A une époque où le moindre péquin, possédant une page Myspace et gratouillant sur sa guitare au fond d’un jardin, a une chance de se faire repérer par ce que le web compte de personnes gravitant dans le milieu de la musique, on s’étonne chaque année que certains arrivent encore à passer entre les mailles d’un filet pourtant bien étroit. Quand en plus ils sont aussi talentueux que le sont les membres de Fanfarlo, alors là ça tient du miracle. Le quintet anglo-suédois n’est pourtant pas totalement inconnu à nos oreilles car leurs premiers EP avaient déjà fait frémir celles des plus curieux d’entre nous, apparemment pas suffisamment pour susciter un quelconque intérêt chez un label, petit ou grand. Tant pis ou plutôt tant mieux pour nous puisque leur album est disponible pour une bouchée de pain sur leur site.

Commençons par le seul petit bémol à faire à cet album : le manque d’originalité. En effet, lors des premières écoutes de « Reservoir« , on se surprend en train d’essayer de se remémorer chez quel autre artiste/groupe on a entendu cette mélodie. La question revient bien souvent et la réponse rassemble au Hall of Fame de l’indie actuel : Arcade Fire, Beirut, Clap Your Hands Say Yeah, Grandaddy….La liste est longue mais le plaisir d’écoute intact grâce à un sens de la composition bien au-dessus de la moyenne, qui nous fait peu à peu oublier toutes ces références pour ne retenir que le plaisir d’écoute.

 Et du plaisir, le quintet sait nous en donner avec toutes ces mélodies à tiroirs qui virevoltent dans tous les sens dans nos esgourdes. Prenons Ghosts, l’un des titres les plus représentatifs de cette fanfare pop-folk, qui mélange rythmique entraînante, chœurs tendres, handclaps, cordes sensibles et une trompette virevoltante, le tout mené de main de main de maître part la voix de Simon Balthazar. Il en faut du talent pour superposer ainsi les couches sans que cela vire à l’écoeurement ou au brouhaha. Chaque titre recèle son lot de petites surprises, glissées ici ou là dans la mélodie : scie musicale sur le final de Luna et l’intro de Comets, la mandoline de Harold T. Wilkins, synthé grandaddyen de Fire Escape, trompette beirutienne sur The Walls Are Coming Down…Dès que le groupe aura trouvé une identité plus affirmée, un son moins référencé, nul doute que les maisons de disques se bousculeront au portillon. Ce « Reservoir » est en tout cas plein de belles promesses.

Fanfarlo on Myspace.

Site Officiel.

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