mai 2010


Après l’avoir un peu délaissée, voilà que j’ai envie de poster un morceau par jour dans cette rubrique. Ne pas chercher à comprendre. ..Night fait partie des 4 ou 5 titres qui actuellement tournent en boucle dans mon ipod. J’ai découvert Zola Jesus via Former Ghosts, un groupe dont je vais parler très bientôt. La chanteuse Nika Roza Danilova y fait une petite pige sur un morceau qui aura bientôt sa place ici. J’avoue que j’étais passé à côté de son album l’an dernier (« New Amsterdam« ) mais je vais rattraper séance tenante cette erreur.  Agée de seulement 21 ans, elle a déjà à son actif 2 albums et vient de sortir un nouvel EP, « Stridulum », qui réveille les fantômes de la cold-wave. On pense Siouxsie bien entendu, mais aussi Dead Can Dance, Kate Bush, ou plus proche de nous des groupes comme Cold Cave et Blank Dogs qui eux aussi ont choisi de montrer leur côté sombre comme dirait un certain Axel B.

Le clip est un peu kitsh et joue à fond la carte gothique. Ca tranche avec Best Coast (voir post précédent). En même temps, avec sa voix, si elle avait chanté en robe à pois, entourée de poneys et de marmottes, on l’aurait tout de suite trouvé moins crédible…A noter qu’elle assurera la première partie de Fever Ray en septembre prochain à l’Olympia.

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Je dépoussière un peu cette rubrique, légèrement délaissée ces derniers temps, à l’image de ce blog, avec un titre que l’on espère bientôt de saison. Best Coast, c’est Bethany Cosentino et Bobb Bruno, ils n’ont pour l’instant aucun album à leur actif, mais une poignée de morceaux commencent à sacrément buzzer sur la toile. Il y a d’abord eut Sun Was High (So Was I), Far Way et maintenant When I’m With You. Difficile de ne pas faire le rapprochement entre la pop lo-fi de ces Californiens et toute cette vague de groupes en « girls » (Vivian Girls ; Dum Dum Girls et Girls), dans la droite lignée d’un groupe en « boys » (Beach Boys). Ajoutez à cela un son noisy façon Jesus & Mary Chain et vous obtenez un tube que l’on a envie de fredonner en courant nu sur la plage…ou pas.

The World is Lazy

But You & Me, We’re Just Crazy

So When I’m With You, I Have Fun

Yeah When I’m With You, I Have Fun

Je fais depuis peu partie des blogs partenaires du concours CQFD. Pourquoi avoir répondu favorablement à cette sollicitation et pas aux autres ? Car oui il y en a d’autres, beaucoup d’autres, pas toujours intéressantes, souvent mal formulées voire complètement déshumanisées, comme si le blogueur musical n’était qu’un bot seulement capable de faire de la promo gratos. Bref, là n’est pas le propos.  Toi qui a essayé de me faire écouter ton album de hip-hop mariachi et toi qui a voulu me voir faire la promo pour je ne sais plus quelle marque à la noix, tu te demandes pourquoi CQFD ?

Ben oui derrière CQFD se cachent les Inrocks, le mal incarné pour de nombreux blogueurs musicaux (si si, j’ai les noms). Il y aurait beaucoup à dire (et à redire) sur la nouvelle formule et ligne directrice du magazine depuis son passage hebdo mais il n’en reste pas moins l’un des acteurs majeurs de la presse culturelle en France et du monde de la musique avec le festival des Inrocks en Novembre, les soirées Inrocks Indie Club chaque mois et le concours CQFD.

CQFD = Ceux Qu’il Faut Découvrir. Ce concours n’en est pas à son coup d’essai puisque par le passé sont sortis de son escarcelle des artistes comme Syd Matters (2003), Rhesus (2004) ou encore Cocoon (2007). La nouveauté depuis 2007 est que la sélection se fait via internet, au rythme des saisons. Koko Von Napoo (qui ont splitté depuis), Cascadeur, GaBlé ou encore Toy Fight font partie des gagnants de cette nouvelle formule beaucoup plus complexe que la précédente mais laissant plus de voix aux internautes.  En effet, toutes les semaines une Battle oppose 5 groupes/artistes d’un peu partout en France, qui sont départagés via un vote sur le site dédié. A la fin de chaque trimestre, la rédaction CQFD sélectionne 5 autres groupes/artistes qui n’ont pas été choisi par les internautes. Au total il y aura donc 60 groupes sélectionnés, qui seront de nouveau départagés en septembre via un vote des internautes. Les 10 sélectionnés seront rejoint par 10 autres choisis par la rédaction. Les 20 finalistes seront départagés fin septembre par un jury. Le vainqueur gagne une semaine d’enregistrement à New-York avec un producteur de renom et le droit de jouer au festival des Inrocks. Ouf !

Si je parle ici essentiellement de groupes anglo-saxons, j’essaie de temps en temps de mettre un peu de lumière sur des groupes français pas encore très connus mais dont j’apprécie le talent. Cela a été le cas par la passé avec The Delano Orchestra, Flowers From The Man Who Shot Your Cousin, Myra Lee, Born in Alaska…Le concours CQFD me permet de faire coup double puisqu’il met en compétition des groupes français  que j’apprécie et d’autres que je découvre.  Parmi les sélectionnés pour les demi-finales, on retrouve par exemple les Parisiens de Baden Baden dont je vous avais prédit le succès début 2009. J’avais été un peu vite en besogne mais 2010 semble être leur année, à l’image de la superbe vidéo réalisée pour leur titre Anyone. On retrouve également parmi les sélectionnés les normands de The Lanskies et Tremore, les Aixoises d’Andromakers, les Niortais d’Unison ou encore les Clermontois de Niandra Lades.

La Battle de la semaine voit concourir Hold Your Horses, un groupe que j’apprécie beaucoup depuis que un concert à la Flêche d’Or avec Baden Baden. Ils sont plutôt mal partis pour le moment puisque devancés par 2 autres groupes mais vous pouvez faire basculer le vote ici (inscription préalable). Pour finir de vous convaincre, voici la superbe vidéo de leur titre 70 Million.

Dans une semaine, si le volcan islandais au nom imprononçable le veut bien, je m’envolerais pour une semaine à Barcelone, histoire de visiter la cité façonnée par Gaudí pendant quelques jours puis ponctuerais cette semaine en terre catalane par 3 jours de concerts sur le site du Primavera Sound, face à la mer. Ce n’est pas le plus connu des festivals européens mais c’est certainement l’un des plus pointus en matière de rock indé. Pour y avoir déjà participé l’an dernier (voir ici et ici), je dois dire que c’est un festival à taille humaine, où l’on se déplace sans trop de difficultés d’une scène à l’autre (5 au total), sans faire non plus des kilomètres pour aller d’un bout à l’autre du site. Plutôt agréable sur la durée d’un festival qui commence en fin d’après-midi et se termine au premières lueurs de l’aube. La plage n’est pas loin, on peut y lézarder en se remettant des excès de la veille ou tout simplement pour attendre le début des concerts. On peut également aller faire un tour au parc Mirò où se produisent gratuitement des groupes programmés le soir même du festival. On peut aussi aller flâner sur les ramblas, les artères les plus connues de la ville, qui charrient un flot continu de personnes de la Place de Catalogne vers le port et vice-versa.

Le festival est, comme je l’ai dit plus haut, très pointu en matière de programmation. Peu de grosses têtes d’affiche comme on peut le voir dans les autres festivals, ici on privilégie les groupes en devenir ou les anciennes gloires sur le retour. My Bloody Valentine, Yo La Tengo, Sonic Youth, Neil Young…l’an passé, Pixies, Pavement, The Fall, Wire…cette année. Le célèbre site américain Pitchfork a même une scène à son nom où l’on retrouve quelques uns des groupes indés du moment (Japandroïds, Dum Dum Girls, Here We Go Magic, Cold Cave, The Antlers…). Chaque scène est affiliée à une marque (sportswear, lunettes…), la plus grande portant le nom du sponsor principal du festival, la bière San Miguel. Une hérésie en France avec la fameuse loi Evin qui interdit toute publicité pour le tabac et règlemente très fortement celle sur l’alcool. Une manne financière indéniable pour les grands festivals espagnols (et européens) qui n’ont aucun scrupule à s’assujettir à de grandes marques pour affronter la concurrence sans cesse plus nombreuse.

Pour découvrir ou redécouvrir quelques uns des artistes qui seront au line-up du festival cette année, je vous propose une playlist Spotify non exhaustive de ces 3 jours de musique en Catalogne : Primavera Sound 2010

On appelle cela une mutation réussie. Cela n’a l’air de rien comme ça mais c’est probablement ce qu’il y a de plus dur dans la musique : parvenir à changer de style sans pour autant renier complètement tout ce qui a été fait auparavant. Faire adhérer les fans de longue date à cette nouvelle formule tout en récupérant de nouvelles ouailles plus intéressées par la nouvelle mouture. La chose est ardue, nombreux y ont laissé plus que des plumes, mais elle n’est pas impossible. La preuve en 9 titres avec les Anglais de 65daysofstatic et leur quatrième album « We Were Exploding Anyway« .

On ne saura jamais si le groupe de Sheffield aurait finit par exploser comme semble l’évoquer le titre de leur nouvel album mais toujours est il que l’on sentait que le carcan post-rock commençait à devenir un peu trop étroit pour eux. Il y eut tout d’abord quelques petites touches électro, un peu de chant et du piano sur leur troisième album « The Destruction of Small Ideas« , puis un EP résolument électro. Sur leur quatrième album, les Anglais ont décidé de franchir résolument le pas et d’intégrer pour de bon l’électro et plus étonnant de la drum’n’bass.

La mutation se manifeste dès le premiers instants, dès les premières secondes de Mountainhead, le titre d’ouverture de « We Were Exploding Anyway« . 65dos construisait auparavant ses mélodies sur des boucles de guitares embarquées dans un jeu de montagnes russes propre au post-rock. Désormais, les samples et sonorités électroniques ont remplacé les guitares ou en tout cas pris le dessus sur les 6 cordes. Un mariage de coeur et de raison qui nous laissait craindre le pire et qui s’avère finalement une superbe réussite, à l’image d’un Crash Tactics, de Piano Fights ou plus encore de Come to Me qui bénéficie de l’apport vocal non négligeable de Robert Smith.

65dos va même encore plus loin sur certains titres dont Weak4, Dance Dance Dance et Go Complex, dans le plus pur style drum’n’bass, qui ne sont pas sans rappeler les débuts de Prodigy. La fin de l’album vire même complètement électro sur Tiger Girl, l’autre grand moment de cet album (avec Come To Me), qui n’aurait pas dépareillé sur « Tarot Sport », le dernier album de Fuck Buttons. Plus de 10 minutes de boucles électroniques seulement entrecoupées de quelques breaks qui donnent une furieuse envie de danser. Si on nous avait dit que l’un des meilleurs titres électro de l’année serait l’oeuvre de 65dos on aurait sûrement cru à un poisson d’avril, mais ce titre démontre avec quelle maîtrise et quel brio le groupe de Sheffield a réalisé une mutation compliquée sans pour autant se couper de l’identité sonore qu’il s’était crée.

Site officiel.

65daysofstatic on Myspace.

L’album en écoute sur Spotify.

La première fois que j’ai entendu Albatross, c’était en 2009 (so far). Annonciateur du second album à venir des Besnard Lakes, il m’avait tout de suite séduit avec ce mélange de shoegaze à la My Bloody Valentine et de rock aérien 70’s, la marque de fabrique des Canadiens que l’on avait déjà pu apprécier sur leur premier opus « Are the Dark Horse« . L’album en a semble t’il déçu quelques uns, ce qui n’est pas mon cas. Aussi bon voire même meilleur que son prédécesseur, « Are The Roaring Night » est un album qui prend toute sa valeur au fur et à mesure des écoutes, à l’image des superbes diptyques Like the ocean, like the innocent et Land of living skies. Leur superbe concert au Bus Palladium n’a fait que confirmer cette impression. La vidéo d’Albatross s’est faite attendre mais le jeu en valait la chandelle car elle est à la hauteur du morceau qu’elle accompagne : belle et mystérieuse.

Ce n’était pas encore l’été mais ça y ressemblait quand même beaucoup ce mercredi 28 Avril dans la capitale. Comme tous les quartiers de Paris et peu importe le degré de branchitude, Oberkampf voyait ses terrasses prises d’assaut pour le traditionnel apéro post-boulot. A quelques mètres de là, le Nouveau Casino accueillait les Danois d’Efterklang venus présenter leur dernier album en date, « Magic Chairs« .

Petite surprise, le concert n’affiche pas complet ce soir et le temps estival n’y est sans doute pas pour grand-chose. Efterklang ne possède pas encore la renommée qu’il mériterait d’avoir, la faute sans doute à une musique que l’on qualifiera d’exigeante, même si leur dernier album a considérablement arrondi les angles de leur post-rock symphonique. La première partie est assurée par Heather Woods Broderick qui n’est autre que la petite sœur de Peter Broderick (lui aussi membre intermittent du collectif danois). La jolie brunette occupe le poste de claviériste multi-instrumentiste d’Efterklang, laissé en jachère par la blonde Anna Brøsted partie jardiner le projet Our Broken Garden. C’est devant un public encore clairsemé qu’elle se présente, seule avec sa guitare et un laptop. Un cadre intimiste qui sied parfaitement aux chansons folk de la demoiselle. Dans la famille Broderick, il n’y a donc pas que le frère qui a du talent…

L’apéro se termine pour certains au moment où les membres d’Efterklang entrent en scène. Casper Clausen et Rasmus Stolberg arborent leur magnifique moustache à la Errol Flynn (aussi appelée « pornstache »), un peu leur marque de fabrique. Le batteur, Thomas Kirirath Husmer, est pour une fois placé sur le côté et non au fond de la scène, pour la bonne et simple raison qu’il se charge également de jouer de la trompette (avec brio) sur quelques titres. Le groupe est comme à son habitude très souriant, visiblement ravi d’être à Paris « in the springtime ». Le set débute avec quelques uns des meilleurs titres de « Magic Chairs » (Full Moon ; Alike ; I Was Playing Drums), symboles de l’orientation plus pop des nouvelles compositions. Le groupe n’oublie pas la frange la plus ancienne de son auditoire et entonne Mirador et Caravan, deux titres de « Parades« , plus empathiques et grandiloquents que les morceaux de « Magic Chairs » grâce à l’ajout de cuivres et de de choeurs à gorges déployées. Les sourires sont toujours gravés sur les visages du collectif danois, notamment sous les moustaches de Casper et Rasmus. Un sourire communicatif, rayonnant, sincère. L’expérimental Blowing Lungs Like Bubbles se termine dans un grand éclat de rire collectif, groupe et public réunis. Le set s’achève avec Modern Drift et Cutting Ice To Snow, sous les vivats d’un public aux anges, bien qu’encore un peu réticent à totalement lâcher prise. Quelques traditionnelles minutes d’attente et le groupe revient sur scène pour trois nouveaux titres dont Me Me Me The Brick House, la face B de I Was Playing Drums, qui conclut un excellent concert de la bande à Casper Clausen. Un de plus à leur tableau de chasse.

Un compte-rendu et quelques photos chez Tami.