mai 2009


Après le décevant concert de Bat For Lashes hier soir, sur lequel je reviendrais peut-être quand j’aurais un peu de temps, place à 3 jours de folie à Barcelone pour le festival Primavera.

Départ ce matin dans la grisaille parisienne et arrivée vers 11h30 à Barcelone sous un soleil de plomb. La météo espagnole est aussi incompétente que la nôtre puisqu’elle annonçait 18ºC et il en fait juste 10 de plus. Dans ce sens là bizarrement ça me va bien. Au moment de récupérer mes bagages, je constate que Thomas Mars est a côté de moi, de même que les autres membres de Phoenix, au programme du festival ce soir vers 23h. J’hésite a aller lui glisser un petit mot sur le concert de lundi et puis finalement je m’abstiens. Direction le centre-ville dans le RER local, luxueux et climatisé. Pareil pour le métro.

Quelques supporters barcelonais sont présents avec moi dans le train, en provenance de Rome, les yeux encore plein de confettis et des paillettes entre les dents. Toute la ville est aux couleurs du Barca, les drapeaux du club et les couleurs de la Catalogne fleurissent aux fenêtres. La fierté Catalane n’est pas un vain mot. En meme temps, s’ils ne sont pas fiers de leur club aujourd’hui, quand le seront ils ?

Voila, il est 14h30, autant dire l’heure d’aller manger en Espagne. Ce soir début des festivités avec Phoenix, My Bloody Valentine, Yo La Tengo, Aphex Twin, The Horrors, The Tallest Man On Earth, Bowerbirds, Andrew Bird, Ponytail…

Hasta luego !!

Double actualité pour les Versaillais de Phoenix ce 25 mai puisque parallèlement à la sortie de leur nouvel album « Wolfgang Amadeus Phoenix« ,  le quatuor se produisait sur la scène parisienne de la Cigale. Conséquence d’une journée particulièrement estivale sur la capitale, la chaleur est étouffante dans la salle dès l’ouverture des portes. On patiente avec l’excellent « Antidotes » de Foals en fond sonore jusqu’à l’arrivée des Bordelais d’Adam Kesher.

 Je n’avais pas gardé un souvenir mémorable de la prestation d’Adam Kesher l’été dernier à la Route du Rock, un peu à cause de l’heure tardive, beaucoup à cause de la pluie qui nous glaçait les os. Est-ce le changement radical de température ou bien les progrès réalisés par le groupe bordelais, toujours est il que leur prestation sur la scène de la Cigale me parût beaucoup plus convaincante que celle au fort de Saint-Père. Nerveux et dansant, le post-punk d’Adam Kesher se révèle particulièrement efficace, à commencer par l’introductif Local Girl, présent sur « Heading For The Hills, Feeling Warm Inside« , le premier album des Bordelais. Le groupe nous gratifie également de quelques nouveaux titres présents sur leur « Continent EP » dont l’excellent Hanging Around, qui mélange habilement Cure et New Order. Une excellente mise en jambes.

Après une 1/2h qui semble une éternité dans la fournaise de la Cigale, les lumières s’éteignent enfin pour laisser la place aux Phoenix en formation live, c’est-à-dire accompagné par Rob au clavier et Thomas Hedlund à la batterie. L’assistance rugit de plaisir lorsque résonnent les premières notes de Lisztomania, le premier single de leur nouvel album, assurément l’un des tubes de l’année en cours. Thomas Hedlund se montre particulièrement impressionnant derrière ses fûts, lui qui officie également dans le groupe de post-hardcore suedois Cult of Luna. Si les titres de « Wolfgang Amadeus Phoenix » se taillent évidemment la plus grosse part du gâteau (1901 ; Lasso ; Girlfriend…), les albums précédents des Versaillais ne sont pas oubliés, pour le plus grand plaisir d’un public tout acquis à leur cause. Il faut dire que le groupe a fait du chemin depuis « United » et a accumulé les tubes comme d’autres enfilent les perles. C’est bien simple, chaque titre ou presque est un tube et provoque cris de joie et acclamations. Long Distance Call ; Too Young ;If I Ever Feel Better ; Everything is Everything; Rally ; Consolation Prizes…tout y passe ou presque. Thomas Mars et ses acolytes ne sont certes pas très communicatifs ou très bavards entre les morceaux mais les sourires qui inondent leurs visages suffisent à imaginer qu’ils sont ravis voire un peu intimidés par l’accueil du public de la Cigale. Au bout d’une heure, le groupe quitte la scène après avoir longuement remercié le public, puis revient pour 2 titres dont un Rome/Napoleon Says interprété en partie dans la fosse par Thomas Mars, conclusion d’une excellente prestation de l’un des rares groupes français à pouvoir rivaliser sur la scène internationale.

Adam Kesher on Myspace.

Phoenix on Myspace.

Musicien/Comédien, le mélange des genres n’est pas récent, de David Bowie à Beyonce en passant par Chan Marshall, Will Oldham, Scarlett Johansson ou… Benabar. Jason Schwartzman n’est pour l’instant pas un acteur très connu, même si sa performance en Louis XVI dans le « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola ou plus récemment dans « A Bord du Darjeeling Limited » de Wes Anderson, dont il est un des acteurs fétiches, l’ont fait connaître auprès d’un plus large public. Membre de la fratrie Coppola (neveu de Francis), Schwartzman a pourtant commencé par la musique avant de se faire une place au cinéma. Batteur du groupe Phantom Planet (auquel il fait référence sur le titre Drummer ici présent), qu’il quitta au moment où sa carrière cinématographique décolla, il décida de créer Coconut Records en 2007, un projet solo qui lui laisserait toute latitude pour gérer de front ses 2 carrières.

Après un premier album, « Nighttiming« , remarqué, grâce notamment au single West Coast, Jason Schwartzman est de retour avec « Davy », deuxième opus des aventures de Coconut Records. En 10 titres et 28 petites minutes, Schwartzman nous invite à une ballade en décapotable sur la côte californienne, lunettes noires sur la tête et soleil haut dans le ciel. Influencé par la pop 60’s (Beatles), il a composé des mélodies pop aussi simplistes qu’efficaces, ici à la guitare acoustique (Microphone ; Wandering Around), là au piano (Any Fun ; Saint Jerome). Loin d’être le passe-temps d’un gosse de riche gâté, Coconut Records est un projet musical à part entière qui vaut le détour. Si par malheur sa carrière cinématographique venait à battre de l’aile, Jason Schwartzman pourrait toujours se consacrer à temps plein à ses premières amours, elles n’ont pas pris une ride.

Coconut Records on Myspace.

Coconut Records Microphone [mp3]

Coconut RecordsWires [mp3]

Suite de l’interview de Sébastien Schuller avec une seconde partie où il est question du nouvel album « Evenfall« , d’Arcade Fire, de Panda Bear, de téléchargement et toujours de jet-lag...

Parlons maintenant du nouvel album, comment s’est passé son enregistrement ? Je crois qu’il y a eu quelques collaborations ?
Il y a des parties que j’ai pu enregistrer chez moi, entre mes 2 lieux d’habitation. Sinon, on a fait un séjour d’une dizaine de jours à La Fresnes dans un studio de la région parisienne puis après on a fait quelques prises ici et là. J’ai enregistré aussi une batterie à Philadelphie, dans un petit studio de répète, où je partais avec mes bandes sous le bras pour faire quelques prises et améliorer mes démos. Après, il y a une participation de Bell Orchestre. C’était dans le cadre d’une compilation « Cadavre Exquis » qui va sortir l’année prochaine. J’ai récupéré une partie de violon et je pouvais en faire ce que je voulais. J’en ai fait un morceau, j’ai totalement découpé la partie, j’ai recréé des harmonies et des arrangements autour.

C’est quel morceau ?
C’est le morceau Open Organ. Après j’ai vu le musicien (Richard Reed Parry) à l’un des concerts d’Arcade Fire et je lui ai demandé si ça le dérangeait pas que je garde le morceau pour mon disque. Du coup comme il l’aimait bien, il m’a laissé l’autorisation pour l’utiliser comme ça ne ressemblait plus trop à l’original. Il y aura une version de ce morceau, dans sa version originale, qui risque de se retrouver sur l’album de Bell Orchestre. Je suis très curieux d’entendre ça parce que je ne l’ai pas écouté encore.

« Evenfall » était très attendu par la presse et le public après le succès de « Happiness ». Comment as tu vécu cette attente et l’as tu ressenti ?
Oui, oui, je l’ai ressenti. J’ai été agréablement touché par pleins de témoignages autour d’ »Happiness », par pas mal de mots aussi, envoyés via internet, qui attendaient le nouvel album, impatiemment. Forcément, d’une certaine manière, on sent qu’on est attendu. Après, mon envie musicale reste très personnelle. Si ça plaît derrière tant mieux mais ma démarche est personnelle dans le sens où j’essaie de faire évoluer ma musique, de ne pas me répéter, de me surprendre moi-même et d’aller dans des terrains qui peuvent être un peu différents de ce que j’ai pu faire auparavant. Forcément, on s’attend aussi à ce que le public se divise, peut être, dans la poursuite de tes nouveaux projets, dans le sens où il y a des gens qui veulent toujours écouter la même chose et d’autres qui vont te suivre dans l’évolution de ta musique. En tout cas ce n’est pas une peur, la preuve en est, c’est que ça n’a rien changé à ma composition. Il faut que je sois content de mes titres, j’ai réussi à faire ce que je voulais faire ou en tout cas ce que j’avais en tête. Après, si ça plaît tant mieux, si ça plaît pas c’est dommage mais peut être que la suite plairat.

J’ai lu quelque part que le monde de l’enfance était une des grandes inspirations de ton précédent album, quelles sont celles de « Evenfall » ?

Je ne sais pas si c’était une inspiration de « Happiness », j’arrive plus à me rappeler de mes propres inspirations (rires). Je sais que ça a été appuyé par la pochette de « Happiness », mais c’est possible que j’en ai parlé. En tout cas on m’avait souvent interrogé là-dessus et je pense que ça doit être présent d’une manière ou d’une autre car je puise souvent dans ma propre enfance. J’aime bien regarder en arrière et essayer d’analyser ce qui a fait que je suis devenu cette personne là…mais je pense que tout le monde fait cette démarche là.
« Happiness » était lié à une vie plutôt mélancolique et à pas mal de tristesse…alors que mon point de départ sur « Evenfall » c’est que ma vie avait changée, il y avait des émotions différentes que j’avais envie de véhiculer même si j’aurais toujours une certaine mélancolie en moi. Je ne sais pas si elle me vient de ma banlieue ou pas, j’ai l’impression que les gens de banlieue ont une certaine mélancolie plus prononcée, c’est quelque chose que j’ai remarqué. Là j’avais envie d’autre chose, un peu plus d’ouverture, envie de donner plus de rythme aux morceaux, donc ça partait sur des sentiments différents qui reflétaient la vie que je menais.

Ce qui m’a le plus surpris à l’écoute du nouvel album, c’est le changement sur ta voix. On a dû beaucoup te le dire…
Non, on me l’a pas autant dit que ça.

Tu étais dans les aigus sur « Happiness » alors que là tu as une voix plus naturelle. Pourquoi ce choix ?
Ça dépend des morceaux, il y a encore des morceaux qui sont chantés dans l’aigu parfois mais c’est vrai qu’il y a plus de passages de voix naturelle. Ce n’est pas du tout calculé, c’est juste les morceaux qui à un moment donné, quand tu recherches des mélodies, font que tu tombes dans un timbre qui est différent…mais c’était pas du tout prémédité.

De même la tonalité de l’album est moins électro que précédemment, plus organique, avec l’utilisation de nouveaux instruments. Open Organ est par exemple un morceau très fouillé, travaillé, avec des cordes, des cuivres…Est ce vers cette direction que tu souhaites aller pour la suite ?
Oui on a d’ailleurs du mal à les reconnaître car ils sont triturés dans tous les sens. Au départ j’avais envie d’enregistrer des instruments un peu différents, genre des cuivres, que je n’avais jamais réellement utilisé dans ma musique. Il y a toute la première partie de l’album qui reflète ces essais mais malgré tout on retrouve des cuivres et des vents jusqu’à la fin de l’album puisque le dernier morceau, High Green Grass, a des clarinettes à un moment donné. Le fait de m’être retrouvé entre 2 pays, je n’avais pas forcément tous mes instruments avec moi donc parfois je commençais les morceaux au piano et naturellement j’avais tendance à jouer les morceaux un peu plus « live » chez moi. C’est dommage je n’avais pas les micros pour enregistrer les premières prises mais j’ai eu pas mal de morceaux qui sont venus de manière un peu instinctive comme ça. Après j’ai arrangé les morceaux en mettant un peu d’électronique quand même, j’ai acheté un sampler…

En live, tu as prévu d’avoir des cordes avec toi ?
Ce ne sera pas sur tous les concerts, sinon on sera trop nombreux à se déplacer et ce n’est pas toujours possible hélas…mais pour la Cigale (le 18 juin) c’est fort possible qu’il y ait plus d’instrumentistes.

Cet album respire une forme de maturité artistique, c’est encore plus flagrant quand on réécoute « Happiness » qui fait pour le coup vraiment premier album. Est ce que c’est aussi ton opinion ?
J’ai pas encore forcément assez de recul car j’en sors depuis vraiment très peu de temps et j’ai beaucoup, beaucoup écouté les titres…quand tu as passé beaucoup de temps sur un disque, tu prends plus de recul en le réécoutant un peu par hasard, en te faisant surprendre…mais j’ai l’impression que j’ai évolué sur certaines choses, que je me suis ouvert aussi à un autre pan de possibilités d’arrangements et même dans les compositions j’ai essayé un peu plus de choses dans des transitions et dans des ponts pour essayer de sortir un peu du format « classique ». J’ai eu un peu de tout en premier retour sur l’album, il y a des gens qui ont été tellement accrocs à « Happiness » qu’ils ont du mal à faire la transition…d’autres qui sentent vraiment une certaine maturité arriver…moi je n’ai pas encore assez de recul.

La magnifique pochette est signée Agnès Montgomery, dont on avait déjà pu apprécier les travaux sur le « Person Pitch » de Panda Bear. Comment as tu rencontré cette artiste ?
En fait c’est ma femme (rires).

Je crois que ça répond à ma question (rires). Est ce que c’est une commande spéciale ou bien tu as pioché dans son répertoire ?
Elle l’a fait spécialement pour « Evenfall », elle a vraiment participé à tout le processus de l’enregistrement. Je lui ai fait écouter les titres, leur évolution et dans sa manière de travailler elle aime bien passer du temps avec un album, l’écouter et rentrer vraiment dedans pour en faire des collages. Elle avait fait le même travail pour l’album de Noah (Lennox), Panda Bear, elle avait écouté l’album pendant 6 mois…Elle a fait de même pour « Evenfall » et m’a aidé dans l’évolution des morceaux, moi je l’ai aidé dans l’évolution des collages et je suis très content du résultat.

Est ce que tu es connu sur le marché américain ?
« Happiness » est sorti là-bas mais ça n’a pas dépassé les 2000 ventes, l’exposition était vraiment ridicule, je pense pas que le label ait fait le meilleur boulot possible…Par contre il y a quand même eu un peu de buzz autour et via internet les choses rebondissent très rapidement, les gens se forwardent les morceaux et se font écouter de la musique. Pendant ces 3 ans j’ai reçu beaucoup de messages de partout dans le monde et notamment des Etats-Unis..et je sais qu’il y a une certaine attente là-bas aussi mais je ne sais pas si ces personnes là vont télécharger mon nouvel album ou vont l’acheter si jamais il sort aux Etats-Unis sur un label.

La transition est toute trouvée, merci (rires). On parle beaucoup actuellement de la loi HADOPI sur le téléchargement, penses tu que placer le problême du côté de la loi va résoudre la crise du disque ? Ne faudrait il pas essayer d’apprivoiser les nouveaux modes de consommation de la musique (support numérique au détriment du support physique) plutôt que vouloir faire rentrer ces nouveaux consommateurs dans un moule pas fait pour eux ?

Je n’ai pas lu le texte de loi donc je n’ai pas toute la connaissance sur la loi…Je pense que le téléchargement aide à la diffusion et à la découverte, c’est intéressant car tu peux être écouté par un plus grand nombre de personnes. Après, hélas, ça va plus toucher les petits labels ou les artistes qui débutent, si le nombre de ventes diminuent réellement, ça va refroidir certains investisseurs pour des tournées ou quelconques dépenses…Le problême du système c’est qu’il n’y a plus vraiment de baromètre pour vérifier l’intérêt potentiel de travailler avec un artiste à partir du moment où les ventes diminuent. Pour moi c’est le réel problême du téléchargement, le fait que les petits labels et les groupes auront moins de moyens pour faire quelque chose. Après, le téléchargement des gros trucs, j’ai l’impression que c’est moins pénalisant, il y a toujours moyen de se rattraper via les concerts. Si il y avait un choix en dehors de la loi, il faut télécharger ce qui sort des grosse majors (rires) et acheter des vinyles chez les petits disquaires ou directement aux artistes. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens qui agissent comme ça car on m’a dit que malgré la crise du disque, il y avait jamais eu autant de petits disquaires qui avaient ouvert ou rouvert leurs portes sur Paris. Je le vois comme un signe un peu positif, un signe d’espoir. On est dans un mutation totale et quoi qu’il arrive il faut la suivre, ne pas la réprimander de cette manière là.

Si tu en avais la possibilité, quelle question poserais tu à Sébastien Schuller ?
Qu’est ce que tu veux faire ce soir ? (rires) Qu’est ce que tu fais après les interviews ?

Et qu’est ce qu’il répondrait ?
Je vais me reposer et essayer de récupérer de mon jet-lag que je traîne depuis 2 jours (rires).

J’en avais parlé ici brièvement il y a quelque temps, j’ai eu la chance de faire il y a peu l’interview de Sébastien Schuller, un artiste que j’adore. C’était ma première interview en face à face, pas que je n’aime pas l’exercice mais parce que toujours délicat à caser dans les emplois du temps respectifs. Je vous réserve donc la primeur du début de cet interview qui sera visible dès demain sur Indiepoprock.net.

[EDIT] : la suite de l’interview dans le post suivant.

Bonjour Sébastien, merci de nous recevoir. Première question, comment vas tu ?

Ca va (rires).

Quel est le sentiment qui prédomine lorsque débute la promo d’un album et le fait de se retrouver sous les feux des projecteurs après 4 ans d’absence ?

C’est toujours un peu bizarre, j’ai l’impression de toute façon que je ne m’y étais pas spécialement habitué la première fois. En même temps tu as un travail supplémentaire à faire pour essayer de faire découvrir le disque au plus grand nombre donc il faut passer par là et puis des fois ça fait des rencontres agréables avec les personnes qui t’interviewent. Je ne suis pas totalement fermé à ça du tout, la preuve je le fais.

« Happiness », c’était il y a de cela 4 ans, comment as tu occupé ton temps entre tes 2 albums ?

Déjà je me suis marié. Sur un plan personnel ça m’a pris du temps (rires), ça a été une chose importante dans ma vie. D’autre part, juste après la sortie de l’album, il y a eu un an où on a tourné et on a fait pas mal de concerts. Je me suis retrouvé assez épuisé après la fin de la tournée qui s’était enchaînée avec la sortie du disque. Dans la foulée, j’ai fait aussi 3 musiques de films qui sont venues compléter les moments de liberté. En 2007, je me suis remis à écrire des morceaux et en 2008 on a commencé à enregistrer des titres et j’ai passé à peu près un an à enregistrer l’album.

Est ce une volonté chez toi de prendre du temps avant d’enregistrer, de prendre le temps de réaliser des projets annexes à la musique ou bien c’est juste des circonstances?

Non, c’est juste des circonstances. Déjà le laps de temps qu’il y avait eu entre le premier EP et « Happiness », j’avais changé de maison de disques entre temps donc tu mets toujours du temps à retravailler avec une nouvelle maison de disques. J’avais déjà un album de prêt à la suite du EP mais entre-temps tu proposes d’autres morceaux et puis ton premier album, finalement, change et évolue. Cette fois-ci, c’était vraiment lié aux musiques de films que j’ai pu faire. Ça m’a pris 2 ans pour faire le nouvel album, ça paraît plus long vu de l’extérieur mais c’était pas si long que ça.

Tu vis désormais entre Philadelphie et Paris, est ce que cela a changé quelque chose à ta façon d’écrire ?

C’est une question qui revient souvent, c’est assez drôle mais c’est certainement normal. Je pense que ton environnement t’influence toujours d’une manière ou d’une autre donc à partir du moment ou tu en changes, tu découvres autre chose. Il y a certainement des morceaux dont l’essence est venue quand je me trouvais là-bas et qui étaient plus relatifs à mon travail sur Paris donc c’est vraiment un mélange entre les 2. Je me suis aussi parfois retrouvé déphasé avec ces voyages, dans un jet-lag un peu permanent sur pas mal de mois (rires).

Un petit mot sur l’instrumental New-York, est ce que celui-ci a été plus influencé que les autres par ta vie aux Etats-Unis ?

En fait j’aurais pu le faire de France aussi (rires) mais bon c’est vrai que le fait de passer du temps aux Etats-Unis, je me retrouvais un peu comme un immigrant là-bas. En découvrant New-York, la statue de la liberté…, d’un seul coup tu commences à avoir une images des premiers immigrants qui arrivaient dans des bateaux et qui découvraient New-York sous la brume. L’instrumental est une sorte de clin d’oeil à cette vision là.

Tu en as un petit peu parlé, tu as fait des musiques de films dont celle d’Un Jour d’Eté. Je voulais savoir si dans l’autre sens, le cinéma était une source d’inspiration pour ta musique ?

Totalement. Il y a beaucoup de films qui m’inspirent ou des musiques de films. Je passe beaucoup de temps à regarder des films, à aller au cinéma. J’aime énormément Paul Thomas Anderson, je suis vraiment admiratif de son travail aussi bien sur la musique que sur ses films. Je le trouve vraiment impressionnant parce qu’on a à peu près le même âge et il a déjà enchaîné 2-3 chefs d’oeuvre d’affilée.

Il a commencé avec Boogie Nights.

Ouais, Boogie Nights qui était déjà vraiment très bien, puis après il y a eu Punch-Drunck Love, Magnolia et There Will Be Blood. C’est quand même assez impressionnant dans la filmographie d’un réalisateur, surtout à cet âge là. La plupart du temps, j’ai l’impression, les réalisateurs ont besoin de temps pour vraiment bien maîtriser leur sujet, à part certains qui ont un coup de génie d’entrée avec un premier film. C’est d’autant plus impressionnant d’en enchaîner 4 magnifiques comme ça.

C’est vrai…Justement, cette relation privilégiée entre la musique et les images intervient jusque dans tes concerts puisque, pour avoir eu la chance d’assister à celui de la Cigale en 2005, tu utilises des petits films en Super 8 qui sont projetés pendant les morceaux. As tu prévu de faire la même chose pour la tournée à venir ?

C’est encore prévu en effet, j’avais adoré le travail qu’on avait pu faire avec François Lespes, le vidéaste avec qui j’ai écrit aussi la vidéo de Weepping Willow. Quand j’ai commencé à faire mes premiers concerts sur Paris, il faisait déjà des projections tout en Super 8 sur des draps tendus derrière la scène. Maintenant c’est parfois du Super 8, parfois pas, mais il travaille le film comme si c’était du Super 8 en y rajoutant du bruit et du grain. Logiquement il va participer encore à quelques films suivant son temps libre pour qu’on projette ça pendant certains concerts.

Est-ce que quand il filme, c’est en ayant écouté ta musique ou bien vous essayez de les rapprocher par la suite ?

Non, il y a vraiment un travail commun. Sur le premier album et à la Cigale, il y avait des parties de vidéos qui lui étaient plus personnelles par rapport à son propre ressenti de la musique, et d’autres où soit je lui faisais part de ce que j’avais pu avoir en tête quand j’avais composé les titres ou à quoi ils se rapportaient le plus. Parfois, il tombait exactement juste, parfois il faisait des dérivés de ces ambiances là mais dans l’ensemble il y avait une véritable conversation entre nous, c’est pour ça que je pense que ses films ont plu.

Complètement. C’est ce que j’allais te dire, ça se mariait magnifiquement avec ta musique et je pense que j’étais pas le seul à le penser.

Bon je vais lui transmettre, il sera content (rires).

A suivre…

Les Canadiens de Metric peuvent dire un grand merci à Olivier Assayas pour leur participation au film « Clean » en 2004, véritable rampe de lancement d’une carrière qui tardait à décoller. Après un premier album (« Grown Up and Blown Away« ) jugé pas assez bon par leur maison de disques pour être commercialisé, erreur réparée il y à 2 ans pour profiter du succès du groupe, les Canadiens se sont fait connaître avec les tubes catchy de « Old World Underground« ;  et la fameuse apparition dans le film d’Assayas. Succès commercial confirmé en 2005 avec « Live It Out« , le troisième album du quatuor, décevant à l’exception de quelques singles efficaces.

Après 4 années consacrées à différents projets parallèles (album solo pour Emily Haines et tournée avec le collectif Broken Social Scene pour James Shaw), le quatuor a retrouvé le chemin des studios pour enregistrer les 10 titres de « Fantasies« . On doit dire que l’on craignait un peu que les Canadiens poursuivent dans le gros rock du précédent album et oublient de composer les mélodies dansantes qui ont fait leur succès. Premier constat, les synthétiseurs semblent rangés pour de bon au placard, les guitares saturées font désormais la loi et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour ceux qui appréciaient le son disco-rock des débuts. Les fans de Garbage seront, eux, aux anges tant la ressemblance entre les 2 groupes est ici présente.

On ne peut pas dire que ce « Fantasies » soit mauvais, on y trouve même son compte avec quelques titres efficaces (Satellite Mind ; Gold Gun Girls ou le single Gimme Sympathy). Le problème est plutôt que l’on sent le groupe dériver de plus en plus vers du pop-rock de stade, commercial et privilégiant l’efficacité. La fin de l’album avec Front Row et Stadium Love, deux titres qui ne dépareilleraient pas sur un album de Superbus, est un vrai supplice pour qui connaît et apprécie le talent d’Emily Haines. Un talent que la Canadienne ne semble exprimer désormais qu’au sein de ses projets parallèles et c’est bien dommage…

Metric Gimme Sympathy

Jusqu’à hier soir, j’avais beaucoup de mal à me joindre au concert de louanges suscité par « Heavy Ghost« , le premier album de DM Stith. Oui mais hier soir DM Stith ouvrait le bal des fabuleux Shearwater au Café de la Danse. Il y avait les fans Cécile + Erwan et les sceptiques Vran + moi. Les fans sont repartis plus fans que jamais et heureux possesseurs d’un EP qui ne sortira qu’en juillet. Les sceptiques sont repartis conquis, pas encore fans, mais avec beaucoup moins de réserves sur le talent du bonhomme, au demeurant fort sympathique. Ci-dessous la magnifique vidéo de BMB, un de mes morceaux préférés de l’album qui n’a malheureusement pas été joué hier soir.

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P. S : Erwan, tu avais raison pour Braid of Voices, le morceau me hante depuis hier…

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