Ce n’était pas encore l’été mais ça y ressemblait quand même beaucoup ce mercredi 28 Avril dans la capitale. Comme tous les quartiers de Paris et peu importe le degré de branchitude, Oberkampf voyait ses terrasses prises d’assaut pour le traditionnel apéro post-boulot. A quelques mètres de là, le Nouveau Casino accueillait les Danois d’Efterklang venus présenter leur dernier album en date, « Magic Chairs« .

Petite surprise, le concert n’affiche pas complet ce soir et le temps estival n’y est sans doute pas pour grand-chose. Efterklang ne possède pas encore la renommée qu’il mériterait d’avoir, la faute sans doute à une musique que l’on qualifiera d’exigeante, même si leur dernier album a considérablement arrondi les angles de leur post-rock symphonique. La première partie est assurée par Heather Woods Broderick qui n’est autre que la petite sœur de Peter Broderick (lui aussi membre intermittent du collectif danois). La jolie brunette occupe le poste de claviériste multi-instrumentiste d’Efterklang, laissé en jachère par la blonde Anna Brøsted partie jardiner le projet Our Broken Garden. C’est devant un public encore clairsemé qu’elle se présente, seule avec sa guitare et un laptop. Un cadre intimiste qui sied parfaitement aux chansons folk de la demoiselle. Dans la famille Broderick, il n’y a donc pas que le frère qui a du talent…

L’apéro se termine pour certains au moment où les membres d’Efterklang entrent en scène. Casper Clausen et Rasmus Stolberg arborent leur magnifique moustache à la Errol Flynn (aussi appelée « pornstache »), un peu leur marque de fabrique. Le batteur, Thomas Kirirath Husmer, est pour une fois placé sur le côté et non au fond de la scène, pour la bonne et simple raison qu’il se charge également de jouer de la trompette (avec brio) sur quelques titres. Le groupe est comme à son habitude très souriant, visiblement ravi d’être à Paris « in the springtime ». Le set débute avec quelques uns des meilleurs titres de « Magic Chairs » (Full Moon ; Alike ; I Was Playing Drums), symboles de l’orientation plus pop des nouvelles compositions. Le groupe n’oublie pas la frange la plus ancienne de son auditoire et entonne Mirador et Caravan, deux titres de « Parades« , plus empathiques et grandiloquents que les morceaux de « Magic Chairs » grâce à l’ajout de cuivres et de de choeurs à gorges déployées. Les sourires sont toujours gravés sur les visages du collectif danois, notamment sous les moustaches de Casper et Rasmus. Un sourire communicatif, rayonnant, sincère. L’expérimental Blowing Lungs Like Bubbles se termine dans un grand éclat de rire collectif, groupe et public réunis. Le set s’achève avec Modern Drift et Cutting Ice To Snow, sous les vivats d’un public aux anges, bien qu’encore un peu réticent à totalement lâcher prise. Quelques traditionnelles minutes d’attente et le groupe revient sur scène pour trois nouveaux titres dont Me Me Me The Brick House, la face B de I Was Playing Drums, qui conclut un excellent concert de la bande à Casper Clausen. Un de plus à leur tableau de chasse.

Un compte-rendu et quelques photos chez Tami.

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