octobre 2008


J’ai un rapport un peu bizarre avec les américains de TV On The Radio. J’ai eu beaucoup de mal à apprécier leurs deux premiers albums dans leur intégralité alors que ceux-ci se voyaient encenser par la critique, mais là n’est pas le problême. Le problême est qu’à chaque fois il y avait un ou deux titres que je trouvais à tomber par terre, parmi les meilleurs de l’année tous groupes confondus, mais je n’arrivais pas à écouter les albums en entier. En l’écrivant je me dis que l’un explique peut être l’autre. Ben oui quand on est obsédé par un ou deux titres d’un album, on en oublie un peu de s’intéresser au reste dudit album. CQFD.

Bref, on va pas faire une psychanalyse de ma relation à TV On The Radio, si je vous parle du groupe de Dave Sitek et Tunde Adebimpe, c’est parce que leur dernier album en date, « Dear Science« , vient d’atterrir dans les bacs et qu’il est déjà le chouchou des blogs et webzines. Vous voyez maintenant où je veux en venir ? Voilà, u got it !! Donc après Staring At The Sun sur « Desperate Youth, Blood Thisty Babes« , Wolf Like Me sur « Return to Cookie Mountain« , c’est maintenant au tour de DLZ de devenir mon obses-song sur le nouvel opus des New-Yorkais. Pour avoir un avis sur l’album dans son intégralité, lisez plutôt la chronique de Cécile, elle en parle mieux que moi.

Site Officiel.
TV On The Radio on Myspace.

Je vous avais déjà dit ici même tout le bien que je pensais de Bon Iver, ce folkeux ricain ayant passé plusieurs mois dans une cabane au fin fond du Wisconsin en plein hiver pour y coucher sur sa guitare les formidables arpèges de son premier album, « For Emma, Forever Ago« . Sa venue à la Maroquinerie en ce 02 octobre était l’occasion de replonger dans les tréfonds d’un album que j’avais un peu délaissé l’été venu.

La Maroquinerie affiche complet ce soir et dés 19h30, heure prévue d’ouverture des portes, c’est une jolie file d’attente qui m’attend, preuve de la popularité naissante de Justin Vernon, l’homme qui se cache derrière le pseudo Bon Iver. Les portes s’ouvrent enfin et le public se presse pour s’installer dans la salle, pourtant petite, mais aux angles de vues parfois compliqués. La Maroquinerie est déjà bien garnie lorsque Anaïs Mitchell fait son entrée sur scène face à une assistance assise face à elle, prête à écouter religieusement les ballades folk à la guitare acoustique proposée par la jeune femme du Vermont à la voix chevrotante. Un set d’une petite demi-heure accueilli par des applaudissements nourris et pas seulement pour les jolis gambettes exhibées par la demoiselle.

La salle est maintenant remplie jusqu’à la gueule et le fait que le public soit assis complique un peu plus les choses pour les retardataires. Le public se lève enfin afin de faire un peu de place à ceux-ci. Pour qui n’a jamais été à la Maroquinerie, il faut savoir que c’est une des salles de Paris où le public est le plus proche puisque collé à la scène, laquelle se situe a à peine un mètre de hauteur. La proximité et le contact entre les artistes et le public est donc maximum et cela n’a pas échappé à Justin Vernon. Accompagné de 3 acolytes (1 guitariste au visage juvénile et 2 batteurs barbus pouvant également jouer l’un de la basse, l’autre du synthé), Justin entre en scène dans une ambiance digne d’une finale de coupe du monde de foot. Applaudisements nourris, cris aigus de la gente féminine présente en force, sifflets, on a du mal à croire que c’est à un concert de folk intimiste joué par des barbus à chemises à carreaux auquel on va assister dans quelques secondes.

Le set débute comme l’album par Flume, lente ballade folk à la guitare acoustique sur laquelle la voix de fausset de Justin fait merveille. L’intro de Lump Sum est interprétée a cappella par les 4 membres du groupe donnant à l’ensemble de faux airs de symphonie pastorale à la Fleet Foxes. La présence de ses musiciens à ses côtés magnifie, si c’était encore possible, les compositions solitaires écrites par Justin au fin fond du Wisconsin. Skinny Love en version live reste beau à en chialer, voilà quelque chose qui ne change pas..et c’est tant mieux. Justin nous propose ensuite de faire les choeurs sur The Wolves (Act I and II). Il explique que l’on doit tout d’abord répéter la phrase « What might have been lost » sur la fin du morceau, lentement puis de plus en plus fort au fur et à mesure que le morceau gagne en intensité et enfin crier à pleins poumons sur l’explosion finale. Le résultat dépasse visiblement ses espérances tant le public joue le jeu et semble heureux de pouvoir communier avec le groupe. Le concert bascule alors dans une sorte de folie douce à laquelle le public présent ce soir y est tout sauf étranger.  Après un Blindsided de toute beauté, le groupe interprète un titre inédit, Blood Bank, sur laquelle Justin délaisse la guitare pour le synthé. Beaucoup plus enlevé que les titres présents sur « For Emma, Forever Ago« , ce morceau laisse augurer du meilleur pour le second opus de Bon Iver.

Les échanges entre le public et le groupe sont nombreux entre les morceaux et tout finit toujours dans un grand éclat de rire, notamment grâce à l’attrait suscité par le juvénile guitariste, Mike, sur quelques membres de la gente féminine présentes dans le public. La reprise de Simple Man, un titre de Graham Nash, est l’occasion pour le timide Mike de se mettre encore plus en valeur auprès de ses fans puisque c’est lui qui interprète ce titre, Justin se contenant de jouer de la flûte et de faire les choeurs sur la fin du morceau. For Emma, bien qu’amputé des cuivres qui font son charme sur l’album, reste un magnifique moment de grâce folk et une superbe déclaration d’amour. C’est aussi le dernier titre du set interprété par le groupe en formation complète puisque le seul Justin interprète re:Stacks pour clôturer le set sous un tonnerre d’applaudissements. Le groupe revient, toujours sous les vivas, afin d’interpréter Creature Fear enchaîné avec Team et son final apocalyptique. De quoi tordre le cou à ceux qui pensent que le folk de Bon Iver est chiant à mourir en concert. La communion avec le public est magnifique, rarement vue en ce qui me concerne. Les yeux sont brillants, les sourires sont vissés au visage de chaque côté de la scène, c’est le concert tel qu’on le rêve à chaque fois que l’on franchit les double-portes des salles obscures. Anaïs Mitchell revient pour interpréter Lovin’s For Fools, une cover de Sarah Siskind,  a cappella avec les autres membres du groupe. Les applaudissements sont une fois de plus nourris et continuent malgré le fait qu’un titre de Feist résonne et que la lumière soit rallumée dans la salle. Le groupe nous fait alors l’honneur de revenir pour interpréter un ultime titre en précisant que c’est la première fois que cela leur arrive. L’inédit Babys clôture en délicatesse une soirée magique qui bercera longtemps les rêves des petits veinards présents à la Maroquinerie en ce 02 octobre 2008.

[Vidéo] Bon IverBlood Bank (live @ Pabst Theatre)

Photos : Oliver Peel