juin 2008


Petite entorse à un règlement que j’avais préalablement établi pour cette rubrique puisque ce titre ne date pas de 2008 mais de 2005. Il n’empêche que je l’ai découvert cette année et qu’il rentre parfaitement dans la catégorie des titres qui feront mon année musicale. Le premier album de MGMT (voir post précédent) m’a en effet incité à me pencher sur les premiers travaux du duo et c’est sur le « Time To Pretend EP » que j’ai découvert ce titre et le clip qui va avec.

[Mp3] MGMTDestrokk

[Vidéo] MGMTDestrokk

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Rolling Stone a eu le nez fin. Non, il n’est pas ici question des grabataires du rock récemment mis en boîte par Martin Scorsese, cela fait bien longtemps que ceux là ne sentent plus rien, hormis peut être le renfermé…En novembre 2007, le magazine américain qui a emprunté son nom à qui vous savez, annonçait que 2008 serait l’année de MGMT ou ne serait pas. Et bien vu le buzz généré par le duo sur la toile et ailleurs (même TF1 s’y est mis), on peut dire que Rolling Stone ne s’est pas trompé.

MGMT (prononcez Management), c’est avant tout l’histoire d’un duo aux noms improbables. Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser, étudiants dans le Conneticut, se découvrent une passion commune pour la musique et les sons hypnotiques, le paganisme et tout ce qui est un peu mystique. Les deux universitaires se produisent rapidement sur leur campus lors de shows conceptuels : ils écrivent un nouveau morceau à chaque concert et ne joue que celui-ci !! Le succès est immédiat, au point qu’un groupe de fans de New-York fonde le label Cantora Records, uniquement dans le but de sortir leur EP « Time To Pretend« . Columbia flaire le bon coup, signe le duo et lui adjoint ni plus ni moins que Dave Fridmann (Mercury Rev, The Flaming Lips) à la production.

Ce dernier va s’atteler à modeler le son du duo, le rendre plus planant à grands coups de nappes de synthés atmosphériques et de reverbe. Le résultat se nomme Time To Pretend ou Kids, deux titres présents dans des versions beaucoup plus « soft » sur l’excellent premier EP du duo. « Oracular Spectacular » est donc une ballade pop sous psychotropes (Of Moons, Birds and Monster), une hallucination collective un brin mystique (voir les clips de Time To Pretend et Electric Feel), du Bowie fricotant avec les Bee Gees (Weekend Wars, The Youth) et deux derniers titres insipides. On trouvera toujours des grincheux pour nous dire que c’est beaucoup de bruit pour pas grand chose, que l’on n’entendra plus parler de ce groupe dans moins d’un an, que danser autour d’un feu sur la plage c’est total ringard, même sur Koh Lanta…Certes, mais en attendant, si l’on fait abstraction de tout le tapage autour de ce groupe et de l’imagerie néo-baba-tralala, il reste un excellent album (quoique inégal) qui a déjà marqué de son empreinte l’année 2008. Survivra t’il à l’épreuve du temps, il est encore trop tôt pour le dire…

[Vidéo] MGMTTime To Pretend

[Vidéo] MGMT – Electric Feel

Site Officiel.

MGMT on Myspace.

Une nouvelle rubrique afin de vous faire partager les morceaux qui pour moi font ou feront l’année 2008 et plus si affinités.

Les Born Ruffians inaugurent la rubrique avec leur tube I Need a Life, issu de leur premier album tout frais moulu, « Red, Yellow and Blue« .

[Mp3] Born Ruffians – I Need a Life

[Vidéo] Born Ruffians I Need a Life

Born Ruffians on Myspace

Stress, fatigue, morosité, grippe, retour de l’être aimé…pas de panique, le nouvel album des Mates of State est là pour arranger tout ça et bien plus encore. On dit de lui qu’il serait capable de faire revenir le soleil et mettre fin au bon (h)iver. Concentré de bonheur simple, « Re-Arrange Us » n’est pas un coup d’essai puisque c’est déjà le cinquième opus du duo américain à la ville comme à la scène. Kori Gardner (synthés et chant) et Jason Hammel (batterie et chant) filent en effet le parfait amour depuis plus de 10 ans, cela se voit dans leurs vidéos et surtout cela s’entend depuis leur premier album au titre équivoque (« My Solo Project »).

Le talent de ces tourtereaux pour pondre des pop songs naïves et entraînantes est au moins aussi important que l’anonymat dont ils jouissent en France. C’est dire. Pourtant, une bonne partie de leur répertoire remplacerait à moindre coût et à coup sûr n’importe quel anti-dépresseur. Citons en vrac les anciens Goods (All in your Head) et Fraud in The 80’s ou les plus récents Get Better et The Re-Arranger, présents sur ce nouvel album. La recette du bonheur se compose pour notre duo d’une bonne dose de twee pop et de mélodies à deux voix et ce même-ci sur ce nouvel opus le piano a supplanté l’orgue dans les mains de la belle Kori Gardner.

Exit donc le charme synthétique et un peu désuet de cet orgue aux accents émo, marque de fabrique du groupe depuis ses débuts. Place à des mélodies plus pop, plus organiques, place également à des arrangements plus soignés. Le duo piano/batterie se voit notamment rejoindre par des cordes sur les meilleurs titres de l’album (Get Better, The Re-Arranger) tandis que des cuivres ou des guitares apparaissent sur des titres plus « classiques » (My Only Offer, Jigsaw).

Sans prétention, les Mates of State continuent d’enrichir leur discographie d’albums indispensables à tous les amateurs de pop un peu naïve mais ô combien réjouissante. Gageons que la reconnaissance soit cette fois-ci au rendez-vous.

[Mp3] Mates of StateMy Only Offer

[Mp3] Mates of StateFraud in the 80’s

Mates of StateGoods (All in your head)

La date du 09 juin était cochée depuis mal de temps sur mon agenda avec la mention : Radiohead (Bercy). C’était bien avant de savoir que le 1er match de l’équipe de France face aux Roumains se déroulerait le même jour, certes à 18h mais tout de même. On n’efface pas plusieurs dizaines d’années de fièvre footballistique d’un coup de Thom Yorke magique. C’est donc mi-contrarié mi-enthousiaste (c’est le moment où je me fais lyncher par ceux qui n’ont pas eu de places) que je franchis en compagnie de Claire les portes du POPB.

L’affiche avait pourtant tout pour me plaire. D’un côté Bat For Lashes, le groupe de Natashan Khan dont je n’ai cessé de vanter les mérites ici même l’an passé, allant jusqu’à décerner à son 1er album le titre honorifique d’album de l’année. De l’autre Radiohead, quintet d’Oxford qu’il n’est plus la peine de présenter, qui fait se déplacer les foules par milliers et les journalistes en vélib, mais seulement par dizaines. Faignasses. Je peux pourtant me vanter d’être un fan de la première heure de la bande à Thom Yorke (mode vieux con prétentieux ON) puisque j’avais acheté « Pablo Honey » en K7 (mode ancien combattant ON) moins d’un an après sa sortie, sur la foi de la vidéo de Anyone Can Play Guitar. L’expérience live attendra « OK Computer » et un Palais des Sports de Toulouse où le public ne jurait que par Karma Police. Merci Fun Radio…Un Bercy et un Rock en Seine plus tard (avant Arras en juillet prochain), je retrouvais donc de nouveau ce groupe aux prestations live distillées aux compte-goutte. Volonté délibérée de créer le manque chez le public ou simple peur de tomber dans une routine néfaste (voir le DVD « Meeting People is Easy » sur les tensions nées de l’énorme tournée post « OK Computer ») ? Peu m’importe, le groupe m’a rarement déçu en live…

Il est un peu plus de 19h30 lorsque les lumières s’éteignent dans Bercy pour laisser la place à Natasha Khan et son groupe Bat For Lashes. Je ne sais pas encore que le jeu de l’équipe de France est en train de fondre comme neige au soleil de Zurich (23°C, vous appelez ça de la chaleur ? a quand le championnat d’Europe en Laponie ?). Désormais épaulée par une section rythmique masculine (si mes yeux ne m’ont pas trahi, sinon désolé monsieur madame), la musique de Bat For Lashes a gagnée en puissance ce qu’elle a perdue en grâce. Fini le temps des fées de la pop, la princesse anglo-pakistanaise s’est transformée hier soir en citrouille islandaise. Les connexions avec Björk ne datent pas d’hier mais le groupe possédait suffisamment de talent jusque là pour que cela ne dépasse pas le cadre de l’influence. Il n’en a malheureusement pas été question hier soir tant la performance de Natasha avait perdue sa magie et sonnait comme une pâle copie de Björk (elle même de plus en plus pâle). Pas mal de nouveaux titres au programme mais rien de très excitant. Même les tubes de « Fur & Gold » paraissaient rouler à l’ordinaire hier soir. On pourra toujours incriminer la flambée du prix de baril de pétrole l’acoustique de la salle ou sa dimension, peu propices aux ambiances intimistes, le résultat sera sans équivoque : décevant.

On dit souvent que le plus dur n’est pas d’atteindre le sommet mais de s’y maintenir. A ce titre, Radiohead fait preuve depuis une dizaine d’années d’un remarquable sens de l’équilibre pour se maintenir au top, malgré des choix artistiques audacieux et des choix écologiques qui font grincer les dents. L’excitation de la foule est donc à son comble vers 21h30 lorsque les Oxfordiens pénètrent sur scène. Un petit mot sur la déco de la dite scène : de grands tubes façon orgues d’église pendent du plafond et donneront lieu à de superbes jeux de lumières, des caméras filment chaque membre du groupe (dont une mini fixée sur le micro de Thom pour des gros plans saisissants). La setlist démarre avec All I Need, un des extraits du dernier album dont l’intégralité des titres sera d’ailleurs joué par le groupe. Je ne vais pas vous faire la litanie des 25 titres (2h de concert) car premièrement les souvenirs sont un peu confus dans ma tête et deuxièmement, hormis quelques fans hardcore, ça intéresserait peu de monde je pense. Hormis quelques problêmes de son sur House of Cards, l’acoustique de Bercy a plutôt bien tenue le choc cette fois-ci. Thom Yorke n’en fait ni trop, ni pas assez dans son jeu de scène. Mini-batterie, piano, synthé orné du drapeau du Tibet, guitare acoustique, veste blanche à la Rod Stewart, tout y passe, mêmes ses mimiques désopilantes à la caméra lors de You and Whose Army ou sa danse façon pantin désarticulé sur Idiotheque. Et puis quel plaisir de voir une setlist sans Creep ou Karma Police (c’est là que je me fais lyncher par quelques fans bas du front) auxquels je préfère de loin le magnifique Street Spirit (Fade out). Dehors les supporters des équipes de France et d’Italie ont des Bleus à l’âme mais peu m’importe, une fois de plus Radiohead ne m’a pas déçu en live…

Setlist :

1. All I Need
2. There There
3. Lucky
4. Bangers and Mash
5. 15 Step
6. Nude
7. Pyramid Song
8. Weird Fishes/Arpeggi
9. The Gloaming
10. My Iron Lung
11. Faust Arp
12. Videotape
13. Morning Bell
14. Where I End and You Begin
15. Reckoner
16. Everything In Its Right Place
17. Bodysnatchers

1er rappel :

18. Exit Music For A Film
19. Jigsaw Falling Into Place
20. House of Cards
21. Paranoid Android
22. Street Spirit (Fade Out)

2eme rappel :

23. Like Spinning Plates
24. You And Whose Army
25. Idioteque

Crédit Photos : Photos And Gigs.