Là où Konstantin Gropper avait mis plus de trois ans pour accoucher d’un premier album particulièrement bluffant et mature, moins de deux années lui ont été nécessaires pour donner le jour à « Vexations« , le très attendu deuxième album de Get Well Soon. Comme toujours l’exercice de devoir valoriser et confirmer un premier album n’est pas chose facile, Vampire Weekend peut en témoigner. L’artiste se retrouve bien souvent devant un choix cornélien : proposer peu ou prou la même formule ayant faite ses preuves ou tout changer et risquer de perdre une partie de l’auditoire obtenu de haute lutte.

Konstantin Gropper a choisi la première solution, à savoir capitaliser le succès de « Rest Now, Weary Head !« . « Vexations » n’est pourtant pas à proprement parler une copie carbone de son prédécesseur, c’est un album qui y ressemble, ce qui rassurera les fans de la première heure, mais avec suffisament de différences pour que l’on soit surpris lors des premières écoutes. Ce qui surprend le plus, de prime abord, c’est la volonté de Konstantin Gropper non pas d’en faire plus que sur son premier album mais bel et bien d’en faire moins. Le premier album de l’Allemand avait en effet la fâcheuse tendance d’empiler les couches mélodiques, parfois jusqu’à l’écoeurement. 

Sur « Vexations« , Gropper a donc fait subir une légère cure d’amaigrissement à ses mélodies et à leur orchestration pantagruélique. L’ensemble n’en reste pas moins fort consistant, notamment au niveau des arrangements, le péché mignon du garçon. Chœurs morriconiens, cordes, cuivres, toute l’artillerie lourde de la pop baroque et lyrique est une fois de plus de sortie mais avec un bémol bienvenu tant ce genre peut être indigeste sur la longueur de 14 titres. Si l’on ne peut plus invoquer le pêché de gourmandise, on peut par contre regretter la trop grande uniformité des morceaux de Get Well Soon, criante sur ce second opus. Ajoutez à cela un manque de titres phares et vous obtenez pour l’auditeur, à mi-album, la fâcheuse sensation de tourner un peu en rond.

Si cela ne remet pas en cause la qualité de cet album et le talent unanimement reconnu de son auteur, ce sentiment que Konstantin Gropper en fait toujours un peu trop pourrait à la longue lasser même les plus gourmands d’entre-nous.

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