change d’époque et de registre, de langue aussi puisqu’ils sont francophones et fiers de l’être. Aprés une petite séance de lancer d’assiettes en carton le set débute avec La Monogamie. Le trés attendu Montréal -40°C ne met pas longtemps à arriver et à enflammer la salle avec ses paroles subversives. Les compositions prennent une dimension plus rock que pop sur scène grâce notamment à une section rythmique façon bucheronne. La majorité des titres de leur 2ème album « Trompe l’Oeil » passent à la moulinette live et notamment l’excellent Etienne d’Août et son jeu de mot que j’ai mis du temps à percevoir. Leur 1er opus « Le Compte Complet » n’est pas oublié et la température monte encore de quelques degrés. Julien Mineau (chant) distribue quelques agrumes dans le public, un concert à la bonne franquette comme on dit chez nous et une prestation honnête de nos cousins d’Outre-Manche.

Malajube Fille a plumes

MalajubePâte Filo

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