Les premiers concerts intéressants, en ce qui me concerne, ne commençant pas avant 20h45, je passe mon après-midi dans les Ramblas et notamment la rue des disquaires. J’arrive ensuite au bout de la Rambla, au pied de la statue de Colomb, l’index tendu en direction de ses Amériques. La foule commence à affluer de partout, maillot du Barça sur le dos, pour fêter les héros de la veille, leurs Christophe Colomb à eux qui s’appellent Samuel Eto’o, Lionel Messi ou Andres Iniesta. Petite ballade dans le port puis retour à l’auberge de jeunesse et direction le Parc del Forum.

Le site est superbe, adossé à la mer. 5 scènes pas trop éloignées les unes des autres, un coin restauration avec des tables, des buvettes et toilettes un peu partout, une organisation presque sans failles. Direction la scène Pitchfork pour le set de The Tallest Man on Earth dont je vous avais parlé ici. Le célèbre site musical US a donc une scène à son nom sur laquelle vont défiler pendant 3 jours de jeunes pousses (pour la plupart) indie du monde entier, enfin si l’on réduit le monde aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Kristian Matsson est un des rares non-représentants anglo-saxons puisqu’il est Suédois. Seul sur scène avec sa guitare, il subjugue un auditoire encore maigre mais connaisseur. Mention spéciale à Where Do My Bluebirds Fly, l’une des plus belles pépites de son premier album, « Shallow Grave« . Direction la plus grande scène du festival, la scène Estrella Damm du nom d’une célèbre bière locale, preuve que la guerre économique fait rage entre les festivals et notamment en Espagne avec également le Festival de Benicassim sponsorisé lui par…Heineken. Le droit d’aînesse a repoussé les jeunes pousses sur les scène annexes et laisse la place libre pendant ces 3 jours aux vieilles gloires. C’est le cas de Yo La Tengo, 25 années au compteur avec ses hauts et ses bas, qui reçoit un bel accueil du public espagnol, pas insensible à la pop du trio américain et certainement un peu au nom hispanique choisi par le groupe. Le premier titre est un déluge sonique de plus de 10 minutes que l’on a également l’habitude d’entendre chez Sonic Youth ou My Bloody Valentine, autres glorieux anciens au line-up du festival. Le groupe a toujours cultivé l’ambivalence entre son amour pour les ballades pop et les titres plus noisy. Le set fait ainsi la part belle aux multiples facettes d’un groupe qui a d’ores et déjà marqué de son empreinte l’histoire de la musique indé.

Retour sur la scène Pitchfork pour voir la fin du set de Bowerbirds et notamment l’excellente In Our Talons, dont les « tititi tititi titititi » sont repris en chœur par les festivaliers. Seul groupe français à avoir les honneurs de la programmation, Phoenix est l’une des têtes d’affiche de cette première soirée. Les Versaillais se produisent sur la scène Rockdelux, la deuxième plus grande du festival, adossée à la mer et qui a des airs d’arênes romaines avec ses gradins en pierre. Lisztomania enflamme le public dès les premières notes. Le groupe fait la part belle aux titres de leur nouvel album « Wolfgang Amadeus Phoenix« , sans oublier les tubes plus anciens de leur répertoire et notamment ceux de leur premier album « United » (TooYoung ; If I Ever Feel Better et Funky Squaredance). Love Like a Sunset, placé en milieu de set, marque une respiration bienvenue pour Thomas Mars qui laisse ses compères s’ échiner sur leurs instruments avant de reprendre le flambeau sur la fin du morceau. Comme lors de leur récent et excellent concert parisien, c’est avec Rome que les Versaillais clôturent un set une nouvelle fois irréprochable. Il est minuit passé de 20 minutes sur Barcelone et l’évènement de la soirée est annoncée sur la grande scène, le concert de My Bloody Valentine. Si certains ont eu la possibilité de voir l’emblématique groupe anglais des 90’s l’an passé lors de leur tournée de reformation, nombreux sont ceux qui rêvent de voir en chair et en os Kevin Shields et sa bande. Malheureusement MBV n’a jamais été réputé pour être un groupe de scène. La faute à un Kevin Shields, sourd comme un pot, qui ne tolère pas que son groupe ne puisse jouer le plus fort possible, ce qui entraîne souvent certains problèmes avec les salles de concert (le Zénith l’an passé). Le festival ayant lieu en plein air, Shields a décidé de jouer encore plus fort que d’habitude !! Impossible de tenir à moins de 50m de la scène sans boules quiès. Ce déluge sonore se fait évidemment au détriment des voix que l’on entend à peine (« Ah bon ils chantent ? »). Reste le plaisir d’entendre ces titres intemporels que sont When You Sleep ou  I Only Said, même noyés sous une bouillie sonore.

On quitte le set de MBV pour la scène Pitchfork où les jeunôts Ponytail électrisent ceux qui n’ont pas supporter le déluge sonore de la grande scène. Si le volume est ici moindre, l’intensité est elle bien plus élevée. Expérimental et noisy, le son de Ponytail est un croisement entre Deerhoof et Sonic Youth. Pas toujours très accessible mais diablement efficace sur scène. Il est près de 2h du mat’ et les anglais de The Horrors font leur entrée sur la scène Ray-Ban Vice. Le début du set est marqué par de nombreux problêmes techniques qui ont l’air d’agacer au plus haut point Faris Badwan, le chanteur de The Horrors. La fatigue fait son apparition et je décide donc d’en rester là pour cette première journée bien chargée.

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