mai 2009


S’il est un secteur pour lequel l’Islande ne connaît pas la crise, c’est bien celui de la musique. Je ne vous ferais pas l’affront d’énumérer ici la liste des artistes en provenance de l’île volcanique ces dernières années même si autant de talents sur un territoire aussi petit laisse forcément songeur. Songeur comme l’univers onirique dont les groupes islandais aiment à s’entourer, à imprégner leur musique, peut être à cause de leur isolement géographique ou bien du fait d’un paysage propice aux rêves et à l’évasion. Dernier-né de ces farfadets de la pop islandaise, Sin Fang Bous n’est pourtant pas un complet inconnu puisque derrière ce pseudo se cache Sindri Már Sigfússon, tête pensante des excellents Seabear.

De fait, a la première écoute de « Clangour« , on note quelques similitudes entre le projet solo de Sigfússon et celui qui l’avait fait connaître auprès du public indé. Cependant, là où Seabear privilégiait les mélodies boisées, Sin Fang Bous arpente des territoires moins organiques, des sentiers jalonnés de synthés aquatiques, jadis sillonnés par Caribou (Catch the Light), Animal Collective (Lies) et autre Panda Bear (Clangour and Flutes).

En bon Islandais qui se respecte, Sigfússon saupoudre ses mélodies d’une once de féérie grâce à des blips électro, des percussions et des choeurs aériens. Il flotte comme une douce volupté sur cet album, à l’image de la pop psyché de Carry Me Up To Smell Pine ou celle plus printannière de Sunken Ship et We Belong. Album riche et coloré à l’image de sa pochette, « Clangour »  est la confirmation que la créativité islandaise n’est pas que fantasme de journalistes et que l’on peut compter sur Sindri Már Sigfússon pour venir nous le rappeler dans le futur. Le plus souvent possible on l’espère.

Sin Fang BousClangour & Flutes

James Yuill a commencé par travailler pour les autres, promotion puis remix, avant de se décider à apparaître sous les feux des projecteurs, qui plus est en solo. Tiraillé entre le folk et l’electro, James Yuill a décidé…de ne pas choisir et de mélanger guitare et laptop. Si les influences avouées du bonhomme sont plutôt à chercher du côté de Radiohead époque « Kid A », Nick Drake ou Aphex Twin, c’est aux éphémères The Postal Service, à Tunng ou encore aux Allemands de The Notwist que l’on pense à l’écoute de son premier album. On y trouve quelques pépites de folktronica, tantôt mélancoliques (Left Handed Girl ; This Sweet Love ; The Ghost), tantôt plus dansantes (No Surprise ; No Pins Allowed). Un premier album plein de classe et d’élégance qui en appelle forcément d’autres.

James Yuill This Sweet Love

James Yuill No surprise

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