Ce qui surprend à la première écoute de cet album d’Eamon Grath, c’est le timbre de vieux loup de mer de ce jeune canadien et le rendu live des morceaux de son « 13 Songs of Whiskey and Light « . A peine 20 piges au compteur  et déjà 18 albums à son palmarès, enregistrés chez lui, et n’ayant probablement jamais dépassé la porte du garage hormis pour quelques concerts dans des bars louches. Une centaine de morceaux dont le natif d’Edmonton n’a gardé que la substantifique moelle, soit 13 chansons bourrées d’énergie, de passion et d’un peu de bourbon.

Tantôt folk, tantôt blues, tantôt rock, le tout dans un esprit punk, voilà à quoi ressemble les chansons d’Eamon McGrath. La production est à minima, ce qui explique le rendu live et donne parfois une impression d’amateurisme ou de fraîcheur bienvenue, selon que l’on apprécie ou pas l’univers du Canadien. Quelques titres sortent du lot, notamment l’introductif Welcome to the Heart au piano, un Machine Gun Cowboy que l’on a du mal à croire écrit et interprété par un gamin d’à peine 20 ans (« I’m going up to heaven soon »), un Last Man Standing en forme de lendemain de gueule de bois ou encore le déchirant Desperation, Alberta.

S’il est trop tôt pour dire si un songwriter est né, on est sûr d’une chose, Eamon McGrath a du talent et de la volonté à revendre et l’on suivra avec attention ses futurs travaux, à commencer par le premier album qu’il enregistrera en studio cet été.

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