« La chanson française est un sport de combat », tel pourrait être le sous-titre de « La Reproduction », le nouvel album d’Arnaud Fleurent-Dider. Le fantôme du sociologue Pierre Bourdieu semble en effet flotter sur cet album en forme de témoignage d’une génération, celle des trentenaires un peu bobo que la presse n’a cessé de stigmatiser au cours de la décennie qui vient de s’achever.

Arnaud Fleurent-Didier se mue en étendard de cette génération à travers les textes de « La Reproduction », une génération un peu désabusée (la génération My Space Oddity), qui a du mal à trouver sa place aux côtés des générations précédentes (Mémé 68/Pépé 44), à se faire un place dans l’Histoire. Il y a aussi des choses plus personnelles comme le lien filial, très fort aux 2 extrémités de l’album (France Culture et Si On Se dit Pas Tout), les relations amoureuses sur un ton souvent décalé (Imbécile Heureux ; Risotto aux Courgettes), la famille, la politique… Autofiction plus que véritable psychanalyse en musique, « La Reproduction » se pose en digne descendant d’une génération d’auteurs-compositeurs français, de Gainsbourg à Katerine en passant par Biolay ou Delerm.

On a parfois l’impression de regarder une fausse bande-originale de film, avec des bouts de dialogues disséminés ici ou là, le chant plus parlé que véritablement chanté accentuant cet état de fait. Musicalement aussi, on a l’impression d’être devant un film, des 60’s-70’s pour être précis, il ne manque que les chabadabada pour en être convaincu. Beaucoup de cordes, du piano, une sorte de pop de chambre symphonique, romantique et désuète, désenchantée. Un soupçon funky également sur Reproductions, l’un des meilleurs titres de l’album avec un France Culture en passe de devenir culte puisque déjà repris en version allemande notamment.

Au final, cet album qui fait déjà beaucoup parler, va engendrer des avis très tranchés, entre les « pour » et les « anti », comme bien souvent avec les artistes français dans l’Hexagone. « La chanson française est un sport de combat »…

Arnaud Fleurent-Didier on Myspace.

D’autres avis chez Ears of Panda, La Musique à Papa, Hop Blog, Playlist Society,  La Quenelle Culturelle et Twist.

Aujourd’hui sort « La Reproduction« , le nouvel album d’Arnaud Fleurent-Didier. La première fois que j’ai entendu parler d’AFD c’était il y à peu de temps, chez Cécile, par une amie à elle qui me vantait les mérites de cet auteur-compositeur français dont j’ignorais jusqu’à l’existence. La curiosité éveillée, j’ai googlisé son nom et suis tombé sur la vidéo de France Culture. Coup de coeur immédiat pour moi qui ne suis pourtant pas un fervent défenseur de la chanson française, surtout quand elle est plus parlé que chanté . D’ailleurs le seul moment où il s’essaye au chant est le passage que j’aime le moins. Ce morceau fait  penser à du Gainsbourg sur le plan du chant, alors que musicalement c’est plutôt très cinématographique, genre B.O de vieux films des 60’s-70’s. Les paroles sont comme souvent dans la chanson française très travaillées, autobiographiques croit-on (en fait autofiction), un peu bobo aussi. Un mélange pour le moins saugrenu mais qui fonctionne à merveille.

Ce morceau date de l’été 2009 et a déjà pas mal buzzé. J’ai choisi de n’en parler que maintenant car l’album sort en ce début d’année et que son auteur sera une des révélations de l’année si le reste de « La Reproduction » a les mêmes gènes que ce France Culture.

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