mars 2008


De la Boule Noire à la Flêche d’Or, il n’y a qu’un pas pour les Suédois de Shout Out Louds. Sinon ya une trotte hein !!! Initialement programmés dans la salle du XVIIIème, c’est finalement celle du XXème que vont investir les 5 membres venus du froid. Leur premier album (« Howl Howl Gaff Gaff« ) sorti en 2003 en Suède puis en 2005 dans les restes du monde (dont la France) a hérité l’an passé d’un successeur. Tel une fusée à plusieurs étages, « Our Ill Wills«  est sorti en avril en Suède, en mai en Allemagne, en juillet en Australie, en septembre en Amérique du Nord. On attend désespérément qu’il vienne s’écraser sur FNAC et consorts.

Il y aurait pourtant à redire sur la qualité de ce deuxième album, beaucoup moins brillant que son aîné, lui même assez inégal. Capables du meilleur (The Comeback ; Please, please, please ; Very Loud) comme du pire sur leur premier opus, les Suédois ont livré un second album plus homogène, sans traits de génie ni gros trous d’air. La ressemblance vocale d’Adam Olenius avec Robert Smith, déjà perceptible à l’époque de « Howl Howl Gaff Gaff » sur Oh Sweetheart, se voit ici propulsée à la limite du plagiat sur l’introductif Tonight I Have To Leave It. Le savoir-faire pop des Scandinaves et une prestation enthousiasmante en mai 2006 à la Maroquinerie me feront pourtant braver demain soir les quelques kilomètres qui me séparent de la Flêche d’Or. Venez nombreux.

[Mp3] Shout Out LoudsTonight I Have To Leave It
[Mp3] Shout Out LoudsImpossible
[Mp3] Shout Out LoudsVery Loud

Shout Out LoudsPlease, please, please

Shout Out Louds on Myspace.

Site Officiel.

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Tom : C’est toi qui raccroche…
Meg : Non c’est toi…
Tom : Non toi..
Meg : Hihihi…

Zzzzzzzzzzzzz…..

C’est le 13 mai 2008 que sortira aux States « Narrow Stairs« , le nouvel album de Death Cab For Cutie. Le groupe s’est dit influencé par le heavy-metal et par le groupe Brainiac (synth-punk)…Pas forcément très encourageant tout ça, j’ai jamais été un grand fan de Brainiac. Le mieux est encore d’écouter le premier single extrait de l’album. Il s’intitule « I Will Possess Your Heart« , dure plus de 8 minutes dont une première moitié marquée par une ligne de basse sur fond d’électro. Cette intro ne sera toutefois pas dans la version radio.

[Mp3] DCFCI Will Possess Your Heart

En plus de sortir quasiment un album par an avec DCFC, Ben Gibbard et Chris Walla, pour se changer les idées pendant leurs rares moment de repos…écrivent, produisent, donnent un coup de main à des potes, ici au chant, là à la batterie. Gibbard a développé à ce titre 2 projets parallèles. Le premier est un projet solo qui se nomme ¡All-Time Quarterback!, pour lequel il a sorti 2 EP en 1999 + 1 album regroupant les titres des 2 EP. Pas inoubliable.

Le second projet parallèle développé par le leader de DCFC est lui beaucoup plus intéressant. Intitulé The Postal Service, il s’agit ici d’un duo formé avec Jimmy Tamborello de Dntel. Le nom du groupe vient du mode de fonctionnement adopté par les 2 acolytes : Tamborello écrit et compose les morceaux qu’il envoie par la poste à Gibbard qui y ajoute les voix, guitares, batterie, avant de renvoyer le tout par la poste à Tamborello. Hormis quelques EP, le duo n’a sorti qu’un véritable album, « Give Up » en 2003. Produit par un certain Chris Walla (qui assure également quelques parties de piano et guitare), l’album est un des plus gros succès de Sub Pop, l’emblématique label de Seattle.

[Mp3] The Postal ServiceSuch Great Heights

[Mp3] The Postal ServiceThe District Sleeps Alone Tonight

Dernièrement, Gibbard est venu prêter sa voix à Nada Surf sur le titre See These Bones, issu de leur dernier album « Lucky« . Devinez qui était producteur de l’album ?
Non pas Meg Ryan !!! Chris Walla ! suivez un peu…

[Mp3] Nada Surf See These Bones

The Decemberists, The Thermals, Tegan & Sara, Hot Hot Heat, The Long Winters…autant de groupes qui ont confié la production d’un ou plusieurs de leurs albums à l’homme de l’ombre de DCFC. En 1999, la même année que Gibbard, Walla décide lui aussi de créer un projet solo qu’il prénomme Martin Youth Auxiliary. Les quelques copies émises par le micro-label Elsinor sur K7 n’ont apparemment pas suscité grand enthousiasme.

9 ans plus tard, la chenille Chris Walla se décide enfin à devenir papillon en sortant un nouvel album solo, sous son vrai nom cette fois. C’est le fidèle label Barsuk qui s’y colle, il faut dire que le bonhomme et un habitué de la maison. Homme à tout (bien) faire chez DCFC, Walla prend son projet solo au pied de la lettre puisqu’il ne laisse que quelques miettes (certaines parties de batterie) à des invités. « Field Manual » peut donc être considéré comme le véritable premier album de Chris Walla. Il contient 2 titres qui figuraient au départ dans le « Plans » de DCFC, auquel il fait évidement penser. La principale différence est à chercher du côté de la voix. Relégué aux chœurs au sein du quatuor, Walla a du mal à imposer sa voix sur les pop songs mid-tempo qui garnissent son album. Si le costume d’interprète est un peu trop grand pour lui, celui de songwriter est par contre taillé sur mesure comme le prouve le rafraîchissant Sing Again.

[Mp3] Chris WallaSing Again

[Mp3] Chris WallaGeometry & C

Pas de place pour le pathos Meg Ryan/Thom Hanks ici mais l’histoire d’un duo créatif hyperactif. Ben Gibbard et Chris Walla, la trentaine tout juste sonnée, fourbissent leurs armes depuis 1998 au sein de Death Cab For Cutie (DCFC). Ce projet solo de Gibbard (l’album « You Can Play These Songs With Chords« , sorti en 1997 sur cassette avant d’être réédité sur CD en 2002) est rapidement devenu un groupe à part entière. Nos 2 acolytes s’entendent vite comme larrons en foire. Ils composent et interprètent la quasi-totalité des titres du désormais quatuor.

En 1998, « Something About Airplanes » est le premier album en formation complète. Il sort sur le label de Seattle, Barsuk Records. Chris Walla n’y pousse pas encore la chansonnette mais il se charge du mixage et de la production.

[Mp3] DCFCChampagne From a Paper Cup

En 2000, toujours chez Barsuk, « We Have The Facts and We’re Voting Yes » reprend les mêmes ingrédients que son prédécesseur avec un Gibbard auteur/compositeur et un Walla qui agit dans l’ombre (production et chœurs).

Les stakhanovistes indés sont de retour en 2001 avec « The Photo Album » puis en 2002 avec la réédition de l’album solo de Gibbard (« You Can’t Play… ») sous l’appellation DCFC, augmenté pour l’occasion de 10 nouveaux titres dont une reprise de This Charming Man des Smiths.

[Mp3] DCFC A Movie Script Ending

[Mp3] DCFCWait

[MP3] DCFC This Charming Man (via Captain Obvious)

Le syndrome de la feuille blanche est un concept totalement inconnu de Ben Gibbard et Chris Walla. « Transatlanticism« , leur 4ème album en 6 ans (sans compter les projets arallèles, j’y reviendrais) sort en 2003, toujours chez Barsuk, et sonne le début de la reconnaissance commerciale pour le quatuor. Des tubes à la pelle (The New Year, Title and Registration, The Sound of Settling, Tiny Vessels…), popularisés par leur apparition dans bon nombre de films ou séries hollywoodiennes (Six Feet Under, Californication, Mean Creek…). Gibbard est toujours aux fourneaux mais Walla prend de plus en plus de place sur le plan vocal.

[Mp3] DCFCTitle and Registration

[MP3] DCFC – The New Year (via Under The Rotunda)

[MP3] DCFC Transatlanticism (via Cause=Time)

Gibbard et Walla continuent leur rythme d’écriture éffréné, au prix sûrement d’interminables nuits blanches (oui bon il fallait bien que je le case quelque part). L’histoire ne dit pas s’ils les ont passé avec Meg Ryan et/ou Tom Hanks… »Plans » voit le jour en 2005, succés immédiat aux Etats-Unis (plus de 900 000 albums vendus rien que chez l’Oncle Sam). DCFC bascule dans le monde du marketing : 2 DVD voient le jour dont l’un qui suit le groupe en tournée (Drive Well, Sleep Carefully). On y voit un groupe plutôt pépère, à l’opposé des clichés sur la vie des groupes de rock en tournée. Si le succès commercial est au rendez-vous, les critiques indés reprochent au groupe un côté mainstream de plus en plus affirmé. Perso, j’ai aussi moyennement accroché sur cet album, hormis le single Soul Meets Body qui est un vrai bijou.

[Mp3] DCFCSoul Meets Body

Il arrive qu’un album sorti d’on ne sait où squatte votre platine plusieurs semaines durant. Pas convaincu par la hype entourant Lightspeed Champion et Vampire Weekend, je me rabattais sur un obscur groupe de Portland dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Le coup de foudre fut immédiat (sinon ça serait pas un coup de foudre, cqfd). « Silent Generation« , le premier album de The Dimes, m’accompagne désormais matin et soir. Résolument pop, il fait penser en vrac aux Decemberists, Death Cab For Cutie, Fountains of Wayne, The Thrills, Oh No! Oh My! et aux indémodables Beach Boys. Catch Me Jumping est le genre de morceau que je suis capable d’écouter 12 fois de suite sans lassitude aucune, un sourire béat inondant mon visage. Sorti dans l’indifférence générale en décembre dernier, l’album de The Dimes est un concentré de bonheur en 13 titres euphorisants. Mention particulière aux handclaps qui rythment de nombreux titres.

[Mp3] The DimesCatch Me Jumping
[Mp3] The DimesBattle of San Jacinto
[Mp3] The DimesPaul Kern Can’t Sleep

The Dimes on Myspace.
Site officiel.

Quoi que encore méconnu, Jonquil a bénéficié d’une exposition plus importante que The Dimes sur la toile grâce au concert à emporter qu’ils ont donné pour La Blogothèque. Accordéons, cordes, choeurs, les Anglais sont tombés dans la marmite d’Arcade Fire quand ils étaient petits.

[Mp3] JonquilLions
[Mp3] JonquilSudden Sun
[Mp3] Jonquil Whistle Low

Jonquil on Myspace.

A noter que ces albums ne sont pas encore distribué en France mais peuvent être achetés sur le site des artistes (paiement sécurisé par Paypal). Vu le niveau du dollar par rapport à l’euro, il ne vous en coûtera que de maigres deniers. Jonquil sera en concert le 4 Avril à la Flêche d’Or et The Dimes devraient venir en France sous peu.

Pas le temps d’écrire, pas l’envie, cela va de pair. L’impression de passer ma vie au taf ces dernières semaines. Levé 7h, rentré 22h. Le temps de rien. Je vois enfin le bout du gros projet sur lequel je bosse depuis l’été dernier. Soulagement…même si son petit frère pointe le nez juste derrière. J-32 avant des vacances fort fort lointain.

Arrivée de mes parents jeudi dernier pour 4 jours. Passage chez le roi de l’ameublement suédois, ballade en fly-boat, théâtre, restau, rue de la Paix, j’achète.Un week-end qui fait du bien.

Demain retour de la musique dans ces pages, en attendant un petit clip de Chris Walla en mode Steve Zissou pour célébrer conjointement les sorties de l’album solo de celui qui s’est échappé temporairement des excellents Death Cab For Cutie et de « The Darjeeling Limited », le nouveau film de Wes Anderson.

Chris WallaSing Again

…and he’s still hungry !!

Souvenez vous.

 

Je ne sais ce qui se passe dans la tête d’un ado qui atteint sa majorité en 2008 mais dans la mienne, en 1992 déjà, la fièvre citoyenne faisait son effet. Je me souviens que l’on nous avait appelé à voter cette année là pour le référendum sur le traité européen de Maastricht. J’avais pris très à cœur mon « super-pouvoir » civique puisque je m’étais coltiné le dit traité dans son intégralité. Particulièrement indigeste !! Cela n’avait pourtant en rien entamé mon enthousiasme à mettre mon premier bulletin dans l’urne.

Le dépucelage citoyen effectué, je commençais de plus en plus à m’intéresser à la politique. On abordait pourtant très peu ce sujet à la maison, non pas que mes parents n’aient pas d’avis sur la question mais leur éducation avait laissé quelques traces. Ma mère me racontait que les premières fois où elle put voter, ce n’était même pas elle qui choisissait le bulletin mais mes grand-parents. Elle se contentait de le mettre dans l’urne…C’était une autre époque.

Des élections municipales me permirent de remettre le couvert quelques années plus tard et surtout de suivre mon premier dépouillement des votes. Celui-ci eut lieu dans le village de mes parents, 1200 âmes environ, où tout le monde se connaît et où les rancunes sont tenaces. Il n’y manquait que le curé pour rejouer une scène de « Don Camillo »…

Avec les potes, la politique avait un temps de parole presque aussi important que les comics, la musique, le foot et…les filles. J’ai dit presque !! On ne peut pas dire qu’il y avait vraiment de débat si ce n’est pour choisir la nuance : rose ou rouge ?

L’une des élections les plus marquantes reste bien évidemment celle du 21 avril 2002, 1er tour des présidentielles. On se souvient tous plus ou moins de ce que l’on avait choisit de voter (ou pas) ce jour là. La journée était belle dans le Sud-Ouest, on avait décidé d’aller se balader au Pays Basque avec mes parents chez qui j’étais en convalescence longue durée. On était au préalable passé au bureau de vote. Je me souviens également que le retour fut beaucoup moins joyeux, abasourdi que nous étions par les résultats crachotés par l’auto-radio.

Ce dimanche, j’ai comme d’habitude mis mon bulletin dans l’urne. Pour ne rien regretter, parce que je suis comme beaucoup un idéaliste qui pense que l’on peut changer les choses avec un bout de papier, tout du moins ne pas les subir. Verdict dans une semaine.  

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