Troisième et dernier jour,  à priori le plus intéressant avec le premier. Le festival affiche de nouveau complet, la deuxième fois dans la même édition, du jamais vu puisque seul Radiohead en 2006 avait réussi à mettre une journée sold-out. Problême : après avoir arpenté le Parc de Saint-Cloud en long, en large et en travers pendant 2 jours, avoir sauté comme un dingue pendant tout le set de Calvin Harris, avoir avalé une demi-tonne de poussière, avoir eu une hygiène alimentaire indigne de ce nom et un quota de sommeil bien en deça des normes requises, j’ai du mal à me faire violence pour être sur place pour les premiers concerts de la journée.

Prévoyant le coup, les organisateurs avaient placé les Canadiens de Metric en ouverture, dès 14h30. Si l’envie de voir la jolie Emily Haines, sautiller sur les titres du pourtant très bof « Fantasies« , était très forte, la fatigue eut le dernier mot et c’est donc vers 17h que je franchis les portes du parc. Sliimy commence son « show » sur la scène de la Cascade, étonnamment il y a du monde et l’accueil du public est plutôt froid mais correct. De loin ça ressemble à une énorme farce et surtout à une grosse erreur de casting. On fuit rapidement la pop androgyne du Stéphanois pour se diriger vers les Eagles of Death Metal, toutes moustaches dehors, qui s’apprêtent à déverser des litres de sueur et de rock garage sur la grande scène. Jesse Hugues, avec son look de biker un peu crasseux, harangue la foule, terminant toute ses phrases par un tonitruant « Can you Dig it ? ».  Musicalement pas trop mon truc mais pas désagréable au final.

Sans attendre la fin du set, on repart vers la scène de la Cascade pour l’un des évènements du festival, le groupe « mystère » Les Petits Pois. Cela fait bien longtemps que le secret a été éventé, la curiosité n’en est pas moins grande de voir sur scène Josh Homme + Dave Grohl +  John Paul Jones, 3 personnalités majeures de l’histoire du rock. La scène de la Cascade s’avère bien vite trop petite pour accueillir tous les festivaliers désireux de voir ce super groupe prénommé Them Crooked Vultures. L’accueil qui leur est réservé à leur entrée sur scène est triomphal alors que la majorité du public n’a jamais entendu le moindre titre de ce groupe tout neuf. Josh Homme ironise en présentant le groupe comme étant « Les Petits Pois ». Si individuellement, chacun excelle dans son registre (batterie pour Grohl, basse pour Jones et voix + guitare pour Homme), l’ensemble ne m’emballe pas plus que ça mais je n’ai jamais été un grand fan de rock stoner, ceci explique peut être cela. L’impression d’être passé à côté de quelque chose, tant pis.

Retour sur la grande scène pour MGMT, autre évènement attendu par une bonne partie des festivaliers à en juger par le nombre d’ados au look néo hippies-fluokids. Un look que les New-Yorkais ont depuis rangé au placard, optant désormais pour des tenues très sobres qui masquent difficilement l’air juvénile d’Andrew VanWyngarden. Le guitariste-chanteur paraît impressionné, un peu perdu sur scène par moment, apathique devant un public tout acquis à sa cause. On avait des doutes sur le rendu-live de « Oracular Spectacular » et ses tubes de l’été 2008 (Kids, Electric Feel, Time to Pretend), on a désormais des certitudes. MGMT n’est pas un groupe à voir en live, pour l’instant…

J’étais resté sur une prestation peu convaincante des Klaxons à Bercy en première partie du show Daft Punk, j’attendais donc le trio au tournant de la scène de la Cascade afin de jauger des progrès live des anglais et pourquoi pas entendre quelques titres du deuxième album en préparation. J’ai été servi sur toute la ligne.  Les Klaxons ont proposé un des sets les plus intenses de la journée, voire du festival, en combinant rock et électro, tubes de « Myths of The Near Future » (Golden Skans, Gravity’s Rainbow, It’s Not Over Yet, Magick) et nouveaux titres prometteurs. Ceux (dont moi), qui voyaient les Klaxons disparaître aussi vite qu’ils étaient arrivés vont devoir réviser leur jugement.

Après Oasis (RIP) le vendredi et Faith No More le samedi, Rock en Seine avait décidé de confier les clés de la grande scène à un autre glorieux ancien des années 90, Prodigy. Le groupe anglais fut l’un des pionniers du big beat (avec entre autres les Chemical Brothers et Fatboy Slim), ce mélange rock/électro/hip hop qui déferlât sur l’Europe au milieu des 90’s. Prodigy s’est fait connaître avec « Music for The Jilted Generation » avant d’être starisé grâce à « The Fat of The Land » puis de tomber dans l’oubli ou l’indifférence avec 2 albums insignifiants. Toujours mené par les 2 fontmen déjantés, Keith Flint et Maxim Reality, Prodigy a assuré le spectacle et fait danser la marée humaine présente devant la grande scène sur ses tubes Breathe, Voodoo People, Firestarter ou encore Poison. On reste cependant plus sceptique sur les titres de leur dernier album (« Invaders Must Die ») qui ressemblent parfois à de l’eurodance…

Au final, cette édition de Rock en Seine a été un très bon cru, pour les organisateurs tout d’abord, avec un record historique de spectateurs (97 000), malgré une première journée catastrophique avec une nouvelle annulation d’une tête d’affiche (la troisième consécutive). Pour les festivaliers ensuite, car le reste de la programmation a heureusement permit d’oublier cet accroc. Rendez-vous en 2010, pour 3 jours de festival et peut être même un 4ème

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