Il y a deux ans, le second album de Malajube débarquait dans l’hexagone peu avant l’été, 8 mois après sa sortie officielle, et faisait souffler un agréable vent de fraîcheur sur le rock indé dans la langue de Molière grâce à des titres tel que Montréal -40°C. Preuve du succès rencontré par les Montréalais chez leurs cousins français, le nouvel album intitulé « Labyrinthes » ne s’est pas (trop) perdu pendant sa traversée de l’Atlantique et débarque seulement 4 mois après sa sortie officielle. Si créer la surprise est monnaie courante, confirmer a toujours été pour de nombreux groupes un sacerdoce et bien souvent un chemin de croix. On ne compte plus les crucifiés sur l’autel de la gloire après un album de moindre qualité faisant suite à un gros succès commercial.

Le vocabulaire religieux fait plutôt bon ménage avec celui du rock, cela tombe bien car au Québec l’imagerie religieuse (catholique) est depuis longtemps rentré dans le vocabulaire courant, jusque dans le langage châtié. Rassurez-vous, les ptits gars de Malajube sont des gens polis et il n’est pas question avec eux de blasphèmes et autres jurons. « Labyrinthes » est par contre marqué par cette imagerie religieuse comme l’illustre Ursuline, le titre d’ouverture de plus de 6 minutes. Si les vierges de sainte Ursule sont le terreau du texte de Julien Mineau, la musique n’a elle rien à voir avec celle des petits chanteurs à la croix de bois. On devine dès l’écoute de ce premier titre le pourquoi du choix du mot labyrinthe pour évoquer les titres de ce troisième album. Là où « Trompe l’oeil » commençait par l’efficacité simple et directe d’un Montréal -40°C, « Labyrinthes » dévoile un Ursuline tout en mélodies chausses-trappes, avec un final prog-rock, le tout noyé sous un brouhaha sonore.

Les voix notamment sont sous-mixées, on distingue de ce fait assez mal les paroles de Julien Mineau et ses textes croustillants. On a tôt fait de se perdre lors des premières écoutes un peu déroutantes de ce nouvel album de Malajube. Passé cette première impression, on se laisse entraîner dans le dédale des compositions des Montréalais. Du single Porté Disparu, qui n’aurait pas dépareillé sur « Trompe L’Oeil« , à Christobald, titre de clôture de ce « Labyrinthes » qui lorgne franchement du côté du post-rock et du rock progressif, en passant par Hérésie, respiration pop d’1mn 40, on parvient à apprécier et à retrouver par instants ce qui nous avait séduit chez les québécois. Pensez tout de même à vous munir d’une poignée de petits cailloux si vous voulez retrouver le chemin de la sortie…

MalajubePorté Disparu

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