Jusqu’ici réservée à un public averti, amateur de ce que l’on pourrait appeler le post-rock symphonique et empathique, où les cuivres et les cordes ont remplacé les guitares, la musique d’Efterklang s’est épurée sur le dernier album des Danois afin de toucher un public plus large. Epurée n’est peut-être pas le terme approprié, disons qu’elle est devenue un peu moins cérébrale, moins complexe, plus pop au sens premier du terme. Ces cousins lointains de Sigur Ros (écoutez leur premier album « Tripper« ) ont délaissé pour un temps les longues plages symphoniques et solitaires pour celles plus immédiates et populaires que leur nouveau label, 4AD, espère remplies d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Si cette évolution a de quoi surprendre les fans de longue date, elle est faite de façon suffisamment délicate pour que l’on ne s’y sente pas en terrain hostile. On retrouve en effet sur « Magic Chairs » le côté symphonique et empathique qui a toujours dicté les mélodies des Danois depuis leurs débuts. Ici, il a simplement été adapté à un format plus pop en simplifiant les mélodies et en accordant une place plus importante aux instruments « traditionnels » (guitare, basse, batterie, piano). Les cordes et cuivres dont on les sait friands (jetez une oreille à leur « Performing Parades » avec l’orchestre national de chambre danois) sont toujours bel et bien présents mais un peu plus en retrait que sur leurs travaux précédents.

Autre évolution notable dans la musique des Danois, la part plus importante accordée au chant, qu’il soit en chœur ou en solo, au risque d’en devenir parfois irritant (The Soft Beating ressemblant à de la guimauve pop boursouflée ou Mirror Mirror trop proche d’Arcade Fire pour être honnête). Bien que moulé dans un format plus pop, « Magic Chairs » n’en reste pas moins un album d’Efterklang, sous-entendu avec son lot de bizarreries mélodiques, son grain de folie scandinave, cette beauté froide propre aux pays nordiques. Parler de beauté peut paraître incongru quand il s’agit de musique mais c’est exactement ce que je ressens à l’écoute d’Alike ; I Was Playing Drums ou Full Moon. Une beauté certes artificielle mais désormais prête à éclore aux yeux du plus grand nombre.

Chronique écrite pour Indiepoprock.

La session complète (4 titres) est visible sur le site de 4AD.

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