Avant d’être un coffret DVD, « The Red Riding Trilogy » a connu une éphémère carrière au cinéma. Ephémère car mal positionnés, les 3 films sortant le même jour, et mal présentés au public qui du coup ne s’est pas déplacé, ou très peu. Il faut dire qu’il fallait du courage pour s’enquiller les 3 films à la suite, pratiquement 5 heures de polar noir sur fond d’Angleterre Thatchérienne.

Avant d’être une série de films, « The Red Riding Trilogy » a connu le succès à la télévision anglaise. Succès qui doit beaucoup au talent de Channel 4 pour mettre en  images des histoires tissées par des scénaristes qui n’ont pas froid aux yeux, tout ce qui manque à la production télé française. 3 réalisateurs prometteurs utilisant des techniques différentes pour recréer à l’écran l’ambiance des 70’s-80’s, une partie de ce qui se fait de mieux au Royaume-Uni en matière de casting (Peter Mullan en pasteur, David Morrissey en policier, Andrew Garfield en journaliste, Sean Bean en industriel…), cela donne une fresque sombre qui vaut le détour.

Avant d’être une série de téléfilms, « The Red Riding Trilogy » a été une quadrilogie de bouquins signés David Peace. Inspirés de faits réels, les meurtres de prostituées par un serial-killer dans le Yorkshire des années 70-80, les livres de Peace (1974, 1977, 1980 et 1983) dépeignent le tableau d’une Angleterre en proie au marasme économique qui doit se plier au joug d’une police corrompue et violente avec en toile de fond une série de meurtres d’enfants.

Les 3 films (1977 a été oublié) tirés des livres de Peace sont à la fois indissociables les uns des autres et ne prennent un sens que lorsque l’on a achevé le visionnement du dernier d’entre eux. Chaque film s’attache plus particulièrement à la destinée d’un personnage un tant soit peu moral dans cet océan de chaos.

1974 est le moins intéressant du point de vue du récit général mais celui que j’ai préféré en terme de réalisation/cadrage, notamment les nombreux plans de dos du héros. Confié à Julian Jarrold qui a tourné en 16mm afin de recréer le grain des films de l’époque, il suit la descente aux enfers d’un jeune journaliste aux dents longues dans sa quête de la vérité. Ce premier épisode de la trilogie nous fait découvrir les différents protagonistes de cette histoire que l’on retrouvera dans les 2 suivants. Il met en place les premiers éléments du puzzle même s’il s’attache surtout au destin du journaliste Eddie Dunford (Andrew Garfield).

1980 est dans une veine similaire à 1974. On y suit le parcours de Peter Hunter (Paddy Considine), inspecteur de Manchester dépêché sur place pour enquêter sur les meurtres de l’Eventreur du Yorkshire, ce qui va lui valoir de nombreuses inimitiés avec la police locale.

1983 est le plus classique dans sa réalisation et dans ce que l’on attend d’une enquête policière au cinéma. Même si le récit s’attache plus particulièrement aux basques de l’inspecteur Maurice Jobson (David Morrissey), il s’attache à remettre toutes les pièces du puzzle en ordre afin d’arriver à la conclusion du récit et à un dénouement forcément tragique.

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