Dans le post précédent, j’évoquais brièvement le concert de Daniel Johnston auquel j’ai eu la chance d’assister la veille de mon départ pour le Népal. Personnage absolument fascinant, naviguant à vue entre folie et génie, maniaco-dépressif aux rêves de grandeur, drôle et touchant, autant de facettes réunies dans dans le corps de cet adulte de 49 ans à l’âme d’enfant. Pour mieux cerner le personnage, rien ne vaut le film « The Devil and Daniel Johnston« , réalisé par Jeff Feuerzig et primé à Sundance.

Né en 1961, Daniel Johnston s’avère très vite un enfant précoce, une sorte de petit génie touche-à-tout qui fait l’admiration de ses parents. Il développe très tôt ses talents pour le dessin et la musique (piano). Adolescent, il enregistre tout sur k7, des chansons folk lo-fi et de violentes disputes avec ses parents, lui reprochant son oisiveté et de ne pas être un bon chrétien. Il s’enfuit alors à Austin où il fréquente la scène indie locale, ce qui lui permet d’apparaître lors de l’enregistrement d’une émission de MTV au milieu des 80’s.  On y voit un adolescent timide, rongé par le désir de réussir, un brin autiste, distribuant à tour de bras ses k7 dont le fameux « Hi, How Are You? ». Devenu une célébrité locale, il commence à susciter l’intérêt des labels indés US. Son idylle platonique avec une musicienne du groupe Glass Eye terminée, Johnston sombre peu à peu dans l’ecstasy, réveillant peu à peu son côté sombre.

En plein délires paranoïaques, de plus en plus dépressif et atteint de crises de démences passagères, il finit par agresser son manager à coup de barres de fer puis défenestre une vieille dame « poursuivie par le démon ». D’abord interné en hopital psychiatrique puis de retour chez ses parents, Daniel Johnston est devenu un zombie assommé par les médicaments. Ces évènements n’entament en rien sa popularité grandissante. Sonic Youth et Kurt Cobain ne jurent que par lui, ce dernier s’affichant sans cesse avec un t-shirt à l’effigie du « Hi, How Are You? ». Désormais plus en chair qu’en os, Daniel Johnston sort de sa torpeur et recommence à donner des concerts, prenant soin de stopper son traitement quelques jours avants ses représentations afin de garder un peu de folie pour son auditoire.

Les rechutes sont nombreuses et Daniel Johnston frôle la mort de près lorsque après un concert, alors qu’il rentre en avion privé avec son père, il arrache les commandes à celui-ci car il se prend pour Casper le fantôme, un de ses héros pour lequel il a écrit une chanson. L’avion s’écrase dans un bosquet d’arbres. Daniel Johnston et son père sont miraculeusement indemnes. Retour à la case internement. Au début des années 2000, le bonhomme refait surface. Désormais installé avec ses parents à Waller,Texas, il parcourt le monde avec son groupe, interprétant à la guitare ou au piano une partie de son gigantesque répertoire.

Le trailer du film :

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