Que vous soyez, ou pas, au fait du petit monde de la musique indé, le nom de Brian Knopf ne vous dit certainement pas grand chose. Vous avez par contre certainement entendu parler de Menomena (si vous lisez ces pages c’est forcément le cas), ce trio de Portland auteur il y à 2 ans de l’excellent « Friend and Foe« . En attendant un successeur, Knopf a décidé de voler de ses propres ailes sous l’appelation Ramona Falls, du nom des chutes d’eau auprès desquelles il aimait à se ballader étant enfant. Si l’on peut considérer « Intuit » comme un album solo, il faut tout de même souligner que pas moins de 35 musiciens et amis (dont certains de Dear Reader, The Helio Sequence, 31 Knots…) ont participé à l’enregistrement de l’album.

Vous le savez, la critique musicale aime classer les artistes et leurs albums dans des registres mais pour une fois on va vous épargner les formules toute faites car le propre de Ramona Falls (et de Menomena) est justement de faire de la musique inclassable. Qui dit inclassable ne dit pas forcément barré, psyché ou intello. « Intuit » est un album tout ce qu’il y a de plus abordable, à l’image du magnifique The Darkest Day sur lequel les chœurs féminins font merveille. Il est intéressant d’ailleurs de constater que les morceaux les plus accessibles, les moins « Menomenesques », se trouvent à la fin de l’album (The Darkest Day ; Bellyfulla ; Diamond Shovel).

Auparavant, de Melectric à Always Right, Brent Knopf nous propose peu ou prou la même recette qu’avec le trio de Portland, en plus mélodique et accessible que Menomena cependant. Le piano reste au centre des compositions (I Say Fever ; Melectric) mais les guitares ne sont pas en reste à l’image de Clover ; Going Once, Going Twice ou du superbe Russia avec ses cordes et sa ligne de basse groovy. Salt Sack et Always Right sont certainement les titres les plus perchés du lot, le premier avec ses cuivres psychés et le second avec son piano qui virevolte. La suite, vous la connaissez, une fin toute en douceur qui ponctue un superbe album que l’on a beaucoup de mal à délaisser après 2 ou 3 écoutes.

Loin d’être un pis-aller au troisième album de Menomena, « Intuit » est une franche réussite pour Brian Knopf qui, mine de rien, vient de placer la barre très haut pour la suite de sa carrière solo ou au sein du trio de Portland. On suivra tout ça avec encore plus d’attention.

Cette chronique a été écrite pour Indiepoprock. D’autres avis sur cet album chez  La Quenelle Culturelle et Discordance.

Ramona Falls on Myspace.

Ramona FallsI Say Fever [MP3]

Insidieusement, le premier album de Ramona Falls est en train de gagner des places dans mon classement virtuel des albums de l’année. Il faut dire que pour l’instant, malgré de jolies découvertes, quelques confirmations et pas mal de déceptions, l’année 2009 tarde à livrer le ou les albums incontournables, de ceux que l’on écoutera avec ferveur dans 10 ans. Il se pourrait donc bien que Brent Knopf s’invite au banquet dans moins de 2 mois, ce ne serait que justice en tout cas pour celui qui vient de signer avec « Intuit » un superbe premier album dont on parle bien trop peu (j’y reviendrais dans une chronique dédiée). Membre à part entière du trio Menomena, Brent Knopf s’est autorisé une petite incartade depuis Portland afin d’enregistrer les 11 titres de « Intuit » en compagnie d’une ribambelle de musiciens et amis dont les Sud-Africains de Dear Reader dont il est le producteur. En échange ces derniers assurent le backing band de Ramona Falls sur la tournée européenne conjointe des 2 groupes. Parmi les nombreux petits bijoux inclassables qui garnissent cet album, I Say Fever est un des plus addictifs. Il profite en plus d’une des plus belles vidéos d’animation vues cette année.

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