Cela ne sera peut être plus le cas au moment où vous lirez ces lignes, mais au moment où je les écris, avec le nouvel album de Kwoon en fond sonore, il fait gris dehors. Les toits sont gris, le ciel est gris, même les chats sont gris alors que ce n’est pas la nuit, à peine le matin. Ce soir on change d’année, de décennie aussi accessoirement. Celle qui va s’achever a vu naître un groupe français très prometteur, du nom de Kwoon, auteur il y a 4 ans d’un premier album qui avait fait souffler un vent de poésie et d’onirisme sur une scène française un peu sclérosée et stéréotypée.

La nouvelle décennie débute pour Kwoon avec « When The Flowers Were Singing« , un second album autoproduit, qui nous transporte à nouveau dans l’imaginaire du collectif parisien, sur des chemins balisés par Sigur Ros, Gospeed You Black Emperor ou encore Mono. Les sentiers y sont parfois sinueux, tortueux, mais le paysage alentour y est de toute beauté. L’album combine morceaux instrumentaux et titres chantés, dans une veine plutôt post-rock, long crescendos mélodiques et mélancoliques comme autant échappées belles (Great Escape ; Schizophrenic ; Ayron Norya).

Ne pas fier au déluge de guitares de l’Overture, à cette batterie surpuissante qui martèle le rythme comme votre tête après une gueule de bois post-réveillon. Le groupe de Sandy Lavallart construit ses lentes mélopées comme des origami (pliages japonais en papier), ajoutant les instruments les uns après les autres, par petites touches (un violon, un piano, des guitares, un glockenspiel….), le tout formant au final un magnifique dédale dans lequel on se perd avec gourmandise (Labyrinth of Wrinch).

Au moment où j’écris ces lignes, on a changé d’année, de décennie aussi accessoirement. Il fait gris dehors. Les titres de « When The Flowers Were Singing » résonnent dans mon casque pendant que je termine machinalement le pliage d’un oiseau en papier…

Cette chronique a été écrite pour Indiepoprock.net.

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