Au moment où l’Europe est paralysée par un volcan au nom imprononçable, les artistes s’organisent pour assurer les nombreuses dates prévues aux 4 coins du monde et notamment en France en ce mois d’avril traditionnellement chargé en concerts avant le grand raout des festivals de l’été. Alors que les Suédois de Shout Out Louds ont dû annuler leur concert du soir au Scopitone, les Canadiens The Besnard Lakes sont bel et bien présents dans un Bus Palladium fraîchement rénové afin de venir présenter les titres de leur album « Are The Roaring Night« .

La soirée débute avec l’une des belles découvertes de 2009 du côté de l’Hexagone, j’ai nommé Frànçois & The Atlas Mountains. Groupe à géométrie variable, la formation de Saintes réunit ce soir autour de François Marry  deux musiciens multi-instrumentistes et un percussionniste sautillant entouré d’un assemblage de percus africaines. Difficile de faire le rapprochement entre le son plutôt policé de l’album « Plaine inondable » et la performance délivrée en live par la formation charentaise, tout sauf pantouflarde. Improbable croisement entre la pop classieuse de Dominique A,  la folk psyché d’Animal Collective et les rythmes tribaux de la world music, la musique de Frànçois & The Atlas Mountains vous fait visiter, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les 4 coins de la planète (qui est ronde comme tout un chacun le sait). Loquace et visiblement heureux de pouvoir se produire « à la capitale »,  Francois se lance même dans une danse africaine sur le final en apothéose du dernier titre du set. On a hâte de pouvoir écouter le nouvel album en préparation, qui sera de l’aveu même de son géniteur, plus en phase avec leurs performances live.

Un rapide changement de plateau plus tard et le quatuor canadien The Besnard Lakes prend place sur scène, à quelques mètres de l’énorme boule à facettes, l’un des rares vestiges de l’ancienne vie du Bus Palladium. Les Montréalais ont des looks assez hétéroclites qui font esquisser quelques sourires au public…jusqu’à ce que la machine à fumée ne se prenne pour l’Eyjafjöll. La scène est recouverte de fumée pour la première fois de la soirée, le début d’une longue série. On savait que Jace Lasek avait une voix de tête qui n’était pas sans rappeler celle de notre Polnareff national mais on ne s’attendait pas à le voir arborer la même crinière et des lunettes old school. Le début du set est conforme à ce que l’on espérait, à savoir des titres jonglant entre le rock progressif des 70’s et le shoegaze des 80’s. Part belle est faite aux titres du dernier album, déjà bien rodés à l’image du diptyque Like the Ocean, Like The Innocent, d’Albatross (malgré le chant un peu faux d’Olga), du superbe Chicago Train ou de l’immense Land of The Living Skies Pt.2. Le groupe n’oublie pas pour autant les fans les plus anciens avec les désormais classiques  de « Are The Dark Horse » (Disaster ; For Agent 13 ; And You Lied to Me), leur premier véritable album, qui les avaient propulsé sous les feux des projecteurs il y à 3 ans de cela. Les Montréalais réussissent même le tour de force de me faire apprécier les solos de guitares façon 70’s qu’ils disséminent avec parcimonie dans leurs mélodies. L’un des meilleurs concerts (première partie + tête d’affiche) vu par votre serviteur à Paris cette année.

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