novembre 2007


Le concert d’Electrelane au Trabendo samedi dernier avait pris une toute autre importance qu’un simple passage des demoiselles de Brighton dans la capitale depuis l’annonce sur leur site d’une pause à durée indéterminée. Le précieux sésame en poche, je me dirige vers le Trabendo au milieu de la foule qui elle va assister au Djset des « Frères Chimiques » dans le Zénith voisin.

Il est 20h, la salle est pour l’instant assez peu remplie même si le set d’Anni Rossi a lui  déjà commencé. Cette New-Yorkaise d’origine italienne est un savoureux mélange d’Owen Pallet et d’Annie Clark,  le violon de l’un et le folk-pop de l’autre. Multi-instrumentaliste, Anni Rossi partage avec la chanteuse de St. Vincent le même univers baroque et le même petit grain de folie mélodique. Sur Wheelpusher, le dernier titre du set, elle délaisse son archet pour pincer et gratter les cordes de son violon à la manière d’une guitare tout en rythmant le morceau avec ses bottes sur le sol. A découvrir.

[Mp3] Anni Rossi – Wheelpusher

Anni Rossi on Myspace

La gouaille de Mélanie Valera contraste avec la timidité presque maladive d’Anni Rossi. La Bordelaise nous explique qu’elle pouvait à peine parler il y a quelques heures mais que grâce à des « drogues » injectées dans ses fesses elle chante désormais comme un pinson ! Seule sur scène, elle se fait accompagner sur certains titres par des membres de son groupe (Tender Forever) projetés sur un écran. Mélanie nous raconte ses vacances avec les filles d’Electrelane (photos à l’appui), dédicace une chanson à Beyonce (photomontage à l’appui), joue du ukulélé, se jette dans le public…bref on oscille entre le concert électro-pop et le one-woman show. Un moment fort sympathique quoi qu’il en soit.

[Mp3] Tender Forever – Heartbroken Forever

Tender Forever on Myspace

Le Trabendo est désormais rempli jusqu’à la gueule pour assister à ce qui sera peut être la dernière apparition du groupe à Paris. Les 4 demoiselles de Brighton bénéficient depuis longtemps d’une belle côte de popularité en France et l’accueil qui leur est réservé à leur entrée sur scène en est une énième preuve. C’est déjà la 3ème fois que j’assiste à un concert d’Electrelane (après la 1ère partie de The Arcade Fire en mars dernier et la Route du Rock cet été) cette année et cela n’a rien à voir avec le fait qu’elles possèdent en leur rang la plus jolie (en plus d’être douée) guitariste de la planète indé, j’ai nommé Mia Clarke. Celle-ci reçoit d’ailleurs un accueil encore plus chaleureux que ses collègues par quelques « grands méchants loups aux dents longues ». Le set démarre comme souvent par les notes de piano de Bells suivies d’une rythmique martiale menée de main de maître par la batterie d’Emma Gaze. Verity Susman fait apprécier ses envolées lyriques tout en tressant ses boucles mélodiques au clavier ou à l’orgue Farsifa. Le dernier album en date des demoiselles (« No Shouts, No Calls« ) laisse une plus grande part que par le passé au chant de Verity et c’est donc tout naturellement que l’on retrouve de nombreux titres  présents sur cet opus. The Greater Times (avec la présence d’Anni Rossi au violon) et To the East sont de ceux là, In Berlin et After The Call également, on regrettera simplement que Saturday n’ait pas été joué ce soir là . Les pogos font rage dans les premiers rangs sur les instrumentaux krautrock (Long Dark, Blue Straggler et U.O.R) tirés de leur premier album « Rock It To The Moon » tandis que les titres plus progressifs se chargent d’attiser les braises en alternant calme et fureur. On pense notamment à Eight Steps, Five et Beetween The Wolf and The Dog, autant de brûlots qui enflamment un public qui n’en demandait pas tant. Comme ce fut déjà le cas cet été à St Malo, Mia Clarke martyrise les cordes de sa guitare, affalée sur son ampli, prouvant au passage qu’elle ne possède pas qu’un jolis minois. Le public, au choix, exulte, en redemande, implore le groupe de ne pas se séparer, déclare sa flamme à Mia…Deux rappels, dont le dernier ponctué de la décidément populaire reprise du I’m On Fire de Bruce Springsteen puis un ultime retour sur scène afin d’offrir le champagne au public qui ne veut pas quitter la salle, conscient que ce moment est peut être le dernier en leur compagnie…

Electrelane on Myspace

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Ne reste plus qu’à trouver une robe à pois…

Il fallait être motivé pour se rendre au Zénith en ce mercredi 21 novembre, jour ordinaire de conflit social à la RATP et à la SNCF. Peu ou pas de métros, des aggressions verbales et physiques, la routine. L’heure de trajet habituelle pour se rendre dans l’enceinte de la porte de Pantin voit donc son tarif doubler et le concert de Blonde Redhead débuter sans nous. La salle est bien plus remplie que ce que j’imaginais même si elle affiche quelques places libres dans les gradins. Difficile de s’immerger dans le set de Blonde Redhead aussi rapidement et en étant placé tout en haut des gradins du Zénith. Le son est pas terrible et quand on connaît la façon dont le trio torture celui-ci, cela n’arrange pas les choses. La majorité des titres interprétés par les New-Yorkais proviennent du dernier album « 23 » avec tantôt Kazu au chant (23, The Dress…), tantôt avec Amedeo Pace (SW, Spring and By Summe Fall), l’un des 2 jumeaux italiens qui complète le trio. Moins sensuelle qu’en juin dernier, Kazu n’en possède pas moins un jeu de scène hypnotisant même au fin fond des gradins du Zénith.

Blonde RedheadThe Dress

On peut dire que l’ardoise qu’Interpol me « devait » depuis 3 ans est effacée. En effet un soir de novembre 2004, alors qu’ils interprétaient Hands Away, un de mes titres préférés, ils s’étaient subitement arrêtés de jouer pour cause de batteur malade (plus de précisions dans ce post). Cette fois-ci j’ai eu droit à un Hands Away en bonne et dûe forme, ce fut même un des meilleurs titres du set des New-Yorkais, à moins que je ne sois pas trés objectif…Le début dudit set fut un peu mou du genou et entaché de problêmes techniques sur Pionneers to the Falls notamment. Le groupe alterne entre les titres de ses 3 albums (6 pour « Turn on the Bright Lights », 5 pour « Antics » et 7 pour le dernier « Our Love to admire »), dans un style qui lui est propre, sans fioritures. Peu de place est laissée à la fantaisie dans le jeu des américains si ce n’est dans le jeu de jambes de Daniel Kessler, le guitariste aux faux airs de Guillaume Canet, ou les trop rares apparitions au 1er plan de Carlos Dengler, le bassiste. Le chant de Paul Banks a gagné en justesse, la section rythmique joue son rôle avec brio, il n’y a guère que l’énième gars aux synthés qui essaie de tirer le groupe vers le bas. Le groupe récite son répertoire de façon trés  trop professionnelle, le service minimum au niveau émotion est ici assuré mais on a beau le savoir on attend toujours qu’un déclic puisse survenir. Ce ne fut pas le cas malheureusement ce soir là même si certains titres ont tiré leur épingle du jeu en fin de set, à savoir Lighthouse, Evil et surtout Not Even Jail avant un rappel 100% « Turn on The Bright Lights » avec Untitled, Stella Was a Driver… et PDA.

Interpol Not Even Jail (live)

Avant d’aborder, dans le prochain post, le concert d’Interpol et Blonde Redhead au Zenith qui a eut lieu hier soir, je vais quand même y aller moi aussi de mon petit post sur les grêves ou comment survivre en milieu hostile.

Amis provinciaux, la semaine qui vient de s’écouler a été riche en animations dans les transports parisiens/franciliens. Aprés la nuit blanche, on a eu droit cette année à la semaine noire. Ya pas à dire on sait s’amuser dans la capitale. Les animations qui ont connu le plus de succés cette année sont les noms d’oiseaux (lignes 1 à 14), la boîte de sardines (lignes 1 à 14), la boîte à gifles et son grand-frère le bourre-pif (je n’ai pas encore les stats mais sur la ligne 5 hier soir c’était sévère), le mollard a la gueule (ligne 4 hier soir), le jépludedéo (lignes 1 à 14)… sans oublier le vol de vélos/vélib sous vos yeux sur les airs de « A la guerre, comme à la guerre ».

Ya pas à dire on vit une époque formidable…

Après Radiohead reprend les Smiths…

voici Radiohead reprend New Order.

Ne vous plaignez pas, on a échappé par exemple à Radiohead reprend Las Ketchup ou encore Radiohead reprend les 2Be3…

 

« En retard, En retard j’ai rendez-vous quelquepart ». Tel le lapin blanc d’Alice in Wonderland, les 6 New-Yorkais de White Rabbits semblent préssés de nous fausser compagnie. Les 11 titres que contient leur 1er album « Fort Nightly » ont beau légèrement dépasser les 40 minutes, l’urgence mélodique est ici de mise. On pense à Madness et à leurs compères de Cold War Kids à l’écoute du piano sautillant de Kid On My Shoulders, While We Go Dancing et autres Navy Wives. Le sextet mélange les rythmes ragga/ska/jazzy aux riffs tranchants de guitares, le tout soutenu par 2 batteries martiales et des choeurs à 3 voix. Sorti en mai 2007 outre-Atlantique, l’album a du mal à atterir dans nos bacs alors qu’un single comme The Plot a tout du tube en puissance. La preuve en images.

White RabbisThe Plot (live on Letterman)

[Mp3] White RabbitsKid On My Shoulders

[Mp3] White RabbitsThe Plot

Myspace

Site Officiel

Petit compte-rendu de ces 2 soirées du 20ème festival des Inrocks à la Cigale.

Samedi tout d’abord, j’avais annoncé du lourd ici même, en terme de performances scéniques, et je dois dire que le concert de The Gossip a dépassé mes espérances (voir vidéos chez IBT). Grosse ambiance (sans mauvais jeux de mots) tout au long du set comme si chaque morceau était le dernier. Enorme débauche d’énergie de la part de Beth Ditto bien épaulée par le guitaro/bassiste et la batteuse camionneuse. Et puis Standing in the way of control est juste une tuerie pure et simple en live. La Cigale ne s’en est pas remis.

Avant cela la soirée avait débuté par les Cajun Dance Party, des sous-Kooks comme il en existe malheureusement beaucoup trop. Déjà que les originaux j’ai du mal alors leurs ersatz…Changement radical d’ambiance avec la fluo-girl Yelle et son énome smiley autour du cou. Bon la technotonik et moi ça fait pas bon ménage et sa voix stridente est juste insupportable. Mode vieux con ON. Une bonne énergie tout de même. La soirée a alors enfin démarré pour moi avec l’arrivée de Jack Penate. Je ne conaissais que de nom cet anglais au patronyme que l’on croirait tiré d’une BD et j’avoue avoir été agréablement surpris par le bonhomme. Son mélange de soul/ska et rockabilly (quel jeu de jambes !!!) n’est pas trop ma came non plus mais le set fut d’une fraicheur bienvenue. Comme me le fit à juste titre remarquer Soso, « On dirait du Kooks en accéléré ». Et c’est vrai que ça donnait un peu cette impression par moments tant le phrasé du Père Jack était rapide. Le joyeux bordel de The Go! Team envahit ensuite la scène avec une Ninja plus péchue que jamais. On peut faire pas mal de reproches à la troupe de Brighton (gloubi boulga musical sur certains titres…) mais ils font preuve d’un tel enthousiasme que l’on se prête de bon gré au jeu. Perso je suis client même si on a pas eu droit aux différentes danses du monde sur Ladyflash.

Dimanche, le début de la soirée me fit presque regretter Cajun Dance Party. La suédoise Marit Bergman ouvrit les hostilités et j’eus un moment l’impression d’avoir débarqué en plein Eurovision. De la pop dégoulinante façon sixties, une voix que l’on croirait tout droit sortie d’une BO Walt Disney, une cacophonie d’instruments (n’est pas Arcade Fire qui veut)…bref j’ai pas aimé. Elvis Perkins débarqua ensuite d’abord seul avec sa guitare puis rejoint par ses petits camarades pour un set plutôt bon jusqu’à la faute de goût : la présence du chanteur de Louise Attaque sur le superbe All the Night Without Love…Les 7 Gallois de Los Campesinos n’ont rien à voir avec Los Machucambos mais semblent avoir 15 ans à eux tous et font déjà preuve d’une belle maturité. Leurs EP m’avaient déjà convaincu qu’ils faudraient compter avec eux et leur twee pop dans les mois à venir et leur performance de la Cigale n’a fait que confirmer cette impression. Avant-dernier groupe de la soirée les Noisettes disposent d’une chanteuse charismatique et experte en roulades. Arborant une coiffe digne du Carnaval de Rio, la demoiselle occupe l’espace à merveille même si ses riffs de guitare limite heavy-metal me les ont peu cassé les noisettes. Mention spéciale au batteur aux 12 bras, descendant direct de Wolverine et du batteur du Muppet Show. Les anglais d’Editors clôturaient la soirée, une première pour moi aprés 2 tentatives avortées. Si la performance de Tom Smith ne fut pas aussi bonne que celle de Beth Ditto la veille, il faut reconnaître que le leader d’Editors est lui aussi plutôt à l’aise sur scène. Pas mal de morceaux du dernier album (dont un trés bon The Racing Rats) et quelques uns du premier, mon préféré,  notamment un Fingers in The Factories en forme de bouquet final. Les morceaux au piano sont par contre un peu chiant mais ça on s’y attendait. Malgré cela trés bon concert d’Editors qui devrait repasser bientôt dans une salle parisienne.

Au final et malgré les critiques, 2 bonnes soirées, bien meilleures que celle de l’an dernier, avec un concert de The Gossip en forme de cerise sur le gâteau. Puisque ça fait pas grossir on vous dit…

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