Si la pop anglaise a pris de l’embonpoint et a du mal à trouver une tête de gondole fédératrice afin de redorer son blason, la folk britannique se porte comme un charme, merci pour elle. Dans la foulée des Noah and The Whale, Laura Marling et autres Johnny Flynn, c’est tout un mouvement qui est en train de retrouver ses lettres de noblesse au pays de sa gracieuse majesté. Initialement connu pour être le backing-band plus ou moins officiel de Laura Marling, les Londoniens de Mumford and Sons ont mis un peu de temps à traverser le Channel (l’album est sorti là-bas en fin d’année dernière) avec leur premier essai « Sigh No More ». On ne pouvait décemment pas passer à côté de ces nouveaux joyaux de la couronne.

Il y a dans la musique de ce quatuor une joie débordante, communicative, symbolisée par ce banjo sautillant qui nous transporte aux confins du grand ouest américain, ces violons virevoltants qui nous entrainent dans une danse de saloon exaltée, ces chœurs de marins assoiffés de houblon qui fleurent bon les pubs gaéliques de la verte Erin. Folklorique et populaire, voilà qui résume à merveille la musique de ce quatuor londonien même si les termes folk et pop ont un peu perdu leur sens premier dans le vocabulaire d’aujourd’hui.

La première moitié de l’album est un modèle du genre. Après une lente intro, le morceau-titre Sigh No More vous prend par la main et vous entraîne dans une joyeuse farandole pleine d’emphase qui ne prendra fin qu’après 7 morceaux dont les excellents The Cave, White Blank Page et Little Lion Man, que l’on a hâte d’entendre en live. Le soufflet retombe ensuite et malgré un final un peu plus enlevé on a du mal à s’enthousiasmer autant sur les 5 derniers morceaux de ce « Sigh no More« . Peu importe, on en avait assez entendu pour être complètement conquis par Marcus Mumford et sa bande, d’ailleurs on retourne danser, vous venez ?

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