Pour une raison que j’ignore, je m’étais détourné de la carrière de Dominique A.  Mon premier contact avec lui remonte pourtant au début des années 90, à l’époque de son deuxième album (« La Fossette« ), encensé à l’époque par « l’Inrockuptible » Bernard Lenoir, dont je buvais les paroles sur les ondes de ma radio. Je m’immergeais dans le monde de la musique indé, après des années à écouter les tubes du Top50, comme tout adolescent pendant les 80’s. C’était aussi l’époque de mes premiers concerts. Les Cure de Robert Smith pour commencer… et puis Dominique A peu de temps après. Pour tout dire on venait plutôt voir les Little Rabbits et on avait eu en prime Dominique A et les Afghan Whigs.

Je me souviens d’un garçon timide, seul sur scène, qui chantait des chansons mélancoliques et minimalistes, le parfait exemple étant donné par son tube Le Courage des Oiseaux et sa boite à rythme un peu cheap. Est ce le fait de voir son nom aux Victoires de la Musique en 1995 qui m’a fait penser ça ? Toujours est il que j’ai ensuite associé Dominique A à de la « chanson française à texte », un genre que je ne supporte pas (ne venez pas me parler du nouvel album de Benjamin Biolay). On dit que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Est ce la curiosité ou le remords qui m’a fait jeter une oreille à « La Musique« , son dernier album ? Peu importe. J’ai tout de suite compris mon erreur. Dominique A est un très grand compositeur français, un très grand compositeur tout court. Son dernier album est parait-il une tentative de refaire « La Fossette« , 15 ans après. Le minimalisme et les synthés un peu cheap sont en effet de sortie mais le bonhomme a fait du chemin depuis Le Courage des Oiseaux. Les morceaux de bravoure se nomment ici  Nanortalik, Le Sens, Des Etendues, Hôtel Congress, La Musique et Immortels, l’une des chansons de l’année à n’en pas douter.

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