août 2009


Je ne sais plus comment je suis tombé sur l’album de Telekinesis, un peu par hasard. Ce que je sais, c’est que la première écoute fut aussitôt suivie de quelques autres, conscient que je tenais là beaucoup plus qu’un des énièmes groupes obscurs qu’il faut se palucher avant de trouver celui avec le petit truc en plus. Telekinesis avait ce petit truc en plus. On sait peu de choses sur ce « groupe » si ce n’est que c’est celui de Michael Benjamin Lerner, seul aux manettes mais épaulé par quelques compatriotes en live. L’album vient de sortir en Europe chez Morr Music, ce qui est généralement un gage de qualité. Il a été produit par Chris Walla de Death Cab for Cutie (dont je vous avais longuement parlé ici et ), ce qui est également un gage de qualité.

Telekinesis on Myspace.

Telekinesis Coast of Carolina [mp3] (via Stereogum)

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Cela faisait un petit moment que j’avais ce post dans les tuyaux, j’attendais le bon moment pour le mettre en ligne, il faut croire que le bon moment est arrivé. En fait, tout bien réfléchi, cela tombe plutôt bien puisque j’ai sans le vouloir entamé une petite série de titres noisy/shoegaze dans la rubrique « Best Songs of 2009 ». Il y a eu The Big Pink, un de mes gros coups de cœur de la rentrée future, et puis School of Seven Bells, que j’ai découvert un peu en retard mais qui ne quitte plus mes écouteurs. Parler de The Pains of Being Pure at Heart (que l’on appellera TPBPH par  commodité) est donc plutôt la suite logique, tant ce groupe s’inscrit dans le revival noisy/shoegaze qui secoue actuellement la planète indé. Sur l’échelle de Kevin Shields (échelle noisy de référence), TPBPH occupe pourtant seulement les premiers barreaux. Les New-Yorkais proposent en effet un brillant mélange entre guitares noisy et pop racée, une sorte de croisement entre My Bloody Valentine et Belle & Sebastian, Jesus & Mary Chain et les Smiths. Nul doute que l’on se souviendra d’eux au moment de faire le bilan de l’année, en tout cas moi je me souviendrais longtemps de leur tube Young Adult Friction.

Site officiel.

The Pains of Being Pure at Heart on Myspace.

Gossip a beau fêter cette année ses 10 ans de carrière, les Américains ont l’image d’un groupe relativement jeune sur la scène indé, la faute à une carrière qui a mis du temps à démarrer. Le succès a frappé à leur porte en 2006 avec leur 4ème album, porté par le single Standing in The Way of Control et le charisme XXL de leur chanteuse Beth Ditto. En plus de posséder l’une des voix les plus impressionnantes du moment, l’Américaine s’avère être une redoutable « Beth » de scène. Elle séduit le public par sa lutte contre les différences (obésité, homosexualité, féminisme) et devient en peu de temps une des icônes indé du moment. Désormais signé chez une major, le trio de Portland a fait appel à Rick Rubin, l’un des producteurs les plus courus de la profession, pour asseoir leur renommée avec ce nouvel opus.

Qu’ils semblent loin les débuts punk du trio à l’écoute de ces 11 nouveau titres. « Standing in the Way of Control » avait opéré la transition vers un son plus disco et « Music For Men » poursuit dans ce sillon 80’s qui contentera les fans les plus récents, pour les les plus anciens c’est une autre histoire…. Si les précédents albums avaient tendance à sonner « live », on sent que Rick Rubin a voulu enrober tout ça de syntés et boite à rythmes, et surtout rééquilibrer les forces au sein du trio en mettant plus en avant les travailleurs de l’ombre (Hanna Billie à la batterie et Brace Paine pour les guitares) au détriment de Beth Ditto.

Le single Heavy Cross résume à lui seul le son Gossip à la sauce Rubin avec cette rythmique funky, ces riffs de guitare incisifs, ce synthé discret et la voix soul de la Ditto pour faire monter la sauce, un Standing in the Way of Control bodybuildé en quelque sorte. Même si elle prend un peu moins de place que précédemment, la charismatique chanteuse reste plus que jamais l’atout numéro un du trio. Tant que Beth Ditto fait du Beth Ditto (Dimestore Diamond ; 8th Wonder ; 2012), la formule fonctionne à merveille, mais dès que Rubin essaie de la faire rentrer dans une tenue disco-pop trop étriquée pour elle (Pop Goes The World ; Men in Love ; Love and Let Love), le carrosse soul devient une vilaine citrouille commerciale.

Au final, « Music for Men » pourrait se résumer par le poème de Jean de la Fontaine, « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ». Dans sa course au succès le trio a ratissé large, trop large, au risque de perdre quelque peu son âme punk en route. Dommage.

Lire la chronique de « Music For Men » par Benjamin sur Playlist Society.

Site Officiel.

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Presque 10 jours sans aucun post, ya du laisser-aller. Je suis plus souvent dehors que devant mon ordi, que voulez vous. L’album qui m’accompagne actuellement dans mes trajets en métro n’est pas une sortie très récente puisqu’il date du début de l’année. Il est l’oeuvre de School of Seven Bells, le groupe des soeurs Deheza (Alley et Claudia), aussi plaisantes pour les yeux que pour les oreilles. A l’écoute de « Alpinisms« , on a l’impression que le temps s’est arrêté au début des 90’s, que My Bloody Valentine et les Cocteau Twins sont encore les groupes majeurs du moment et non de vieilles gloires de la mythologie indie tentant un retour aussi improbable que raté (Kevin Shields si tu m’entends). Mélange de shoegaze, de pop vaporeuse et fantomatique (esprit de Bat For Lashes, es-tu-là ?), « Alpinisms » contient quelques titres qui se détachent du lot tel White Elephant Coat, Face to Face on High Places ou Half Asleep, ma préférée.

Avec The Big Pink, c’est une partie de mon adolescence qui refait surface. Le shoegazing n’était pas un terme barbare mais le courant musical qui faisait jaser dans les rédactions de presse. On s’enthousiasmait pour les sorties du label anglais 4AD (Pixies, Cocteau Twins, This Mortal Coil…) et pour les superbes pochettes signées Vaughan Oliver. Pour moi l’artwork d’un CD doit donner envie et ça 4AD l’avait très bien compris, faisant de leurs albums de véritables petites œuvres d’art. Pratiquement 20 ans plus tard, le label anglais n’est plus la référence en la matière, il a été racheté par Beggars, mais il reste une valeur sûre du marché (TV on The Radio, Bon Iver, Blonde Redhead…). Leur dernière trouvaille se nomme The Big Pink, un duo londonien qui dépoussière le shoegazing (le revival du moment) mais pas que. Ils y ajoutent une pincée d’électro et un chant vaporeux pour un résultat qui fait penser à un mélange entre le Velvet Underground et The Jesus & Mary Chain, un Black Rebel Motorcycle Club bis en moins rock. Leur premier album, « A Brief History of Love« , sortira en septembre, avec un superbe artwork digne de la grande époque 4AD. Le premier single, Velvet, tourne en boucle depuis un petit moment déjà sur ma platine. Produit par Alan Moulder, il combine l’eau et le feu, chant éthéré et guitares saturées, l’un des singles de l’année et l’une des plus belles vidéos également.

Pour les curieux, voir également la vidéo de leur concert au Point Ephémère en avril dernier sur Grandcrew.