Cinema/TV


Aujourd’hui sort en DVD un film qui n’a bizarrement pas trouvé sa place dans les salles obscures françaises. Réalisé par Duncan Jones (le fils d’un certain David Bowie), « Moon » est un superbe film de science-fiction interprété quasi-exclusivement par le seul Sam Rockwell (excellent comme d’habitude). « Moon » est aussi un film frustrant car difficile à raconter sans dévoiler ce qui fait son originalité et son intérêt premier : son histoire. Tout ce que l’on peut dire c’est que le film se passe dans un futur plus ou moins proche, à un moment où l’humanité en est réduit à trouver de nouvelles matières premières sur la lune pour subvenir à ses besoins suite au choc pétrolier.  Sam Bell (Sam Rockwell) est un astronaute chargé de récolter cette matière première (de l’helium 3) depuis 3 ans sur une station lunaire, avec pour seul compagnon un ordinateur du nom de GERTY ( la voix de Kevin Spacey). Ne cherchez pas de l’action, il y en a très peu dans ce film. On est ici plus proche des films de SF des 70’s- 80’s ou du « Solaris » de Soderbergh (un de mes films préférés), du huis-clos psychologique dans l’espace, plutôt que du « Alien » de Cameron, même si l’adage « Dans l’espace, personne ne vous entend crier » a toujours autant de valeur. A noter également la magnifique BO signée Clint Mansell, un habitué du genre (Requiem for a Dream ; The Foutain). A voir absolument.

Des filles qui aiment des garçons qui aiment des garçons qui aiment des filles, tel pourrait être le sous-titre des « Nuits d’ivresse printanière » de Lou Ye. Une histoire de jalousie, de triangle amoureux, comme il en existe beaucoup dans le cinéma. Oui sauf que là ça se passe en Chine, à Nankin, que le film a dû être tourné dans la quasi clandestinité de peur de se faire arrêter par les autorités chinoises qui ne voyaient sans doute pas d’un très bon oeil cette histoire d’amour entre 2 hommes + une femme. Une histoire forcément complexe, parfois violente, plus dans les images assez crues que dans les propos, les silences y sont nombreux. Jeu impeccable et sobre des acteurs qui n’en rajoutent pas, le plus gros défaut du cinéma asiatique selon moi. Photo sombre et terne, pluie omniprésente, glaciale. On aime ou on déteste mais on ne reste pas insensible. J’ai aimé.

Avant d’être un coffret DVD, « The Red Riding Trilogy » a connu une éphémère carrière au cinéma. Ephémère car mal positionnés, les 3 films sortant le même jour, et mal présentés au public qui du coup ne s’est pas déplacé, ou très peu. Il faut dire qu’il fallait du courage pour s’enquiller les 3 films à la suite, pratiquement 5 heures de polar noir sur fond d’Angleterre Thatchérienne.

Avant d’être une série de films, « The Red Riding Trilogy » a connu le succès à la télévision anglaise. Succès qui doit beaucoup au talent de Channel 4 pour mettre en  images des histoires tissées par des scénaristes qui n’ont pas froid aux yeux, tout ce qui manque à la production télé française. 3 réalisateurs prometteurs utilisant des techniques différentes pour recréer à l’écran l’ambiance des 70’s-80’s, une partie de ce qui se fait de mieux au Royaume-Uni en matière de casting (Peter Mullan en pasteur, David Morrissey en policier, Andrew Garfield en journaliste, Sean Bean en industriel…), cela donne une fresque sombre qui vaut le détour.

Avant d’être une série de téléfilms, « The Red Riding Trilogy » a été une quadrilogie de bouquins signés David Peace. Inspirés de faits réels, les meurtres de prostituées par un serial-killer dans le Yorkshire des années 70-80, les livres de Peace (1974, 1977, 1980 et 1983) dépeignent le tableau d’une Angleterre en proie au marasme économique qui doit se plier au joug d’une police corrompue et violente avec en toile de fond une série de meurtres d’enfants.

Les 3 films (1977 a été oublié) tirés des livres de Peace sont à la fois indissociables les uns des autres et ne prennent un sens que lorsque l’on a achevé le visionnement du dernier d’entre eux. Chaque film s’attache plus particulièrement à la destinée d’un personnage un tant soit peu moral dans cet océan de chaos.

1974 est le moins intéressant du point de vue du récit général mais celui que j’ai préféré en terme de réalisation/cadrage, notamment les nombreux plans de dos du héros. Confié à Julian Jarrold qui a tourné en 16mm afin de recréer le grain des films de l’époque, il suit la descente aux enfers d’un jeune journaliste aux dents longues dans sa quête de la vérité. Ce premier épisode de la trilogie nous fait découvrir les différents protagonistes de cette histoire que l’on retrouvera dans les 2 suivants. Il met en place les premiers éléments du puzzle même s’il s’attache surtout au destin du journaliste Eddie Dunford (Andrew Garfield).

1980 est dans une veine similaire à 1974. On y suit le parcours de Peter Hunter (Paddy Considine), inspecteur de Manchester dépêché sur place pour enquêter sur les meurtres de l’Eventreur du Yorkshire, ce qui va lui valoir de nombreuses inimitiés avec la police locale.

1983 est le plus classique dans sa réalisation et dans ce que l’on attend d’une enquête policière au cinéma. Même si le récit s’attache plus particulièrement aux basques de l’inspecteur Maurice Jobson (David Morrissey), il s’attache à remettre toutes les pièces du puzzle en ordre afin d’arriver à la conclusion du récit et à un dénouement forcément tragique.

J’ai, d’habitude, un peu de mal avec les mangas. Les dessins et surtout les univers me laissent froid. Je dis d’habitude parce que j’ai, depuis peu, fait la découverte d’un auteur de manga pas comme les autres. Je le connaissais sans vraiment le connaître, j’avais feuilleté un tome du « Sommet des dieux » à la bibliothèque à côté de chez moi mais je n’avais pas cherché à aller plus loin. Son nom est Jiro Taniguchi et je dévore désormais ses mangas les uns après les autres. J’ai commencé par « Un Zoo en Hiver« , un récit que l’on devine autobiographique, sur les débuts d’un mangaka (dessinateur de manga) dans le Japon des 60’s. Une belle histoire qui se dévore du début à la fin, jouant juste ce qu’il faut sur la corde sensible. J’ai été impressionné par les dessins de Taniguchi, on croirait lire le storyboard d’un film, et l’histoire est beaucoup plus mature que ce à quoi les mangas m’avaient habitué.

Du coup j’ai enchainé avec « Le journal de mon Père » qui lui n’est pas autobiographique même si le récit pourrait le laisser croire. L’histoire se passe également dans les années 50-60, à Tottori, une petite bourgade qui est la vraie ville de naissance de Taniguchi. Son héros revient sur les lieux de son enfance suite au décès de son père qu’il n’avait pas vu depuis très longtemps. Au cours des discussions avec les membres de sa famille, il apprend à mieux connaître ce père qu’il tenait pour responsable du divorce de ses parents. Une nouvelle œuvre à la fois magnifique et émouvante. Je viens de commencer « Quartier Lointain  » qui est en cours d’adaptation au cinéma avec des acteurs français…

Je dois être dans une période japonophile ? nipponophile ? puisque, en plus des mangas, mes livres de chevet sont écrits par des auteurs japonais. Après avoir enfin lu « Les Bébés de la Consigne Automatique » de Ryû Murakami, qui trainait depuis genre 10 ans dans ma bibliothèque, j’ai enchaîné avec « La Fin des temps » de Haruki Murakami (aucun lien fils unique). Deux récits extrêmement différents mais en même temps assez proches dans leur approche originale, à la fois violent, drôle et dramatique pour le premier nommé, fantastique et également plutôt drôle chez le second.

Pour finir ce post fourre-tout, un petit mot sur les deux derniers films que j’ai vu. Le premier vient de récolter une flopée d’Oscars dont celui historique de meilleur réalisateur pour Kathryn Bigelow, la première femme à l’obtenir. Il faut dire qu’elles n’ont été que 4 dans l’histoire des Oscars à avoir eu les honneurs d’une nomination pour ce titre si prisé. Son film « Démineurs » (‘The Hurt Locker » en VO) a remporté l’Oscar du meilleur film au nez et à la barbe de l’archi-favori « Avatar« , oeuvre de James Cameron qui est, pour la petite histoire, l’ex-mari de Bigelow. Je le disais, la polémique n’a pas tardé à faire son apparition autour des titres décernés à « Démineurs », jugé par de nombreux observateurs comme un film…mineur (ah ah ah). Je me suis laissé happé par cette histoire de tête brûlée du déminage au suspense constant mais c’est vrai que je trouve que les 6 statuettes récoltées par le film sont un poil exagérées. Un bon film sur le conflit en Irak néanmoins.

Enfin ! C’est un peu ce qui ressort de ma séance ciné de lundi à la Cinémathèque. Enfin car cela faisait un moment que je voulais participer au ciné-club de Jean Douchet mais les séances défilaient sans que je me décide à prendre une place. La projection de « The Van » de Stephen Frears était l’occasion rêvée car j’allais enfin (oui encore) pouvoir achever la trilogie Barrytown. Ecrite par l’auteur irlandais Paddy Doyle, elle a été adaptée au cinéma successivement par Alan Parker (« The Commitments« ) et Stephen Frears (« The Snapper » et donc « The Van« ). Ces 3 tranches de vie ont pour dénominateur commun la famille Rabbite, une famille des quartiers pauvres de Dublin, tout ce qu’il ya de plus irlandaise. On partage leurs joies et leurs peines avec bien souvent le pub comme cadre et la Guiness comme exutoire. L’humour est omniprésent dans les 3 films et doit beaucoup à la prestation de l’excellent Colm Meaney en père de famille excentrique. A quelques jours de la Saint-Patrick on ne pouvait rêver meilleur cadeau.

3 films ce week-end, cela faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Le premier, samedi soir, est de loin le moins bon des trois. On cherchait un film pop-corn, où l’on ne réfléchit pas trop, on a été servi avec Daybreakers.

L’histoire est, malgré quelques défauts, ce qu’il y a de plus intéressant dans ce film fantastique. Nous sommes en 2019 et les vampires pullulent sur Terre, au point d’avoir reléguer les humains au rang de simple bétail. Pour continuer à se nourrir, les vampires doivent trouver un substitut au sang humain. C’est la mission qui est assignée à Edward Dalton (Ethan Hawke), mais celui-ci va petit à petit prendre fait et cause pour les humains…Quelques bonnes idées scénaristiques donc, notamment un rythme de vie nocturne et non plus diurne, mais le film s’embourbe assez vite dans sa médiocrité. Celle des acteurs, malgré un casting XXL (Sam Neill, Willem Dafoe), celle des scènes d’action franchement ridicules et celle d’un final bâclé qui laisse un goût amer dans la bouche.

Un dimanche après-midi ensoleillé mais glacial. Une actualité cinéma chargée, un monde fou au MK2 Bibliothèque et un premier film pour oublier que l’on a perdu aujourd’hui un très grand songwriter.

Une Education, de Lone Scherfig, avec Peter Sarsgaard et Carey Mulligan, est l’histoire de Jenny, une jeune anglaise de 16 ans fascinée par la France, qui travaille d’arrache-pied afin d’intégrer la prestigieuse université d’Oxford. Sa vie bascule le jour où elle rencontre David, un homme deux fois plus âgé qu’elle, qui va lui faire découvrir tout ce que son éducation, uniquement tournée vers la réussite scolaire, lui avait jusque là refusé, à commencer bien sûr par l’amour. L’action se situe dans les années 60, à Londres, c’est d’ailleurs un des points forts du film grâce à quelques références historiques bien senties. Le scénario est signé Nick Hornby (excusez du peu), à partir de l’essai autobiographique de Lynn Barber. Porté par deux excellents acteurs (trois si l’on ajoute Alfred Molina dans le rôle du père de Jenny), le film n’est pas gnan-gnan pour 2 sous, contrairement à ce que pourrait laisser croire son résumé.  Il montre notamment la difficulté pour une jeune anglaise des 60’s de se faire une place dans une société encore très conservatrice. Une belle réussite.

Dans la foulée, je me précipite vers le second film de l’après-midi qui va bientôt commencer. Je m’installe dans la salle, le film commence et là je réalise que je me suis trompé non pas de salle mais de film lors de ma réservation. Je reconnais les premières minutes de « A Serious Man » des frères Coen alors que je souhaitais voir « A Single Man » de Tom Ford. Je dérange toute la rangée, quitte la salle un peu honteux… et m’aperçoit que, par chance, le film de Tom Ford est projeté dans la salle d’à côté. La salle n’est pas pleine et le film pas encore commencé, je m’installe, soulagé.

A Single Man donc, le premier film du couturier Tom Ford, se passe également dans les années 60 et voit un professeur d’université qui a du mal à se remettre de la mort de son compagnon, envisager pour la première fois de mettre fin à ses jours. Dans le rôle du professeur, Colin Firth est absolument impeccable, de même que Julianne Moore en quinqua névrosée. La photo est superbe, la musique très belle et l’histoire fonctionne plutôt bien, malgré quelques longueurs au début. Seul petit point noir, Tom Ford abuse un peu des effets de style type ralenti pour accentuer le côté évanescent de la vie du héros. Trop de ralentis tue le ralenti ! Un beau film esthétique malgré tout.

Après 3 épisodes on peut d’ores et déjà dire que How to Make It in America, la nouvelle série HBO, sera l’une des séries à suivre en 2010 et au delà. On note beaucoup de points communs avec Entourage, notamment le fait que la série est produite par « Marky » Mark Wahlberg, sauf que l’action se situe ici à New-York et non à Los Angeles. La grosse pomme est d’ailleurs un élément essentiel de la série, il n’y à qu’à jeter un oeil au générique pour s’en convaincre. NYC l’hypercative, la ville qui ne dort jamais, synthétise à elle seule l’esprit d’initiative US, l’American Dream comme on dit là-bas.

How to Make It in America est en quelque sorte une série sur ce fameux rêve américain après lequel courent de nombreux citoyens et immigrés aux Etats-Unis. On suit ici les aventures de Cam (Victor Rasuk) et Ben (Bryan Greenberg), deux amis qui vivent de petits boulots, jusqu’au jour où ils décident de monter leur propre boîte à partir de rien, ou en tout cas vont tenter de le faire. Il y a également Rene (Luis Guzman), qui sort de taule et veut lancer sur le marché une nouvelle boisson énergisante mais doit se frotter à la concurrence. Il y a également toute une flopée de personnages secondaires qui cherchent également leur voie, les uns dans l’art, les autres dans l’humanitaire…

La bande-son est soignée, comme souvent dans les séries US, et fleure bon les rues de NYC. Hip-hop, gangsta rap, disco, rock, tout y passe ou presque.  Comme promis voici l’excellent générique qui donne un bon aperçu du côté arty de cette série que l’on prend un grand plaisir à regarder.

Enfin terminé de visionner la saison 2 de Breaking Bad et je piaffe d’impatience de voir la suite.  Si vous ne connaissez pas cette série, je ne saurais trop vous conseiller de la regarder sans tarder. Elle mélange avec brio le sérieux de The Shield, l’aspect comédie de Weeds et un soupçon de Six Feet Under. On y suit les aventures de Walter White, prof de chimie et père de famille sans histoires, jusqu’au jour où sa vie bascule avec l’annonce de son cancer. Pris à la gorge pour payer son traitement (vive le système de santé US) il décide de mettre à profit ses connaissances en chimie et de fabriquer les amphets les plus pures du marché. Seulement, on ne s’improvise pas narco-trafiquant du jour au lendemain…

L’une des meilleures séries US actuelles que l’on doit à la chaîne qui monte, AMC, également responsable de Mad Men et bientôt de l’adaptation télé de The Walking Dead. En France, Breaking Bad devrait être diffusée sur Arte…

On ne m’y reprendra plus, c’est fini. A quoi ? A lire un bouquin après avoir vu le film tiré de ce même livre. J’ai cru que ce serait une bonne idée de me plonger dans « La Route » de Cormac McCarthy après avoir vu le film de John Hillcoat, d’autant que j’avais bien aimé le film et que le bouquin m’avait été gentiment offert. Tout faux.

Le problême ne vient pas du livre, qui est excellent, même si le style de McCarthy est un peu rebutant au début mais on s’y fait. Le problême est que le film est vraiment fidèle au bouquin et que j’avais sans arrêt des images du film qui me revenaient, je connaissais chaque passage ou presque, aucun effet de surprise, d’autant que le livre est plutôt court, et puis j’aime bien me faire mon propre imaginaire quand je lis un livre et là les personnages avaient déjà un visage, une âme…

Pourtant le livre apporte quelque chose en plus par rapport au film, au niveau de l’intensité, de l’émotion, bien plus forte jaillit des mots de McCarthy que des images de Hillcoat, même si le film contient son lot de moments forts. La sensation d’inhumanité est encore plus forte dans le livre, les personnages n’ayant par exemple pas de nom (simplement l’homme et l’enfant) comme pour mieux renforcer le fait que toute trace d’humanité a quitté les lieux. Le lien qui se crée entre le père et son fils, le feu qu’ils entretiennent en eux, est bien retranscris dans le film mais la puissance des mots du bouquin renvoie irrémédiablement le films dans les cordes. Bref, quitte à choisir lisez plutôt le livre ou allez voir le film mais ne faites pas la même erreur que moi, il n’y a rien à y gagner.

Je ne suis pas à jour dans les sorties ciné, hormis quelques « grosses » sorties pour lesquelles je n’ai pas la patience d’attendre (Ex : « La Route« ). Je rattrape donc petit à petit le retard pris lors de mon voyage au Pérou/Bolivie, avec des fortunes diverses. J’ai déjà oublié les mauvaises pour ne retenir que les bonnes, à commencer par « Un Prophète » de Jacques Audiard, probablement le meilleur film que j’ai vu en 2009. Je suis un inconditionnel d’Audiard fils depuis son premier film, « Regarde les Hommes Tomber« , que j’avais découvert par le plus grand des hasards lors de sa diffusion sur Canal+.  Ayant été un peu briefé par Fred sur le caractère assez dur du film, puisqu’il avait activement participé aux repérages afin de trouver le lieu pour la prison, je n’avais pas eu le courage d’aller le voir à sa sortie, pas forcément prêt à affronter ce genre de film. J’ai finalement attendu mon retour de vacances et d’être invité par Fred à une soirée pour fêter le succès du film, en présence de l’équipe et de people triés sur le volet, pour me décider à regarder celui qui devrait représenter la France aux Oscars, avec de bonnes chances de victoire. Je l’espère en tout cas.

« Ceci n’est pas une histoire d’amour » nous prévient une voix-off dès le début du film « 500 Days of Summer » (que je préfère au francisé « 500 jours ensemble« ). L’avertissement fait sourire car on a bien à faire à une comédie romantique même si elle se distingue un peu des canons du genre. Elle n’en reste pas moins fort sympathique, faisant un peu penser à « Garden State« , notamment dans le jeu de séduction entre Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt autour des Smiths qui fait penser à celui entre Natalie Portman et Zach Braff autour des Shins. Bon et puis, avouons-le, Zooey Deschanel ferait craquer n’importe quel indie-boy qui se respecte quand elle fredonne les paroles de There is a Light That Never Goes Out (« To die by your side is such a heavenly way to die… »).

Les polars asiatiques sont, depuis quelques années, beaucoup plus intéressants et innovants que leurs homologues américains. Les Coréens (« Memories of Murder » ; « The Chaser » ; « A Bittersweet Life« ) et les Hong-Kongais (« Infernal Affairs » et tous les Johnnie To) se taillent la part du lion mais la Chine pourrait bien venir mettre son grain de sel là dedans avec l’arrivée de jeunes réalisateurs ambitieux. Soi Cheang, le réalisateur d’ »Accident« , fait partie de cette jeune garde aux dents longues, biberonnée aux films de Hong-Kong. Peu de différences à l’œil nu entre son film et les productions sorties des studios de HK, l’action se déroulant dans les rues de l’ancienne colonie britannique désormais chinoise. Produit par Johnnie To himself, « Accident » est un bon polar même s’il n’atteint pas le niveau de ceux suscités. Le postulat de base est particulièrement intéressant et mis en valeur sur la première moitié du film mais la suite a un peu plus de mal à convaincre, même si le film retombe plutôt bien sur ses pattes.

Prochain objectif : Tetro, Les Chat Persans et Where The Wild Things Are.

Se prendre une claque. L’expression est passée dans le langage courant et on à tendance à l’employer à tort et à travers. On est tout fier de dire qu’on « s’est pris une claque » alors que bon ya quelques années de ça on faisait pas le fier quand c’était le cas, hein. Et bien figurez-vous que je m’en suis pris une de claque. Non pas celle-là, l’autre. La visuelle. Oui une claque visuelle devant une série anglaise, une série à ne pas mettre entre toutes les mains cependant.

dead_set_tv_logo

Diffusée entre le 27 et 31 octobre sur la chaîne payante E4, Dead Set comporte 5 épisodes pour une durée totale d’environ 140 minutes. L’histoire suit l’enregistrement de l’émission de télé-réalité Big Brother (le Loft Story anglais), véritable émission culte en Grande-Bretagne puisqu’ils en sont à la 8 ou 9ème édition. Hypnotisés par ce qui se passe devant leur écran, les téléspectateurs ignorent ce qui se passent sur les autres chaînes et notamment les alertes du gouvernement suite à une contamination transformant les gens en…zombies.

Créé par Charlie Brooker (écrivain et journaliste pour The Guardian), Dead Set a été diffusée en Angleterre en prime-time et a rencontrée un vif succès puisque plus d’un million de personnes ont vu le premier épisode. Il faut avoir vu la série pour ce rendre compte de l’ampleur du phénomène : imaginez vous, au mieux à peine sorti de table, en train de regarder une série dans laquelle des morts-vivants dévorent tripes et boyaux dans un réalisme cru et jamais vu (ou presque). Pour avoir vu un paquet de films de zombies, de films gore et autres choses du genre, je dois admettre que rarement j’avais vu un film de zombies aussi malsain et réaliste. Oui, l’adjectif « réaliste » peut faire sourire quand on parle de films de zombies mais dans le cas de Dead Set on oublie assez rapidement ce genre de préjugés.

dead-set

Hommage aux films de zombies des années 70-80, mais également aux plus récents « Dawn of the Dead » et « 28 jours plus tard« , la série se veut également une critique de notre société comme le veut la tradition du genre initiée par Romero. La télévision et plus précisément la télé-réalité est ici le prisme choisi pour dénoncer la société actuelle. Le parallèle est vite trouvé entre les zombies se trouvant de chaque côté de l’écran. Le plus amusant est que c’est Endemol, la société de production hollandaise qui a fait de la télé-réalité son fonds de commerce, qui est derrière cette critique…de la télé-réalité. Un bon moyen de se faire un peu de pub gratuitement. Autre fait amusant, la vraie présentatrice de l’émission « Big Brother » interprète ici son propre rôle, de même que d’anciens participants de l’émission. Imaginez Benjamin Castaldi, Loana et Félicien (Coum-coum) en zombies décérébrés !!! Ouais non c’est pas un bon exemple. En zombies assoiffés de chair fraîche ?? C’est mieux mais autant regarder Dead Set.

Trailer de la série.

Page suivante »