janvier 2008


Pour voir d’autres titres de Syd Matters lors du concert privé Fnac à Main d’oeuvres, c’est ici. Je rappelle que le bonhomme et son groupe sont en tournée bientôt (12/13/14 février au Café de la Danse).

Aprés un intermède cinéma, retour à la musique avec l’album de Kevin Drew (« Spirit If… »), sorti fin 2007 mais que je n’ai pris le temps d’écouter qu’en ce début d’année 2008. Bien mal m’en a pris puisqu’il s’avère beaucoup plus accessible que ceux de Broken Social Scene tout en restant proche de l’univers du collectif canadien.

Le collectif au service de l’individu, tel pourrait être le sous-titre du premier album de Kevin Drew. Membre fondateur de la ruche de talent Broken Social Scene (BSS), l’abeille Drew semble décidé à voler de ses propres ailes après 3 albums au sein du collectif canadien. Pourtant, contrairement à Leslie Feist qui s’est (presque) totalement affranchie de la collectivité, l’album du co-fondateur de BSS reste marqué du sceau de son groupe, tel un label garantissant sa qualité.

« Spirit If… » n’est ni un véritable album solo puisque pas moins de 23 musiciens ont participé à son enregistrement (dont la majeure partie issue de BSS), ni un véritable projet collectif puisque la majorité des titres ont été écrits par Kevin Drew pour ce qui aurait dû être une moitié du quatrième album de BSS. La seconde moitié composée par Brendan Fanning, l’autre membre fondateur du collectif, fera également l’objet d’un « Broken Social Scene presents… ». De fait, les 14 titres ressemblent à du BSS dont on aurait éliminé certaines scories. Moins brouillonnes, moins sophistiquées, les mélodies composées par Kevin Drew gagnent en lisibilité lorsqu’elles ne sont pas noyées sous des tonnes d’effets, le pêché mignon du collectif de Toronto.

« Spirit If… » peut donc s’enorgueillir de contenir une ribambelle de tubes pop plus immédiats les uns que les autres (TBTF, Fucked Up Kid, Safety Bricks) marqués par une guitare acoustique au premier plan. Lorsqu’il se décide finalement à lâcher les chevaux, Kevin Drew peut compter sur un jeune dinosaure expert en la matière (Jay Mascis sur Backed Out On The…) ou sur ses collègues de KC Accidental et Do Make Say Thing. Quoi que fasse le Canadien, pour lui la musique est une affaire d’amitié, de famille, musicale tout du moins. On attend la suite de ses rejetons avec impatience.

Kevin Drew on Myspace.

BSS presents Kevin DrewBacked Out On The… 

Juan Antonio Bayona, le réalisateur de « l’Orphelinat«  qui vient d’obtenir le Grand Prix à Gerardmer, serait pressenti pour réaliser le remake de « Jambon, Jambon » (Jamon, Jamon). Le casting aurait pour tête d’affiche l’excellent Kevin Bacon et Greg Serano et se déroulerait en Italie (Parme) et en Angleterre (York). La tournage de « Saw6 » a lui commencé à Toulouse…Toujours a Gerardmer, les espagnols ont trusté les prix puisque [REC], dont je vous parlais dans le post précédent, en a obtenu deux dont le prix du public. Voici 2 teasers pour vous donner un aperçu de la bête. Le premier est ce que vous allez voir et le second les réactions que cela peut engendrer.

Il a suffit d’une bande-annonce de quelques minutes cet été pour déclencher un buzz monstrueux autour du nouveau projet de J.J Abrams. Le bonhomme a depuis longtemps compris l’intérêt du marketing viral via internet (les sites autour de Lost étaient des modèles du genre) et Cloverfield n’a pas échappé à la règle (souvenez-vous). Producteur du film, l’ami J.J. a laissé le soin à Matt Reeves (réalisateur de The Yards) de le réaliser. Depuis cette bande-annonce plus que prometteuse, rien ou presque à se mettre sous la dent jusqu’à…l’avant-première du film hier soir (sortie officielle le 06/02).

Sans rien dévoiler du scénario, je dirais simplement que Cloverfield est la rencontre du Projet Blair Witch et de la Guerre des Mondes. Entièrement filmé en DV, caméra à l’épaule, Cloverfield joue à fond la carte du réalisme, de l’immersion du spectateur, à la manière de ce qui peut se faire dans certains jeux vidéos. Cette technique a tendance a se démocratiser (hormis chez les puristes) et l’on assiste de plus en plus a des films tournés intégralement en DV (+ de souplesse à moindre coût). Le choix du réalisateur est ici de montrer le film à travers les images filmées par un camescope. Il va falloir s’habituer à ce parti-pris scénaristique qui risque bien de faire des émules et qui correspond parfaitement à la « société de l’image » dans laquelle on vit. Les JT d’aujourd’hui n’hésitent plus à faire appel à des images d’amateurs pour illustrer les sujets les plus brûlants de l’actualité (le 11/09/2001, le Tsunami en Asie…). Le trés attendu [REC.] de Jaume Balaguero et Paco Plaza, suivra à la manière d’une équipe de journalistes, le travail de pompiers espagnols.

Pour en revenir à Cloverfield, c’est à travers les images d’un groupe d’amis que l’on va suivre le déroulement des évènements (vous avez vu comment je vous ménage le suspense ??!!). Problême : au bout d’une heure de caméra embarquée, d’images bougeant sans arrêt (Ah vous vouliez du réalisme), certains frolent la nausée. Le L.A Times rapporte que cetains spectateurs sont sortis en pleine séance pour vomir…d’autres ont chopé une migraine tenace…Bref, ça marche au delà de leurs espérances. Le film dure heureusement moins d’1h30.

Ni nauséeux, ni migraineux, je suis sorti scotché par ce vrai bon film de monstre, un film « intelligent » qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile, chose plutôt rare dans les films de genre. Une suite est déjà prévue (vu que le film a réalisé un début tonitruant aux States) en prenant le même concept mais à travers les yeux d’un autre New-Yorkais avec son camescope. Pourvu qu’il nous fasse pas les 8 millions d’habitants de Big Apple…

 

Plus qu’une banale histoire d’amour ayant pour cadre l’Amérique des 60’s et les soubresauts de son histoire (flower power, émeutes, guerre du Viet-Nam), Across The Universe est une sorte de croisement entre « On connaît la chanson », « Hair » et un film des Beatles. Le réel intérêt du film de Julie Taymor se situe en effet dans son concept originel et original : un film musical baigné par les titres des Beatles. Les personnages du film sont ainsi prénommés  Jude (Hey Jude), Lucy (Lucy in the sky with Diamonds), Jojo (Get Back) ou Prudence (Dear Prudence).

Les acteurs interprètent eux mêmes les 33 titres des « Fab Four » dans des versions remixées plus ou moins réussies (mention spéciale au Let It Be gospel). Le film n’est pas dénué de défauts (mièvrerie de certaines reprises pour ne citer que le plus criant) mais sa fraîcheur est réjouissante dans un 7ème art trop souvent aseptisé. A ce titre, « Across The Universe » n’est pas sans me rappeller le « Moulin Rouge » de Baz Luhrmann. On notera également les caméos plus ou moins réussis  de Joe Cocker en SDF, Bono en gourou de Greenwich Village chantant I am the Walrus et Salma Hayek en infirmière sexy.

Across The UniverseStrawberry Fields For Ever

Ce 21 janvier 2008 était une date particulière pour Chan Marshall (a.k.a Cat Power). En plus d’être la date de sortie officielle de son nouvel album de reprises, « Jukebox », la chanteuse américaine fêtait son anniversaire sur la scène du Bataclan. J’ai découvert Cat Power en 1996 avec le superbe Nude as the News sur un cd sampler des Inrocks. Je n’avais malheureusement jamais assisté à un de ses concerts mais j’en avais eu de nombreux échos, rarement bons. A une timidité maladive à ses débuts, la belle finit par adjoindre de sérieux problêmes de boisson qui transformèrent rapidement ses performances live en pantalonnades.

Débarassée de son amour trop prononcé pour le goulot, c’est une Chan Marshall rayonnante et sautillante qui fait désormais face à l’assistance, distribuant sourires, roses blanches et morceaux de track-list, communiant enfin avec son public. Elle se permet même de réclamer, avec insistance, telle ou telle lumière sur tel ou tel morceau de son répertoire. Méconnaissable. Sur le plan musical, elle est sur cette tournée accompagnée par 4 musiciens et se contente d’assurer les parties de chant. Le répertoire est celui issu de « Jukebox« , soit des reprises de standards pour la plupart américains (Sinatra, Bob Dylan, Janis Joplin…) à la sauce Marshall, c’est à dire teinté de soul & blues, comme elle l’avait déjà fait il y a quelques années sur le dénommé « The Covers Record« . Si l’interprétation s’avère sans failles ou presque, je ne retrouve pas dans ces titres l’émotion qui se dégage de son répertoire « traditionnel » (le seul Where is My Love figurait au programme du Bataclan). Ne croyez pas pour autant qu’elle ne nous ait pas donné Satisfaction (sa version du tube des Rolling Stones) mais il manquait selon moi hier soir le supplément d’âme que j’étais venu chercher et que je pensais trouver chez cette artiste fragile et attachante. Sur ce dernier point on peut dire que rien n’a changé…

Photos issues du trés bon blog Photos & Gigs.

 

Les groupes de plus de 8 personnes poussent comme des champignons en Amérique du Nord. We All Have Hooks For Hands (j’adore ce nom) est un collectif exclusivement masculin de 9 musiciens (3 guitares, 2 batteries, 2 synthés, 1 basse et 1 violon) provenant de Sioux Fall dans le Sud du Dakota. Rien de trés novateur chez cet énième indie pop/folk band foutraque et joyeux mais quelques morceaux catchy mêlant cuivres chaleureux, choeurs endiablés et percussions maison. « The Pretender » le premier album du groupe est sorti l’année dernière chez Afternoon Records et le titre Jumpin Jean-Luc est écoute dans la radio-blog en compagnie de pas mal de petites choses rajoutées.

[Mp3] We All Have Hooks For HandsHold On, C’mon

Page Myspace

Afternoon Records

 

Ils sont peu nombreux les songwriters français à pouvoir se vanter de susciter une telle attente dans le microcosme pop/folk indépendant. Jonathan Morali est de ceux là, lui la partie immergée de l’iceberg Syd Matters, projet solo (Syd Project) devenu grand en 2002 grâce à sa victoire au concours CQFD des Inrocks. Entouré par 4 musiciens, le parisien a depuis démontré l’étendue de son talent sur ses deux premiers albums, unaniment salués par la critique. Deux petites années après le dépouillé “Someday We Will Foresee Obstacles”, le retour de Syd Matters aux affaires est l’un des évènements de ce début d’année 2008

Composés pour la plupart dans l’intimité et la solitude de son appartement, les 15 titres qui composent « Ghost Days » sont le fruit de nuits et jours passés à gratter des mélodies sur sa guitare, de nuits et des jours qui se succèdent pour ne former plus qu’un, des jours fantômes qui donnent leur nom à ce troisième album. Les 15 titres qui composent celui-ci baignent dans une douce nostalgie ouatée avec Jonathan Morali dans le rôle du marchand de rêves, capable de sa voix chaude de rendre joyeuse et belle toute la mélancolie contenue dans ses arpèges de guitares et ses nappes de synthé.

Le magnifique Everything Else qui ouvre le bal donne le ton de l’album, moins dépouillé que son prédécesseur. Jonathan s’appuie toujours sur une base de guitare et /ou synthé à laquelle il n’hésite plus à adjoindre des arrangements de cordes et de cuivres portés par des chœurs célestes. On retrouve tout ou partie des éléments de ce cocktail sur Louise, Me and My Horses ou encore Nobody Told Me. A noter également les cordes de cette guitare malienne, pincées sur It’s a Nickname et Big Moon, hommage assumé au Pink Moon de Nick Drake auquel est souvent comparé Syd Matters.

Pour autant, si la production peut apparaître plus riche que par le passé, « Ghost Days » n’est pas à proprement parler un album de studio. Le groupe a en effet souhaité garder un côté authentique sur certains titres, Me and My Horses en étant le parfait exemple en forme de clin d’oeil, Jonathan Morali s’y reprenant a 2 fois pour débuter le morceau après s’être excusé (sur la fin d’Interlude). L’on n’évoquera pas ici toute la richesse de cet album que l’on découvre à chaque nouvelle écoute, on se contentera pour finir de saliver à l’idée de voir ces « jours fantômes » prendre vie lors de la tournée à venir aux 4 coins de l’Hexagone.

Everything Else et Anytime Now sont en écoute dans la Radio-blog.

Site Officiel

Syd Matters on Myspace

Prenons 2 articles sur 2 sites d’information et n’ayant en apparence aucun lien entre eux. Le premier traite des dessous de la 1ère chaîne télévisuelle française, le second de l’annonce de la suppression souhaitée des encarts publicitaires sur le service public. Pourtant en lisant attentivement ces articles, on pourrait penser à une quelconque connivence entre le chef de l’Etat et la 1ère chaîne nationale (Roh l’aut’, jamais de la vie)…

Encore un coup de la transparence.

Comme l’an passé, nous avons concoté avec l’ami Gino un podcast regroupant une partie des morceaux qui ont rythmé notre année. Sur les 20 morceaux, 6 sont le fruit d’un commun accord immédiat. Les autres ont dû franchir censure, boycott et autres coups en dessous de la ceinture pour s’extirper de la masse. Pour écouter le résultat c’est ici.

Tracklist:
Frank Black – Threshold Apprenhension
The New Pornographers – Myriad Harbour
Pull – Hey girl
Tunng – Bullets
Idlewild – If it takes you home
The National – Fake Empire
The Little Ones – Lovers who uncovers
Maximo Park – Our Velocity
John Vanderslice – Kookaburra
The Kissaway Trail – La La Song
Film School – Two Kinds
Los Campesinos – You! Me! Dancing!
Voxtrot – Kid Gloves
Bat for Lashes – What’s a girl to do
Motion City Soundtrack – This is for real
Patrick Watson – Drifters
Arcade Fire – No cars go
Fields – Charming the flames
Modest Mouse – Dashboard
Editors – Escape the nest