Ils sont peu nombreux les songwriters français à pouvoir se vanter de susciter une telle attente dans le microcosme pop/folk indépendant. Jonathan Morali est de ceux là, lui la partie immergée de l’iceberg Syd Matters, projet solo (Syd Project) devenu grand en 2002 grâce à sa victoire au concours CQFD des Inrocks. Entouré par 4 musiciens, le parisien a depuis démontré l’étendue de son talent sur ses deux premiers albums, unaniment salués par la critique. Deux petites années après le dépouillé “Someday We Will Foresee Obstacles”, le retour de Syd Matters aux affaires est l’un des évènements de ce début d’année 2008

Composés pour la plupart dans l’intimité et la solitude de son appartement, les 15 titres qui composent « Ghost Days » sont le fruit de nuits et jours passés à gratter des mélodies sur sa guitare, de nuits et des jours qui se succèdent pour ne former plus qu’un, des jours fantômes qui donnent leur nom à ce troisième album. Les 15 titres qui composent celui-ci baignent dans une douce nostalgie ouatée avec Jonathan Morali dans le rôle du marchand de rêves, capable de sa voix chaude de rendre joyeuse et belle toute la mélancolie contenue dans ses arpèges de guitares et ses nappes de synthé.

Le magnifique Everything Else qui ouvre le bal donne le ton de l’album, moins dépouillé que son prédécesseur. Jonathan s’appuie toujours sur une base de guitare et /ou synthé à laquelle il n’hésite plus à adjoindre des arrangements de cordes et de cuivres portés par des chœurs célestes. On retrouve tout ou partie des éléments de ce cocktail sur Louise, Me and My Horses ou encore Nobody Told Me. A noter également les cordes de cette guitare malienne, pincées sur It’s a Nickname et Big Moon, hommage assumé au Pink Moon de Nick Drake auquel est souvent comparé Syd Matters.

Pour autant, si la production peut apparaître plus riche que par le passé, « Ghost Days » n’est pas à proprement parler un album de studio. Le groupe a en effet souhaité garder un côté authentique sur certains titres, Me and My Horses en étant le parfait exemple en forme de clin d’oeil, Jonathan Morali s’y reprenant a 2 fois pour débuter le morceau après s’être excusé (sur la fin d’Interlude). L’on n’évoquera pas ici toute la richesse de cet album que l’on découvre à chaque nouvelle écoute, on se contentera pour finir de saliver à l’idée de voir ces « jours fantômes » prendre vie lors de la tournée à venir aux 4 coins de l’Hexagone.

Everything Else et Anytime Now sont en écoute dans la Radio-blog.

Site Officiel

Syd Matters on Myspace