avril 2008


Dimanche, visite du temple de Doi Suthep le matin, un lieu de pélerinage visiblement pour de nombreux ThaIlandais. L’apres-midi, départ en bus pour la vallée de Pai. Nous avons de nouveau choisi un bus local car nous n’avons pour l’instant pas eu de mauvaises surprises, le confort (un peu) et le prix (surtout) étant au rendez-vous. Le Lonely Planet nous prévient que la route pour Pai est trés sinueuse. Le bus avec clim que nous avons réservé s’avere en fait une épave et la clim un misérable filet d’air que l’on cherche tel des poissons rouges sortis de leur bocal. Le trajet doit en théorie durer 3h, il en comptera 1h30 de plus. Quand a la route, le terme sinueux est un euphémisme. Ce n’est pas pour rien s’il y a des sacs a vomi (dont mes voisins ont eu besoin) un peu partout dans le bus…

Le cadre idyllique de nos bungalows sur les hauteurs de Pai, pour un prix dérisoire, nous fera vite oublier ces désagréments.

Lundi, nous partons de bonne heure pour une journée de trek dans la montagne. Il fait trés chaud, Claire oublie de mettre de la creme solaire…Notre guide est un vrai montagnard qui avale la pente comme si c’était du plat. On se débrouille pas mal derriere, on est largement en avance sur l’horaire prévu. Visite de villages occupés par des minorités ethniques (Lisu, Lahu). Une villageoise nous propose de venir fumer un peu d’opium avant notre randonnée, on refuse poliment. Le gouvernement Thai a plus ou moins eradiqué la culture du pavot au profit de…l’ail. Personne ne nous a proposé de venir fumer de l’aioli je vous rassure !! Un violent orage vient nous rappeler que le temps est tres changeant en montagne. On attend tranquillement que ca passe en mangeant des nectarines et des mangoustans. On finit le trek, la descente est rendue difficile a cause de la boue puis retour a Pai a l’arriere d’un camion transportant des bieres.

Mardi matin, on prend enfin le temps de faire un massage. Seb et moi optons pour le massage Thai et Claire pour le massage des pieds et jambes (ben oui quand on met pas de creme solaire…). On demande a avoir nos massages en meme temps, on se retrouve cote a cote pendant une heure a se faire masser, enfin me concernant ca ressemblait parfois a du judo ou a de la lutte tant on se retrouve parfois dans des positions abracadabrantesques (il n’y a aucun sous-entendu, bande de vicieux). Seb etait lui pas assez souple pour pouvoir avoir droit a tout. L’apres-midi on repart pour Chiang Mai mais on opte cette fois-ci pour un mini-bus avec un vraie clim et pour un tarif a peu pres equivalent. Nousretournons dans la guest house qui nous avait heberge precedemment.

Mercredi matin depart en avion pour le sud.

Une seule nuit dans la capitale Thailandaise mais déjà une petite semaine au « pays des sourires ». Le temps de sortir de l’aéroport et la chaleur nous prend a la gorge. Il est plus de 19h et la température dépasse encore largement les 30 degrés, l’humidité de l’air se charge de refermer le couvercle sur nos tetes fatiguées. Départ pour Kanchanaburi en train des le lendemain, vers 6h, avec un passage sur le fameux Pont de la Riviere Kwai. Francois et son fils Kenji, nos hôtes pour 2 jours, nous attendent sur le quai de la gare. A peine le temps de s’installer dans les bungalows et l’on retrouve Francois auprès de « nos » élephants. Un pachyderme nous est dévolu a chacun, la premiere épreuve consistant a monter dessus. Cette formalité finalement vite expediée, nous partons tel Hannibal pour une ballade d’une petite heure, a cru sur notre elephant, dans la jungle près de la frontière Birmane. Des tirs de mitraillette de l’autre coté nous rappelle que la situation au Myanmar (nouveau nom de la Birmanie) est préoccupante. Retour aux bungalows et baignade dans la riviere Kwai.

Le lendemain matin on retrouve les élephants pour les amener a leur baignade quotidienne. 1h de bain, de jeux aquatiques, de rodéo a dos d’élephants…De l’avis unanime, un des meilleurs souvenirs de nos voyages confondus. L’après-midi, départ en 4×4 pour des chutes d’eau a plusieurs étages. Un orage violent a déraciné un arbre, la piste est barrée. On récupère des outils (machette, scie) chez un paysan du coin et c’est parti pour l’atelier « bucheron du dimanche ». L’arbre est vraiment trop gros et nos outils trop inadaptés (sans parler de notre savoir-faire). Le paysan revient chercher ses outils et décide de nous donner un coup de main a l’aide d’une vraie scie de bucheron cette fois-ci. La conjugaison de celle-ci et de son savoir-faire envoie le dit arbre au rayon boites d’allumettes. Retour a Kanchanaburi le soir.

Jeudi matin, départ en bus local pour Ayuttahya, ancienne capitale du royaume de Siam. Il fait encore plus chaud que depuis notre arrivée. Ballade dans les ruines de la ville et départ le soir pour le Nord du pays en train couchette.

Nuit un peu folklorique dans le train et arrivée au petit matin a Chiang Mai. Ballade dans la ville et dans ses nombreux temples (Wat). Visite du célèbre bazar nocturne.

Samedi, départ en bus local pour Doi Inthanon, le plus haut sommet du pays. Petit trek dans les montagnes ou la température a perdu de sa superbe. Retour a Chiang Mai.

Amis lecteurs, amis parents, amis amis, Amy Winehouse, avant de vous abandonner pour 3 semaines de vacances méritées (si si), je vous offre la primeur de ma chronique de l’album des Bodies of Water, bientôt en ligne sur Indiepoprock.net.

C’est à croire qu’Arcade Fire a ouvert la boîte de Pandore. Depuis le succès de « Funeral », premier album des Montréalais, les groupes chorales en provenance d’Outre-Atlantique pullulent dans le rayon indé de tout bon disquaire qui se respecte. L’amateur d’emphase y trouve parfois son compte, même s’il devient difficile d’être en phase avec toute cette grandiloquence environnante.

Parmi les dernières signatures de l’excellent label Secretly Canadian, les Californiens de Bodies of Water et leur gospel-rock ont déjà de nombreux adeptes, l’album ayant bénéficié d’une première sortie autoproduite l’été dernier. A les entendre chanter à tue-tête sur These Are The Eyes, on se dit que l’on a encore à faire à un groupe qui doit partager des cachets de misère entre sa douzaine de membres. Tout bien regardé, il n’est ici point question de Suédois qui chantent comme des vaches espagnoles ou d’I Muvrini texans en toge.

Les Bodies of Water sont au nombre de quatre (2 femmes et 2 hommes), ont eu une éducation chrétienne marquante et n’ont, peu ou prou, jamais joué d’un instrument ou dans un groupe avant celui-ci. C’est peut être un détail pour vous mais pour eux ça veut dire beaucoup. Cela explique notamment la faculté des Californiens à utiliser leurs voix comme des instruments, à base de « whooo-hooo » endiablés. Le résultat ressemble à la rencontre entre The Mamas & The Papas et Black Sabbath (It Moves ; It Is Familiar), à ABBA chevauchant aux côtés du Bon, la Brute et le Truand (Doves Circled the Sky).

Le quatuor possède plus d’une corde à l’arc de ses harmonies vocales. Il y ajoute quelques rangées de cuivres rutilants (These Are The Eyes ; I Guess I’ll Forget The Sound, I Guess, I Guess) des percussions brésiliennes, de vrais cordes(I Heart It Sound ; I Turned My Face) et une bonne dose d’emphase, tantôt indigeste, tantôt magnifique.

P.S : Malgré les apparences, ce disque est garanti avec 0% de petit Jésus à l’intérieur. Amen.

[Mp3] Bodies of WaterThese Are The Eyes
[Mp3] Bodies of WaterDoves Circled The Sky
[Mp3] Bodies of WaterI Guess I’ll Forget The Sound, I Guess, I Guess

Bodies of Water on Myspace.
Site Officiel.

Aujourd’hui 7 avril 2008, il a neigé pour la première fois de l’hiver. Ah bon, on est au printemps ?? Au temps pour moi. L’hiver joue donc les divas et continue de nous enserrer de ses doigts engourdis. Cela tombe plutôt bien pour Jagjaguwar, le label de l’Indiana, puisque celui-ci s’apprête à sortir le magnifique « For Emma, Forever Ago« , premier album de Justin Vernon sous l’appelation Bon Iver. La bio précise aux anglo-saxons qu’il faut prononcer « bohn eevair », le « h » de hiver ayant été enlevé car il était aspiré. Ils sont bizarres ces Français, ils aspirent les lettres !!

Originaire d’Eau Claire dans le Wisconsin, Justin Vernon et son groupe (DeYarmond Edison) rejoignent la Caroline du Nord en 2005. Des divergences artistiques entraînent la séparation du groupe quelques mois plus tard. Vernon retourne à Eau Claire, rompt avec sa copine et tombe malade. Il décide alors de partir hiberner pendant quelques mois dans la cabane de chasse de son père au fin fond du jardin Wisconsin. Cet exil solitaire, « into the wild », au rythme de la nature (chasser pour se nourrir, scier et couper du bois pour se chauffer…), permet à Justin de faire le point sur lui-même et les 6 dernières années de son existence. Le résultat tient en 9 pépites de folk lo-fi où guitare et cuivres sentent bon le bois mouillé crépitant dans la cheminée.

« For Emma, Forever Ago« , comme son nom l’indique, est un cri d’amour. Justin Vernon y met ses tripes à nu, chante son amour perdu de sa voix haut perchée en faisant pleurer sa guitare. 9 titres pour lui dire, de façon intimiste (Skinny Love) ou plus théâtrale (For Emma), 9 titres à écouter, 9 titres à aimer, 9 titres qui font d’ores et déjà de cet album un candidat sérieux au titre d’album de l’année, malgré le fait que l’on ne soit qu’en l’hiver. Ah bon, on est au printemps ?? Au temps pour moi…

On parle de Bon Iver aussi chez Erwan.

[MP3] Bon IverSkinny Love
[Vidéo] Bon IverThe Wolves (Act I and II)

Pour écouter l’album en streaming dans son intégralité, ça se passe sur Virb.
Pour voir les vidéos du concert de Bon Iver à San Francisco, ça se passe sur la Blogothèque.