septembre 2008


Lorsque Thomas m’a proposé de l’accompagner à la Black Session de Mercury Rev ce lundi, j’ai immédiatement répondu par l’affirmative, trop heureux de pouvoir assister de visu à l’enregistrement de l’émission de radio qui berçât mon adolescence. Et puis…et puis je me suis rappelé que je devais également assister au concert donné par les groupes islandais Seabear et Borko à la Maroquinerie. Nous avions organisé un concours sur Indiepoprock.net qui permettait à 5 lecteurs, ainsi qu’un chroniqueur, d’assister au concert . Devant le peu d’entrain de mes collègues, je m’étais porté volontaire, quitte à faire une croix sur l’ami Bernard Lenoir…

Arrivé vers 20h, je récupère mon invitation et constate que le concert de Borko n’a toujours pas démarré. La Maroquinerie sonne le creux pour le moment, une cinquantaine de personnes attend, pour la plupart assises, dans la salle. Le barman m’explique que le groupe a du retard et que cela devrait débuter vers 20h30. Effectivement l’imposant Borko et sa bande débarquent au nouvel horaire prévu et s’excusent pour le retard. L’Islandais replet (Björn Kristiansson) nous parle des charmes de Paris en roulant les « r » comme tout bon islandais-parlant-anglais qui se respecte. C’est d’ailleurs marrant de constater que ce n’est heureusement pas le cas lorsqu’ils chantent. La musique de Borko ressemble à celle de leurs compatriotes de Múm ou à du post-rock à la Explosions in The Sky auquel on aurait ajouté une trompette et un chant plaintif. Mention pas mal, notamment pour le titre Dingdong Kingdom qui est selon son géniteur l’histoire de Lionel Richie dans un ascenseur…

[Mp3] Borko Dingdong Kingdom

La joyeuse et hétéroclite troupe de Seabear, emmenée par son leader Sindri Már Sigfússon, prend alors place sur la scène de la Maroquinerie. On constate que le batteur et le trompetiste de Borko sont de nouveau mis à contribution ce qui porte à 7 le nombre de musiciens sur une scène pas extensible. Le set débute par Arms et Cat Piano, 2 titres issus de leur album « The Ghost That Carried us Away« . Bienvenue en Seabear-ie, terre de folk et de pop lo-fi. La salle s’est un peu remplie (une toute petite centaine de personnes) mais les gens ont choisi de rester assis par terre ou sur les marches de la Maroquinerie. Le groupe déroule une dizaine de titres dont les très bons I Sing, I Swim et Seashell. Ce dernier clôt le set dans une montée finale époustouflante sur laquelle le groupe met le public à contribution (chœurs). Après un rappel, nous sommes de nouveau sollicité mais cette fois-ci c’est hors de la salle que ça se passe. Le groupe nous dit qu’il va jouer 2 titres à l’extérieur. Ca sent le concert à emporter cette histoire !!

Effectivement en sortant je croise Chryde qui rejoint le groupe, certainement pour leur expliquer la marche à suivre. Le public joue bien entendu le jeu et tout ce petit monde se retrouve dans la partie bar-restaurant en plein air de la Maroquinerie. Au bout de quelques minutes, on entend le groupe arriver vers nous depuis la rue (?). Ils passent au milieu de nous pour se poster entre les tables et interpréter 2 titres acoustiques dans la grande tradition des concerts à emporter de la Blogothèque. Je ne sais pas trop ce que cela donnera, notamment au niveau du son, mais c’était une belle communion avec le public. J’espère que Bernard Lenoir ne m’en voudra pas…

[Mp3] SeabearLibraries

[Mp3] Seabear Arms

[Vidéo] SeabearI Sing, I Swim

Site Officiel (leur 1er Ep y est dispo en téléchargement gratuit).

Seabear on Myspace.

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Friendly Fires « Friendly Fires » : Cela faisait un petit moment qu’on attendait ces anglais au tournant de leur premier album, suite à la parution de quelques EP et singles prometteurs l’an passé. On retrouve donc ici les Paris, Strobe et autre On Board dans des versions légèrement modifiées. Leur album me fait beaucoup penser aux travaux de l’Hercule électro, j’ai nommé Stuart Price, plus connu sous le nom de Jacques Lu Cont.  Ce mélange électro-pop, cette basse omniprésente,  me rappellent en effet les albums des Rythmes Digitales ou de Zoot Woman, 2 projets menés à bien par Stuart Price dans les 90’s. Cet album de Friendly Fires ne révolutionnera pas l’industrie musicale, en même temps qui peut se vanter de le faire, mais il égaye mes matins dans le métro en ce moment et ça,  ça a une valeur inestimable.

[Mp3] Friendly FiresOn Board
[Mp3] Friendly FiresJump In The Pool

[Vidéo] Friendly FiresParis

Le site Muxtape ayant temporairement (?) rendu l’âme, enfin il s’est plutôt fait pincer par la RIAA, je vais faire une petite sélection des albums qui parasitent mon Ipod en cette rentrée. Attention cette sélection est susceptible de contenir beaucoup d’électro !!

CSS « Donkey » ou Le retour des Brésilien(ne)s qui en ont marre d’être sexy. Amputés d’un membre (bassiste) aussitôt remplacé par leur batteur lui même remplacé à la batterie par un ancien de The Cooper Temple Cause. Ca va vous suivez ? L’électro-rock arty-trash des débuts a lui aussi quelque peu évolué. Les guitares prennent régulièrement le pas sur les synthés comme l’avait laissé présager le single Rat is Dead (Rage). Si la mutation est profonde, l’ennui ne pointe pas le bout de son nez tout au long des 11 titres qui jalonnent cet album et j’en attends pas plus d’un album de CSS. De Let’s Reggae All Night et sa basse entêtante à l’électro-clash Believe Achieve en passant parHow I Became Paranoid et ses syntés vintage, « Donkey » remplit parfaitement son rôle et confirme que le succès du 1er opus de CSS n’était pas uniquement dû au hasard.

[Mp3] CSSHow I Became Paranoid

[Mp3] CSSBelieve Achieve

« Frightened Rabbit » dans la langue de Shakespeare, c’est un peu l’équivalent d’une « poule mouillée » dans celle de Molière. C’est également le nom du groupe que j’ai le plus écouté cet été, à la faveur de ses deux premiers albums découverts récemment. Ce trio de Glasgow devenu quatuor, composé entre autres des frères Hutchinson,  a pour particularité de ne pas compter de bassiste dans ses rangs. On connaissait les duos guitare/batterie, voici les quatuors sans bassiste. Décidément sale temps pour la 4 cordes.

Leur premier album, « Sing The Greys » est sorti une première fois en 2006 puis une deuxième fois en 2007 chez Fat Cat records après que le groupe se soit faitremarquer au SXSW festival. On y trouve déjà le son caractéristique de ces glaswegians (habitants de Glasgow), à savoir un mélange pop-folk qui n’est pas sans rappeler Snow Patrol ou leurs compatriotes de Biffy Clyro dans leurs moments de calme. On pourrait aussi parler de Coldplay à la sauce Clap Your Hands Say Yeah! mais cela risquerait d’en faire fuir beaucoup…et ce serait bien dommage car ce groupe vaut le détour.  Leur nouvel album, « The Midnight Organ Fight« ,gomme les quelques scories de son prédécesseur et regorge de tubes que certains jugeront sûrement un peu mainstream mais qu’importe. A vous de vous faire votre opinion.

[Mp3] Frightened RabbitThe Twist

[Mp3] Frightened RabbitFast Blood

[Vidéo] Frightened RabbitHead Rolls Off

Frightened Rabbit on Myspace.

Les Ecossais seront en concert à Paris le 9 octobre (avec Bodies of Water) et le 23 novembre (avec Death Cab For Cutie).

A tous les déçus du dernier album de Cat Power, à ceux qui préféraient la Chan Marshall ultra-timide des débuts, cachée derrière son piano, au zébulon sur ressort qui est venue interpréter les titres de son nouvel album de reprises l’hiver dernier, haut les coeurs. Emily Jane White s’est glissée dans la peau de Chan Marshall époque « What Would The Community Think » ou « Moon Pix« , sur son premier album, le sombre et dépouillé « Dark Undercoat« .

Si la filiation entre les deux américaines, notamment sur le plan vocal, est plus qu’évidente, il serait injuste et restrictif de limiter le talent de la plus jeune des deux à une vulgaire copie de son ainée. La jeune californienne a fait ses armes sur la scène bordelaise avant un retour au pays, à San Francisco, où elle a signé un premier album distribué en France par Talitres, le label bordelais. Emily Jane White est apparemment tombée dans la marmite folk dès son plus jeune âge, apprenant très tôt à chanter, jouer du piano et de la guitare, soit les trois éléments moteurs de « Dark Undercoat ».

Les dix titres qui jalonnent ce premier album reposent en effet sur des mélodies interprétées tantôt au piano, tantôt à la guitare, toutes magnifiquement sublimées par la voix grave et ensorceleuse d’Emily. Cette voix qui nous le disions plus tôt rappelle la jeune Chan Marshall, particulièrement sur l’introductif Bessie Smith, ou celle, folk et dépouillée, d’Alela Diane (Sleeping Dead ; Blue). Les arrangements, de cordes notamment,  sont suffisamment présents pour qu’on les remarquent,  tout en laissant le beau rôle aux guitares (acoustique le plus souvent, électrique sur Dagger) et au piano. C’est d’ailleurs lorsque Emily pose ses mains sur celui-ci (The Demon ; Wild Tigers I Have Known) que des frissons nous parcourent l’échine. Grâce spectrale, beauté fantomatique, on abandonne très vite toute résistance pour se laisser envoûter par la dame blanche de San Francisco.

Soigneusement dissimulée derrière son voile, Emily Jane White s’impose d’emblée avec son premier album comme une des grandes dames du folk. A suivre comme son ombre…

[Mp3] Emily Jane White Wild Tigers I Have Known

[Mp3] Emily Jane WhiteHole in The Middle

[Vidéo] Emily Jane White Dagger

Site Officiel.

Page Myspace.

On nous promettait l’enfer sur terre, des trombes d’eau devaient s’abattre sur nos têtes de festivaliers durant toute la journée. C’était la raison principale de mon embourgeoisement (voir posts précédents). Le camping c’est sympa mais si c’est pour rester toute la journée à 2 dans une tente une place avec les odeurs de chaussettes sales et la pluie qui tombe sans discontinuer sur la tête, trés peu pour moi. Finalement la météo s’est trompé dans les grandes largeurs. Etonnant non ? non, vous avez raison. Il a fait pas trop moche toute la journée, un vrai temps breton donc pas beaucoup de soleil et un thermomètre qui flirtait avec les 15°C mais pas une goutte de pluie. On en profite pour visiter le grand Bé ou est enterré Chateaubriand et qui ne se visite qu’à marée basse. On quitte l’îlot alors que la marée menace de recouvrir le chemin y conduisant.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, après les performances enthousiasmantes la veille de Sigur Rós et The Notwist, la journée débute par l’annonce de la reconduction du festival version hiver et été. La pérennité de la Route du Rock est assurée au moins pour une année supplémentaire grâce aux 16000 spectateurs sur 3 jours et aux efforts conjoints des salariés et bénévoles du festival ainsi que des artistes qui ont accepté de baisser leurs cachets. Merci à eux.

C’est au trio de Portland, Menomena, qu’incombe la tâche de lancer la dernière soirée de cette 18ème édition de la Route du Rock. C’est peu de dire que les Américains prennent leur rôle à coeur. Sous les yeux d’un public encore peu nombreux mais enthousiaste, les Menomena délivrent un set plein d’intensité. Leurs mélodies pleines de chausses-trappes, de contrepieds et autres fausses pistes, prennent le Fort de Saint-Père et ses habitants d’assaut. Mention particulière à Danny Seim, le batteur-percussionniste aux pieds nus, dont la vie semble toujours tenir au fil de son rythme de batterie.

Les Nantais de French Cowboy sont un peu les régionaux de l’étape. Les ex-Little Rabits, débarrassés de leur costume de backing band de Katerine, ont endossé celui plus poussiéreux de cowboys bretons. C’est pourtant du côté de l’Ouest de l’oncle Sam que Federico Pellegrini et sa bande puisent leur inspiration. Folk, blues, country, le répertoire des French Cowboy jongle habilement avec tout ça, y ajoutant une pointe d’humour franchouillarde. Sur une reprise du Back to Black d’Amy Winehouse, Federico fait monter sur scène, une puis deux fans des Girls in Hawaii, avant de leur chanter un slow à genoux et de décrocher une belle acclamation de la part d’un public conquis.

Les fans de Girls in Hawaii n’ont pas longtemps à attendre pour voir leurs favoris monter sur scène. Les Belges sont particulièrement heureux d’être à Saint-Malo et tiennent à le faire savoir. Si sur la forme il n’y a pas grand chose à reprocher à leur set très carré, très pro, je reste plus dubitatif sur le fond qui les voit alterner les titres les plus rythmés de leur répertoire (mélange de Grandaddy et de Nada Surf) et les ballades mélancoliques un peu mièvres. Si les montagnes russes à la sauce wallonne ne me reste pas sur le coeur, je décroche par intermittence lors des passages plus calmes pour raccrocher les wagons lors des morceaux plus bruyants.

La deuxième partie de soirée promet enfin de faire bouger nos corps fatigués par ces 3 soirées de concerts. Cela commence vers 23h30 avec l’un des buzz de ces derniers mois, le duo Katie White/Jules de Martino a.k.a The Ting Tings. Leur premier album est à prendre pour ce qu’il est, une collection de tubes catchy qui donnent envie de danser en reprenant les refrains à tue tête. Les Shut Up and Let Me Go, That’s not My Name, We Walk et autres Great DJ fonctionnent à merveille en live grâce à l’énergie déployée par le duo de Salford, à commencer par une Kathie White aussi bondissante que ravissante. J’ai par contre de sérieux doutes sur ses talents de guitariste…mais peu importe, on a transpiré malgré les 12-13°C régnant dans le Fort et c’est bien là l’essentiel.

Je ne connaissais que de nom le groupe suivant, les Français de Poni Hoax, adeptes d’un post-punk de bonne facture. D’entrée je suis séduit par les titres interprétés par les Parisiens malgré des problêmes techniques qui font sortir leur batteur de ses gonds. She’s On The Radio et Antibodies sont les titres qui retiennent le plus mon attention. Une vraie bonne surprise.

Direction les Antipodes pour clôturer cette Route du Rock avec l’électro vintage des Midnight Juggernauts qui doit tout ou presque à Girogio Moroder et à la French Touch (de Daft Punk à Air en passant par Justice). On se laisse facilement embarquer dans ce voyage interstellaire rythmé par les voix vocodérisées des Aussies.

Il est plus de 3h du matin quand le rideau est tiré sur l’édition 2008 de la Route du Rock. La fête des bénévoles peut débuter au bar VIP… A l’année prochaine, maybe.