septembre 2009


Lunes 21 de Septiembre :

On roule toute la nuit dans le bus pour Uyuni. Les 6 premières heures se passent pas trop mal, les 6 dernières sont affreuses. La route n’a de route que le nom, c’est un chemin de pierres défoncé sur lequel on a l’impression que le bus va se disloquer. Impossible de dormir dans ces conditions, d’autant qu’il pèle sévère dans le bus malgré les couvertures. On arrive un peu dans le gaz vers 7h30 à Uyuni où l’on est assailli par les agences proposant un tour dans le Salar. On en choisit une au hasard et on poireaute jusqu’à 10h30 au chaud devant un petit déjeuner copieux. On décolle finalement dans notre 4×4 vers 11h. Notre groupe est constitué, en plus de nous 3, de 2 Français et d’un Suisse, plus Lucio notre chauffeur-cuisinier-guide. On commence par le désert des trains puis on entre de plein pied dans le fameux Salar de Uyuni, ce désert de sel grand comme 2 départements français. Etrange impression d’être sur terre mais de ne pas voir l’horizon. On visite un hôtel de sel abandonné puis on part pour l’île del Pescado, un îlot de terre posé sur le désert, recouvert de cactus géants. On mange dans ce paysage de carte postale puis on file vers notre point de chute de la soirée, un hôtel de sel. Tout est en sel ou presque, de la table aux tabourets en passant par le lit. On pose nos affaires et on repart voir le coucher du soleil sur le Salar…

Martes 22 de Septiembre :

La nuit a été un peu mauvaise, pas trop fraîche malgré l’altitude. Les murs en sel sont de remarquables isolants thermiques, un peu moins phoniques…Levés de bonne heure on part pour 2 bonnes heures de route sur des pistes défoncés vers tout un tas de lagunes dont certaines abritent des flamants roses. Encore une fois le paysage est à couper le souffle, on est à court de superlatifs. On est sorti du Salar, on roule désormais dans le Sud Lipetz, cette région de la Bolivie et du Chili que l’on croirait sortie de l’imagination d’un peintre. Cela tombe plutôt bien puisque se profile le désert de Siloli et l’arbol de piedra, un rocher en forme de d’arbre que l’on retrouve dans certains tableaux de Dali. Le soir tombe vite ici (vers 17h30) et le froid et le vent glacial ne vous donnent pas envie de vous attarder. Dernière étape de la journée avant la tombée de la nuit, la Laguna Colorada, une lagune rouge sang située à 4500m d’altitude où pullulent les flamants roses. Seul hic il y a un vent terrible et on a pas envie de s’attarder après avoir pris quelques photos. On loge un peu plus loin, dans un refuge sans eau ni électricité, la nuit promet d’être glaciale…

Miércoles 23 de Septiembre :

…et elle le fût. On ne sait pas trop jusqu’à combien le thermomètre est descendu mais dans ces habitations il n’y a pas une énorme différence entre dedans et dehors. On avait heureusement un bon sac de couchage mais malgré cela j’ai un peu grelotté pendant la nuit pour avoir oublié de mettre mes chaussettes… Le réveil matinal est encore plus rude que d’habitude, on a pas envie de quitter la chaleur du sac de couchage. On part voir les geysers d’El Sol de Mañana situés à presque 5000m d’altitude puis direction une source d’eau chaude dans laquelle on peut se baigner. On trempe juste les jambes vu qu’on se tient tous une bonne crève avec tous les écarts de température que l’on se prend depuis 1 semaine et 1/2. On part ensuite pour le désert de Dali et la magnifique Laguna Verde au pied du volcan Licancabur. Il est 10h lorsque l’on arrive à la frontière Chilienne. On quitte Lucio et Patrick (le Suisse) qui repartent sur Uyuni. Pour nous commencent les formalités un peu chiantes pour entrer au Chili. Les Chiliens sont hyper pointilleux comme j’avais pu m’en apercevoir il y à quelques années lors du périple en Argentine. Un bus nous emmène jusqu’à San Pedro de Atacama, on perd plus de 2000m d’altitude d’un coup. On passe la douane puis on se pose dans un hôtel à San Pedro. La ville est un peu morte et ne semble vivre que du tourisme. Il est trop tard pour commencer une excursion et on  a du sommeil à rattraper…

Jueves 24 de Septiembre :

Après avoir fait le tour des agences la veille, on a choisit un tour d’une journée dans le Salar de Atacama et les Lagunas Altiplanicas. D’autres tours nous intéressaient plus (geysers d’El Tatio et Vallée de la Luna) mais la perspective de devoir encore se lever à 3h du mat’ après quasi 3 nuits blanches nous a découragé. Les paysages ressemblent au Salar de Uyuni mais en moins bien. On passe quand même encore une bonne journée à plus de 4000m d’altitude. Le soir on décide de quitter San Pedro plus tôt que prévu pour retourner au Pérou.

Viernes 25 de Septiembre :

On roule toute la nuit jusqu’à Arica, à la frontière Chilo-Péruvienne. Un taxi nous fait parcourir l’heure de route séparant Arica de Tacna au Pérou. On partage le taxi avec un couple anglo-irlandais très sympathique, que l’on avait déjà croisé dans le Salar de Uyuni. Ils partent pour Ica et nous pour Arequipa. On arrive en fin d’après-midi à Arequipa, une belle ville coloniale entourée des volcans El Misti, Chachani et Pichu Pichu.

Sábado 26 de Septiembre :

La journée est consacrée à la visite de la ville, de la Plaza de Armas à la Compania en passant par le Monastère de Santa Catalina, une véritable ville dans la ville. Arequipa est la deuxième ville du Pérou après Lima et c’est une ville où l’on se sent bien. On planifie nos activités pour les jours à venir, moins culturelles et plus sportives (VTT + Rafting).

Sábado 26 de Septiembre :

On part vers 8h en mini-bus pour monter jusqu’à 5000m, presque en haut du volcan Chachani où nous attend une descente vertigineuse et parfois assez technique jusqu’à Arequipa. Une bonne quarantaine de km de descente, sur des pistes défoncées oú guettent des pierres saillantes. On s’arrête de temps em temps pour laisser passer les troupeaux de vigognes ou pour changer une roue crevée. Pas de bobos à signaler. Demain, rafting.

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Miércoles 16 de Septiembre :

On a une fois de plus rendez-vous avec Carlos, notre chauffeur de tacot, pour nous emmener en différents sites plus ou moins éloignés. On commence par le terminal de bus afin de prendre notre billet pour le soir même. Ensuite, direction Sacsahuaman et ses ruines incas, que l’on regarde de loin car notre boleto touristico ne nous permet pas d’entrer dans ce site. Carlos nous arrête ensuite dans une ferme dans laquelle se trouvent les différentes sortes de lamas (alpagas, guanacos, vigognes et lamas). On est désormais incollable sur le lama, ya plus qu’à essayer de placer ça en société. Pas gagné cette histoire ! On file ensuite à Pisac, une sorte de mini Macchu Picchu avec ruines incas et terrasses à flanc de montagne. La ballade est superbe, le paysage autour tout autant. On reste une bonne heure et demie sur le site puis on retrouve Carlos afin de revenir à Cuzco. Avant de prendre le bus pour Puno dans la soirée, on passe au restau afin de goûter au plat du coin, le Cuy. Je suis le seul à tenter l’expérience cochon d’inde, car oui le Cuy est un cochon d’inde servi rôti ou frit. Si concernant l’aspect visuel de la chose, je ne regrette pas mon choix, pour ce qui est du goût par contre…C’est assez fort, un peu comme du gibier, sans que je sache si c’est « naturel » ou bien le fait des herbes aromatisantes qui ont servi à sa cuisson. Je vais rester fidèle au poulet, une valeur sûre. On dit au revoir à Carlos à la gare routière et l’on part vers 22h pour Puno, au bord du lac Titicaca. On a pris des places en cama (couchettes) mais l’agence à fait du surbooking. La malchance tombe sur une locale aisée qui tape un scandale quand on lui demande de prendre une place en semi-couchettes. Elle menace d’appeler la policía toutes les 5 minutes et empêche le bus de partir. Au bout d’1 1/2h de palabres, le bus démarre même si le problême est loin d’être réglé. Elle continue de taper son scandale pendant une bonne heure, empêchant tout le monde de dormir. Finalement le local peu loquace à côté de moi laisse sa place et je me retrouve à côté de l’hystéro. Le Cuy a entrepris de me labourer les intestins, peut être pour me rappeler que mon 1er animal de compagnie était un cochon d’inde…Bref, ça va pas fort et le bus n’est pas l’endroit idéal pour tomber malade. J’attends sournoisement que « miss scandale » s’endorme à côté de moi et je la réveille pour aller aux toilettes. Comme je m’y attendais, elles sont dans un état lamentable mais dans le mien d’état, on fait pas le difficile ! On arrive à 4h30 à Puno, un peu dans le gaz. Pourtant il faut tout de suite trouver un hôtel, un billet de bus pour le lendemain et un tour en bateau pour la journée. La douche presque chaude de l´hôtel est un ravissement.

Jueves 17 de Septiembre :

A peine arrivés et déjà on repart pour un tour sur le lac Titicaca en bateau. On commence par les îles Uros, des îles flottantes (miam) sur lesquelles vivent les indiens Amayras. Le chef du village nous présente son peuple et nous explique comment sont faites les îles, leur durée de vie…Bien sûr il y a un intérêt mercantile derrière tout ça mais on passe franchement un bon moment en évitant de se mêler aux gogos. On part ensuite pour 2h30 de traversée jusqu’à l’île de Taquile. Déception, l´île est grande mais pas très intéressante. Une petite heure sur place et déjà on repart pour Puno.

Viernes 18 de Septiembre :

La matinée est consacrée au transfert en bus pour Copacabana, le vrai, le Bolivien. 3h30 de trajet en bus dont le passage à la frontière un peu folklo puisque c’est à pied qu’il se fait. Comme Puno, Copacabana est nichée au bord du lac Titicaca, à près de 4000m d’altitude. On commence à s’y habituer même si on est vite essoufflés lors d’un effort. Il fait plutôt chaud la journée et un peu frais le matin et le soir. La ville est petite mais sympathique. On arrive vers midi et on prend un bateau pour visiter l’Isla del Sol. Malheureusement en une petite heure sur l’île on a pas le temps de voir grand chose, cela avait pourtant l’air beaucoup plus intéressant que Taquile.

Sàbado 19 de Septiembre :

Déja une semaine que l’on est sur place et on a vu tellement de choses que l’on a l’impression que ça fait plus que ça. On flâne un peu dans Copacabana (ouais on est comme ça nous), on va notamment voir le baptême des voitures à la cathédrale, un moment sympa. Notre bus pour La Paz part à 13h30 pour une arrivée prévue à 17h. Les paysages sur le chemin sont superbes avec notamment la cordillère royale et ses sommets enneigés ainsi que les scènes de la vie agricole. On doit emprunter un bateau pour franchir un bras du Titicaca, notre bus faisant de même sur une sorte de grande barque ! La vue en arrivant sur La Paz est incroyable. Depuis la ville nouvelle d’El Alto, sise à 4000m d’altitude et correspondant à la banlieue de La Paz, on voit la capitale bolivienne en contrebas (400m plus bas tout de même) et les sommets de l’Illimani (6439m) et du Huyna Potosi (6200m) autour. On prend un hôtel avec de l’eau chaude (un luxe depuis que l’on est arrivés) et le billet de bus pur le lendemain soir. L’expédition laverie s’avère périlleuse du fait que le dimanche est ici vraiment sacré comme on s’en est aperçu depuis notre arrivée, mais on finit par trouver une laverie ouverte le lendemain.

Domingo 20 de Septiembre :

Journée tranquille en ce dimanche avec visite de la Paz et photos depuis les hauteurs de la ville. La Paz est une ville cuvette avec des rues pentues comme des cols Hors Catégorie du Tour de France, le tout à 3600m d’altitude. Autant vous dire qu’on est content de se poser par moments. D’autant plus que ce soir on part pour Uyuni et 3 jours dans son désert de sel puis 2 jours dans le désert d’Atacama au Chili. Retour à la civilisation dans 5 jours…

Sábado 12 de Septiembre :

Réveil matinal pour être à l’aéroport vers 05h30. Départ vers 07h30 pour Amsterdam, escale d’une heure puis départ à 10h pour Lima. Le vol est assez long (12h45) mais le grand choix de films à disposition fait qu’il se passe plutôt bien. Arrivée à Lima à 15h45 heure locale, les bagages mettent un peu de temps à arriver. Un taxi nous attend pour rejoindre l’hôtel. La  guara (le brouillard) règne comme d’habitude sur Lima. La ville est assez moche hormis quelques églises. On se ballade un peu sur la Plaza de Armas mais le jour tombe déjà et on est complètement claqué par le voyage et le décalage horaire. On se couche sans manger vers 20h.

Domingo 13 de Septiembre :

Debout à 6h, petit-dèj en terrasse puis départ vers 8h pour l’aéroport de Lima, direction Cuzco sur un vol intérieur. On survole de superbes sommets enneigés jusqu’à l’arrivée à Cuzco sous un soleil radieux. On se prend un hôtel sur les hauteurs,  le point de vue est superbe sur la ville et la Plaza de Armas. On part se ballader dans les ruelles pavés et l’on ressent les effets de l’altitude. Cuzco est en effet à 3300m de haut et notre organisme n’est pas encore acclimaté. Hormis les restaurants, tous les monuments et magasins sont fermés, on badine pas avec le jour du seigneur ici !

Lunes 14 de Septiembre :

On  a loué le taxi, qui nous avait emmené de l’aéroport, pour la journée. Au menu le village de Chinchero, le centre agricole de Moray avec ses terrasses en cercles concentriques, les extraordinaires Salinas de Maras et la cité inca d’Ollantaytambo. On passe la nuit à Ollantaytambo afin de prendre le train de bonne heure pour Aguas Calientes.

Martes 15 de Septiembre :

Debout à 4h pour un départ du train prévu à 5h30. 2h de trajet pour arriver à Aguas Calientes de bonne heure afin de profiter du site avant l’affluence. On arrive à Macchu Picchu vers 8h et la beauté du site se passe de commentaires. On a beau le connaitre par coeur, on reste émerveillés par la vue depuis la maison du gardien notamment. Le temps de se ballader un peu sur le site, la montée à Huyana Picchu (réservée aux 400 premiers) est dèjà complète. Tant pis on se rabat sur celle vers Intipunku qui correspond à la fin du célèbre trek de l’Inca. Retour sur Cuzco en train.

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C’était l’avant-dernier rendez-vous de l’été pour les concerts secrets du 7ème Ciel. C’était la première fois que j’étais tiré au sort et cela tombait plutôt bien puisque ce soir là c’était Kwoon qui était invité à prendre place sur cette terrasse du XVIIIème arrondissement reconvertie, l’espace d’un soir, en salle de concert. On était une bonne vingtaine, voire un peu plus, les uns assis par terre, tout près de la « scène », les autres debout, au fond, afin de pouvoir prendre quelques photos. Il faut dire que le cadre, sublime, s’y prêtait à merveille, avec le Sacré-Cœur illuminé juste derrière, nous toisant assis sur sa butte. Il faut dire aussi que les gens du 7ème Ciel ont des goûts très surs en matière de musique, la décoration de l’appartement en est la preuve visible, la sélection des groupes amenés à jouer sur leur terrasse (The Sleeping Years, Glen Johnson, Michael Wookey, And Also The Trees….) en est une plus audible. Ils avaient choisi ce soir d’accueillir les français de Kwoon, un groupe dont j’avais déjà brièvement parlé en ces pages, que j’avais croisé lors d’un concert intimiste au 1 Bis, un lieu déjà occupé à l’époque par Damien, aujourd’hui instigateur des concerts du 7ème ciel. En formation acoustique pour l’occasion, Kwoon a fait apprécier quelques une de ses ballades atmosphériques qui lui ont valu le surnom de « Sigur Ros français ». On a également pu se délecter de quelques nouveaux titres qui figureront sur leur second album dont la sortie est prévue bientôt. Une magnifique soirée.

C’est un peu tiré par les cheveux mais le fait que « Eskimo Snow » résulte de chutes de studio du précédent « Alopecia« , qui comme chacun le sait est la chute des cheveux, est un joli pied de nez à l’histoire. L’histoire parlons-en, elle a commencé en 2008 lors de l’enregistrement du troisième album de Why ?, le groupe abstract hip-hop de Yoni Wolf. Les 10 titres présents sur « Eskimo Snow » sont enregistrés mais restent sur le carreau, par souci de cohérence. Cohérence, mais quelle cohérence ? Pour comprendre la démarche de Yoni Wolf, il suffit de jeter une oreille à ce nouvel album. Il contient, selon l’aveu même de son leader, les titres les moins hip-hop qu’il ait enregistré, des titres avec une structure se rapprochant du classique couplet/refrain, pratiquement une hérésie pour un groupe passé maître dans les compositions abstraites.

On avait donc tout à craindre de cet « Eskimo Snow » et Yoni Wolf et sa meute tout à perdre, y compris leur crédibilité. Cela dit, connaissant le talent du bonhomme, on se faisait assez peu de souci sur la qualité des titres de ce quatrième album de la tête de gondole du label anticon. Une fois le single This Blackest Purse avalé, on piaffait carrément d’impatience, convaincu que l’on allait tenir là un nouveau petit bijou après « Elephant Eyelash » et « Alopecia« . Au début, on a quelque peu modulé notre enthousiasme, pour plusieurs raisons qui n’ont rien à voir avec le côté plus hip-pop que hip-hop de l’album. Il y a tout d’abord la longueur de l’album, 10 titres pour 35 minutes, on a tout juste le temps de s’imprégner de ces  compositions plus calmes que c’est déjà fini. Un peu frustrant. Il y a aussi et surtout peu de titres véritablement accrocheurs comme pouvait l’être Rubber Traits, Gemini, The Hollows ou Song of the Sad Assassin pour n’en citer que quelques uns.

Ces quelques regrets ont pourtant tendance à s’effacer au fur et à mesure des écoutes répétées pour laisser place à un sentiment plus favorable. Une fois digérée, cette crème glacée dévoile petit à petit ses charmes à commencer par l’introductif These Hands, superbe ballade aussi courte que poignante enchaînée avec January Twenty Something. Against Me est sans hésitation l’un des meilleurs titres de l’album, porté par le chant aquatique de Yoni Wolf, de même que Into The Shadows of My Embrace, petite sucrerie psyché-folk alambiquée, bien loin du schéma couplet/refrain promis par Yoni. Hormis One Rose et l’excellent This Blackest Purse, le reste est moins marquant, confirmant que cet « Eskimo Snow », tout en étant un bon album, n’atteint pas les sommets des précédents opus de Why?.

Why?This Blackest Purse [mp3]

Why? on Myspace.

Lire l’avis de Benjamin sur Playlist Society.

Lire les chroniques de « Alopecia »  et « Elephant Eyelash » par Cécile.

Voir la vidéo du concert de Why? au Nouveau Casino le 08 juillet sur Grandcrew.

Troisième et dernier jour,  à priori le plus intéressant avec le premier. Le festival affiche de nouveau complet, la deuxième fois dans la même édition, du jamais vu puisque seul Radiohead en 2006 avait réussi à mettre une journée sold-out. Problême : après avoir arpenté le Parc de Saint-Cloud en long, en large et en travers pendant 2 jours, avoir sauté comme un dingue pendant tout le set de Calvin Harris, avoir avalé une demi-tonne de poussière, avoir eu une hygiène alimentaire indigne de ce nom et un quota de sommeil bien en deça des normes requises, j’ai du mal à me faire violence pour être sur place pour les premiers concerts de la journée.

Prévoyant le coup, les organisateurs avaient placé les Canadiens de Metric en ouverture, dès 14h30. Si l’envie de voir la jolie Emily Haines, sautiller sur les titres du pourtant très bof « Fantasies« , était très forte, la fatigue eut le dernier mot et c’est donc vers 17h que je franchis les portes du parc. Sliimy commence son « show » sur la scène de la Cascade, étonnamment il y a du monde et l’accueil du public est plutôt froid mais correct. De loin ça ressemble à une énorme farce et surtout à une grosse erreur de casting. On fuit rapidement la pop androgyne du Stéphanois pour se diriger vers les Eagles of Death Metal, toutes moustaches dehors, qui s’apprêtent à déverser des litres de sueur et de rock garage sur la grande scène. Jesse Hugues, avec son look de biker un peu crasseux, harangue la foule, terminant toute ses phrases par un tonitruant « Can you Dig it ? ».  Musicalement pas trop mon truc mais pas désagréable au final.

Sans attendre la fin du set, on repart vers la scène de la Cascade pour l’un des évènements du festival, le groupe « mystère » Les Petits Pois. Cela fait bien longtemps que le secret a été éventé, la curiosité n’en est pas moins grande de voir sur scène Josh Homme + Dave Grohl +  John Paul Jones, 3 personnalités majeures de l’histoire du rock. La scène de la Cascade s’avère bien vite trop petite pour accueillir tous les festivaliers désireux de voir ce super groupe prénommé Them Crooked Vultures. L’accueil qui leur est réservé à leur entrée sur scène est triomphal alors que la majorité du public n’a jamais entendu le moindre titre de ce groupe tout neuf. Josh Homme ironise en présentant le groupe comme étant « Les Petits Pois ». Si individuellement, chacun excelle dans son registre (batterie pour Grohl, basse pour Jones et voix + guitare pour Homme), l’ensemble ne m’emballe pas plus que ça mais je n’ai jamais été un grand fan de rock stoner, ceci explique peut être cela. L’impression d’être passé à côté de quelque chose, tant pis.

Retour sur la grande scène pour MGMT, autre évènement attendu par une bonne partie des festivaliers à en juger par le nombre d’ados au look néo hippies-fluokids. Un look que les New-Yorkais ont depuis rangé au placard, optant désormais pour des tenues très sobres qui masquent difficilement l’air juvénile d’Andrew VanWyngarden. Le guitariste-chanteur paraît impressionné, un peu perdu sur scène par moment, apathique devant un public tout acquis à sa cause. On avait des doutes sur le rendu-live de « Oracular Spectacular » et ses tubes de l’été 2008 (Kids, Electric Feel, Time to Pretend), on a désormais des certitudes. MGMT n’est pas un groupe à voir en live, pour l’instant…

J’étais resté sur une prestation peu convaincante des Klaxons à Bercy en première partie du show Daft Punk, j’attendais donc le trio au tournant de la scène de la Cascade afin de jauger des progrès live des anglais et pourquoi pas entendre quelques titres du deuxième album en préparation. J’ai été servi sur toute la ligne.  Les Klaxons ont proposé un des sets les plus intenses de la journée, voire du festival, en combinant rock et électro, tubes de « Myths of The Near Future » (Golden Skans, Gravity’s Rainbow, It’s Not Over Yet, Magick) et nouveaux titres prometteurs. Ceux (dont moi), qui voyaient les Klaxons disparaître aussi vite qu’ils étaient arrivés vont devoir réviser leur jugement.

Après Oasis (RIP) le vendredi et Faith No More le samedi, Rock en Seine avait décidé de confier les clés de la grande scène à un autre glorieux ancien des années 90, Prodigy. Le groupe anglais fut l’un des pionniers du big beat (avec entre autres les Chemical Brothers et Fatboy Slim), ce mélange rock/électro/hip hop qui déferlât sur l’Europe au milieu des 90’s. Prodigy s’est fait connaître avec « Music for The Jilted Generation » avant d’être starisé grâce à « The Fat of The Land » puis de tomber dans l’oubli ou l’indifférence avec 2 albums insignifiants. Toujours mené par les 2 fontmen déjantés, Keith Flint et Maxim Reality, Prodigy a assuré le spectacle et fait danser la marée humaine présente devant la grande scène sur ses tubes Breathe, Voodoo People, Firestarter ou encore Poison. On reste cependant plus sceptique sur les titres de leur dernier album (« Invaders Must Die ») qui ressemblent parfois à de l’eurodance…

Au final, cette édition de Rock en Seine a été un très bon cru, pour les organisateurs tout d’abord, avec un record historique de spectateurs (97 000), malgré une première journée catastrophique avec une nouvelle annulation d’une tête d’affiche (la troisième consécutive). Pour les festivaliers ensuite, car le reste de la programmation a heureusement permit d’oublier cet accroc. Rendez-vous en 2010, pour 3 jours de festival et peut être même un 4ème

Après le couac de la veille, le festival a la gueule de bois. Oasis est sur toutes les lèvres, on en oublie presque qu’il y a eu de la qualité chez les autres concerts de la première journée. Heureusement le soleil est de nouveau au rendez-vous et le public, quoi que moins nombreux que la veille, a répondu présent en nombre. Les t-shirts Offspring et Faith No More sont de sortie, on se croirait revenu au milieu des 90’s, quand ces 2 groupes faisaient se déplacer les foules. Après une première journée plutôt pop, la programmation de ce samedi est résolument rock.

La journée commence pour moi avec Dananananaykroyd, un groupe écossais composé de 2 chanteurs, 2 batteurs, 2 guitaristes et 1 bassiste. Ca crie, ça saute, ça gesticule, c’est pas toujours très mélodique mais la fraîcheur et le bonne humeur de l’ensemble fait que l’on garde au final un bon souvenir de leur performance. A noter une distribution de free-hugs par les membres du groupe aux premiers rangs du public (dont Kris). Pendant que Billy Talent hurle son emocore sur la grande scène, je décide de rester à proximité de la scène de la Cascade pour le concert de The Horrors. Chenille devenue papillon depuis la parution de leur deuxième album (« Primary Colours ») produit par Geoff Barrow, les Anglais ont le désavantage de se produire en plein jour, eux qui aiment s’entourer d’artifices (fumée…) pour accompagner leurs prestations live. Si la qualité de leurs derniers titres n’est pas à mettre en doute, en témoigne les Mirror’s Image et autre Sea Within A Sea, on reste sur notre faim quand à la performance scénique du quintet, un brin caricaturale à l’image de son leader Faris Badwan arpentant la scène comme un lion en cage.

Je laisse la foule rallier la grande scène pour le concert d’Offspring et je me pose face à la scène de l’Industrie pour assister au concert de Yann Tiersen. Le Breton nous prend au dépourvu en délivrant un set énergique, plutôt électrique et majoritairement instrumental mais ça on s’y attendait. Une facette moins lisse que celle des nombreuses bande-originales de films composées par le bonhomme.

Les organisateurs ont tiré les leçons du flop Hot Chip d’il y à 2 ans, programmé en plein milieu d’après-midi sur la grande scène devant une assistance clairsemée. Les concerts électro sont désormais relégués sur les scènes annexes, une fois que l’obscurité a pris ses quartiers. Le résultat est à l’opposé de celui récolté par Hot Chip, à savoir une énorme ambiance pour touts les concerts électro et notamment celui de Calvin Harris sur la scène de la Cascade. Les tubes de l’Anglais, qui se vantait d’avoir créé le disco sur son premier album, font mouche à l’image de Acceptable in the 80’s et The Girls ou des plus récents Ready For The Weekend et You Used To Hold Me, issus du nouvel album. L’une des plus grosses ambiances de ces 3 jours de festival.

Je continue à prendre la foule à contre-pied en choisissant la scène de la Cascade et les School of Seven Bells au détriment de la reformation de Faith No More sur la grande scène. Le trio vaut le déplacement à la fois pour le mélange shoegaze-pop vaporeuse-new age que l’on a pu apprécier sur leur premier album, le magnifique « Alpinisms », mais également pour les ravissantes jumelles Alley et Claudia Deheza dont les voix nous rappellent au bon souvenir d’une certaine Liz Fraser (Cocteau Twins). Après un enchaînement White Elephant Coat/Connjur/Half Asleep de toute beauté, le groupe conclut le set par un dernier morceau de 10 minutes (Sempiternal-Amaranth).

Les DJ français de Birdy Nam Nam ont l’honneur de clôturer la soirée et de faire danser le public encore nombreux. 24h après, le « traumatisme » Oasis fait désormais partie des livres d’histoire.

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