juillet 2010


C’est l’été et le blog tourne au ralenti, pas que je n’ai rien à raconter mais en ce moment j’ai la flemme (oui la flemme) de coucher tout ça par écrit. La preuve je ne vais pas vous parler d’Avi Buffalo, juste vous balancer la vidéo de What’s In It For ?,  l’un des meilleurs titres du premier album de ces jeunes Californiens.

C’était une de ces journées d’été où la chaleur prend vite une teneur insupportable quand on habite sous les toits de Paris. Une journée à aller chercher un peu de fraîcheur dans un parc comme le font la majorité des parisiens. Ou bien une journée à prendre son appareil photo et à aller déambuler dans le plus célèbre des cimetières parisiens, où se côtoient personnalités historiques, vedettes du show-bizz et illustres inconnus. Je n’ai volontairement pas voulu acheter le plan du cimetière (vendu 2 euros à l’entrée), j’avais envie de me promener au hasard des allées, ne rien planifier, me laisser porter par l’atmosphère romantique de ce cimetière ombragé. Je n’ai donc pas vu la moitié de ce qu’il faut voir au Père Lachaise, à commencer par celui que tout le monde recherche (Jim Morrison) mais je n’attendrais pas aussi longtemps cette fois-ci pour y traîner à nouveau mes guêtres et mon appareil photo.

  • Windsor for the derby : Comme beaucoup j’ai découvert ce groupe texan avec la B.O. du « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola. Malgré bientôt 15 ans d’existence, le groupe d’Austin a pourtant bien du mal à sortir de l’anonymat à peine brisé par le succès du film et de sa B.O. Leur nouvel album intitulé « Against Love » vient de sortir et propose comme toujours un voyage aux confins du post-rock et de la cold-wave. A écouter en priorité le superbe Queen of the sun et c’est ci-dessous que ça se passe.

    Windsor for the derbyQueen of the sun [mp3]

    • Gauntlet hair : Souvenez-vous, en février dernier, je vous parlais d’ une nouvelle maladie mouvance musicale appelée chillwave (ou glofi). Il était facile de deviner son succès mais la rapidité avec laquelle la mayonnaise a prise et la quantité de groupes qui sont subitement sortis de nulle part a quelque chose d’un peu d’effrayant. On entendra certainement plus parler de ce mouvement dans quelques mois mais en attendant on savoure par exemple cet excellent titre de Gauntlet Hair, un des innombrables groupes à surfer sur la vague.

    • The Walkmen : Le nouvel album des New-Yorkais postule déjà pour la plus belle pochette de l’année. Connaissant le talent de la bande à Hamilton Leithauser, le contenu de « Lisbon » devrait être au moins aussi brillant que la superbe photo ornant sa devanture. Malheureusement la popularité des New-Yorkais est pour l’instant inversement proportionnelle à leur talent, qui vous l’avez compris est très grand. Espérons que le frémissement entrevu sur le précédent « You and Me » aboutisse enfin à un franc succès critique et commercial et que l’on n’aura plus à écrire que The Walkmen est le groupe le plus sous-estimé de sa génération. En écoute ci-dessous, le premier extrait de « Lisbon » dont la sortie est prévue pour le 14 septembre.

    The WalkmenStranded [Streaming]

    • Arcade Fire : Je ne vais pas revenir sur le nouvel album d’Arcade Fire, j’en ai déjà beaucoup parlé dans le compte-rendu de leur concert au Casino de Paris. En attendant la sortie de « The Suburbs« , écoutons l’un des titres qui m’a fait la meilleure impression en live, le bien nommé Ready to Start que les Montréalais ont joué en premier ce soir là.

    Arcade FireReady to Start [Mp3 via Captain Obvious]

    • Dent May : L’homme au ukulélé is back ! Non pas Julien Doré malheureux, je parle de Dent May. Le songwriter du Mississippi revient avec un titre qui sent bon le sable fin, le monoï et les doigts de pied en éventail.

    Dent MayThat Feeling [Mp3]

    • Stornoway : S’ils ont emprunté leur nom à une bourgade écossaise, c’est bien d’Oxford en Angleterre que nous viennent les membres de ce quintet. Auteur il y a peu d’un premier album intitulé « Beachcomber’s Windowsill« , Stornoway commence à faire parler de lui de ce côté-ci du Channel grâce à leur tube Zorbing en vidéo ci-dessous.

    Découvert grâce à la chronique de Mathieu sur Indiepoprock, le premier album de John Grant (« Queen of Denmark« ) est en train de devenir l’un de mes incontournables de l’année. L’ex-leader des Czars, en proie à de graves problèmes personnels, entrevoit enfin le bout du tunnel avec cet album composé en compagnie de Midlake. Pépite parmi les pépites, la superbe I Wanna Go To Marz, alliage parfait du talent combiné des ces 2 « entités » qui étaient faites pour se rencontrer.

    La première fois que j’ai entendu Excuses, le premier extrait de « Big Echo« , j’ai cru que j’étais tombé sur un morceau de Grizzly Bear sauf que je trouvais ça plutôt pas mal alors que, contrairement à 99% de la blogosphère, j’ai beaucoup de mal avec Grizzly Bear (hormis l’immense Two Weeks) . Il s’avère qu’il s’agissait en fait des Morning Benders, un groupe de jeunes californiens, et qu’en cherchant un peu je découvrais que leur second album a été produit par Chris Taylor, qui n’est autre que le bassiste de…Grizzly Bear. La ressemblance entre les 2 groupes se fait également sentir sur l’album et notamment sur la superbe Promises, sucrerie mélodique élevée au grain de la sunshine pop des 60’s.  Bien qu’inégal, « Big Echo » se place d’ores et déjà comme un sérieux outsider aux « mentions » distribuées en fin d’année grâce à des titres tels que Wet Cement, Stitches, Pleasure Sighs ou les 2 susnommés. Ils seront en concert ce soir au Nouveau Casino dans le cadre des Soirées Custom et en concert privé demain dans les fameuses Soirées de Poche de la Blogotheque.

    A voir également les 2 vidéos enregistrées avec l’Echo Chamber Orchestra, un collectif improvisé de potes musiciens dont John Vanderslice et Christopher Owens (Girls) : Excuses et Stitches.

    Le mois de juillet est traditionnellement celui où les amateurs de concerts ont du mal à se mettre quelque chose d’intéressant sous la dent, la majorité des groupes étant sur la route en train de sillonner les festivals. L’annonce surprise du concert d’Arcade Fire au Casino de Paris avait donc suscitée un véritable engouement digne des plus grands, preuve que les Canadiens ont acquis un statut particulier avec leurs deux premiers albums. Fans hardcore ou curieux, tout le monde voulait assister à ce qui s’annonçait comme une présentation en avant-première du troisième album des Montréalais, « The Suburbs« , dont la sortie est prévue pour septembre prochain.

    Annoncée pour 19h, l’ouverture précoce des portes du Casino de Paris a pour effet de remplir la rue de Clichy d’une bonne partie des hipsters de la capitale à l’heure où de nombreux parisiens quittent leur boulot. Il faut ensuite prendre son mal en patience avant de pouvoir rentrer, la faute à une organisation un peu dépassée par l’évènement et par le système pour le moins particulier d’attribution des places…Contrairement à la tournée américaine sur laquelle Spoon accompagne Arcade Fire, aucune première partie n’est au programme de ce soir. Les lumières s’éteignent vers 20h30 sous les acclamations d’un public à l’image de la température régnant dans le Casino de Paris : bouillant. On retrouve les Canadiens à peu près tels qu’on les avait laissés la dernière fois qu’on les a croisés (Win Butler est passé chez le coiffeur et Richard Parry chez l’ophtalmo…).

    Le groupe démarre le set par deux nouveaux titres, le bien nommé Ready To Start et Modern Man. Ils confirment la tendance entrevue avec les premiers morceaux en écoute sur le net, à savoir que l’album à venir va mettre la pédale douce sur l’emphase et le lyrisme. Du coup on a un peu de mal à rentrer dans ce concert, le moment choisit par le groupe pour dégainer les anciens tubes (Laïka ; No Cars Go ; Haïti). Effet garanti. Le soufflet retombe avec Empty Room et le single The Suburbs, à peine plus convaincant sur scène que lors des écoutes préalables. La moitié du set est atteinte et hormis 2/3 bons moments, ça ronronne quand même sévère !

    La deuxième partie de concert va heureusement s’avérer bien meilleure. Suburban Wars nous sort enfin de notre torpeur et semble tout désigné pour être LE tube de « The Suburbs« . L’enchaînement Power Out/Rebellion (Lies) est comme toujours un très grand moment dans un concert d’Arcade Fire, celui sur lequel la communion avec le public est la plus forte. We Used To Wait et Month of May souffrent inévitablement de la comparaison. Keep The Car Running conclut le set en beauté au moment où le concert commençait véritablement à décoller. Frustrant. Le public entonne les « Hoo Hoo » de Rebellion (Lies) afin de faire revenir les Montréalais sur scène, chose faite au bout de quelques minutes d’attente. Tunnels et Intervention (dédié à François Chevalier décédé l’an dernier) puis le très attendu Wake Up font office de rappel. Même si cette deuxième partie de set fut beaucoup plus intense que la première grâce à des titres en train de passer à la postérité, on ne peut s’empêcher au moment de faire le bilan de la soirée de reconnaître une pointe de déception. Arcade Fire a placé la barre tellement haute avec son premier album et des concerts mémorables (Olympia 2007 par exemple) que l’on a envie de revivre ces moments de façon aussi intense, chose difficile ce soir avec des morceaux que, premièrement, on ne connaît pas et, deuxièmement, qui semblent de prime abord plus difficiles à apprivoiser.