Dernière soirée parisienne, j’écoute Bang Gang, le groupe de Bardi Jóhansson, également connu pour son duo avec Keren Ann au sein de Lady & Bird. J’ai fait le tour des groupes islandais que je connais et qui sont programmés au festival. Il m’en reste beaucoup à découvrir, notamment certains dont j’ai déjà entendu parler (Benni Hemm Hemm, Apparat Organ Quartet, Mugison, FM Belfast). Sur les 3 albums de Bang Gang, mon préféré est sans hésitation le second, « Something Wrong« , sorti en 2003, qui avait mis le groupe sous le feu des projecteurs. J’avais beaucoup aimé le côté trip-hop de certains titres, notamment There was a whisper et Contradictions qui rappelaient les débuts d’Archive. Pas grand chose à jeter sur cet album, ce qui n’est pas forcément le cas de son successeur « Ghosts from the past » sorti en 2008. D’ailleurs je vous propose 3 morceaux tirés de « Something Wrong« , le 1er n’est pas une vidéo officielle mais un montage à partir d’images de l’excellent film Cashback dans lequel on peut entendre ce titre et le 3ème une célèbre reprise des Supremes.

Le compte à rebours est enclenché plus que jamais, le départ prévu lundi à 14h15 pour une arrivée à 15h45 heure locale (2h de plus à Paris). Je ne sais pas trop par quoi je vais commencer, le festival ne débutant que mercredi soir. Sûrement une ballade dans les rues de la ville, l’appareil photo à portée de main. Le climat décidera de beaucoup de choses, je ne m’attends pas à des miracles à cette période de l’année.

Mercredi sera donc le début du Iceland Airwaves 2010 avec une soirée essentiellement consacrée aux groupes locaux. Parmi la ribambelle de noms que je ne connais pas, se détache un artiste que j’ai découvert il y a peu, grâce à quelques bafouilles dithyrambiques de certains collègues blogueurs. Ólafur Arnalds, à ne pas confondre avec sa presque homonyme Ólöf Arnalds, compose une musique que je qualifierais de cinématographique, instrumentale, à la fois très classique et expérimentale, interprétée au piano avec quelques cordes de ci de là. De la belle pop de chambre, très contemplative d’où le côté cinématographique. Son deuxième album, « …And they have escaped the wheight of darkness », vient de sortir et il a reçu une pluie de louanges de la part de la presse musicale, qu’elle soit papier ou sur le web.  Un album qui j’en suis sûr se mariera à merveille avec mes déambulations dans la grisaille islandaise.

La formation du jour s’inscrit dans la grande tradition des groupes islandais, à savoir un groupe choral, amateur de mélodies boisées, cuivrées et d’orchestration de cordes. Véritable fourre-tout pop-folk-disco-baroque, affranchie de tout conformisme mélodique, la musique de Hjaltalín sort des sentiers battus sans pour autant perdre son fil conducteur nommé plaisir. Faisant suite à leur remarqué premier album, « Sleepdrunk Seasons » en 2009,  les Islandais confirment tout le bien que l’on pensait d’eux sur « Terminal« , un album audacieux aux arrangements soignés, magnifiquement mis en lumière par le chassé croisé vocal de ses deux interprètes qui n’est pas sans rapeller celui des Canadiens de Stars.

Hjaltalín Suitcase Man [mp3]

Deux groupes aujourd’hui au programme mais pour une bonne et simple raison, ils sont dirigés par un seule et même homme : Sindri Már Sigfússon. D’un côté on a Seabear, le projet originel, démarré en solo puis trio et désormais composé de 6 ou 7 membres. Deux albums officiels au compteur (le  premier a été enregistré pendant la période solo) dont le dernier, « We Built a Fire« , sorti cette année. D’obédience plutôt pop-folk, la musique de Seabear se caractérise par ses atmosphères boisées. On la compare souvent à du Sufjan Stevens (pour les arrangements de cordes et cuivres notamment) ou à du Beck, pour la petite touche expérimentale. Mais c’est avec son second projet, Sin Fang (ex Sin Fang Bous), que Sindri Már Sigfússon joue à fond la carte expérimentale. Auteur l’an dernier d’un très bon premier album, « Clangour » (dont j’avais parlé ici), qui comporte pas mal de similitudes avec l’univers de Seabear, auquel vient s’ajouter de petits bidouillages électro et une touche pop-psyché.

Sin FangWe Belong [mp3]

Sin FangCatch the Light [mp3]

Dans quelques jours, je m’envolerais pour Reykjavik, la capitale islandaise. Pas la saison idéale pour visiter ce pays au climat ingrat me direz-vous. Vous avez raison vous rétorquerais-je mais j’y vais avant tout pour participer au Iceland Airwaves Festival, un festival de musique qui se tient depuis 11 ans à Reykjavik et réunit des centaines de groupes locaux et internationaux. Petit pays par la taille (103 000 km² avec un population d’un peu plus de 300 000 hab dont les 2/3 à Reykjavik), l’Islande n’en est pas moins un fabuleux réservoir de groupes en tous genres. Pour ne citer que les plus connus : Björk, Sigur Rós, Gus Gus, Múm…ça fait rêver venant d’un si petit pays.

Je compte bien faire de jolies découvertes parmi les 300 et quelques groupes au programme des 5 jours du festival officiel et je ne compte pas ceux du festival off qui a lieu en journée dans les rues de Reykjavik. Pas de Sigur Rós malheureusement au programme, Jonsi étant actuellement en tournée pour la promotion de son album solo, mais déjà une belle liste de groupes locaux à ne pas manquer. Je vais essayer de vous en présenter un ou deux par jour jusqu’à mon départ.

On commence, galanterie oblige, par les demoiselles d’Amiina que l’on a pris l’habitude de voir en backing-band de Sigur Rós depuis plusieurs années. Elles assuraient les premières parties avant de composer le quatuor à cordes de la bande à Jonsi. Le groupe s’est depuis élargi puisque deux hommes sont venus grossir les rangs. La musique d’Amiina est assez difficile à décrire, je dirais qu’elle est profondément islandaise dans l’âme, à savoir un mélange de musique classique, de rock progressif, d’ambient, la plupart du temps instrumentale. Un mélange que l’on retrouve souvent chez les natifs de l’ïle volcanique sans que j’ai la moindre explication à cela. Scie musicale, cordes et tout un tas de petites percussions bizarroïdes sont leur marque de fabrique. De la « jolie musique » comme on dit. Leur premier album, « Kurr« , est paru en 2007 et son successeur, « Puzzle« , vient de voir le jour.

Plusieurs morceaux sont en écoute sur leur page Myspace et je vous propose également In The Sun [mp3 ]un morceau issu de leur nouvel album (via The Reykjavik Grapevine). Pour finir une vidéo issue du magnifique documentaire Heima, qui suit les traces de Sigur Rós en Islande. On y voit ici les filles d’Amiina et surtout de magnifiques images de paysages islandais. Can’t wait.