août 2007


Retour sur la 5ème édition de Rock en Seine qui ne restera pas dans les mémoires malgré une programmation désormais étalée sur 3 jours. Le festival bénéficie des largesses de la région Ile de France pour se constituer une affiche digne de ce nom et surtout digne d’attirer des milliers de curieux. Aprés la belle prise Radiohead l’an passé, le festival francilien a cette fois-ci réussi à attirer dans ses filets des gros poisons nommés Arcade Fire, Björk, The Jesus & Mary Chain, The Shins, CSS ou encore Jarvis Cocker. La programmation s’est également franchement ouverte à d’autres styles musicaux puisque le rap (Puppetmastaz, Dizzee Rascal),  le jazz (Erik Truffaz), le métal (Tool) ou encore le R’n’B (Kelis) avaient voix au chapitre. L’autre invitée du festival fut la boue, omniprésente sur le site pendant 3 jours au grand dam des pseudo-Paris Hilton en « habits du dimanche  » et talons aiguilles…

 

La journée du vendredi était celle qui concentrait le plus de groupes que je souhaitais voir ou revoir. Je prends bien soin d’arriver aprés le set des affreux Rockn’Roll, vainqueurs  du concours CQFD en 2006 (un coup à vous décrédibiliser un concours ça). Les Rodeo Massacre sont mignon(ne)s 2 minutes dans leurs tenues de marins mais leur rock sauce garage me donne trés vite le mal de mer. Le festival ne commence vraiment pour moi qu’avec les préhistoriques Jay Mascis et Lou Barlow, les 2 membres éminents de Dinosaur Jr. Comme je m’y attendais le set fut intense, jusqu’au-bruitiste, parfois à la limite du supportable mais c’était sympa d’entendre leur reprise du Just Like Heaven de Cure et de voir ce groupe que j’écoutais chez Lenoir il y a quelques années (non, pas à l’époque des dinosaures mais juste aprés). Les écossais de Mogwaï programmés sur la grande scène arboraient fièrement les couleurs du Celtic Glasgow ( le club de foot des catholiques par opposition aux Rangers celui des protestants). Le quatuor nous fit le coup de la « douche écossaise » en alternant passage calme au piano avec déluge de guitares noisy. Bouchons d’oreille de rigueur mais set efficace. James Mercer et les Shins avaient également les honneurs de la grande scène suite à un changement de programme. J’avais eu l’occasion de les voir en début d’année à l’Elysée Montmartre et j’avais été trés déçu par leur prestation ce soir là alors que leur dernier album tournait en boucle depuis quelques mois sur ma platine. Si l’ensemble fut de meilleure facture cette fois-ci, leur performance m’a confirmé dans mon idée que The Shins n’est définitivement pas un groupe à voir sur scène. Dommage. Un petit détour sur la scène de la Cascade pour jeter une oreille et un coup d’oeil à Emilie Simon et je ne retiendrais que le coup d’oeil…Retour sur la grande scène pour l’un des grands moments du jour (et finalement de tout le festival) avec le set des suédois The Hives. Je ne suis que moyennement client de leur garage-punk habituellement mais en live ça passe plutôt bien, en grande partie grâce au show de Pelle, leur chanteur, qui est un spécialiste de l’auto-congratulation et des sidekicks. Musicalement ça reste faiblard, l’impression d’entendre toujours le même morceau mais encore une fois en festival c’est le genre de groupe qui booste un public et aprés les Shins on en avait bien besoin…Last but not least, les derniers à fouler la grande scène étaient bien entendu The Arcade Fire, 2 ans aprés un concert que j’avais trouvé un peu pâlot (avec un son pourri il faut dire). Cette fois-ci tout s’est bien déroulé, pas de batteur malade, pas de Poupée de Cire, poupée de son, une reprise du Age Of Consent de New Order, des chansons définitivement passées à la postérité…Vous l’aurez compris j’ai pris mon pied avec les Montréalais, une routine dont j’espère ne jamais me lasser.

La journée du samedi fut beaucoup plus « light » et pas seulement pour ce qui est du temps sur Saint-Cloud. J’arrive sur le site pour le dernier titre de I Love UFO (une bonne dizaine de minutes tout de même), difficile d’apprécier à chaud la basse étouffante et les beuglements du chanteur. Dommage, leur premier album m’avait plutôt bien plu. Un rapide coup d’oeil aux américains d’Hellogodbye, tout droit sortis d’un teenage movie à la American Pie et qui doivent surement cartonner sur les college radios US. Indigeste. Pour cause de cure de désintox Amy Winehouse est remplacé par les Cold War Kids sur la grande scène. Quelques morceaux sympas comme sur leur premier album mais pas plus en ce qui me concerne. Que dire du concert de Jarvis Cocker si ce n’est que le dandy fait peine à voir. Baragouinant sans arrêt en français entre les morceaux, seules ses mimiques parviennent à me rendre nostalgique de la période Pulp. Tristesse. Calvin Harris semble mettre le feu à la scène de l’Industrie mais c’est avec les brésiliennes de CSS que nous allons tenter de nous consoler. Le show de Lovefoxxx et ses copines est aussi kitch et dansant qu’à Saint Malo, pas d’un grand intérêt musical mais idéal pour mettre l’ambiance dans le cadre d’un festival. A noter que leur nom (Cansei de Ser Sexy = marre d’être sexy) leur va à merveille tant elles (et il) prennent grand plaisir à s’enlaidir. Mention particulière à Lovefoxxx et à son fuseau fluo. Aprés cette kermesse païenne place à la rédemption avec le retour de The Jesus & Mary Chain. Alleluïa. Toujours aussi peu expressifs et préférant laisser parler leur discographie, les frangins Reid ont déversé leur déluge noisy dans les oreilles de vieux fans indie aux anges. De Head On à Just Like Honey en passant par l’irrévérencieux Reverence (« I wanna die just like Jesus-Christ, I wanna die on a bed of spikes… »), le groupe a prouvé qu’il pouvait encore exister sur le devant de la scène indé. Il est 22h et c’est la fin de la journée en ce qui me concerne, le reste de la programmation (Rita Mitsouko, Tool) ne m’attirant pas le moins du monde (hormis une petite curiosité envers les revenants Alpha).

Dernière journée à Saint-Cloud qui commence plus tôt que d’habitude puisque dès 14h la magicienne Natasha Khan (pour laquelle j’ai maintes fois crié mon admiration dans ces pages) et ses compères de Bat For Lashes promettait de faire battre des cils d’admiration le large public déjà présent. Je craignais un peu que les mélodies et l’ambiance un peu intimiste des compositions du quatuor ne s’adapte au format concert en plein air mais finalement ce fut une belle réussite. Les 40-45 minutes du set sont passées à toute vitesse, la belle elle-même fut surprise et déçue de devoir interrompre cette belle communion. Un rapide passage avec Fred sur la scène de l’industrie pour Housse de Racket et leurs synthés vintage. Marrant 2 minutes (notamment leur blague potache sur le fait qu’ils font la 1ère partie de Björn Björk) mais pas une de plus. Sur cette même scène j’étais curieux de voir et entendre Nelson, la réponse française à Interpol et autres Editors. Quelques bonnes mélodies mise hors-jeu par une présence scénique proche du coup de Traflagar. Je fais l’impasse sur le R’n’B de Kelis et la pop tzigane-bricolo de Devotchka, qui n’a pas grand chose à offrir de plus qu’une participation à la BO de Little Miss Sunshine. Retour au rock avec un grand R sur la grande scène pour le set des Kings of Leon, 3 frangins et leur cousin comparés par le magazine du festival à des Strokes campagnards. Agréable surprise pour ma part tant je ne suis habituellement pas trop client de ce blues-rock sudiste qui sent la sueur. La voix cassée du chanteur (dont il ne cessera de s’excuser) apporte qui plus est un supplément d’âme à leurs compositions. Changement de style sur la scène de la Cascade avec Just Jack dont le set a mis des étoiles dans les yeux des festivaliers (au sens propre comme figuré). Super ambiance. Ce n’est malheureusement pas le cas du set suivant puisque Craig Armstrong (dont j’avais adoré le 1er album à l’époque) propose un concert chiant à mourir qui nous fait rapidement fuir vers la grande scène. L’affluence et la transhumance des festivaliers ne fait aucun doute, il est l’heure du clou du festival (en tout cas présenté comme tel). Affublée d’une couverture de survie (ah bon c’était une robe ??), Björk fait son apparition sur scène accompagnée d’une imposante section cuivres relookée par les sacs poubelle Handibag…Aprés ces considérations esthétiques place à la musique et au light show. Ce dernier à base de lasers vert éclipse d’ailleurs un peu l’émotion qui se dégage habituellement de certains titres de la volcanique islandaise. J’apprécie toutefois les morceaux issus d' »Homogenic » et de ses prédécesseurs même si les cuivres ne s’accordent pas toujours à mon goût avec certaines mélodies. Pas franchement emballé, pas franchement déçu, un peu fatigué par ces 3 jours de concert à piétiner, je pars finalement avant les rappels sans aucun regret.

Cette 5ème édition marquait donc le désir d’ouverture (à d’autres styles musicaux) et de grandeur (de 2 à 3 jours) du festival. Les 65000 festivaliers qui ont franchi les portes du parc ne sont, malheureusement pour les organisateurs, pas suffisants pour rentabiliser cette édition (ils en attendaient 70000). La trop grande ouverture et la journée du samedi particulièrement faiblarde ont semble t’il rebuté bon nombre d’amateurs de rock (ce que je comprends tout à fait). Rendez-vous l’année prochaine ? Pas si sûr en ce qui me concerne…

Appeler son groupe Flowers From The Man Who Shot Your Cousin, il fallait oser. C’est à Morgan Caris que l’on doit cette trouvaille et les 13 sublimes morceaux qui garnissent son 1er album intitulé « Hapless« . La pochette me rappelle la BO d’Il était une fois dans l’Ouest par Ennio Morricone que mes parents possédaient en 33T et que j’écoutais très souvent étant gosse. Je regardais la photo et mon esprit s’échappait là où les cowboys portent des cache-poussière et jouent de l’harmonica.

La pochette de « Hapless » me renvoit ces mêmes images de l’Ouest lointain. Le folk dépouillé de Flowers From The Man Who Shot Your Cousin s’inspire des cowboys solitaires comme Nick Drake ou Leonard Cohen et puise sa source dans les montagnes de l’americana. Armé la plupart du temps de quelques arpèges de guitare sèche, Morgan ajoute également quelques cordes de violon et violoncelle à son arc sur les superbes Lay Down Your Arms et No Home que je vous encourage vivement à aller écouter sur sa page Myspace. Le bonhomme sera en concert le 12 Septembre au Pop In et en Province dans la foulée (à Clermont Ferrand le 14 avec Derek Delano dont j’ai déjà parlé ici même).

L’objet à ne pas oublier cette année :

Sieste musicale :

Sébastien Schuller :

Mia (Electrelane) :

LCD Soundsystem on stage :

 

Vendredi 17 Août, dernière journée de la 17ème édition de la Route du Rock. Le réveil est quelque peu difficile (voir post précédent), une averse nous fait craindre une journée galère mais ce sera finalemant la seule, le soleil dardant ses rayons le reste de la journée. Qui dit soleil dit plage et c’est donc à celle de Bon-Secours que se déroulait le début des concerts. On écoute de loin cette sieste musicale remplaçant au pied levé Lucky Pierre  puis retour au fort de Saint-Père pour ne pas manquer les 1ers concerts particulièrement alléchants de la soirée.

On doit quitter à regret la conférence de presse d’Electrelane pour se précipiter voir le concert des Texans de Voxtrot qui débute avec une dizaine de minutes d’avance. Le public est encore trés clairsemé, les festivliers ont visiblement choisit de prolonger la journée à la plage. Dommage car le set de Voxtrot fut l’un des trés bons concerts de cette Route du Rock avec un mélange de titres issus de leur 1er album éponyme et d’autres provenant de leurs 2 premiers EP (notamment le trés Smithien The Start of Something). J’attendais avec impatience Electrelane qui m’avait enchanté un soir de mars 2007 du côté de l’Olympia. Les 4 filles de Brighton ont peut-être livré pour cette dernière journée LE concert de la Route du Rock 2007, c’est en tout cas l’avis de nombreux festivaliers et je suis pas loin de le partager. Leur mélange d’expérimentations soniques et de krautrock (non ce n’est pas sale) a emporté le public de plus en plus nombreux à commencer par les fans de Sonic Youth. Mia, la jolie guitarite a pu constater qu’elle avait un certain succés auprès des mâles français…

Albert Hammond Jr, échappé des Strokes, avait la lourde charge de faire le liant entre les sets d’Electrelane et Sonic Youth. On profita de ce moment pour reprendre quelques forces (galette saucisse + cidre) puisque l’ami Albert sera également présent à Rock en Seine. A noter toutefois une belle reprise du Old Black Dawning de Franck Black. Retour à l’espace presse pour faire l’interview de Sandra, l’attaché de presse du festival, ce qui nous fait malheureusement manquer le début du set de Sonic Youth. Le concept était connu depuis longtemps, les New-Yorkais devaient interpréter dans l’ordre leur album « Daydream Nation« . 70 minutes plus tard le groupe refit son apparition sur scène avec un nouveau membre (Mark Ibold) pour jouer 6 titres de « Rather Ripped » leur dernier opus en date. Même si je ne suis pas un fan ultime de la bande à Kim Gordon, j’ai énormément de respect pour leur carrière et c’était malgré tout un évènement à ne pas manquer même si ce n’est pas ce que je retiendrais du festival.

Retour au bar pour le set de Turzi avant de rejoindre la fosse pour le bouquet final LCD Soundsystem. Il est plus de 2h30 du matin et le public est encore nombreux pour voir la bande à James Murphy. On passe la moitié du set dans les 1ers rangs à danser sur les tubes du groupe (Daft Punk is playing at my house, North American Scum ou l’excellent All My Friends) avant de faire un repli stratégique vers le côté de la scène pour souffler. Notre accréditation ne nous permet pas d’aller backstage (loges + scène) mais pourtant nous tentons le coup au culot. 2 minutes plus tard nous sommes sur le côté de la scène en train de regarder le set de LCD Soundsytem, feignant d’être blasé comme une partie des personnes présentes alors que l’on a qu’une envie c’est de danser et sauter dans tous les sens. Je prends quelques photos discrètes afin d’immortaliser l’instant puis sur notre lancée on tente de toucher le Graal à savoir les loges des artistes mais cette fois-ci on nous fait comprendre gentiment que l’on a rien à faire là. On retourne donc dans le bar presse bondé où se prépare la grande soirée de clôture à laquelle tout le monde participe (presse + festivaliers). Je rejoins ma tente vers 6h du mat’ alors qu’il y a encore pas mal de monde en train de se déhancher sur des mix de The Rakes/Interpol/Abba/Prodigy. Réveil à 10h afin de plier bagages et tentes et rejoindre la gare dans une navette que l’on espérait plus voir arriver. A l’année prochaine je l’espère.

Deuxième journée dans la cité corsaire qui fut beaucoup moins arrosée en ce qui concerne le ciel, pour nos estomacs ce fut une autre histoire…

L’évènement de la soirée était le retour des Smashing Pumpkins de Billy Corgan, les t-shirts « Zero » étaient pour l’occasion de sortie. Avant cela la journée avait vu le concert de Sebastien Schuller initialement prévu sur la plage déplacé au Palais du Grand Large. Nos obligations « contractuelles » nous font malheureusement louper Windmill que j’aurais vraiment aimé voir (désolé Indieboy). J’arrive juste à temps pour trouver une place dans la salle ou Sebastien Schuller s’était réfugié. Set agréable composé essentiellement de titres qui figureront vraisemblablement sur son prochain album.

La soirée au fort de Saint-Père débutait par le trio de Brighton Fujiya & Miyagi et leur tube Ankle Injuries. Set agréable sous le soleil, idéal pour commencer la soirée. Les norvégiens de 120 Days remplaçaient les suédois Peter, Björn and John mais leur concert ne fut pas à la hauteur de leur prometteur premier album. Je ne connaissais pas les Besnard Lakes et je ne connais toujours pas puisque leur set fut le moment choisit pour nous ravitailler en choses solides et liquides.

Aprés cet intermède culinaire, place à la conférence de presse de New Young Pony Club puis à l’évènement qu’attendait la grande majorité des festivaliers présents ce soir là, le retour des Smashing Pumpkins. La citrouille ne s’est pour une fois pas transformée en carosse et hormis 2 ou 3 tubes la copie fut assez pauvre. Tout le contraire de la fin de soirée, sexy et haute en couleurs avec New Young Pony Club et les brésiliennes de CSS, à moins que ce soit notre taux d’alcoolémie avancée qui fausse mon jugement…

En direct de l’espace presse de la Route du Rock, petit retour rapide sur la journée d’hier. Aprés les obligations d’usage (accréditations + montage de tentes) place à la musique au Fort de Saint-Père avec en ouverture de cette édition 2007 le folkeux Elvis Perkins. On visite un peu le site et on écoute le fis de Anthony « Psychose » Perkins de loin. L’impression est la même que sur son album, pas mal mais sans plus en ce qui me concerne. C’est ensuite au tour des célèbres barbus d’Herman Düne, piliers de l’anti-folk dont je connais à vrai dire trés peu le répertoire. Un début de festival tout en retenue sous des éléments hostiles (pluie, vent) qui transforment la fosse en une mare de boue. Dans des styles différents belle performance des classieux The National qui saluent les auditeurs de France Inter et des dandys punk d’Art Brut qui remuent une fosse jusque là apathique. La soirée se termine avec The Go! Team et sa chanteuse (Ninja) toujours aussi bondissante et le live de Justice visiblement trés attendu par une partie des festivaliers. Un peu décevant pour ma part. Il est 4h du mat’, l’heure de regagner le camping, déjà des « apéroooo »  se font aentendre, ça promet une belle nuit de sommeil…

Sac de couchage, tente, k-way, parapluie, bottes, scaphandre…ça y est je crois que je suis prêt pour mon 1er festival breton voire ma 1ère visite dans cette pluvieuse charmante région. Je vois d’ici débarquer tous les « bretonophiles » afin de défendre la mère patrie et arguer du fait qu’il ne pleut pas si souvent en Bretagne…Que Toutatis les entende car demain c’est avis de tempête sur St Malo !!

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