Cela faisait un mois que je n’avais pas franchi les portes d’une salle de concert parisienne, la faute aux fêtes de fin d’année qui gèlent temporairement toute activité live sur la capitale. La venue des excellents Fanfarlo à la Maroquinerie me rendait donc doublement impatient de retrouver le chemin des salles de concerts. Cette soirée placée sous la bannière Inrocks Indie Club débute par le set des parisiens de My Girlfriend is Better Than Yours. Le duo est accompagné pour l’occasion par un membre des Chicros au synthé/percus/mini-batterie.  J’accroche moyennement même si leur style un peu potache, notamment sur Le Petit Chevalier, leur seule chanson en français, est loin d’être désagréable.

Le deuxième groupe à prendre place sur scène se nomme Lawrence Arabia et c’est une vraie découverte en ce qui me concerne. Le groupe est mené par James Milne qui est apparement un ancien membre d’Okkervil River et The Ruby Suns. S’ils sont attifés comme des bûcherons canadiens, c’est de Nouvelle-Zélande que nous vient ce collectif au potentiel sympathie très élevé. Musicalement, cela me fait beaucoup penser aux Beatles, aux Beach Boys aussi un peu. C’est bourré d’harmonies, notamment vocales, ça se prend pas au sérieux (les paroles de The Beautiful Young Crew) et ça vous met un grand sourire au milieu de la figure. Ils assureront la première partie de Beach House le mois prochain.

La troupe londonienne de Fanfarlo prend place sur scène sur les coups de 22h, une scène décorée façon kermesse ou bal populaire avec guirlandes et néons un peu kitsch. Que dire de l’accoutrement des anglais, façon Deschiens, la palme revenant sans hésitation au bassiste moustachu…Le set débute avec The Walls Are coming Down et Harold T. Wilkins, deux des meilleurs titres de leur album « Reservoir« . Fanfarlo fait honneur à son titre de groupe chorale, ça chante à tue-tête, ça s’échange les instruments, ça joue du violon et de la mandoline par ci, de la trompette par là.  Plus encore qu’à Arcade Fire auxquels ils sont trop souvent comparés, c’est plutôt à un mélange entre Clap Your Hands Say Yeah et The Spinto Band que me fait penser Fanfarlo. Ca manque un peu de folie des 2 côtés de la scène mais le set est vraiment bon et se termine par le sublime Luna avec ses incessants changements de rythme.

Un compte-rendu et des belles photos chez Tami.

A une époque où le moindre péquin, possédant une page Myspace et gratouillant sur sa guitare au fond d’un jardin, a une chance de se faire repérer par ce que le web compte de personnes gravitant dans le milieu de la musique, on s’étonne chaque année que certains arrivent encore à passer entre les mailles d’un filet pourtant bien étroit. Quand en plus ils sont aussi talentueux que le sont les membres de Fanfarlo, alors là ça tient du miracle. Le quintet anglo-suédois n’est pourtant pas totalement inconnu à nos oreilles car leurs premiers EP avaient déjà fait frémir celles des plus curieux d’entre nous, apparemment pas suffisamment pour susciter un quelconque intérêt chez un label, petit ou grand. Tant pis ou plutôt tant mieux pour nous puisque leur album est disponible pour une bouchée de pain sur leur site.

Commençons par le seul petit bémol à faire à cet album : le manque d’originalité. En effet, lors des premières écoutes de « Reservoir« , on se surprend en train d’essayer de se remémorer chez quel autre artiste/groupe on a entendu cette mélodie. La question revient bien souvent et la réponse rassemble au Hall of Fame de l’indie actuel : Arcade Fire, Beirut, Clap Your Hands Say Yeah, Grandaddy….La liste est longue mais le plaisir d’écoute intact grâce à un sens de la composition bien au-dessus de la moyenne, qui nous fait peu à peu oublier toutes ces références pour ne retenir que le plaisir d’écoute.

 Et du plaisir, le quintet sait nous en donner avec toutes ces mélodies à tiroirs qui virevoltent dans tous les sens dans nos esgourdes. Prenons Ghosts, l’un des titres les plus représentatifs de cette fanfare pop-folk, qui mélange rythmique entraînante, chœurs tendres, handclaps, cordes sensibles et une trompette virevoltante, le tout mené de main de main de maître part la voix de Simon Balthazar. Il en faut du talent pour superposer ainsi les couches sans que cela vire à l’écoeurement ou au brouhaha. Chaque titre recèle son lot de petites surprises, glissées ici ou là dans la mélodie : scie musicale sur le final de Luna et l’intro de Comets, la mandoline de Harold T. Wilkins, synthé grandaddyen de Fire Escape, trompette beirutienne sur The Walls Are Coming Down…Dès que le groupe aura trouvé une identité plus affirmée, un son moins référencé, nul doute que les maisons de disques se bousculeront au portillon. Ce « Reservoir » est en tout cas plein de belles promesses.

Fanfarlo on Myspace.

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