Bon allez dernier (gros) billet sur mon séjour au Népal et après retour à la musique.

Lundi 17 Novembre 2008 :

De Birethanti, on part pour 20mn de marche jusqu’à Nayapul, où l’on prend le bus pour Pokhara. Retour à la civilisation, même si ici, dans le monde dit civilisé, on est encore bien dépaysé. Pokhara c’est une grosse bourgade à l’échelle du Népal, l’une des plus grandes villes du pays, le point de départ de nombreux treks. Beaucoup de touristes donc mais la ville nichée au bord du lac Phewa Tal est paisible par rapport à l’agitation de Katmandou. Pour la première fois depuis 3 semaines, nous sommes libres de nos mouvements. Le pied. Krishna nous emmène manger une grosse pièce de bœuf, réclamée par certains depuis plusieurs jours voire semaines. Sensation bizarre de retrouver certaines saveurs oubliées. L’après-midi est libre et j’en profite pour faire quelques emplètes, le matériel de randonnée est pratiquement donnée. Le soir est l’occasion de fêter l’anniversaire d’une personne du groupe, notre dernière soirée tous ensemble après 3 semaines de vie commune. On assiste à des danses traditionnelles népalaises pendant qu’on mange, l’ambiance est bonne jusqu’à ce que Krishna ne demande ce que l’on aimerait améliorer dans le trek. Quelques critiques sont émises, pas bien méchantes, mais le Népalais est susceptible et ne tolère pas la critique. Pourquoi demander alors ? On frôle l’incident diplomatique entre Seb et Krishna…la distribution des cadeaux apaise les tensions. Krisha nous emmène ensuite dans un casino indien, un lieu surréaliste de luxe au milieu de cet océan de pauvreté. On fait un peu pouilleux dans nos tenues de routard mais l’appât de nos euros est visiblement plus important que nos tenues pour les patrons du casino. J’apprends à jouer au Black Jack, j’adore les casinos même si je ne suis pas un flambeur ou alors juste de bananes. Krishna, lui, flambe tout le pourboire, qu’on lui a donné pendant le repas, à la roulette. On se couche vers minuit et demi, 3 ou 4h plus tard que ces 18 derniers jours.

Mardi 18 Novembre 2008 :

On se lève vers 6h afin de dire au revoir au reste du groupe qui part pour Katmandou. La plupart rentre en France le lendemain. On change d’hôtel puis journée paisible à base de farniente et écriture de cartes postales au bord du lac…

Mercredi 19 Novembre 2008 :

Nuit affreuse ! Mal au bide à partir de 2h du mat’, impossible de me rendormir, l’impression d’avoir un poids sur l’estomac. Le chicken byriani de la veille ne passe pas. Seb se réveille à 6h, je le préviens que je suis pas très bien. On doit prendre le bus vers 7h30 pour Soraha, dans la région du Teraï (frontière avec l’Inde). Je passe aux toilettes pour me préparer et là… c’est le drame. J’ai juste le temps de finir de me vider par en bas que ça sort par en haut !! Je suis pas dans la forme de ma vie mais le poids sur l’estomac a disparu. Seb me propose d’attendre le lendemain pour prendre le bus mais je lui dit que ça va, j’ai pas spécialement envie de passer une journée de plus à Pokhara. Le bus est bien évidemment hors d’âge et les 5h de trajet sur ces routes défoncées vont s’avérer un vrai calvaire. Après une halte, le bus repart et très rapidement je sens de nouveau mon estomac vouloir expulser par le haut le peu d’eau et de coca que j’avais tenté de boire pour me réhydrater. J’avais prévu un sac plastique, il aura pas fait le voyage pour rien lui non plus. Mon estomac me laisse enfin tranquille et on arrive aux portes du parc naturel de Chitwan vers 13h. Une nuée de rabatteurs se jette sur nous pour nous emmener dans leur hôtel, on en choisit un recommandé par le Lonely Planet. Je suis un zombie, Seb s’occupe de tout. On grimpe dans la jeep où attendent déjà 2 Australiennes puis direction la lodge. La chambre est pas chère mais assez inconfortable. Le gars de l’hotel essaie de nous vendre ses tours (jeep safari, ballade à dos d’éléphant…), c’est de bonne guerre, c’est là dessus qu’ils se font un peu d’argent. On part pour le « centre-ville », 3 restaurants et 4 boutiques de souvenirs, et on s’installe dans un restaurant. Je n’ai pas faim mais je commande une soupe pour me donner bonne conscience. Il fait très chaud ici, ce n’est sans doute pas le meilleur choix. Le plat à peine arrivé, je me sens de nouveau très mal et sans y avoir touché je pars pour la lodge en abandonnant Seb tout seul au restaurant. Je dors une bonne partie de l’après-midi pendant que Seb se démène pour trouver des prix intéressants pour les tours et une lodge plus confortable, au cas où mon état ne s’améliore pas. Je retente ma chance avec une soupe le soir au restaurant mais sans beaucoup plus de succès.

Jeudi 20 Novembre 2008 :

L’intoxication alimentaire me laisse un peu tranquille, j’arrive à grignoter un truc un peu plus solide ce matin. C’est pas encore ça mais après la journée affreuse de la veille je vais pas me plaindre. On prend nos quartiers dans une lodge plus confortable puis on rejoint un guide pour la ballade en 4×4 dans le parc du Chitwan. Au bout de 50m, le 4×4 tombe en panne ! Un autre vient nous chercher et c’est parti dans les hautes herbes du parc. On voit toutes sortes d’animaux dans cette immense réserve naturelle : crocodiles, daims, singes, toute sorte d’oiseaux puis on s’arrête dans une ferme pour gavials, ces crocodiles piscivores au museau allongé. On repart en espérant enfin voir l’emblême du parc, le rhinocéros. On pense que c’est peine perdue et puis en revenant sur nos pas on tombe sur un rhino dans l’eau, de l’autre côté de la route. Magique. On descend du 4×4 et on le mitraille…de photos. On rentre à la nuit tombée à la lodge. Toujours aussi peu d’appétit…

Vendredi 21 Novembre 2008 :

Réveil matinal afin de faire la ballade à dos d’éléphant. Dès notre entrée dans le parc, un bruit alerte le cornac. Il nous fait signe qu’il s’agit d’un rhino et que l’on doit se taire. On est bien contents de ne pas être à pied car les guides disant que si vous vous faites charger par un rhinocéros, il faut courir en jetant ses vêtements et se réfugier dans un arbre !!! Le rhinocéros n’est pas un gros pervers, il est juste myope comme une taupe et il a un très bon odorat donc les vêtements peuvent servir de leurre. Mouais. On suit la trace du rhino qui ne tarde pas à apparaitre, visiblement fort mécontent ! C’est là qu’on est content d’être sur un éléphant. Ce n’est finalement pas un mais une rhinocéros et son petit que l’on a débusqué. L’éléphant s’approche à 2-3 m, les rhinos n’ont pas peur, magnifique. On voit assez peu d’animaux par la suite mais peu importe. Retour à la lodge puis on part voir le bain des éléphants, 30 touristes pour 3 éléphants, un peu désolant. On profite du soleil au bord de la rivière, c’est agréable de se poser après ces 3 semaines 1/2 agitées. A 15h, on part en pirogue pour aller au Breeding centre, la nurserie des éléphants. Les bords de la rivière sont infestés de crocos, on ose pas trop regarder dans l’eau de peur d’en voir un sous la pirogue. On arrive à la nurserie qui a eu le bonheur de voir débarquer des jumeaux il y à quelques jours. Les mères sont attachées par les pieds à côté de leurs petits, ça fait un peu de la peine mais on ne sait jamais quel peut être la réaction d’une mère pensant son petit en danger. Le soir on mange avec une infirmière française que l’on avait croisé à de nombreuses reprises pendant le trek.

Samedi 22 Novembre 2008 :

Journée de transit, 6h de bus pour Katmandou. Le trajet est long et monotone.

Dimanche 23 Novembre 2008 :

Ballade à pied jusqu’au temple de Swayanbhunath, aussi appelé temple des singes en raison de la cohorte de macaques qui l’occupe. Situé à environ 2km de Katmandou, il contient un stupa auquel on accède après avoir gravi un escalier particulièrement raide. Les macaques se régalent des offrandes laissées là par les disciples. L’après-midi, on se ballade jusqu’à Pashupatinath, le centre hindouiste de Katmandou. 365 jours par, 24h24, des crémations ont cours en ce lieu. La veille, un ex Premier ministre est décédé et la crémation vient d’avoir lieu, sur la stèle réservée aux VIP. Il y en a également une pour la famille royale et d’autres pour les différentes castes de la société népalaise. Des gamins se servent de cercueils comme de barques pour récupérer les objets des défunts jetés dans l’eau…On part ensuite pour Bodnath, aussi appelé Boudha, célèbre pour son immense stupa.

Lundi 24 Novembre 2008 :

Visite de Bakthapur, une cité médiévale à une vingtaine de km de Katmandou.

Merdi 25 Novembre 2008 :

Dernière journée à Katmandou, on en profite pour faire les derniers achats. Départ le soir pour Paris via une longue escale à Abou Dabi. Arrivée le lendemain matin à Paris, mauvaise surprise mes bagages ont choisi un autre itinéraire…Je les recevrais finalement le lendemain. Fin du voyage.

En préparant mon futur voyage, je suis tombé sur le carnet de route du précédent, il y à 8 mois déjà. En le relisant, tous les souvenirs me sont revenus en mémoire, les bons (nombreux) comme les mauvais (peu nombreux). Je me suis rendu compte que je n’en avais pas trop parlé ici alors que c’était quelque chose que je faisais par le passé. C’est l’été, l’actualité musicale est au ralenti, je me dis qu’une petite respiration touristique ne serait pas du luxe ici. Je vais donc essayer via quelques extraits de mon carnet de voyage et photos de résumer 1 mois de mon périple au Népal, entre le 28 octobre  et le 26 novembre 2008.

Mardi 28 Octobre 2008 :

Je rejoins Seb à Denfert-Rochereau, comme d’habitude, puis RER jusqu’à Roissy pour un décollage prévu à 21h45. Le vol jusqu’à Abou Dabi se passe bien même si aucun de nous ne parvient à trouver le sommeil. Comme d’habitude. Les raviolis à la ricotta ont du mal à transiter vers mon estomac, je suis à 2 doigts de foncer aux toilettes. On arrive vers 07h15 heure locale, l’aéroport est bondé de touristes en transit. Les raviolis, elles, sont parties. On repart vers 10h10, direction Katmandou.

Mercredi 29 Octobre 2008 :

On atterrit vers 16h heure locale après un vol de 4 petites heures…On loge dans Thamel, le quartier touristique de Katmandou. Le confort est plutôt spartiate, une planche en bois sert de sommier, on est tellement claqué que ça devrait faire l’affaire. Les ruelles sont étroites et sinueuses dans Thamel, l’agitation est permanente, d’autant plus que nous arrivons pendant une période de festivités nationales. Un peu partout, des gamins font péter d’énormes pétards, si possible dans les pieds des passants, tandis que des adultes nous proposent des pétards moins explosifs. Katmandou reste Katmandou. Je tombe de sommeil, manquant de m’endormir en attendant les plats au restaurant. On se couche tôt mais après 4h de sommeil les pétards et les aboiements des chiens errants sous nos fenêtres ont raison de ma fatigue…

Jeudi 30 Octobre 2008 :

…Ballade dans Katmandou, dans le quartier de Durbar Square. Les ruelles sont toujours aussi étroites, sales, polluées et bondées. On appelle ça le quartier moyen-âgeux sauf que la vie semble ici aussi revenue à cette époque…On se couche un peu plus tard mais le résultat est le même. 8h de sommeil en 3 jours et le trek commence demain.

Vendredi 31 Octobre 2008 :

Départ vers 7h du mat’ pour un long trajet en mini-bus : 190km en 6h ! La route est dans un état lamentable, les accidents nombreux…On arrive vers 13h à Besi-Sahar, point de départ du tour des Annapurnas. La fête bat son plein ici aussi, des concours de danse un peu partout s’improvisaient…

Samedi 1er novembre 2008 :

Le jour J. Debout 6h après une énième nuit inconfortable sur une planche en bois. La fenêtre au dessus de mon lit laissait passer un courant d’air sournois, je crois que je me suis chopé la crêve. Départ de Besi-Sahar, à 800m d’altitude. On traverse des villages Gurung, le paysage ressemble à une carte postale avec ces rizières étagées…On aperçoit notre 1er sommet au loin, l’Himalchuli, culminant à 7890m. La route est plutôt facile, ça monte tranquille. Pause déjeuner à 11h à Bhulbhule où l’on bulle un peu (oui bon je sais…) puis on repart via les nombreux ponts de singes traversant la rivière Marsyangdi. Des cortèges de mulets transportant riz et produits de première nécessité (bière) empruntent le même chemin que nous. Les 3h30 de marche de l’après-midi sont plus rudes que les 4h du matin…On arrive vers 16h30 à Bahundanda, à 1310m d’altitude, la douche chaude est la bienvenue. Il fait nuit à 17h30, l’apéro et le repas s’effectue à la bougie suite à une coupure de courant dans le village. On goûte plusieurs plats locaux, le rakshi (apéritif local pas terrible), les momos (des raviolis tibétains fourrés à la viande et aux légumes, très bon).  La plupart vont se coucher vers 19h30, quelques uns, dont Seb et moi, restent avec Krishna (notre guide) qui nous apprend une chanson népalaise traditionnelle. Fous rires garantis.

Dimanche 02 Novembre 2008 :

La nuit fut encore agitée, pas l’habitude de me coucher aussi tôt chaque soir (20h30). Le sac de couchage, prévu pour les températures négatives, est un peu trop chaud pour les nuits à 1300m. Un des trekkeurs de notre groupe s’est à moitié assommé et ouvert profondément le crâne ce matin. Les portes ne sont pas prévus pour des gars de plus d’1m70 donc quand vous dépassez le mètre 90…Heureusement il y a une infirmière et un pompier dans notre groupe, quelques pansements américains feront l’affaire là ou plusieurs points de suture auraient été nécessaires. Départ retardé vers 8h, il fait déjà très chaud. La piste monte, puis descend, puis monte, puis descend…jusqu’à Jagat où nous prenons le déjeuner vers midi et demi. On est toujours à 1310m d’altitude. Seulement 1h et 1/2 de montée au programme de l’après-midi jusqu’à Chyamche. La lodge est superbe, avec vue sur une magnifique cascade. Le repas, à la bougie, est toujours un moment d’échange entre nous et les népalais qui nous accompagnent. Celui-ci se termine par des chants, un morceau de flûte…et une partie de Uno.