décembre 2008


Inutile de m’envoyer des lettres d’insulte ou votre professeur de français des années collège, la faute d’orthographe à Numéro « Huns » est volontaire. On appelle ça un jeu de mot, « a game of word » pour les anglophones. Pourquoi un tel jeu de mot ? je vais vous le dire. Les groupes ou artistes dont il va être question sont ceux qui ont tout rasé sur leur passage (j’en vois un au fond qui a compris). Au mieux dans l’ombre, au pire quasi-inconnus, en début d’année, ils trustent les places de numéros uns de la majorité de tops 2008 qui fleurissent sur la toile. Pour le pire et pour le meilleur…

Comment évoquer l’année 2008 sans parler de MGMT ? Que l’on ait accroché ou pas à leurs délires néo-baba sous psychotropes, on doit bien avouer que ces 2 là on réussi leur entreprise de management. Annoncée dès la fin de 2007 comme la « Next Big Thing » par le magazine Rolling Stone, MGMT aura marqué de son empreinte le paysage musical et ce bien au delà du cercle pop-rock indé. Pourtant, il y aurait à redire sur cet « Oracular Spectacular », tantôt spectaculaire (en gros la première moitié de l’album), tantôt patibulaire (en gros la deuxième moitié de l’album). Que les Inrocks les aient choisi pour être leur numéro 1 de l’année ne fait que confirmer que leur classement est essentiellement bâti sur le potentiel « hype » d’un groupe. CQFD.

Autre groupe new-yorkais ayant déclenché une épidémie de hype en début d’année, j’ai nommé Vampire Weekend. Dans leur style particulier (afro-pop-punk) mais pas forcément innovant (voir Talking Head, Paul Simon…), les Vampire Weekend ont eu le mérite de remettre le funk blanc sur le devant de la scène. Si le bruit autour de ce groupe m’est apparu comme un peu exagéré, force est de reconnaître la qualité de certains de leurs titres (A Punk ; Oxford Comma ; Mansard Roof…).

On reste dans la Grosse Pomme avec Santi White a.k.a. Santogold, alchimiste pop mariant avec succès, pop, new wave, r’n’b, dub et éléctro, à la manière d’une certaine M.I.A. Gros carton pour le single L.E.S Artistes, l’un des morceaux de l’année et trajectoire fulgurante pour la new-yorkaise d’adoption. C’est également dans les rues de Brooklyn (décidément), que les 10 travaux de l’album de Hercules & Love Affair ont pris leur source. Prenez DFA, le label de James Murphy (LCD Soundsystem) et ajoutez y un DJ local (Andy Butler), quelques amis à lui et un certain Antony Hegarthy (sans ses Johnsons). Le résultat transpire la house et le disco par tous les pores, réveille l’esprit du Studio 54 et fait ressortir les talonnettes et autres cols pelle à tarte.

On quitte la ville qui ne dort jamais pour le fin fond du Wisconsin où Justin Vernon s’est isolé pendant 3 mois afin de composer le magnifique « For Emma, Forever Ago ». Chef d’œuvre folk, en tout point bouleversant, le premier album de Bon Iver sera vite apparu pour moi comme l’évident grand gagnant de 2008. Ses mélodies m’ont touché, sa voix également. Son concert à la Maroquinerie en octobre fut grandiose, un grand moment de communion avec le public, bref Bon Iver fut un Attila ne laissant que des miettes à ses poursuivants. Avec leurs barbes fleuries, leurs harmonies vocales et leur folk pastorale, les Fleet Foxes ont également marqué nos esgourdes. Que ce soit sur leur superbe EP « Sun Giant » ou sur leur album éponyme, la bande à Pecknold (Robin, de son prénom) nous a joué un folk d’un autre âge n’ayant pas pris une ride. Le numéro 1 du célèbre webzine américain Pitchfork.

Retour à New-York pour acclamer, enfin, le quatrième album de The Walkmen. « You & Me » semble enfin être en passe de pouvoir faire décoller ce groupe que j’avais découvert en 2004 avec le single The Rat. Adulés par un grand nombre de groupes indés américains, les Walkmen restaient pourtant dans l’anonymat de ce côté-ci de l’Atlantique, contrairement à ces dits groupes ne jurant que par eux. Incompréhensible, d’autant plus que le groupe ne manque pas de charisme avec son leader Hamilton Leithauser, véritable performer en live comme j’ai pu le constater lors de leur passage à la Maroquinerie en octobre dernier. Emily Jane White n’est pas new-yorkaise mais californienne. Que voulez-vous, personne n’est parfait. Elle partage pourtant un point commun avec les Walkmen puisqu’elle est signée chez l’excellent label bordelais Talitres. Elle a en effet migré très tôt vers la France où elle a fait ses premières armes, avant un retour à San Francisco afin de signer son magnifique premier album, « Dark Undercoat ». Tantôt au piano, tantôt à la guitare, les chansons d’Emily évoquent le spectre de Chan Marshall d’une époque aujourd’hui révolue. L’une des plus belles découvertes féminines du genre.

Direction la Vieille-Europe maintenant, l’Allemagne plus précisément. Ce n’est pas la première destination à laquelle on pense pour ce genre de musique (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit) mais c’est bel et bien en son sein que l’on trouve l’auteur de l’un des plus beaux albums de l’année. Le Berlinois Konstatin Gropper a mis près de 5 ans à composer les 14 titres de son premier album sous le patronyme de Get Well Soon…mais cela valait le temps d’attendre. Mosaïque de ce qui s’est fait de mieux au cours des dernières années, « Rest Now, Weary Head » emprunte ici la mélancolie de Thom Yorke, là les cuivres de Beirut ou Kusturica, là bas les titres à rallonge de Sufjan Stevens…Lyrique, grandiose, un peu écœurant sur la durée, le premier album de Get Well Soon est assurément l’émergence d’un nouveau talent. Le talent d’Alex Turner n’est lui plus à démontrer, même si le cas du leader des Arctic Monkeys fait débat. Don’t believe the hype qu’ils disaient !! Après un rejet initial, j’étais tombé sous le charme des Arctic Monkeys et le phénomène s’est reproduit cette année avec le nouveau projet de Turner, The Last Shadow Puppets. Il aura fallu une pub pour la fête du cinéma avec un titre des Puppets en fond sonore pour me décider à redonner une chance à « The Age of The Understatement ». Composé et interprété avec Miles Kane (de The Rascals), l’album est un hommage non feint aux 60’s, une pop lyrique gorgée de cordes et de cuivres qui doit tout autant à Owen Pallet (producteur du disque) qu’à Ennio Morricone.

Pour finir, 3 groupes qui à défaut d’avoir été les plus originaux de l’année, auront eu le mérite de nous faire danser tout l’été et au delà. Le premier d’entre eux, à tous les niveaux, nous vient d’Oxford et propose un mélange d’électro-punk et de math-rock. Foals est l’un des groupes anglais les plus intéressants de l’année, ce qui tend à prouver que 1) l’année n’a pas été si géniale que ça, surtout pour les anglais et 2) je ne me souviens plus de ce que je voulais écrire donc voir 1). Bref,on entendra peut être plus jamais parler de Foals à l’avenir, ni des 2 groupes qui vont suivre (surtout des 2 groupes qui vont suivre), mais leurs tubes auront marqué ceux qui écoutent la musique avec leurs pieds. Propulsés par la pub Apple, accélérateur de buzz, les Ting Tings ont marqué l’été de l’empreinte de leurs tubes (That’s not My Name ; Shut Up and Let Me Go). Le genre de morceaux que l’on est content d’avoir sous la main pour mettre un peu d’ambiance en soirée (vous avez déjà essayé de danser sur du Bonnie Prince Billy ? c’est dur hein ?). Le propos est à peu de choses près le même pour les américains de Black Kids, quelques tubes efficaces, même si beaucoup moins bons que sur leur EP sorti l’an passé. Dans les 2 cas, un gros raz de marée médiatique qui aura tout emporté sur son passage, pas sûr qu’il en reste grand chose dans quelques mois.

En cadeau, quelques uns des meilleurs titres de 2008 en mp3 ou vidéo :

  • MGMT – Kids [vidéo]
  • Vampire Weekend – A-Punk [mp3] [vidéo]
  • Santogold – L.E.S Artistes [mp3] [vidéo]
  • Hercules & Love Affair – Blind [mp3] [vidéo]
  • The Walkmen – In The New Year [mp3] [vidéo]
  • Emily Jane White – Dagger [vidéo]
  • Bon Iver – Wolves (Act I & II) (live) [mp3] [vidéo]
  • Bon Iver – Skinny Love (live) [mp3] [vidéo]
  • Fleet Foxes – White Winter Hymnal [mp3] [vidéo]
  • The Last Shadow Puppets – The Age of The Understatement [vidéo]
  • The Last Shadow Puppets – Standing Next to Me [vidéo]
  • Get Well Soon – If This Hat is Missing… [mp3] [vidéo]
  • Foals – Red Sox Pugie (live) [mp3] [vidéo]
Publicités

Une année musicale ne serait pas ce qu’elle est sans quelques grosses têtes d’affiche tirant derrière elles de petits wagons indés prompts à leur prendre la place dans un avenir plus ou moins proche. Comme dans le 7ème art, les « Blockbusters » sont là pour attirer du monde et pourquoi pas les amener à s’intéresser à des choses plus « underground ». Ils sont aussi là pour que certains s’en mettent plein les fouilles, on est bien d’accord. Toujours comme au cinéma, qui dit blockbuster, ne dit pas forcément « gros navet décérébré ». Bon ok,  souvent,  je te l’accorde le jeune mais pas toujours.

Prenons au hasard l’année 2008 (ça tombe bien me direz-vous, c’est le sujet du post), quels sont les « blockbusters » annoncés qui ont fait les choux-gras de nos canards, blogs et autres webzines préférés. Difficile de ne pas parler en premier lieu du « Third » de Portishead, il faut dire que les fans l’attendaient depuis plus d’une génération (11 ans !!). Le trio de Bristol, toujours emmené par Beth Gibbons et Geoff Barrow, a donc finalement créé l’évènement en mettant de nouveau ses tripes(hop) à nues sur les 11 titres de son nouvel opus. J’avoue que contrairement aux précédents, celui-ci m’a plutôt laissé froid, hormis en de rares occasions (Machine GunThe Rip).

Absents depuis un peu moins longtemps (6 ans) mais tout aussi attendus, les Allemands de The Notwist ont également fait l’actualité avec « The Devil, You + Me », le très attendu successeur du superbe « Neon Golden ». Passé la mauvaise première impression, l’album s’est finalement révélé plutôt réussi, rehaussé par une performance live de haute volée à la Route du Rock de St Malo. C’est également par le live que les Islandais de Sigur Rós ont regagné mes faveurs après la relative déception de leur « Med sud i eyrum vid spilum endalaust ». Les Islandais explorent de nouveaux territoires et connaissant leur talent, il y à de fortes chances pour qu’ils fassent de nouveau mouche à l’avenir.

2008 aura donc sonné officiellement le glas de l’hydre texane à 2 têtes, Okkervil River/Shearwater. Jonathan Meiburg et Will Sheff, les 2 songwriters hors pair aux egos devenus trop gros pour cohabiter au sein du même groupe, se sont donc partagés leur progéniture. Okkervil River pour Sheff, Shearwater pour Meiburg. Toujours aussi prolifique, Okkervil River a sorti son 3ème album en 4 ans, recueil de chutes de « The Stage Names » sorti l’an passé. L’album regorge comme toujours de quelques pépites folk (Lost coastlines ; Starry stairs) mais dans le « duel » à distance que ce sont livrés les 2 texans, c’est bel et bien Meiburg qui gagne par 1 K et 2 O. « Rook »  est l’un de plus beaux albums de l’année, il n’y à pas grand-chose à redire à ça…même si je reste affectueusement plus attaché au précédent « Palo Santo », mon album de l’année 2006, qui m’avait fait découvrir le groupe et sa discographie.

Parmi les albums les plus attendus de l’année, « At Mount Zoomer » des géniaux Wolf Parade ne donnait pas sa part au chien, c’est bien là tout le problême. Comment ne serait ce qu’égaler un chef d’œuvre comme « Apologies to The Queen Mary » (mon album de l’année 2005), premier opus des Montréalais n’ayant pas eu la reconnaissance qu’il méritait. La réponse et simple en ce qui me concerne : impossible. Pourtant « At Mount Zoomer » ne manque pas de qualités (Language City ; Call It a Ritual ; Kissing The Beehive…) mais la déception, certes relative, fût au rendez-vous. Puisqu’on est au rayon déception, la palme revient sans hésitation au « Saturdays = Youth » de M83. Antony Gonzalez semble de moins en moins inspiré depuis le départ de Nicolas Fromageau, son compère des débuts au sein du duo antibois. Hormis en de très rares occasions (Graveyard Girl ; Kim and Jessie), le 4ème album de M83 enfonce un peu plus ce groupe dans une junk food pop qui plaît visiblement aux américains mais commence à me laisser sur ma faim.

Chouchou des médias depuis leurs débuts en 2004, les Américains de TV on The Radio ont confirmé que leur renommée était tout sauf un quelconque hasard ou de la « discrimination positive » chère à notre président. « Dear Science » est probablement l’album le plus abordable des New-Yorkais, le plus homogène aussi. Pas de titres à tomber par terre comme avait pu l’être Staring At The Sun et Wolf Like Me en leur temps mais le savoir-faire de Dave Sittek et Tunde Adebimpe atteint une fois de plus sa cible. Prolifiques parmi les prolifiques, Ben Gibbard et Chris Walla, les 2 têtes pensantes de Death Cab for Cutie, ont trouvé un moment dans leur agenda surchargé afin de donner vie à un nouveau rejeton de leur projet majeur. Plus sombre et plus introspectif que ses prédécesseurs, « Narrow Stairs » est une réponse cinglante à ceux qui avaient rangé un peu vite DCFC dans la case « pop commerciale », en témoigne le single I Will Possess Your Heart long de plus de 8 minutes, un vrai casse-tête pour les radios.

A noter également le retour de Weezer qui continue de faire varier le prisme des couleurs avec son « Red Album », l’électro-nerd « Made in the Dark » de Hotchip ou Bloc Party, annonçant à la surprise générale la sortie de leur troisième album, « Intimacy », qui plus est au format numérique, devançant le support physique de quelques semaines.

En cadeau, quelques uns des meilleurs titres de 2008 à télécharger pour ceux qui seraient passés à côté ou seraient partis habiter sur une autre planète en mp3 ou vidéo puisque le fichier archive a été deleté :

  • Wolf Parade – Language City [mp3]
  • Death Cab For Cutie – Cath (live) [vidéo]
  • Hot Chip – Ready For The Floor [mp3] [vidéo]
  • M83 – Kim and Jessie [mp3] [vidéo]
  • Okkervil River – Lost Coastlines [mp3] [vidéo]
  • Portishead – The Rip [mp3] [vidéo]
  • Shearwater – Rooks [vidéo]
  • Sigur Ros – Gobbledigook [mp3] live with Björk [vidéo]
  • The Notwist – Boneless [vidéo]
  • TV on The Radio – DLZ [mp3]
  • Weezer – Pork and Beans [mp3] [vidéo]


Les inévitables tops de fin d’année fleurissent un peu partout sur la toile et personnellement j’aime plutôt ça. Tout d’abord parce que ça signifie que l’on approche des fêtes de fin d’année et que c’est une période plutôt sympathique même si je n’écris plus ma lettre au Père Noël depuis…que celui-ci a refusé de faire rentrer Charlize Theron dans ma cheminée l’an passé.

Bref…je disais donc que je fais partie de ceux qui apprécient les tops de fin d’année, ce moment où l’on fait le bilan des dizaines, ou des centaines c’est selon, d’albums écoutés pendant l’année écoulée. On regarde avec attention les tops des collègues blogueurs, des webzines et autre presse spécialisée. On est forcément pas d’accord avec ce qui y est écrit, on peste sur tel ou tel artiste placé en 14ème position alors que merde il est beaucoup mieux que celui qui est en 11ème, faudrait voir à pas déconner quand même !!!! Bref…c’est totalement futile donc complètement indispensable. En tous cas on prend un vrai plaisir à le faire.

Pour changer un petit peu de la routine, j’ai décidé de revenir plus en détails sur ce qui a marqué l’année (mon année) musicale 2008. Cependant, je rassure mes milliards de lecteurs (comment ça je trafique mes stats ?), je posterais également un top-albums-qu’il-est-bien.

Que retenir de l’année 2008 ? La crise ? oui, bon, je voulais dire au niveau musical. La crise ? oui enfin c’est pas nouveau non plus. Le support « physique » (comprendre CD, vynil…) est de plus en plus rattrapé par le support « numérique » (comprendre mp3…), ya qu’à voir le nombre d’artistes ayant choisi de sortir leur album d’abord en téléchargement puis quelques mois plus tard en CD. Les milieux autorisés s’autorisent à penser que le format « album » a lui aussi du plomb dans l’aile par rapport au format « single »…Pas vraiment convaincu par ce débat là.

De 2008, je retiendrais bien évidemment quelques noms qui ont fait l’actualité, à plus ou moins grande échelle, à tort ou à raison… Je vous propose donc de revenir sur les groupes qui ont pour moi marqué de leur empreinte cette année 2008, sans aucune prétention de vous apprendre quoi que ce soit ou de vous faire découvrir qui que ce soit, mais seulement la volonté de vous faire partager ma passion. C’est déjà pas mal non ?

Dans le post précédent, j’évoquais brièvement le concert de Daniel Johnston auquel j’ai eu la chance d’assister la veille de mon départ pour le Népal. Personnage absolument fascinant, naviguant à vue entre folie et génie, maniaco-dépressif aux rêves de grandeur, drôle et touchant, autant de facettes réunies dans dans le corps de cet adulte de 49 ans à l’âme d’enfant. Pour mieux cerner le personnage, rien ne vaut le film « The Devil and Daniel Johnston« , réalisé par Jeff Feuerzig et primé à Sundance.

Né en 1961, Daniel Johnston s’avère très vite un enfant précoce, une sorte de petit génie touche-à-tout qui fait l’admiration de ses parents. Il développe très tôt ses talents pour le dessin et la musique (piano). Adolescent, il enregistre tout sur k7, des chansons folk lo-fi et de violentes disputes avec ses parents, lui reprochant son oisiveté et de ne pas être un bon chrétien. Il s’enfuit alors à Austin où il fréquente la scène indie locale, ce qui lui permet d’apparaître lors de l’enregistrement d’une émission de MTV au milieu des 80’s.  On y voit un adolescent timide, rongé par le désir de réussir, un brin autiste, distribuant à tour de bras ses k7 dont le fameux « Hi, How Are You? ». Devenu une célébrité locale, il commence à susciter l’intérêt des labels indés US. Son idylle platonique avec une musicienne du groupe Glass Eye terminée, Johnston sombre peu à peu dans l’ecstasy, réveillant peu à peu son côté sombre.

En plein délires paranoïaques, de plus en plus dépressif et atteint de crises de démences passagères, il finit par agresser son manager à coup de barres de fer puis défenestre une vieille dame « poursuivie par le démon ». D’abord interné en hopital psychiatrique puis de retour chez ses parents, Daniel Johnston est devenu un zombie assommé par les médicaments. Ces évènements n’entament en rien sa popularité grandissante. Sonic Youth et Kurt Cobain ne jurent que par lui, ce dernier s’affichant sans cesse avec un t-shirt à l’effigie du « Hi, How Are You? ». Désormais plus en chair qu’en os, Daniel Johnston sort de sa torpeur et recommence à donner des concerts, prenant soin de stopper son traitement quelques jours avants ses représentations afin de garder un peu de folie pour son auditoire.

Les rechutes sont nombreuses et Daniel Johnston frôle la mort de près lorsque après un concert, alors qu’il rentre en avion privé avec son père, il arrache les commandes à celui-ci car il se prend pour Casper le fantôme, un de ses héros pour lequel il a écrit une chanson. L’avion s’écrase dans un bosquet d’arbres. Daniel Johnston et son père sont miraculeusement indemnes. Retour à la case internement. Au début des années 2000, le bonhomme refait surface. Désormais installé avec ses parents à Waller,Texas, il parcourt le monde avec son groupe, interprétant à la guitare ou au piano une partie de son gigantesque répertoire.

Le trailer du film :

De retour…après 1 mois loin de l’Hexagone et un peu plus loin de ce blog. La faute à mon dernier post sur TV On The Radio qui n’a apparement pas plu à leur maison de disques. Le dit post a été purement et simplement supprimé (récupéré depuis mais épuré des mp3 et de la vidéo) et l’accés à mon blog restreint. J’ai du mal à comprendre, moins sur le fond (encore que…) que sur la forme. Apparement je ne serais pas le seul à être tombé dans les filets de la DMCA (non, pas les Village People !!) puisque Erwan et Mr Meuble avait eu les mêmes problêmes sur des posts concernant, je vous le donne en mille… TV On The Radio.

Bref, je disais donc de retour dans l’Hexagone après 1 mois au Népal dont 3 semaines autour des Annapurnas, le passage du plus haut col du monde (Thorung La pass à 5416m d’altitude), une intoxication alimentaire/tourista (Olé), un safari à dos d’éléphant, la découverte de la vallée de Katmandou…et des bagages perdus entre Katmandou, Abou Dhabi et Paris, puis retrouvés. Pas mal de photos, un film aussi qu’il faut que je monte, des souvenirs plein la tête et des mollets qui ont doublé de volume.

Pas mal de choses m’ont manqué pendant ce mois loin de mes bases mais la musique est certainement celle qui remporte la palme. Pas eu le temps de parler des concerts de Le Loup + The Walkmen et de Daniel Johnston auxquels j’ai assisté avant de partir, pourtant excellents, que déjà je me replonge dans les nouveautés et dans le retard accumulé. La suite dans le prochain numéro, à moins que la DMCA n’ait quelque chose à reprocher à ce post…