Je ne sais ce qui se passe dans la tête d’un ado qui atteint sa majorité en 2008 mais dans la mienne, en 1992 déjà, la fièvre citoyenne faisait son effet. Je me souviens que l’on nous avait appelé à voter cette année là pour le référendum sur le traité européen de Maastricht. J’avais pris très à cœur mon « super-pouvoir » civique puisque je m’étais coltiné le dit traité dans son intégralité. Particulièrement indigeste !! Cela n’avait pourtant en rien entamé mon enthousiasme à mettre mon premier bulletin dans l’urne.

Le dépucelage citoyen effectué, je commençais de plus en plus à m’intéresser à la politique. On abordait pourtant très peu ce sujet à la maison, non pas que mes parents n’aient pas d’avis sur la question mais leur éducation avait laissé quelques traces. Ma mère me racontait que les premières fois où elle put voter, ce n’était même pas elle qui choisissait le bulletin mais mes grand-parents. Elle se contentait de le mettre dans l’urne…C’était une autre époque.

Des élections municipales me permirent de remettre le couvert quelques années plus tard et surtout de suivre mon premier dépouillement des votes. Celui-ci eut lieu dans le village de mes parents, 1200 âmes environ, où tout le monde se connaît et où les rancunes sont tenaces. Il n’y manquait que le curé pour rejouer une scène de « Don Camillo »…

Avec les potes, la politique avait un temps de parole presque aussi important que les comics, la musique, le foot et…les filles. J’ai dit presque !! On ne peut pas dire qu’il y avait vraiment de débat si ce n’est pour choisir la nuance : rose ou rouge ?

L’une des élections les plus marquantes reste bien évidemment celle du 21 avril 2002, 1er tour des présidentielles. On se souvient tous plus ou moins de ce que l’on avait choisit de voter (ou pas) ce jour là. La journée était belle dans le Sud-Ouest, on avait décidé d’aller se balader au Pays Basque avec mes parents chez qui j’étais en convalescence longue durée. On était au préalable passé au bureau de vote. Je me souviens également que le retour fut beaucoup moins joyeux, abasourdi que nous étions par les résultats crachotés par l’auto-radio.

Ce dimanche, j’ai comme d’habitude mis mon bulletin dans l’urne. Pour ne rien regretter, parce que je suis comme beaucoup un idéaliste qui pense que l’on peut changer les choses avec un bout de papier, tout du moins ne pas les subir. Verdict dans une semaine.