Bouquins


J’ai, d’habitude, un peu de mal avec les mangas. Les dessins et surtout les univers me laissent froid. Je dis d’habitude parce que j’ai, depuis peu, fait la découverte d’un auteur de manga pas comme les autres. Je le connaissais sans vraiment le connaître, j’avais feuilleté un tome du « Sommet des dieux » à la bibliothèque à côté de chez moi mais je n’avais pas cherché à aller plus loin. Son nom est Jiro Taniguchi et je dévore désormais ses mangas les uns après les autres. J’ai commencé par « Un Zoo en Hiver« , un récit que l’on devine autobiographique, sur les débuts d’un mangaka (dessinateur de manga) dans le Japon des 60’s. Une belle histoire qui se dévore du début à la fin, jouant juste ce qu’il faut sur la corde sensible. J’ai été impressionné par les dessins de Taniguchi, on croirait lire le storyboard d’un film, et l’histoire est beaucoup plus mature que ce à quoi les mangas m’avaient habitué.

Du coup j’ai enchainé avec « Le journal de mon Père » qui lui n’est pas autobiographique même si le récit pourrait le laisser croire. L’histoire se passe également dans les années 50-60, à Tottori, une petite bourgade qui est la vraie ville de naissance de Taniguchi. Son héros revient sur les lieux de son enfance suite au décès de son père qu’il n’avait pas vu depuis très longtemps. Au cours des discussions avec les membres de sa famille, il apprend à mieux connaître ce père qu’il tenait pour responsable du divorce de ses parents. Une nouvelle œuvre à la fois magnifique et émouvante. Je viens de commencer « Quartier Lointain  » qui est en cours d’adaptation au cinéma avec des acteurs français…

Je dois être dans une période japonophile ? nipponophile ? puisque, en plus des mangas, mes livres de chevet sont écrits par des auteurs japonais. Après avoir enfin lu « Les Bébés de la Consigne Automatique » de Ryû Murakami, qui trainait depuis genre 10 ans dans ma bibliothèque, j’ai enchaîné avec « La Fin des temps » de Haruki Murakami (aucun lien fils unique). Deux récits extrêmement différents mais en même temps assez proches dans leur approche originale, à la fois violent, drôle et dramatique pour le premier nommé, fantastique et également plutôt drôle chez le second.

Pour finir ce post fourre-tout, un petit mot sur les deux derniers films que j’ai vu. Le premier vient de récolter une flopée d’Oscars dont celui historique de meilleur réalisateur pour Kathryn Bigelow, la première femme à l’obtenir. Il faut dire qu’elles n’ont été que 4 dans l’histoire des Oscars à avoir eu les honneurs d’une nomination pour ce titre si prisé. Son film « Démineurs » (‘The Hurt Locker » en VO) a remporté l’Oscar du meilleur film au nez et à la barbe de l’archi-favori « Avatar« , oeuvre de James Cameron qui est, pour la petite histoire, l’ex-mari de Bigelow. Je le disais, la polémique n’a pas tardé à faire son apparition autour des titres décernés à « Démineurs », jugé par de nombreux observateurs comme un film…mineur (ah ah ah). Je me suis laissé happé par cette histoire de tête brûlée du déminage au suspense constant mais c’est vrai que je trouve que les 6 statuettes récoltées par le film sont un poil exagérées. Un bon film sur le conflit en Irak néanmoins.

Enfin ! C’est un peu ce qui ressort de ma séance ciné de lundi à la Cinémathèque. Enfin car cela faisait un moment que je voulais participer au ciné-club de Jean Douchet mais les séances défilaient sans que je me décide à prendre une place. La projection de « The Van » de Stephen Frears était l’occasion rêvée car j’allais enfin (oui encore) pouvoir achever la trilogie Barrytown. Ecrite par l’auteur irlandais Paddy Doyle, elle a été adaptée au cinéma successivement par Alan Parker (« The Commitments« ) et Stephen Frears (« The Snapper » et donc « The Van« ). Ces 3 tranches de vie ont pour dénominateur commun la famille Rabbite, une famille des quartiers pauvres de Dublin, tout ce qu’il ya de plus irlandaise. On partage leurs joies et leurs peines avec bien souvent le pub comme cadre et la Guiness comme exutoire. L’humour est omniprésent dans les 3 films et doit beaucoup à la prestation de l’excellent Colm Meaney en père de famille excentrique. A quelques jours de la Saint-Patrick on ne pouvait rêver meilleur cadeau.

On ne m’y reprendra plus, c’est fini. A quoi ? A lire un bouquin après avoir vu le film tiré de ce même livre. J’ai cru que ce serait une bonne idée de me plonger dans « La Route » de Cormac McCarthy après avoir vu le film de John Hillcoat, d’autant que j’avais bien aimé le film et que le bouquin m’avait été gentiment offert. Tout faux.

Le problême ne vient pas du livre, qui est excellent, même si le style de McCarthy est un peu rebutant au début mais on s’y fait. Le problême est que le film est vraiment fidèle au bouquin et que j’avais sans arrêt des images du film qui me revenaient, je connaissais chaque passage ou presque, aucun effet de surprise, d’autant que le livre est plutôt court, et puis j’aime bien me faire mon propre imaginaire quand je lis un livre et là les personnages avaient déjà un visage, une âme…

Pourtant le livre apporte quelque chose en plus par rapport au film, au niveau de l’intensité, de l’émotion, bien plus forte jaillit des mots de McCarthy que des images de Hillcoat, même si le film contient son lot de moments forts. La sensation d’inhumanité est encore plus forte dans le livre, les personnages n’ayant par exemple pas de nom (simplement l’homme et l’enfant) comme pour mieux renforcer le fait que toute trace d’humanité a quitté les lieux. Le lien qui se crée entre le père et son fils, le feu qu’ils entretiennent en eux, est bien retranscris dans le film mais la puissance des mots du bouquin renvoie irrémédiablement le films dans les cordes. Bref, quitte à choisir lisez plutôt le livre ou allez voir le film mais ne faites pas la même erreur que moi, il n’y a rien à y gagner.

Ma première rencontre avec Michael Guinzburg date d’il y à quelques années, j’avais emprunté « Envoie moi au ciel Scotty » (que j’ai acheté depuis) à la bibliothèque, pensant avoir entre les mains un bouquin d’un des papes de la beat generation. J’avais confondu Allan Ginsberg et Michael Guinzburg ! Ayant beaucoup apprécié son premier bouquin, je me suis renseigné sur le bonhomme (pas trop tôt me direz-vous) et j’ai vu qu’il en avait écrit un second au titre aussi improbable que jouissif : « L’irremplaçable expérience de l’explosion de la tête ».

Après la toxicomanie, Guinzburg a décidé de s’attaquer à l’art et plus précisément à la peinture. L’action du bouquin se situe à Cashampton-by-the-sea, une petite bourgade balnéaire des Etats-Unis où a vécu et est mort Jackson Pollock. Quarante ans plus tard, un journaliste d’art débarque et tente d’écrire la biographie de « Jack the dripper ». Pour se faire, il va rencontrer tout un microcosme arty qui semble souffrir d’un étrange maladie sexuellement transmissible, qui vous fait littéralement exploser la tête. Ecrit pendant « les années Sida », le bouquin de Guinzburg est une réflexion sur l’art et sur ce qu’il considère comme la fin de la peinture (et de l’art en général) avec la disparition de Pollock. Assez jubilatoire à lire.

Ecrit dans les années 70, juste avant les années Thatcher, « Quelque Chose de Pourri au Royaume d’Angleterre » a attendu 2003 pour être traduit en France. Son titre original «  A state of Denmark » fait référence à une citation d’Hamlet : « Il y à quelque chose de pourri au Royaume du Danemark ». Ce roman de Robin Cook raconte l’histoire d’un journaliste anglais engagé qui n’a pas hésité à décrédibiliser publiquement un homme politique dont il juge les idées dangereuses pour la démocratie. Obligé de s’exiler en Italie suite à la prise de pouvoir du politicien, le journaliste voit son pays sombrer peu à peu dans la dictature. Dénoncé par un couple d’éxilés, il est extradé vers l’Angleterre où il tombe entre les griffes de son ennemi…Malgré  son âge, ce roman n’a pas pris une ride et semble encore terriblement d’actualité. Censure des médias, manipulation d’opinion, contre-pouvoirs inexistants, ça ne vous rappelle rien…Un roman qui fait réfléchir, si besoin est, sur notre capacité à  conserver notre pouvoir de décision et nos libertés.

 

Bon les amis le rock’n roll c’est bien beau, c’est djeun’s, c’est rebelle (au point de parfois en devenir pitoyable) mais la littérature c’est pas mal aussi. Je sais pour certains un bon livre rime avec Télé-Poche mais il n’est pas interdit de rêver. L’ami Gino, dans sa grande bonté, propose en téléchargement gratuit son premier roman intitulé Neurotwistin’. Les fans de musique devraient y trouver leur compte, de nombreuses références musicales sont présentes au cours du récit. Dans le même genre, vous pouvez vous ruer sur l’excellente nouvelle Planet of Sound, écrite par Gino et Jim Dedieu pour le magazine Fiction, également disponible en téléchargement gratuit.

Bonne lecture à tous, n’hésitez pas à faire suivre l’info et à achetez l’ouvrage si celui-ci vous plaît. En plus d’aider un jeune écrivain, vous passerez un moment fort agréable.

Pour mémoire l’interview de Gino chez le Cafard Cosmique.

Vendredi soir, rdv au Truskel pour fêter la Saint-Patrick. Un ex-animateur de M6 reconverti dans la radio est aux platines et visiblement il a toujours du succés vu la soupe de langues servie sur la piste.
Samedi je mate « Le crime farpait » d’Alex de la Iglesia et « Moi toi et tous les autres » de Miranda July, 2 films que j’avais malheureusement manqué en salles. Même s’ils jouent dans 2 registres différents (la comédie au vitriol pour le 1er, la comédie « sentimentale » pour le 2nd), ces 2 films ont le grain de folie que je prends plaisir à regarder.
J’en profite également pour mater les 3 premiers épisodes de la sitcom US « The Office » avec parmi les acteurs un ex-Six Feet Under (Arthur) et le héros du pas trés drôle « 40 ans toujours puceau ». Bonne surprise que cette série qui retrace la vie d’une petite entreprise, les relations patron/employé sur un ton décapant et franchement drôle.
Dimanche je vais faire un tour au Salon du Livre, j’achète « Millenium People » en poche de J.G. Ballard, les bouquins du Diable Vauvert me font envie mais sont un peu chers. Beaucoup d’écrivains ont l’air d’attendre désespérément un livre à signer, par contre il y a foule devant les « people » : Guy Bedos, Catherine Ceylac, Pascal Sevran…
Visiblement ya des connaisseurs…

Dernières insomnies :
Maurice Dantec "Les Racines du Mal"/Chuck Palahniuk "Choke"
Racines mal Choke

En cours :
Dennis Johnson "Déjà Mort"
Deja Mort2

A venir :
Theodore Roszak "La conspiration des Ténèbres"/Brett Easton Ellis "Lunar Park"
ConspirationLunar Park

Le fait d'être bloqué chez moi à au moins l'avantage de me permettre de rattraper mon retard en BD, bouquins, séries, films, zike…

Lu 2 trés bon bouquins récemment, "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole, un OVNI littéraire, prix Pulitzer en 1981 à titre posthume et "L'arbre à bouteilles" de Joe R. Lansdale, polar crasseux non dénué d'humour.

Je fais également une cure de séries même si j'ai abandonné les nouvelles séries fantastiques dont j'avais parlé il y a quelques temps (Threshold, Invasion, Surface) et qui n'ont eu d'intérêt que l'espace de quelques épisodes. Je me console avec Rome (vraie réussite signée HBO), Battlestar Galactica (le retour du space-opera), Lost, Charlie Jade (série fantastique tournée en Afrique du Sud), Profit (un cadre sup prêt a tout pour gravir les échelons, série arrêtée aprés 8 épisodes car trop choquante pour le public US), Masters of Horror ou il y a du trés bon (Dario Argento, Don Coscarelli) et du pas terrible (Tobe Hooper, Stuart Gordon).

En parlant de pas terrible et comme je m'y attendais un petit peu, la suite de l'excellent Saw est loin de rivaliser avec son prédeceseur si ce n'est par l'utilisation des mêmes ficelles mais cette fois-ci de façon plutôt grossière.

Un qui me l'a joué de façon grossière aussi ce matin c'est l'infirmier venu me faire ma piqure quotidienne d'anti-coagulant et ma prise de sang bi-hebdomadaire. Il m'a d'abord charcuté le bras gauche sans pouvoir faire sortir une goutte de sang (je suis pourtant un hémophile artificiel avec les piqures d'anti-coagulant) puis il s'est résigné et a fini sa basse besogne sur le bras droit endolori et bleui par les piqures reçues depuis 1 semaine 1/2. Il m'a lui même avouer "je vais passer pour un charlot", j'ai pas osé le contredire…

C'est la période qui veut ça je vais encore parler de films d'horreur. Quelques teasers des films à venir qu'il faut regarder tout seul dans le noir :
* Saw II forcément on peut pas y échapper vu le barouf médiatique, la déception risque d'être proportionnelle. Pourvu que la franchise Saw tienne jusqu'au 6, juste pour le plaisir de demander "2 places pour Saw6"…
* Hostel qui visiblement surfe sur le succés de Saw 1er du nom et qui est produit par Quentin Tarantino.
* Cry Wolf qui a comme particularité d'avoir non pas Tarantino mais Jon Bon Jovi au casting…Pourtant ça a l'air pas mal, si si je vous jure !!!

Sinon lu une trés bonne interview de George RR Martin, l'auteur de la saga du trône de fer (Song of ice and fire en VO) sur SCI-FI, dans laquelle il parle notamment des lettres qu'il a reçu de fans en colère par les 5 ans d'attente pour le nouveau volume de la saga "A feast for crows". Il évoque également la possible adaptation des romans à la télévision et souhaiterait si c'était le cas que ce soit fait par HBO. Ben nous aussi Georgie on aimerait bien.

Je pourrais parler du tsunami qui a frappé l'Asie du Sud-est, dire que c'est une tragédie, que le montant des fonds versés par les Etats-Unis équivaut à ce qu'ont coutées 42h de la guerre en Irak…mais d'autres le font beaucoup mieux que moi.
Donc je vais parler de choses plus "futiles" comme c'est souvent le cas ici. Je pourrais par exemple donner le lien sur le dossier Alan Moore réalisé par ActuSf, dans lequel on trouve pas mal de choses intéressantes (biographie, photos, dessins du sieur Moore vu par B. Sienckiewicz..et texte de M. Moorcock, interview).
Je pourrais aussi parler de la télé, c'est futile la télé. Donc vendredi soir, sur Arte, il y a une théma sur la japanimation à partir de 22h20, avec notamment 2 documentaires sur le studio Ghibli de Miyazaki qui encadrent 2 films, Ghost in the Shell et Jin-Roh.
Et puis tant que j'y suis, la semaine prochaine, les invités de l'album de la semaine sur C+ (tous les soirs 18h30), c'est Ghinzu, un bon moyen de faire connaissance si ce n'est déjà fait.

Petit tour d'horizon de ce qui est dans la Tête A Toto en ce moment :

du son :
Dogs Die in hot cars "Please describe yourself"
Jimmy eat world "Futures"
The Go! Team "Thunder, lightning, strike"
Ghinzu "Blow"
The Delays "Lost in a melody"

des lettres :
"Reconquerants" de Johan Heliot
"Les démons du Roi-soleil" de Gregory Keyes
"1602" de Gaiman/Kubert
"The Essential Calvin and Hobbes" de Bill Watterson

des images qui bougent :
"Lost" Saison 1
"Les Sopranos" Saison 2
"The Shield" Saison 3
"Six feet under" Saison 4

et une planche à repasser avec du linge dessus….