septembre 2010


Cliquez sur les images pour écouter les titres associés.

1) The Tallest Man on Earth aka Kristian Matsson revient avec un EP qui tente de casser un peu son image de Bob Dylan du pauvre. La preuve avec le titre The Dreamer interprété une fois n’est pas coutume à la guitare électrique

2) Owen Pallett y va aussi de son EP post-album, apparemment c’est de saison et on ne va pas s’en plaindre. En écoute le titre A Man With no Ankles, dans la lignée de ce que nous propose le Canadien depuis ses débuts sous le nom de Final Fantasy

3) Le duo canadien Japandroïds n’en finit plus de cracher son venin garage. Après la compile « No Singles » regroupant les premiers EP du groupe, le duo a entrepris de sortir 5 singles en édition limitée. Faisant suite aux excellents Art Czars et Younger Us, voici en écoute Heavenward Grand Prix

4) On continue dans les duos avec les Californiens de Crocodiles, aussi connus pour avoir été le premier backing band des Dum Dum Girls. Brandon Welchez est en effet le mari de Dee Dee, la chanteuse des DDG. Leur musique doit à peu près tout à Jesus & Mary Chain (pour l’originalité on repassera) mais tout comme les Black Rebel Motorcycle Club ils perpétuent l’esprit avec talent. En écoute le titre Sleep Forever

5) Gold Panda n’aura certainement pas la palme d’or du pseudo le plus élégant mais l’électro foutraque de ce jeune anglais pourrait bien décrocher la timbale si l’on en juge par la qualité de You, son tube électrorientisant

6) Un peu de folk pour finir en douceur avec Leif Vollebekk, songwriter québecois dont l’univers évoque à la fois Nick Drake,  Jeff Buckley ou Patrick watson. On a connu comparaisons moins flatteuse. En écoute le superbe In the Morning.

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D’ici quelques jours, d’ici quelques semaines, d’ici quelques mois, le nom de Glasser sera sur pas mal de lèvres. Ce n’est qu’une question de temps, cela fait peu de doute. Pourquoi autant d’assurance ? Tout simplement parce que tous les ingrédients du succès semblent réunis dans le projet solo de cette jeune artiste californienne (Cameron Mesirow). Les premiers morceaux déjà disponibles (Apply ; Home) sont très prometteurs, en attendant l’album « Ring » prévu pour le 28 septembre. Les ambiances vaporeuses font penser à du School of Seven Bells, à du Cocteau Twins sous acide, de la new-wave new-age en t-shirt fluo. L’album est en écoute chez Stereogum et l’excellent Home est dispo ci-desssous.

Glasser Home [mp3]

Pour sa deuxième édition, le festival Eldorado, organisé par le label Fargo, investit une fois de plus la Café de la Danse. Une première soirée à forte consonance nord-américaine avec comme invités le trio canadien Timber Timbre et l’Américain Josh Ritter, seul avec sa guitare. Deux ambiances radicalement différentes avec d’un côté l’austérité folk-blues (Timber Timbre) et de l’autre la country-folk souriante (Josh Ritter).

Premiers à entrer en scène, les Canadiens ont semble t’il souhaité créer une ambiance sombre et pesante afin de coller au mieux à leur musique, que je découvre ce soir là. Un mélange de folk et de blues joué par un trio comprenant un guitariste pedal steel, une violoniste et la tête pensante du groupe (Taylor Kirk) en charge du chant, de la guitare et d’imprimer la rythmique avec le pied sur une grosse caisse. L’éclairage est réduit au minimum sur scène (quelques spots de lumière rouge), le groupe enchaîne les morceaux en les entrecoupant de plages instrumentales et semble jouer un peu en autiste, oubliant qu’il y a un public assis en face de lui. Déjà peu propice à l’enthousiasme, leur musique tend à devenir carrément austère en live. Tout n’est pourtant pas à jeter avec l’eau du bain, au contraire. La deuxième moitié du set est un peu plus vivante grâce à des titres tel que l’excellent Demon Host, porté à bout de bras par la voix grave de Taylor Kirk. On pense à Nick Cave ou à du 16 Horsepower sous Prozac. Dans l’ensemble on s’ennuie quand même un peu tant le set peine à décoller et la distance mise par le groupe avec le public n’aide en rien à changer cet état de fait. Le concert se termine au bout de quasiment une heure avec la désagréable impression de l’avoir traversé comme un fantôme. Dommage.

Heureusement Josh Ritter va rapidement faire basculer la soirée dans l’euphorie et la joie communicative avec un concert solo en tout point enthousiasmant. L’Américain se présente seul sur la scène du Café de la Danse avec un grand sourire non feint et une joie de jouer communicative qui a sans doute convaincu même les plus sceptiques. Ce soir Josh Ritter a revêtu les habits du « Coolest Man on Earth ». Pendant plus d’une heure, il balaye sa discographie déjà riche, alternant ballades (The Curse ; Change of time ; Kathleen) et titres plus enlevés (Wolves ; Good Man) et surtout parvient à créer une véritable alchimie avec un public qui n’en demandait pas tant. On pense notamment à cette version de In the Dark sur laquelle Josh Ritter demande à ce que le noir soit fait complètement dans la salle pour une interprétation à vous donner des frissons et un final repris en choeur par une partie du public. La venue sur scène de sa femme, Dawn Landes, est par contre plutôt à ranger dans la case anecdotique tant les 2 morceaux qu’elle a interprété, d’abord seule puis en duo, n’ont pas eu l’effet escompté. L’Américain ne se fait pas prier pour offrir au public quelques titres en rappel dont le très attendu Girl in the war, l’occasion d’évoquer, dans son style à la fois sobre et teinté d’humour, l’anniversaire des évènements du 11 septembre 2001. Au final une magnifique performance pour celui qui n’oublie pas de remercier son backing-band invisible, une belle communion avec un public forcément aux anges et un festival bien lancé pour sa deuxième, et on l’espère pas la dernière, édition.

Initialement prévu à la Cigale, le concert de Fever Ray + Zola Jesus s’était vu déplacé il y à quelques mois dans le cadre plus cossu et mythique de l’Olympia. Cette belle affiche de rentrée marquait donc pour les parisiens la fin de la période de vaches maigres (désespérant mois d’août pour les amateurs de concerts sur la capitale) et l’on pouvait difficilement rêver meilleur line-up que celui de ce soir avec la révélation goth Zola Jesus pour accompagner la première date parisienne des suédois de Fever Ray.

Alors que son « Stridulum II » vient à peine de sortir, on parle déjà beaucoup et depuis un bout de temps de l’Américaine Niki Roza Danilova, 21 printemps à peine, plusieurs albums et EP déjà à son actif. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé et est venu de bonne heure afin d’assister au set de celle qui fait buzzer la toile. Sur scène, la configuration est minimaliste : 1 clavier de chaque côté et Niki au milieu, d’abord statique sur l’introductif Trust Me puis qui se met à arpenter la scène en long, en large et en travers. Zola Jesus c’est avant tout une voix, que l’on imagine sortie tout droit…d’on ne sait où mais en tout cas pas de ce petit bout de femme que l’on a sous les yeux. Seul problême, au bout de 3 morceaux, on a un peu l’impression de tourner en rond. Musicalement les morceaux se ressemblent quand même beaucoup, plus que sur disque, et malgré les efforts de Niki pour habiter un peu ses chansons (jusqu’à s’approcher au plus près du public), on décroche petit à petit. La salle de l’Olympia était peut être un peu trop grande pour eux et leur musique qui se marierait mieux avec une salle plus intimiste mais Zola Jesus reste un groupe que l’on va continuer à suivre dans le futur.

Alors que l’album est sorti depuis plus d’un an, c’est pourtant la première fois que Fever Ray foule le sol d’une salle parisienne et la deuxième fois seulement le sol français après les Transmusicales de Rennes l’an dernier. Ceci explique sans doute l’engouement autour de ce concert et le changement de salle. Il faut dire que les prestations scéniques (rares) des Suédois ont quelque chose d’assez unique selon les dires de ceux qui ont eu la chance d’y assister. Ce soir, les veinards c’est nous et lorsque les lumières s’éteignent le grondement de la foule résume bien l’attente du public autour de ce concert. Un imposant mur de fumée est envoyé sur scène avant l’entrée des membres du groupe, tous affublés de masques de…Fantomas (?), tous sauf Karen Dreijer Andersson, la tête pensante du groupe, accoutrée comme à son habitude en live d’un costume de créature « fantastique ». Sur la scène des dizaines d’abat-jour vont faire office de light-show avec des lasers passant au dessus de nos têtes ou diffusant leur lumière verte un peu partout dans la salle grâce à un jeu de miroirs. Derrière tous ces artifices de carnaval, on a tendance à oublier qu’il y a un groupe, un oubli vite réparé lorsque le set débute sur If I Had a Heart. On oublie finalement le folklore pour se concentrer sur la musique, tout en dualité, à la fois oppressante et chamanique, tribale par moments (Triangle Walks ; When I Grow Up), froide et oppressante à d’autres (Concrete Walls). La voix de Karen est malheureusement un peu trop noyée sous les effets et les autres instruments. Malgré la distance imposée par leur jeu de scène, le public semble en transe autour de nous, notamment sur le superbe Keep The Streets Empty for Me ou l’envoûtant Coconut servi en dessert. Une expérience scénique que l’on n’est pas pressé d’oublier, seulement de revivre à nouveau.

Un autre compte-rendu chez Spirit of Ecstasy.

Si la pop anglaise a pris de l’embonpoint et a du mal à trouver une tête de gondole fédératrice afin de redorer son blason, la folk britannique se porte comme un charme, merci pour elle. Dans la foulée des Noah and The Whale, Laura Marling et autres Johnny Flynn, c’est tout un mouvement qui est en train de retrouver ses lettres de noblesse au pays de sa gracieuse majesté. Initialement connu pour être le backing-band plus ou moins officiel de Laura Marling, les Londoniens de Mumford and Sons ont mis un peu de temps à traverser le Channel (l’album est sorti là-bas en fin d’année dernière) avec leur premier essai « Sigh No More ». On ne pouvait décemment pas passer à côté de ces nouveaux joyaux de la couronne.

Il y a dans la musique de ce quatuor une joie débordante, communicative, symbolisée par ce banjo sautillant qui nous transporte aux confins du grand ouest américain, ces violons virevoltants qui nous entrainent dans une danse de saloon exaltée, ces chœurs de marins assoiffés de houblon qui fleurent bon les pubs gaéliques de la verte Erin. Folklorique et populaire, voilà qui résume à merveille la musique de ce quatuor londonien même si les termes folk et pop ont un peu perdu leur sens premier dans le vocabulaire d’aujourd’hui.

La première moitié de l’album est un modèle du genre. Après une lente intro, le morceau-titre Sigh No More vous prend par la main et vous entraîne dans une joyeuse farandole pleine d’emphase qui ne prendra fin qu’après 7 morceaux dont les excellents The Cave, White Blank Page et Little Lion Man, que l’on a hâte d’entendre en live. Le soufflet retombe ensuite et malgré un final un peu plus enlevé on a du mal à s’enthousiasmer autant sur les 5 derniers morceaux de ce « Sigh no More« . Peu importe, on en avait assez entendu pour être complètement conquis par Marcus Mumford et sa bande, d’ailleurs on retourne danser, vous venez ?

Trois ans après sa parution officielle au Canada, l’excellent label clermontois Kütu Folk a la bonne idée de ressortir « Tinfoil on the windows« , huitième album du canadien Troy Gronsdahl, plus connu sous le nom de Soso. Soyons honnête, j’ai découvert cet artiste avec cet album donc je me garderais bien de faire des parallèles avec le reste de sa discographie, mais de ce que j’ai pu lire sur la toile, ses précédents travaux jouaient clairement la carte d’un hip-hop lo-fi à base de spoken word et de beats crasseux.

Sur cet album, le Canadien a fait appel à son compatriote Maybe Smith, guitariste de son état, afin de donner une tournure plus rock voire post-rock à ses compositions. Le résultat est plus que probant. Les 8 titres de « Tinfoil on the windows » commencent toujours plus ou moins de la même manière, à savoir de longues mélopées de guitares noisy ou de piano créant un climax aérien et mélancolique, sur lequel Soso vient poser un flow délicat. Les arrangements ont été travaillés et contribuent à l’ambiance particulière de ce disque, Ici un accordéon, là des choeurs tout en retenue (Your mom is in the next room et For a girl on a faraway hill), au fond un plancher qui craque, c’est tout un imaginaire qui fait petit à petit son chemin dans notre esprit.

Cet album est en quelque sorte le fruit de l’improbable union entre le hip-hop lo-fi de Why? ou Buck 65 et les guitares aériennes voire post-rock de groupes tel que Do Make Say Think. A croire qu’il n’y a que les Canadiens pour nous pondre des OVNI pareils ! C’est en tout cas une très belle découverte que l’on appréciera sans doute encore plus lorsque les premières rigueurs de l’hiver seront apparues, que l’on arpentera les rues humides de la ville, bonnet vissé sur la tête et le flow langoureux de Soso dans nos oreilles.

SosoCompany of chairs [mp3]

Soso – All the useless things these hands have done [mp3]

Soso – Your mom is in the next room [mp3]

Encore un groupe dont je devais parler depuis un moment et puis…et puis…

Je vous avais proposé au début de l’été d’écouter leur nouveau titre (Your Rabbit Feet) issu de leur dernier EP en date. Il faut croire que ces jeunes gens sont des bourreaux de travail car quelques mois après et alors que le groupe est en pleine tournée européenne, un nouvel EP va voir le jour sur 3 formats différents (CD, digital et vinyl) avec un tracklisting différent à chaque fois. On y retrouvera notamment le morceau titre en écoute ci-dessous, que l’on a déjà pu apprécier en live il y a peu.

Wild NothingGolden Haze [mp3]

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce groupe, vous pouvez bien sûr aller lire la chronique que j’ai écrite pour Indiepoprock (ici) ou bien aller faire un tour chez La Quenelle Culturelle, La Musique à Papa ou encore Mmarsup. Pour finir, la jolie vidéo de Chinatown, l’un des meilleurs titres de l’album.

We’re not happy ’til we’re running away
Clouds in your eyes

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