juin 2010


Petit tour d’horizon rapide de ce qui agite ou agitera bientôt le Landerneau indie :

  • Wild Nothing : C’est l’un de mes coups de coeur du moment et je parlerais plus longuement bientôt de leur excellent premier album « Gemini », mais j’ai d’ores et déjà envie de partager avec vous leur nouveau titre Your Rabbit Feet, issu du « Evertide EP », première sortie du tout nouveau label Warmest Chord qui proposera quasi-exclusivement des sorties numériques (très peu de support physique) accompagnées d’artworks sérigraphiés.

Wild NothingYour Rabbit Feet

  • The Innocence Mission : Un groupe que j’ai découvert avec leur dernier album en date (le superbe « We Walked in song » en 2007), avant de dévorer le reste de leur discographie. Ils viennent d’annoncer la sortie de leur nouveau bébé pour le mois de juillet. Intitulé « My Room in the trees », il symbolise parfaitement le côté enfantin, naïf de leur pop-folk que je rangerais entre Belle & Sebastian et les Kings of Convenience.

The Innocence MissionGod is Love [Mp3]

  • Coolrunnings : Le groupe de Knoxville, Tennessee a créé le buzz il y a peu avec leur « Babes Forever EP », téléchargeable gratuitement (voir ici) mais surtout possédant une pochette qui aura fait jaser. Deux nouveaux titres circulent sur le net dont celui ci-dessous que j’aime particulièrement.

Coolrunnings I Am You [Mp3 via I Guess I’m Floating]

  • Wolf Parade : « Expo 86 », leur troisième album, vient de sortir et si comme « At Mount Zoomer » il n’atteint pas les sommets de l’indispensable « Apologies to The Queen Mary », il devrait se bonifier avec le temps dans mon esprit. Quelques titres font déjà leur chemin dans celui-ci à commencer par Palm Road, Pobody’s Nerfect ou encore Ghost Pressure en écoute ci-dessous.

Wolf ParadeGhost Pressure [Mp3]

  • Enfin petit clin d’oeil pour finir avec les pochettes des très attendus albums de Best Coast et Klaxons. La mode est au Lolcat/chaton, qu’on se le dise.

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Il y a eu un retard à l’allumage mais ça y est l’été est enfin arrivé. Aaaah l’été…ses pique-niques, ses apéros en terrasse, ses cinés en plein air, ses odeurs de transpiration dans les transports…et puis aussi ses morceaux catchy qui se marient si bien avec le temps, que l’on a envie de fredonner dès le lever. Oui parce que l’été on est en forme dès qu’on a posé le pied par terre le matin, vous avez remarqué ? Non ? Moi non plus. Par contre j’ai remarqué que la reprise du Bright Lit Blue Skies du groupe garage 60’s The Rockin’ Ramrods par Ariel Pink allait être un de mes morceaux de l’été avec le Best Coast dont je vous avais parlé ici. Ca me rappelle l’époque des « Beach Compil » sur K7 que l’on faisait avec le pote Gino pour nous accompagner dans nos trajets à la plage. Tiens et si je me faisais une « Beach Compil 2010″…

Villagers Ship of Promises : Découvert en 1ère partie de Scout Niblett, le projet solo de l’Irlandais Conor O’Brien m’a complètement envoûté sur scène, dans une configuration pourtant ultra-minimaliste (une guitare, une voix). Si l’on ne retrouve pas tout à fait la même intensité sur les titres de son premier album( « Becoming a Jackal« ), il n’en reste pas moins l’une des très belles surprises du premier semestre grâce à des titres tel que ce Ship of Promises.

Baden BadenThe Book : Seconde vidéo pour les Parisiens après l’excellente Anyone. Un titre plus classique par la grâce duquel j’avais découvert le groupe il y à plus d’un an de celà. On attend avec impatience leur premier album.

Damien JuradoArkansas : L’un des songwriters folk les plus anciens en activité après les monstres sacrés du genre et c’est bien là le problême. Malgré une presse presque toujours élogieuse à son égard depuis ses débuts au milieu des 90’s, Damien Jurado peine à séduire au-delà de son cercle d’initiés. Il n’est pas trop tard pour le découvrir avec son dernier né intitulé « Saint Bartlett« , sur lequel on retrouve notamment Arkansas.

The Pains of Being Pure at HeartSay No To Love : L’une des plus belles surprises de 2009 est de retour avec un inédit dans l’esprit de leur premier album, à savoir (attention langage barbare) une noisy-pop tendance twee bien dans le style du mythique et regretté label Sarah records. Le mieux c’est encore d’écouter  Say No to Love.

The DrumsForever and Ever Amen : Il ne fait aucun doute que The Drums seront les têtes à claques de l’année sur lesquels vont s’acharner tout les soi-disant garants du bon goût. Que ça ne vous empêche pas de jeter une oreille à leur premier album ou à leur EP « Summertime » qui les avait propulsé au rang de next-big-thing. S’il n’y a pas de quoi crier au génie, il y a suffisamment de tubes sur ces deux albums pour faire de The Drums et de leur Forever and Ever Amen autre chose qu’une simple amourette de vacances.

Au détour d’une pile de cd négligemment rangée en vue d’une écoute future et donc incertaine, on trouve parfois l’occasion de s’enthousiasmer pour un album dont on ne soupçonnait ni l’existence, ni la qualité. Un enthousiasme certes mesuré mais mérité pour les 10 titres (dont 2 morceaux « cachés ») de As The Star Falls, le projet de trois ex-producteurs français de rap selon la bio officielle. De rap il n’est pourtant nullement question sur « Tempus Fugit », on en est même très loin. L’univers de ce trio s’est construit autour d’une passion commune pour le cinéma et la photographie (une expo photo s’est d’ailleurs tenue le mois dernier au Kube). Tout comme le noir et blanc pour les images, le post-rock s’est imposé pour incarner en musique leurs clichés et leur vision intimiste et désabusée.

On l’a dit, la musique de As The Stars Falls puise sa source dans de nombreuses références culturelles et notamment cinématographiques. Elle pourrait d’ailleurs parfaitement incarner la bande-son de l’un d’eux, notamment sur les titres construits autour d’une lente mélopée au piano (A dead leaf dance ; Frozen river), qui ne sont pas sans nous rappeler les travaux de Yann Tiersen, de Clint Mansell ou de Craig Armstrong pour le 7ème art. L’autre pont tissé entre la musique et le cinéma par le trio consiste à ajouter des bribes de dialogues de films dans leurs morceaux, à la manière de Microfilm, sauf qu’ici l’exercice n’est qu’effleuré (No good deed goes unpunished ; I gave you a choice), contrairement aux travaux des Poitevins.

« Tempus Fugit » est une incursion dans un monde sombre et glacé, à la fois industriel et sauvage. Le post-rock instrumental composé de passages calmes et de montées progressives sied parfaitement à l’univers imaginé par le trio. Samples et guitares saturées s’entremêlent dans ces montagnes russes mélodiques qui évoquent pêle-mêle 65daysofstatic, DJ Shadow, Godspeed You! Black Emperor ou M83 (Revolt ; Untitled). Certes, les influences sont encore nombreuses mais les premiers travaux de ce groupes de « repentis » méritent bien qu’on leur accorde une écoute et une attention qui vont au delà de la simple curiosité.

En bons cinéphiles qui se respectent, ils ont réalisé pas mal de vidéos que l’on peut voir sur leur site. Je vous ai mis ici mes préférées (dont une avec des images de Lisbonne), elles me font beaucoup penser à celles projetées pendant les concerts de Sébastien Schuller.

Aujourd’hui sort en DVD un film qui n’a bizarrement pas trouvé sa place dans les salles obscures françaises. Réalisé par Duncan Jones (le fils d’un certain David Bowie), « Moon » est un superbe film de science-fiction interprété quasi-exclusivement par le seul Sam Rockwell (excellent comme d’habitude). « Moon » est aussi un film frustrant car difficile à raconter sans dévoiler ce qui fait son originalité et son intérêt premier : son histoire. Tout ce que l’on peut dire c’est que le film se passe dans un futur plus ou moins proche, à un moment où l’humanité en est réduit à trouver de nouvelles matières premières sur la lune pour subvenir à ses besoins suite au choc pétrolier.  Sam Bell (Sam Rockwell) est un astronaute chargé de récolter cette matière première (de l’helium 3) depuis 3 ans sur une station lunaire, avec pour seul compagnon un ordinateur du nom de GERTY ( la voix de Kevin Spacey). Ne cherchez pas de l’action, il y en a très peu dans ce film. On est ici plus proche des films de SF des 70’s- 80’s ou du « Solaris » de Soderbergh (un de mes films préférés), du huis-clos psychologique dans l’espace, plutôt que du « Alien » de Cameron, même si l’adage « Dans l’espace, personne ne vous entend crier » a toujours autant de valeur. A noter également la magnifique BO signée Clint Mansell, un habitué du genre (Requiem for a Dream ; The Foutain). A voir absolument.

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