août 2008


Après une journée amputée de sa première moitié (because dodo), direction l’une des multiples crêperies de Saint-Malo intra muros puis la plage et le fort national accessible à marée basse. Un peu de culture ne peut pas nous faire de mal. La visite du fort est sympathique, le point de vue sur la baie est superbe. On zappe les concerts du Palais (Micah P. Hinson que j’aurais bien aimé voir et Bowerbirds) et direction le fort de Saint-Père pour la deuxième soirée de l’édition 2008 de la Route du Rock.

Toujours aussi peu de monde lors du premier concert. Certes, les Américains de No Age ne jouissent pas encore d’une grande réputation dans l’Hexagone mais le duo guitare/batterie est tendance en ce moment dans l’indie-world. Les 2 Californiens signés chez Sub Pop proposent une sorte de noisy lo-fi influencée par Sonic Youth et Husker Dü, pas désagréable (écoutez Eraser ou Teen Creeps) mais un peu répétitive Ils ont beau haranguer le public, l’ambiance reste plutôt feutrée sous le soleil rasant. Changement d’ambiance mais pas de continent avec Why ? et leur hip-hop folk bricolo. Les frères Wolf (Yoni et Josiah) ont eu appeller leur dernier album « Alopecia« , leur système pileux est toujours plus proche de loup-garou que du petit chanteur à la croix de bois. On pense bien évidemment à Beck pour le mélange des genres mais ma préférence va désormais vers le trio d’Oakland, auteur d’une belle prestation devant une assistance de plus en plus nombreuse.

Il est 22h quand la première des 2 têtes d’affiche de la soirée entre en scène. Les Allemands de The Notwist ont effectué il y a peu un retour remarqué avec leur nouvel album « The Devil, You + Me« , 6 ans après le remarqué et remarquable « Neon Golden« . Je redoutais un peu que leur concert ne plombe l’ambiance, que leur electronica-ambiant qui passe très bien sur CD ne soit pas adaptée aux exigences d’un festival en plein air. Reine du contre-pied, la bande à Markus Acher a pris tout le monde au dépourvu en proposant un set énergique et rock, proche des débuts punk et métal du groupe. Beaucoup de titres de « Neon Golden » dont les excellents Pilot, Consequence et Pick Up the Phone.

L’une des principales caractéristiques de la Route Du Rock est la taille humaine de ce festival (environ 5000 personnes par soir) et donc la possibilité de bien voir les artistes. Après la performance de Notwist, je décide de ne pas partir me désaltérer au bar (oui c’est fou ce qu’on se déshydrate en Bretagne au mois d’août par 12°C) mais de me placer dans les premiers rangs pour le prochain concert. Les Islandais de Sigur Rós font en effet partie de mes artistes préférés depuis quelques années, ce malgré un dernier album en retrait par rapport à ses prédécesseurs. J’ai eu la chance de les voir cette année à Arras et je me faisais une joie de remettre ça au fort de Saint-Père. La set-list n’a pas beaucoup variée (Ny Batteri et Festival font leur apparition) et la magie a opérée de la même façon dès les premières notes de Svefn-g-englar. La prinicipale évolution constatée sur cette tournée est le côté festif que le groupe cherche à donner à certains titres du dernier album (Gobbledigook et Við spilum endalaust notamment). On est loin du groupe qui jouait ses premiers titres derrière un rideau. En 2008, Sigur Rós a des plumes de faisan dans les cheveux, une section cuivre tout habilléé de blanc façon Orange Mécanique, des canons à neige qui lancent des confettis dans la foule, des ballons géants sur la scène…et vous savez quoi, ben c’est aussi bien voire mieux qu’avant. Tant que Jón Þór Birgisson continuera de chanter en hopelandais et de jouer de la guitare avec un archet, on aura pas de souci à se faire. Ah oui j’oubliais, Hoppipolla et Popplagið m’ont une fois de plus donné des frissons en concert. Certains, dont je fais partie, vous diront que nous avons assisté là au meilleur concert de la Route du rock 2008, d’autres continueront de trouver les Islandais prétentieux et un peu chiants. La vérité est sans doute entre les 2.

J’avoue avoir trés peu écouté les 2 derniers groupes chargés de clôturer la soirée, Pivot tout d’abord puis les Bordelais d’Adam Kesher. J’ai trouvé le math-rock des Australiens un peu chaint au début puis intéressant sur la fin, ça ressemblait un peu à Caribou. Par contre les Adam Kesher ont décidément vraiment des têtes à claques et un cigare long comme le brasz et c’est malheureusement pas près de s’arranger si j’en juge par une discussion volée entre le chanteur et des amis au bar VIP…

Une belle soirée au final grâce aux 2 têtes d’affiche qui ont parfaitement rempli leurs « obligations » et l’objectif de l’organisation. On ne le sait pas encore mais l’édition 2008 est déjà un succès.

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Bon allez je vais vous épargner ce choix cornélien et je reviens aux affaires avec le compte-rendu de l’édition 2008 de la Route du Rock, que je promets moins houblonné que celui de l’an passé.

Le duo train/camping a été remplacé par le BMW/Hôtel, autrement plus agréable. Oui je me suis embourgeoisé. La météo capricieuse et le ciel qui prévoyait de s’abattre sur nos têtes de festivaliers le samedi avaient eu raison de mes dernières résistances. La veille du festival, on a donc certainement récupéré la dernière chambre d’hôtel encore libre à St Malo car oui pour ceux qui en douteraient, la cité corsaire attire les foules au mois d’août et pas seulement pour son festival rock.

Les trombes d’eau qui s’abattent sur nous lors du trajet en voiture ne font qu’aggraver notre pessimisme météorologique. C’est finalement sous un franc soleil que nous arrivons à destination, prenons nos quartiers à l’hôtel et repartons vers le site du fort de Saint-Père pour la 1ère soirée de la Route du Rock version 2008.

Après avoir récupéré les accréditations Indiepoprock, on entre sur le site qui n’a pas changé depuis l’an dernier. Les stands de galette-saucisse sont toujours là, l’espace labels et fanzines également, tout comme le bar VIP. Le temps de faire le tour du site et déjà le premier groupe a fait son entrée sur scène. Les War On Drugs sont américains, plus ou moins inconnus en France et ce n’est pas près de s’arranger après leur prestation devant une audience plus que clairsemée. J’avoue avoir écouté leur set d’assez loin, ça avait l’air pas mal…Cette soirée du jeudi est celle qui nous intéresse le moins à vrai dire. On file au bar VIP pour prendre l’apéro après le set des Américains et c’est finalement de là bas que l’on assiste au concert de The Dø, sur l’écran géant prévu à cet effet. J’ai un peu de mal avec le duo franco-finlandais sur disque mais en concert ça passe beaucoup mieux et pas seulement pour le jolis minois d’Olivia.

Les choses sérieuses commencent pour nous avec l’arrivée vers 22h des Tindersticks. Je n’ai jamais vraiment fait l’effort de m’intéresser à la discographie des Anglais mais l’occasion est belle de rattraper cette lacune. Le moins que l’on puisse dire c’est que les dandys ont la classe, Stuart Staples, leur leader, en tête. Son chant me fait penser à un mélange de Matt Berninger (The National) et d’Antony Hegarty (Antony and the Johnsons). Les cuivres et cordes qui accompagnent le groupe magnifient les compositions sombres et torturées de Staples. Belle découverte pour ma part même si le cadre d’un festival en plein air n’est peut être pas le plus approprié pour apprécier la musique plutôt mélancolique des Anglais.

On reste plus ou moins dans la même tranche d’âge avec le groupe suivant, j’ai nommé les Breeders. Pour les avoir vu il y a peu avec Gino à la Cigale, je sais à quoi m’attendre avec les sœurs Deal. Des titres de 2-3 minutes chrono, un jeu de scène à minima, des sœurs Deal qui arrêtent pas de papoter entre les morceaux (surtout Kim), un backing band transparent et des titres entrés dans la légende que l’on prend toujours autant plaisir à entendre. Peu de surprises donc mais un concert sympa malgré la pluie qui fait une apparition heureusement fugace. Il est un peu plus d’1h20 du matin quand les Cold War Kids entrent en scène. La fatigue commence un peu à se faire sentir et la pluie a plus que rafraichit l’atmosphère. Je regarde le début du concert dans les premiers rangs avant de rejoindre mes camarades au bar. Les Américains sont toujours aussi impressionnants en live même si je ne raffole pas de leur blues rock fiévreux hormis 2-3 singles. Le dernier groupe prévu au programme de cette première soirée promet heureusement de réchauffer nos pieds et réveiller nos esprits endormis. Il est presque 3h du mat’ quand les Foals débarquent avec les titres de leur bien nommé premier album, « Antidotes« . Les poulains d’Oxford sont réputés pour leurs prestations scéniques énergiques et le public encore présent ne demande qu’à s’enflammer après une soirée plutôt mollassonne. Malgré le fait que Yannis Philippakis et sa bande soient faits comme des Mickeys (comprenez bourrés comme des coings), on prend pas mal de plaisir sur les Cassius ; Olympic Airways ; Two Steps, Twice et autres Heavy Water. On regrettera une interprétation un peu en dedans de la bombe Hummer mais dans l’ensemble le set des Anglais fut vivifiant et nous fit oublier la fatigue. Il est presque 4h du mat’, l’heure de regagner notre chambre d’hôtel que je n’échangerais pour rien au monde avec une place au camping vu le froid régnant sur le fort de Saint-Père.

Vous-ai je dit que je m’étais embourgeoisé ?