juillet 2009


Retour de la musique plus rapide que prévu, actualité oblige. Oyez, oyez braves gens, demain au Motel (8 passage Josset dans le XIème), une quinzaine de blogs musicaux (dont celui-ci), l’excellent label Cooperative Music et Super, vous invitent à la Blog Party pour fêter la sortie prochaine de « Get Color« , le premier album des new-yorkais de Health, que l’on présente comme un mélange de Sonic Youth, No Age et Crystal Castles. Miam.

L’occasion est donc belle d’écouter l’album, ainsi que d’autres futures sorties de chez Cooperative et surtout de boire des coups avec tout un tas de blogueurs dont votre serviteur. Allez soyons fou, si tu lis ce blog, que l’on ne s’est jamais rencontré et que tu viens au Motel demain soir (à ce stade normalement il ne doit plus rester personne si j’ai bien compté), je t’offre une bière (ou autre substance alcoolisée de ta convenance). Alors, tu viens ?

Bon allez dernier (gros) billet sur mon séjour au Népal et après retour à la musique.

Lundi 17 Novembre 2008 :

De Birethanti, on part pour 20mn de marche jusqu’à Nayapul, où l’on prend le bus pour Pokhara. Retour à la civilisation, même si ici, dans le monde dit civilisé, on est encore bien dépaysé. Pokhara c’est une grosse bourgade à l’échelle du Népal, l’une des plus grandes villes du pays, le point de départ de nombreux treks. Beaucoup de touristes donc mais la ville nichée au bord du lac Phewa Tal est paisible par rapport à l’agitation de Katmandou. Pour la première fois depuis 3 semaines, nous sommes libres de nos mouvements. Le pied. Krishna nous emmène manger une grosse pièce de bœuf, réclamée par certains depuis plusieurs jours voire semaines. Sensation bizarre de retrouver certaines saveurs oubliées. L’après-midi est libre et j’en profite pour faire quelques emplètes, le matériel de randonnée est pratiquement donnée. Le soir est l’occasion de fêter l’anniversaire d’une personne du groupe, notre dernière soirée tous ensemble après 3 semaines de vie commune. On assiste à des danses traditionnelles népalaises pendant qu’on mange, l’ambiance est bonne jusqu’à ce que Krishna ne demande ce que l’on aimerait améliorer dans le trek. Quelques critiques sont émises, pas bien méchantes, mais le Népalais est susceptible et ne tolère pas la critique. Pourquoi demander alors ? On frôle l’incident diplomatique entre Seb et Krishna…la distribution des cadeaux apaise les tensions. Krisha nous emmène ensuite dans un casino indien, un lieu surréaliste de luxe au milieu de cet océan de pauvreté. On fait un peu pouilleux dans nos tenues de routard mais l’appât de nos euros est visiblement plus important que nos tenues pour les patrons du casino. J’apprends à jouer au Black Jack, j’adore les casinos même si je ne suis pas un flambeur ou alors juste de bananes. Krishna, lui, flambe tout le pourboire, qu’on lui a donné pendant le repas, à la roulette. On se couche vers minuit et demi, 3 ou 4h plus tard que ces 18 derniers jours.

Mardi 18 Novembre 2008 :

On se lève vers 6h afin de dire au revoir au reste du groupe qui part pour Katmandou. La plupart rentre en France le lendemain. On change d’hôtel puis journée paisible à base de farniente et écriture de cartes postales au bord du lac…

Mercredi 19 Novembre 2008 :

Nuit affreuse ! Mal au bide à partir de 2h du mat’, impossible de me rendormir, l’impression d’avoir un poids sur l’estomac. Le chicken byriani de la veille ne passe pas. Seb se réveille à 6h, je le préviens que je suis pas très bien. On doit prendre le bus vers 7h30 pour Soraha, dans la région du Teraï (frontière avec l’Inde). Je passe aux toilettes pour me préparer et là… c’est le drame. J’ai juste le temps de finir de me vider par en bas que ça sort par en haut !! Je suis pas dans la forme de ma vie mais le poids sur l’estomac a disparu. Seb me propose d’attendre le lendemain pour prendre le bus mais je lui dit que ça va, j’ai pas spécialement envie de passer une journée de plus à Pokhara. Le bus est bien évidemment hors d’âge et les 5h de trajet sur ces routes défoncées vont s’avérer un vrai calvaire. Après une halte, le bus repart et très rapidement je sens de nouveau mon estomac vouloir expulser par le haut le peu d’eau et de coca que j’avais tenté de boire pour me réhydrater. J’avais prévu un sac plastique, il aura pas fait le voyage pour rien lui non plus. Mon estomac me laisse enfin tranquille et on arrive aux portes du parc naturel de Chitwan vers 13h. Une nuée de rabatteurs se jette sur nous pour nous emmener dans leur hôtel, on en choisit un recommandé par le Lonely Planet. Je suis un zombie, Seb s’occupe de tout. On grimpe dans la jeep où attendent déjà 2 Australiennes puis direction la lodge. La chambre est pas chère mais assez inconfortable. Le gars de l’hotel essaie de nous vendre ses tours (jeep safari, ballade à dos d’éléphant…), c’est de bonne guerre, c’est là dessus qu’ils se font un peu d’argent. On part pour le « centre-ville », 3 restaurants et 4 boutiques de souvenirs, et on s’installe dans un restaurant. Je n’ai pas faim mais je commande une soupe pour me donner bonne conscience. Il fait très chaud ici, ce n’est sans doute pas le meilleur choix. Le plat à peine arrivé, je me sens de nouveau très mal et sans y avoir touché je pars pour la lodge en abandonnant Seb tout seul au restaurant. Je dors une bonne partie de l’après-midi pendant que Seb se démène pour trouver des prix intéressants pour les tours et une lodge plus confortable, au cas où mon état ne s’améliore pas. Je retente ma chance avec une soupe le soir au restaurant mais sans beaucoup plus de succès.

Jeudi 20 Novembre 2008 :

L’intoxication alimentaire me laisse un peu tranquille, j’arrive à grignoter un truc un peu plus solide ce matin. C’est pas encore ça mais après la journée affreuse de la veille je vais pas me plaindre. On prend nos quartiers dans une lodge plus confortable puis on rejoint un guide pour la ballade en 4×4 dans le parc du Chitwan. Au bout de 50m, le 4×4 tombe en panne ! Un autre vient nous chercher et c’est parti dans les hautes herbes du parc. On voit toutes sortes d’animaux dans cette immense réserve naturelle : crocodiles, daims, singes, toute sorte d’oiseaux puis on s’arrête dans une ferme pour gavials, ces crocodiles piscivores au museau allongé. On repart en espérant enfin voir l’emblême du parc, le rhinocéros. On pense que c’est peine perdue et puis en revenant sur nos pas on tombe sur un rhino dans l’eau, de l’autre côté de la route. Magique. On descend du 4×4 et on le mitraille…de photos. On rentre à la nuit tombée à la lodge. Toujours aussi peu d’appétit…

Vendredi 21 Novembre 2008 :

Réveil matinal afin de faire la ballade à dos d’éléphant. Dès notre entrée dans le parc, un bruit alerte le cornac. Il nous fait signe qu’il s’agit d’un rhino et que l’on doit se taire. On est bien contents de ne pas être à pied car les guides disant que si vous vous faites charger par un rhinocéros, il faut courir en jetant ses vêtements et se réfugier dans un arbre !!! Le rhinocéros n’est pas un gros pervers, il est juste myope comme une taupe et il a un très bon odorat donc les vêtements peuvent servir de leurre. Mouais. On suit la trace du rhino qui ne tarde pas à apparaitre, visiblement fort mécontent ! C’est là qu’on est content d’être sur un éléphant. Ce n’est finalement pas un mais une rhinocéros et son petit que l’on a débusqué. L’éléphant s’approche à 2-3 m, les rhinos n’ont pas peur, magnifique. On voit assez peu d’animaux par la suite mais peu importe. Retour à la lodge puis on part voir le bain des éléphants, 30 touristes pour 3 éléphants, un peu désolant. On profite du soleil au bord de la rivière, c’est agréable de se poser après ces 3 semaines 1/2 agitées. A 15h, on part en pirogue pour aller au Breeding centre, la nurserie des éléphants. Les bords de la rivière sont infestés de crocos, on ose pas trop regarder dans l’eau de peur d’en voir un sous la pirogue. On arrive à la nurserie qui a eu le bonheur de voir débarquer des jumeaux il y à quelques jours. Les mères sont attachées par les pieds à côté de leurs petits, ça fait un peu de la peine mais on ne sait jamais quel peut être la réaction d’une mère pensant son petit en danger. Le soir on mange avec une infirmière française que l’on avait croisé à de nombreuses reprises pendant le trek.

Samedi 22 Novembre 2008 :

Journée de transit, 6h de bus pour Katmandou. Le trajet est long et monotone.

Dimanche 23 Novembre 2008 :

Ballade à pied jusqu’au temple de Swayanbhunath, aussi appelé temple des singes en raison de la cohorte de macaques qui l’occupe. Situé à environ 2km de Katmandou, il contient un stupa auquel on accède après avoir gravi un escalier particulièrement raide. Les macaques se régalent des offrandes laissées là par les disciples. L’après-midi, on se ballade jusqu’à Pashupatinath, le centre hindouiste de Katmandou. 365 jours par, 24h24, des crémations ont cours en ce lieu. La veille, un ex Premier ministre est décédé et la crémation vient d’avoir lieu, sur la stèle réservée aux VIP. Il y en a également une pour la famille royale et d’autres pour les différentes castes de la société népalaise. Des gamins se servent de cercueils comme de barques pour récupérer les objets des défunts jetés dans l’eau…On part ensuite pour Bodnath, aussi appelé Boudha, célèbre pour son immense stupa.

Lundi 24 Novembre 2008 :

Visite de Bakthapur, une cité médiévale à une vingtaine de km de Katmandou.

Merdi 25 Novembre 2008 :

Dernière journée à Katmandou, on en profite pour faire les derniers achats. Départ le soir pour Paris via une longue escale à Abou Dabi. Arrivée le lendemain matin à Paris, mauvaise surprise mes bagages ont choisi un autre itinéraire…Je les recevrais finalement le lendemain. Fin du voyage.

Lundi 10 Novembre 2008 :

Le Jour J est arrivé. Réveil vers 3h15 après une nuit sans beaucoup de sommeil, un peu à cause du froid régnant dans l’étable le dortoir, beaucoup du fait de l’altitude et de l’appréhension. On doit en effet s’avaler aujourd’hui plus de 1000m de dénivelé positif puis 1600m de descente, autant dire que l’on devrait prendre des forces au petit-déj mais l’appétit semble manquer chez tout le monde. Les 2 personnes les + en difficulté ont choisi de ne pas faire l’ascension à pied mais à cheval, elles nous rejoindront au sommet et effectueront la descente avec nous. Le départ a lieu vers 4h30, il fait nuit noire et un froid glacial. Lampe frontale vissée sur la tête, on s’élance en file indienne dans les lacets qui montent vers le High Camp. On aperçoit plus haut les lampes de quelques trekkeurs partis avant nous. La mise en route est vraiment difficile, je suis très vite essoufflé mais trouve aussi rapidement un rythme respiratoire qui me convient en expirant au maximum. L’ascension se passe bien, on atteint le High Camp (4925m) au bout de 50mn, après avoir doublé pas mal de trekkeurs en recherche de leur second souffle. On s’arrête pour boire un peu d’eau mais  l’eau est déjà gelée dans nos gourdes…Hormis le bout des orteils, peu sollicités dans les montées, je n’ai pas froid, il faut dire que l’on a superposé les couches (5 en haut, 2 en bas). Il reste environ 2h d’effort pour arriver au sommet du col et pour l’instant on marche groupés même si certains éprouvent déjà des difficultés. Le soleil commence à poindre le bout de son nez mais il faudra encore attendre avant qu’il nous réchauffe. Le lever du soleil sur ces paysages glacés est magnifique. Plusieurs fois on croit atteindre le sommet mais c’est finalement vers 7h30, après 3h d’effort depuis le pied là où les guides en promettent 4 à 6, que l’on arrive au bout des 5416m du Thorung La. Le groupe a explosé, Seb et moi faisons partie du 1er groupe avec Krishna, les autres arrivent 20 à 30mn après nous, l’une d’entre eux est en larmes suite à l’effort et à de gants pas adaptés à ces températures très en dessous de zéro. Il fait relativement bon au sommet par rapport à ce que l’on a connu pendant l’ascension, le vent ne s’est pas encore levé. On en profite pour prendre de nombreuses photos autour des drapeaux à prières qui flottent en haut. On reste près d’une heure au sommet, heureux et fiers, puis on entame la longue descente vers Muktinath (3760m). Les genoux et les pieds souffrent dans cette descente raide, voire très raide. On arrive vers midi à Muktinath, très fatigués et avec en prime une grosse migraine pour ma part dû certainement au changement brusque d’altitude. Pendant que le groupe part visiter un temple à la fois bouddhiste et hindouiste, je reste dormir à la lodge. Le mal de tête s’est évaporé à mon réveil…

Mardi 11 Novembre 2008 :

Réveil à 7h pour récupérer un peu de la veille, la journée s’annonce encore longue avec une longue descente d’une vingtaine de km jusqu’à Marpha (2670m). Longue et monotone, la descente s’effectue en grande partie dans le lit d’un rivière à sec, avec un très fort vent de face. Le groupe est rapidement scindé en 2, il n’y a de toute façon qu’un chemin, on ne peut pas se perdre. Les retardataires nous rejoignent avec une grosse 1/2h de retard au restaurant à Jomsom. La douche chaude du soir est accueillie avec soulagement.

Mercredi 12 Novembre 2008 :

A peu de choses près la même chose que la veille : vent de face, lit de la rivière, paysage monotone…A noter l’arrêt dans une distillerie locale ou l’on goûte toute sorte d’eaux-de-vie. On repart chargé (de bouteilles) jusqu’à Larjung pour le déjeuner. Une ampoule au talon me fait un mal de chien dans ces descentes interminables, il me tarde que ça remonte… On arrive tard à Kalopani (2530m) dans ce qui sera de loin les plus belles lodges du voyage.

Jeudi 13 Novembre 2008 :

Encore une étape très longue au programme, environ 25km entre Kalopani et Tatopani (1190m). J’ai percé l’ampoule, elle me fait toujours mal mais moins que la veille. A notre arrivée à Tatopani (qui signifie eaux chaudes), on prend la direction des sources naturelles afin de se délasser au milieu des nombreux locaux qui nous regardent d’un air amusé. L’eau chaude délasse les muscles endoloris par les efforts répétés depuis 13 jours. La soirée est un peu arrosée, on rigole bien avant d’aller se coucher comme les poules…

Vendredi 14 Novembre 2008 :

L’étape prévue est coupée en 2, trop longue et difficile pour les organismes fatigués. De Tatopani (1190m) on commence à remonter vers Chitre (2390m). La piste est constitué de marches irrégulières, des centaines, des milliers de marches sont au programme pendant 2 jours…Le confort dans la lodge est une fois de plus assez spartiate, la fumée des cuisines s’évacue mal,  on est à moitié enfumés en allant se coucher…

Samedi 15 Novembre 2008 :

On effectue le reste de l’étape initialement prévue la veille, à peine 2h entre Chitre (2390m) et Ghorepani (2860m). On prend nos quartiers dans les lodges puis on monte jusqu’à Ban Thanti (3180m) pour admirer les sommets de la chaîne des Annapurnas dont le fameux Machhapuchhare (6997m), aussi appelé « Fish Tail » à cause de sa forme en queue de poisson. On peut également voir de côté-ci de la chaîne l’Annapurna South (7219m). Après déjeuner, l’accès à internet s’avérant mission impossible, je passe un coup de fil rapide à mes parents pour les rassurer, puis tandis que certains montent à Poon Hill admirer le coucher du soleil, on improvise une fort sympathique partie de volley-ball sur le terrain du coin entre des locaux et des trekkeurs…

Dimanche 16 Novembre 2008 :

Réveil à 4h du matin pour aller voir le lever du soleil sur Poon Hill. On part à jeun, bonnet et frontale sur la tête, en file indienne. Il y a beaucoup plus de monde que lors de la montée au col, cette partie là est plus touristique car plus facile. La majorité des touristes effectue notre trajet en sens inverse mais fait demi tour avant le col, à Muktinath. Pas toujours très sportifs, ils ont bien du mal à grimper jusqu’en haut. Il faut dire que ça monte quand même assez raide et que l’on a rien dans l’estomac. Beaucoup de monde en haut qui attend que le soleil se lève sur les sommets. C’est chose faite au bout d’1/2h d’attente…Descente puis petit déjeuner bienvenu puis longue descente vers Birethanti (1025m), la dernière étape de notre trek.

Lundi 03 novembre 2008 :

Réveil difficile vers 6h, j’ai la crêve depuis hier et ça s’est aggravé pendant la nuit. J’ai déjà consommé tous les kleenex que j’avais amené (3 paquets), à ce rythme le papier toilette va aussi y passer. Patraque toute la journée, pas d’appétit, pas envie de parler, juste marcher mécaniquement… La journée s’avère rude, depuis Chyamche (1430m) on monte et on descend pendant 5h avant de s’arrêter manger à Khotro. L’après-midi est plus tranquille avec « seulement » 3h de marche. On arrive à la tombée de la nuit à Danakyu (2300m), plus loin que ce qui était initialement prévu. J’ai bien choisi mon jour pour tomber malade. Tout le monde se retrouve dans la cuisine autour du poêle, comme sur les photos jaunies de nos parents et grands-parents. Au menu, soupe de nouilles et pizza maison. Le rhum local est réquisitionné par les malades (nombreux) pour un grog bienvenu…

Mardi 04 Novembre 2008 :

Journée plus tranquille que la veille avec réveil à 7h. La piste monte pas mal mais mon état s’est amélioré pendant la nuit. On se retrouve bien souvent bloqué par des convois de mulets qui refusent d’avancer. Le mulet népalais est aussi têtu que son cousin européen. Le paysage a changé avec l’altitude, les forêts de résineux ont remplacé les rizières. La pluie fait son apparition (la seule fois du voyage) et l’on se réfugie dans une lodge pour boire un thé chaud. Le plafond est bas, on ne voit pas les sommets. La montée est tranquille même si le souffle devient court plus rapidement avec l’altitude. On arrive tôt à Chame (2710m), le froid et l’humidité règnent par ici. Le village est équipé d’une connexion internet, on prend quelques nouvelles de France puis atelier lessive à l’eau froide. Petite ballade jusqu’au soi-disant sources d’eaux chaude…que l’on ne trouvera jamais. Le repas du soir est comme souvent frugal (une soupe et une tarte aux pommes) et se fait à la bougie. L’électricité est un luxe dans les montagnes, recharger les batteries de l’appareil photo va vite tourner au chemin de croix…

Mercredi 05 Novembre 2008 :

Debout à 6h30, le ciel est complètement dégagé, la journée s’annonce belle. On arrive enfin près des premiers sommets de la chaîne des Annapurnas. On quitte Chame couverts de la tête aux pieds car le froid est encore tenace le matin. La route monte à travers des forêts de pins et l’on voit les sommets enneigés : Lamjung Himal (6983m) et Annapurna II (7937m) sont les plus beaux. Déjeuner à Dikhur Pokhari (3060m) après une montée assez raide où l’oxygène se faisait rare. On longe la rivière jusqu’au village de Lower Pisang (3200m), on prend nos quartiers dans la lodge puis on monte jusqu’au village d’Upper Pisang, 100m plus haut, où l’on a une superbe vue sur l’Annapurna II. Le village est littéralement accroché à la montagne, le Pisang Peak, qui le domine de ses 6091m. On reste quelques minutes à contempler ce paysage, devant le stupa du village, puis retour à la lodge pour une douche chaude. Il est 16h et le soleil a déjà disparu. Il fait très froid dans les chambres, on se réfugie dans la pièce commune, autour du poêle…Après la traditionnelle partie de Uno, on rejoint nos chambres glaciales, la température est d’environ -5°C.

Jeudi 06 novembre 2008 :

Dur, dur de sortir du sac de couchage ce matin. Pas d’eau pour se laver car elle est gelée. Les chaussettes humides oubliées dehors sont dures comme du béton. On a le choix entre une route longue et difficile ou une plus courte et facile pour rejoindre Manang. On choisit la difficile. Vous avez signé, c’est pour en chier…et effectivement on en a chié. Après avoir flâné un peu autour d’un lac aux eaux turquoises, on aborde la longue montée vers Ghyaru (3670m). Le groupe est essaimé le long des nombreux lacets, on se croirait sur le Tour de France à l’Alpe d’Huez. Il fait chaud dès que le soleil darde ses rayons et l’altitude rend les efforts plus difficiles. Le jeu en vaut la chandelle puisque arrivés en haut on a une superbe vue sur toute la chaîne des Annapurnas. On mange à Nawal et on repart vers 14h30, un peu à la bourre puisqu’il reste encore 2h30 de marche. On arrive à Manang (3540m) vers 17h, le soleil nous ayant quitté depuis une bonne heure. La lodge n’est pas très confortable mais elle appartient à un ami de notre guide. Business is business, même à plus de 3000m d’altitude. Pas d’eau chaude pour nous réchauffer et faire un brin de toilette et l’eau froide est vraiment très froide. On se couche plus tôt que d’habitude, toujours pas d’électricité, on a bien besoin de repos.

Vendredi 07 Novembre 2008 :

Le groupe est pour la première fois scindé en deux. Manang sert de traditionnelle journée de repos ou plutôt de journée d’acclimatation. Nous sommes à 3500m et l’organisme a besoin d’une journée pour s’acclimater à l’altitude. Les trekkeurs sont donc nombreux dans le village mais en ce qui nous concerne pas question de rester à rien faire. La majorité des trekkeurs mettent à profit cette journée pour monter en altitude afin d’habituer l’organisme à ce qui nous attend dans les prochains jours. 3 personnes de notre groupe partent avec 2 porteurs jusqu’au Ice Lake, à prés de 5000m. Je décide sagement de ne pas y aller, les 1500m positifs en une journée me rebutent un peu. Le reste du groupe (7 personnes) accompagne Krishna jusqu’au glacier du Gangappurna. On passe à côté d’un superbe lac au pied du glacier puis on grimpe un sentier assez raide jusqu’au glacier. Séance photo de rigueur puis on continue de grimper jusqu’à un peu plus de 4000m. On improvise une séance de méditation, assis à flanc de montagne, un paysage de carte postale face à nous. L’après-midi est consacré à la toilette (douche froide) et à une lessive sommaire…Les troupeaux de yaks passent juste à côté de la fenêtre de notre chambre, éclat de rire général quand l’un d’eux pousse un cri. On sait maintenant où Georges Lucas est allé piocher le cri de Chewbacca !! Notre voisine de chambre a la désagréable surprise de voir un yak débarquer dans sa chambre en pleine nuit.  Selon ses dires, elle nous aurait appelé à l’aide…J’ai dormi comme un bienheureux !

Samedi 08 Novembre 2008 :

Plus que 2 jours avant de franchir le col. Il est dans toutes les têtes, on s’interroge sur notre capacité à supporter l’altitude, aucun de nous n’ayant atteint de telles hauteurs. Le mal des montagnes apparait généralement à partir de 3000m, notre guide est à l’affût de tous les symptômes. La fatigue commence à se faire sentir chez 2 personnes de notre groupe, autant physique que psychologique. La piste monte raide jusqu’à Ghusang puis on atteint Yak Kharka (4018m) en fin de journée. On arrive tôt donc après le repas on part faire un tour plus haut, au milieu des troupeaux de yaks qui paissent tranquillement. La descente est raide et toujours pas d’eau chaude pour se décrasser.

Dimanche 09 novembre 2008 :

La nuit a été fraiche au dessus de 4000m. La matinée est consacrée à la montée au pied du col.  La seule difficulté à souligner est l’occasion pour nous de voir 2 japonais exploser en pleine montée pour avoir voulu grimper à un train trop rapide. Ils nous doublent comme des avions en début de montée mais on les retrouvent quelques centaines de mètres plus loin, à bout de souffle. Après le déjeuner, 8 d’entre nous montent au High Camp afin d’exorciser la montée du lendemain et apprécier en plein jour des paysages qui seront dans l’obscurité. Ca monte très raide jusqu’au 4925m du High Camp mais le paysage est superbe. A cette altitude on est déjà plus haut que le Mont-Blanc et ce n’est pas fini. Dès que le soleil disparaît derrière les sommets, le froid est saisissant. Qu’est ce que ça va être en pleine nuit ? Je redescends rapidement afin de me mettre au chaud. Les 3 autres membres du groupe sont partis seuls se faire un sommet à 5000m. Au bout de quelque temps, alors que la nuit est presque tombée, 2 d’entre eux reviennent. On leur demande où se trouve celui qui manque à l’appel. Ils sont étonnés qu’il ne soit pas encore rentré car il est parti 1 bonne heure avant eux. Inquiétude générale…de courte durée puisqu’on le voit arriver au loin. Sa démarche est chaotique, il est visiblement au bord de l’épuisement. S’est il perdu ? Est il tombé ? Il refuse de dire quoi que ce soit. On apprend quelques jours plus tard qu’une dispute l’a poussé à rebrousser chemin et à se perdre dans ce dédale de montagnes. On se couche tôt afin de dormir un peu, le réveil est prévu à 3h30…

En préparant mon futur voyage, je suis tombé sur le carnet de route du précédent, il y à 8 mois déjà. En le relisant, tous les souvenirs me sont revenus en mémoire, les bons (nombreux) comme les mauvais (peu nombreux). Je me suis rendu compte que je n’en avais pas trop parlé ici alors que c’était quelque chose que je faisais par le passé. C’est l’été, l’actualité musicale est au ralenti, je me dis qu’une petite respiration touristique ne serait pas du luxe ici. Je vais donc essayer via quelques extraits de mon carnet de voyage et photos de résumer 1 mois de mon périple au Népal, entre le 28 octobre  et le 26 novembre 2008.

Mardi 28 Octobre 2008 :

Je rejoins Seb à Denfert-Rochereau, comme d’habitude, puis RER jusqu’à Roissy pour un décollage prévu à 21h45. Le vol jusqu’à Abou Dabi se passe bien même si aucun de nous ne parvient à trouver le sommeil. Comme d’habitude. Les raviolis à la ricotta ont du mal à transiter vers mon estomac, je suis à 2 doigts de foncer aux toilettes. On arrive vers 07h15 heure locale, l’aéroport est bondé de touristes en transit. Les raviolis, elles, sont parties. On repart vers 10h10, direction Katmandou.

Mercredi 29 Octobre 2008 :

On atterrit vers 16h heure locale après un vol de 4 petites heures…On loge dans Thamel, le quartier touristique de Katmandou. Le confort est plutôt spartiate, une planche en bois sert de sommier, on est tellement claqué que ça devrait faire l’affaire. Les ruelles sont étroites et sinueuses dans Thamel, l’agitation est permanente, d’autant plus que nous arrivons pendant une période de festivités nationales. Un peu partout, des gamins font péter d’énormes pétards, si possible dans les pieds des passants, tandis que des adultes nous proposent des pétards moins explosifs. Katmandou reste Katmandou. Je tombe de sommeil, manquant de m’endormir en attendant les plats au restaurant. On se couche tôt mais après 4h de sommeil les pétards et les aboiements des chiens errants sous nos fenêtres ont raison de ma fatigue…

Jeudi 30 Octobre 2008 :

…Ballade dans Katmandou, dans le quartier de Durbar Square. Les ruelles sont toujours aussi étroites, sales, polluées et bondées. On appelle ça le quartier moyen-âgeux sauf que la vie semble ici aussi revenue à cette époque…On se couche un peu plus tard mais le résultat est le même. 8h de sommeil en 3 jours et le trek commence demain.

Vendredi 31 Octobre 2008 :

Départ vers 7h du mat’ pour un long trajet en mini-bus : 190km en 6h ! La route est dans un état lamentable, les accidents nombreux…On arrive vers 13h à Besi-Sahar, point de départ du tour des Annapurnas. La fête bat son plein ici aussi, des concours de danse un peu partout s’improvisaient…

Samedi 1er novembre 2008 :

Le jour J. Debout 6h après une énième nuit inconfortable sur une planche en bois. La fenêtre au dessus de mon lit laissait passer un courant d’air sournois, je crois que je me suis chopé la crêve. Départ de Besi-Sahar, à 800m d’altitude. On traverse des villages Gurung, le paysage ressemble à une carte postale avec ces rizières étagées…On aperçoit notre 1er sommet au loin, l’Himalchuli, culminant à 7890m. La route est plutôt facile, ça monte tranquille. Pause déjeuner à 11h à Bhulbhule où l’on bulle un peu (oui bon je sais…) puis on repart via les nombreux ponts de singes traversant la rivière Marsyangdi. Des cortèges de mulets transportant riz et produits de première nécessité (bière) empruntent le même chemin que nous. Les 3h30 de marche de l’après-midi sont plus rudes que les 4h du matin…On arrive vers 16h30 à Bahundanda, à 1310m d’altitude, la douche chaude est la bienvenue. Il fait nuit à 17h30, l’apéro et le repas s’effectue à la bougie suite à une coupure de courant dans le village. On goûte plusieurs plats locaux, le rakshi (apéritif local pas terrible), les momos (des raviolis tibétains fourrés à la viande et aux légumes, très bon).  La plupart vont se coucher vers 19h30, quelques uns, dont Seb et moi, restent avec Krishna (notre guide) qui nous apprend une chanson népalaise traditionnelle. Fous rires garantis.

Dimanche 02 Novembre 2008 :

La nuit fut encore agitée, pas l’habitude de me coucher aussi tôt chaque soir (20h30). Le sac de couchage, prévu pour les températures négatives, est un peu trop chaud pour les nuits à 1300m. Un des trekkeurs de notre groupe s’est à moitié assommé et ouvert profondément le crâne ce matin. Les portes ne sont pas prévus pour des gars de plus d’1m70 donc quand vous dépassez le mètre 90…Heureusement il y a une infirmière et un pompier dans notre groupe, quelques pansements américains feront l’affaire là ou plusieurs points de suture auraient été nécessaires. Départ retardé vers 8h, il fait déjà très chaud. La piste monte, puis descend, puis monte, puis descend…jusqu’à Jagat où nous prenons le déjeuner vers midi et demi. On est toujours à 1310m d’altitude. Seulement 1h et 1/2 de montée au programme de l’après-midi jusqu’à Chyamche. La lodge est superbe, avec vue sur une magnifique cascade. Le repas, à la bougie, est toujours un moment d’échange entre nous et les népalais qui nous accompagnent. Celui-ci se termine par des chants, un morceau de flûte…et une partie de Uno.

J’avais préparé ce post depuis le mois de mai et comme vous le savez, en mai on fait ce qui nous plaît…Il faut croire que le mettre en ligne ne me plaisait pas tellement. J’ai eu bien du mal à me décider sur quel titre je considérais comme étant le meilleur de « Wall Of Arms« , second opus des anglais de The Maccabees dont je vous avais déjà parlé lors de la sortie de leur premier album. Je disais donc que j’avais eu du mal à me décider car « Wall of Arms » regorge de tubes potentiels. Pour moi cela a d’abord été No Kind Words et sa basse prégnante, comme une évidence.

Puis à force de l’écouter en boucle je suis logiquement passé à Love You Better, dont la ressemblance avec Arcade Fire, en tout cas pour le chant d’Orlando Weeks, est saisissante. J’aime particulièrement le changement de structure du morceau au bout d’1mn50, avec un final en fanfare…

2 mois et 1/2 plus tard c’est Can You Give It, le nouveau single, qui a désormais la faveur de mes pronostics. Comme un bon vin, il se bonifie à chaque écoute.

J’aime l’accent rocailleux des Ecossais même si bien souvent on ne comprend pas un traître mot de ce qui se cache derrière cette haleine chargée en houblon. J’aime ce pays mélange de tradition et de modernité même si je n’y ai jamais mis les pieds. J’aime les groupes écossais, que je trouve plus authentiques que ceux de leur voisin anglais, même s’ils ont une fâcheuse tendance à tous se ressembler.

Prenez The Twilight Sad, Frightened Rabbit et à un degré moindre Biffy Clyro, mélangez le tout et vous obtenez We Were Promised Jetpacks. Leur album intitulé « These Four Walls« , produit par Peter Katis (The National, Interpol, Frightened Rabbit…) s’écoute fort et d’une traite, le pied battant la mesure et la tête dodelinant de droite et de gauche. La preuve avec la vidéo de Roll Up Your Sleeves, le second single extrait de leur 1er album.

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