Le mois de juillet est traditionnellement celui où les amateurs de concerts ont du mal à se mettre quelque chose d’intéressant sous la dent, la majorité des groupes étant sur la route en train de sillonner les festivals. L’annonce surprise du concert d’Arcade Fire au Casino de Paris avait donc suscitée un véritable engouement digne des plus grands, preuve que les Canadiens ont acquis un statut particulier avec leurs deux premiers albums. Fans hardcore ou curieux, tout le monde voulait assister à ce qui s’annonçait comme une présentation en avant-première du troisième album des Montréalais, « The Suburbs« , dont la sortie est prévue pour septembre prochain.

Annoncée pour 19h, l’ouverture précoce des portes du Casino de Paris a pour effet de remplir la rue de Clichy d’une bonne partie des hipsters de la capitale à l’heure où de nombreux parisiens quittent leur boulot. Il faut ensuite prendre son mal en patience avant de pouvoir rentrer, la faute à une organisation un peu dépassée par l’évènement et par le système pour le moins particulier d’attribution des places…Contrairement à la tournée américaine sur laquelle Spoon accompagne Arcade Fire, aucune première partie n’est au programme de ce soir. Les lumières s’éteignent vers 20h30 sous les acclamations d’un public à l’image de la température régnant dans le Casino de Paris : bouillant. On retrouve les Canadiens à peu près tels qu’on les avait laissés la dernière fois qu’on les a croisés (Win Butler est passé chez le coiffeur et Richard Parry chez l’ophtalmo…).

Le groupe démarre le set par deux nouveaux titres, le bien nommé Ready To Start et Modern Man. Ils confirment la tendance entrevue avec les premiers morceaux en écoute sur le net, à savoir que l’album à venir va mettre la pédale douce sur l’emphase et le lyrisme. Du coup on a un peu de mal à rentrer dans ce concert, le moment choisit par le groupe pour dégainer les anciens tubes (Laïka ; No Cars Go ; Haïti). Effet garanti. Le soufflet retombe avec Empty Room et le single The Suburbs, à peine plus convaincant sur scène que lors des écoutes préalables. La moitié du set est atteinte et hormis 2/3 bons moments, ça ronronne quand même sévère !

La deuxième partie de concert va heureusement s’avérer bien meilleure. Suburban Wars nous sort enfin de notre torpeur et semble tout désigné pour être LE tube de « The Suburbs« . L’enchaînement Power Out/Rebellion (Lies) est comme toujours un très grand moment dans un concert d’Arcade Fire, celui sur lequel la communion avec le public est la plus forte. We Used To Wait et Month of May souffrent inévitablement de la comparaison. Keep The Car Running conclut le set en beauté au moment où le concert commençait véritablement à décoller. Frustrant. Le public entonne les « Hoo Hoo » de Rebellion (Lies) afin de faire revenir les Montréalais sur scène, chose faite au bout de quelques minutes d’attente. Tunnels et Intervention (dédié à François Chevalier décédé l’an dernier) puis le très attendu Wake Up font office de rappel. Même si cette deuxième partie de set fut beaucoup plus intense que la première grâce à des titres en train de passer à la postérité, on ne peut s’empêcher au moment de faire le bilan de la soirée de reconnaître une pointe de déception. Arcade Fire a placé la barre tellement haute avec son premier album et des concerts mémorables (Olympia 2007 par exemple) que l’on a envie de revivre ces moments de façon aussi intense, chose difficile ce soir avec des morceaux que, premièrement, on ne connaît pas et, deuxièmement, qui semblent de prime abord plus difficiles à apprivoiser.

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