Si vous aviez décidé d’acheter l’album de Danger Mouse & Sparklehorse en pré-commande sur leur site, vous avez certainement reçu le livret de photos de David Lynch accompagné d’un superbe CD…vierge, à utiliser comme bon vous semble, la faute à un vilain différent entre les artistes et EMI. Alors super-projet ou super-fiasco ? S’il faudra attendre un peu pour avoir entre les mains le support physique de ce « Dark Night of The Soul« , on peut d’ores et déjà savourer les 13 titres en streaming sur le site de NPR et avec un minimum de recherche trouver une utilité au CD si généreusement offert.

Dés les premières écoutes, on se rend compte à quel point ce différent entre les 2 songwriters et leur maison de disques est un véritable gâchis car il vient ternir l’image et la promo d’un sublime album. Comme si la présence de Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz) et Mark Linkous (Sparklehorse) ne se suffisait pas à elle même, on retrouve sur les 13 pistes de cet album une partie de la crème indé essentiellement américaine (James Mercer, Julian Casablancas, Iggy Pop,  Black Francis, Jason Lytle…). La tonalité de début d’abum est plutôt psyché tendance soul, à l’image du petit bijou Revenge, en collaboration avec Wayne Coyne (The Flaming Lips), plus à l’aise ici que lors de sa baston verbale avec Win Butler (The Arcade Fire). La patte de Sparklehorse se fait clairement sentir sur ce début d’album et notamment sur Just War (avec Gruff Rhys des Super Furry Animals).

Après un intermède mené de main de maître par l’ex-Grandaddy Jason Lytle (Jaykub), l’album prend une tournure plus rock grâce à l’enchaînement Julian Casablancas/Black Francis/Iggy Pop. Si les titres des 2 vieilles gloires sont tout à fait respectables, ma préférence va clairement au Little Girl du leader des Strokes. La première moitié de ce « Dark Night of The Soul » s’achève par Star Eyes (I Can Catch It), un magnifique interlude de 3 minutes interprété par…David Lynch himself !! La perfection mélodique de Mark Linkous est ici mise au service de guests aussi prestigieux que James Mercer (The Shins) sur la berceuse pop Insane Lullaby et Jason Lytle (encore lui) sur Everytime I’m With You. La seule petite déception vient des invités féminines (Nina Persson et Suzanne Vega), dont les titres, bien que dans le ton de l’album, souffrent de la comparaison par rapport à ceux de leurs collègues masculins.

La fin de l’album est plus sombre avec Grain Augury et la voix torturée de Vic Chesnut et le retour de David Lynch au micro sur un Dark Night Of The Soul qui ne dépareillerait pas sur la B.O de « Twin Peaks », « Mulholland Drive » ou « Lost Highway », pour ne citer que quelques unes des œuvres de l’un des plus grands réalisateurs américains. Ce projet, qui avait pu passer pour un poisson d’avril lorsque l’on avait appris la nouvelle en avril dernier, s’avère au final une magnifique réussite et d’une grande cohérence pour un album collaboratif. L’une des perles de l’année 2009.

Danger Mouse & SparklehorseRevenge (feat. Wayne Coyne) [mp3]

Danger Mouse & SparklehorseLittle Girl (feat. Julian Casablancas) [mp3]

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